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Les Algues vertes qui vivent dans le thalle d'autres Algues, ou dans le tissu de plantes plus élevées en organisation, ont fré- quemment attiré l'attention des observateurs, surtout dans ces dernières années, et ont fait le sujet d'un assez grand nombre de travaux (1). Les Algues brunes, au contraire, n'ont guère été étudiées à ce point de vue et le parasitisme de quelques-unes d'entre elles, cité incidemment par divers auteurs, est à peine connu. Le présent travail a pour objet d'étudier plus en détail les espèces dont le parasitisme a été indiqué par les auteurs, d'en faire connaître quelques-unes non décrites jusqu'ici et surtout d'appeler l'attention des algologues sur un sujet qui, à coup sûr, pourra fournir nombre d'observations nouvelles et intéres- santes. Je l'ai entrepris sur le conseil et sous la direction de M. Bornet (2). C'est en 1846 que la pénétration d'une Algue brune dans le thalle d'une autre Algue fut mentionnée pour la première fois par Harvey (3) ; il a rej^résenté les articles basilaires des filaments de YElachistea velutina Aresch. (Ectocarpus vehitinus Kûtz.), 1. Voy. Môbius, Conspectus Algarum endophytarnm (Notarisia 1891). 2. M. Flahault a donné, dans le Bulletin de la Société botanique de 1888, le compte rendu d'une herborisation algologique faite au Croisic, en septembre 1887, sous la direction de M. Bornet ; nous sommes revenus dans cette même localité en 1890, plus nombreux que la première fois, car non seulement M. Bornet, M. Go- mont, M. Guignard étaient présents de nouveau, mais trois élèves de M. Flahault l'avaient accompagné : MM. Jadin, Galavielle et Huber. La plupart des espèces que j'étudie ici ont été récoltées en septembre au Croisic et examinées sur le vi- vant; j'ai étudié les autres sur des exemplaires dans l'alcool ou en herbier que je dois aussi à M. Bornet. 3. W. H. Harvey, Phycologia britannica, 1846-1851, planche XXVIIi, B. 2 JOURNAL DE BOTANIQUE comme intercalés entre les rangées radiales des cellules de Il Himanthalia lorea, et a indiqué que « la plante s'enracine dans la substance du suhstratum. » Cette observation de Harvey est restée isolée pendant long- temps. Toutefois, en 1850, à Saint- Vaast, et en 1851 , à Belle-Ile, Thuret observa que le Streblonenta investiras Thur. envoyait « des filaments pénétrant dans 1'- tissu du Gracilaria compressa , et faisant des circuits autour des grandes cellules de cette plante » (note manuscrite de Thuret dans l'herbier de M. lîornet); en 1853, il écrivait, à propos de l'espèce déjà citée par Harvev : « les filaments de cette plante sont implantés directement dans le tissu àeX Himanthalia et y pénètrent, en se ramifiant, aune assez grande profondeur. » (Ibidem). Mais Thuret n'ayant pas publié les observations précédentes, on ne peut invoquer la priorité en sa faveur et, en 1863, M. Le Jolis (1) s'est contenté de ranger ces deux espèces, d'après Thuret, dans le genre Streblonema, sans en donner de description, ni même mentionner leur péné- tration dans le thalle sur lequel elles vivent [loc. cit. p. 73). C'est pourquoi Hauck (2) dit dans son énumération des Algues de Trieste que, ne connaissant ni l'exsiccata de Le Jolis ni celui de Llovd, il a déterminé un Sti'cblonciiia comme Si. invesliensThnr. , uniquement parce qu'il l'a observé sur le Gracilaria compressa. Il en donne un croquis qui se rapporte bien en effet «à la plante de Thuret et il mentionne également, dans une très courte des- cription, que la plante envoie des filaments rhizoïdes dans le thalle hospitalier. Durant un séjour que M. Kny (3) fit à Helgoland, en sep- tembre iS-j, il recueillit sur la côte de nombreux exemplaires de Dclesscria sanguinea L., qui, en différents points de leur thalle rouge, montraient des taches brunes, isolées ou confluentes, dues à des filaments ramifiés courant à la surface, et à articles de dimensions variables. Il a vu, par des coupes, ces filaments pénétrer dans le tissu du De/esseria et circuler entre les cellules 1. Le Jolis, Liste des Algues marines de Cherbourg, 1863. — C'est dans cette liste que le Streblonema investiens est rite pour la première fois. 2. F. Hauck, Verccichniss der im Golf e von Triest gesammelten Mecresalgen (Oesterr. hotan. Zeits^hriû, tome XXV, 1875, p. 389 et 300). 3. Kny, Ueber einige parasitische Algen (Sitzung-sb. der Gesellsch. naturf. Freunde zu Berlin, [9 nov. 1S72. Reproduit in Botanische Zeitung-, 28 févr. 1877, P- I39-M4)- C. Sauvageau. — Sur quelques Algues pkéospore'es parasites. 3 sans jamais y pénétrer; les articles de ces filaments entophytes étaient encore plus irréguliers que ceux des filaments super- ficiels. Malgré ses recherches, M. Kny ne put observer les organes reproducteurs du parasite, qu'il se borne à considérer comme unePhéosporée. Il aconstaté l'existence de filaments para- sites semblables dans le thalle d'autres Floridées : Delesseria alata, Hypnea (Cysioclom'um) purpurascens , Chondrus crispns, Polyides rotundus, Rhodomela subfusca, et aussi des Laminaria saccharina, mais il n'a rencontré d'organes reproducteurs dans aucun cas. Peu de temps après, dans un volumineux travail publié en 1875 et qui, à côté d'observations fort intéressantes, ren- ferme des faits erronés et des renseignements inutilisables, M. Reinsch (1) a donné la description d'un grand nombre d'Al- gues qu'il considérait comme nouvelles. Il a créé en particulier le genre Entonema pour des Ectocarpées microscopiques para- sites sur des Phéophycées et des Floridées, dans le thalle des- quelles elles envoient des filaments irréguliers qui courent entre leurs cellules ou pénètrent dans leur intérieur. Depuis, divers auteurs ont restitué aux Chlorophycées plusieurs des quatorze espèces que M. Reinsch attribuait au genre Entonema. D'après M. de Toni (2) le Streblonemopsis irritans, créé en 1883 par M. Valiante, ne serait autre chose que X Entonema penetrans de M. Reinsch; je ne crois pas que les raisons données par M. de Toni de cette assimilation soient suffisantes, et ces deux plantes me paraissent devoir être séparées. D'ailleurs, à ma connais- sance, aucun Entonema n'a été de nouveau constaté depuis le travail de M. Reinsch. Quoi qu'il en soit, si l'on devait admettre un genre spécial pour les Ectocarpus parasites dans le thalle d'autres Algues, le genre Entonema aurait le droit de priorité. En 1878, M. Bornet a rapporté incidemment ses observations sur le parasitisme de deux Elachistea pénétrant vigoureusement dans le thalle hospitalier : YE. clandestina Crouan et YE. stellu- lata Griff.; il a suivi les stolons entophytes qu'ils émettent et les a vus former plus loin des touffes filles identiques à la plante- 1. P. F. Reinsch, Contributiones ad Algologiam et Fungologiam, Leipzig- 1375. 2. J. B. de Toni, Notiz nber die Ectocarpaceen-Gatlungen Entonema Reinsch ««^Streblonemopsis Valiante (Ber. d. deutsch. bot. Gesellsch., IX, 1891, p. 129) 3. Bornet, in Thuret, Etudes phycologiques-, p. 21. 4 JOURNAL DE BOTANIQUE mère. Il fait ensuite « remarquer en passant la ressemblance de ce développement avec celui des Champignons entophytes ». Je reviendrai plus loin sur ces deux espèces. Enfin, \e genre Herpojtcu/a ;i vu- errv par J. Agardh,en 1880 (1 ), pour des Ectocarpées produisant sur leur substratum, àl'aidede filaments décombants, une couche mince, étalée, s'aceroissant en direction centrifuge, de laquelle s'élèvent les filaments dressés. Ces trois espèces sont Y H. pulviuatum , Y II maculans, de la Nouvelle-Zélande, décrits pour la première fois, et Y H '. velu- ti)ium{Ect. vclutiuusK\rt/..).}\\. f. Agardh, d'après la description qu'il donne de ce dernier, ne parait pas en avoir fait un examen approfondi, car la couche continue dont il parle, et qu'il dit formée parles filaments décombants, ne me semble pas exister. D'ailleurs, son opinion n'est pas faite sur les relations de cette planteavecson support, car il rapporte, sans se prononcer entre elles, l'opinion de Harvey citée plus haut, et celle d'Areschoug, qui n'avait vu qu'un « stratum hypothallinum obscurum ». Si le genre Herponema est maintenu avec les caractères que son auteur lui a assignés, l'espèce H . velutinum doit à coup sur en être retir Cependant Hauck (2) a adopté le nom (Y Hcipi>urma ; mais, changeant son acception, il le donne à une section du genre Ectocarpus qu'il divise ainsi : a. — Herponcma (petites Algues parfois microscopiques, qui consistent en un filament primaire ramifié, rampant dans la couche corticale d'Algues plus grandes ou à leur surface, et duquel nais- sent des branches secondaires dressées, sur lesquelles se déve- loppent les zoosporanges) avec les espèces E. investiens (Thur.) Hauck, E. rep ta us Crouan, E. termïnalïs Kûtz., E. velutinus (Grev. 1 Kùtz., E. simpliciusculus Kiïtz. b. — Eucctocaipns avec tous les autres Ectocarpus. Pour deux de pèces, E. investiens et E. vclntinus, Hauck cite U- fait de la pénétration de filaments delà ' msle thalle de la plante hospitalière, etil donne une figure de la pre- mière, non d'après le dessin original que j'ai cité précédemment, mais d'après un croquis communiqué par M. Borne t. 1. J. -, Till .' ? System-.!':, p, 2. Rabi ptogamen Flora. F. Hauck, Die Meeresalgen, Leipzig', 1885, p. 524 et suiv. C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 5 Je décrirai successivement le parasitisme des différentes espèces que j'ai étudiées. Il ne me semble pas qu'il y ait lieu d'établir un genre spécial pour les Ectocarpus parasites, car ce genre n'aurait pas plus sa raison d'être que celui qui grouperait, parmi les Elac/u'stea, les espèces qui pénètrent dans la profon- deur de leur substratum. D'ailleurs, comme je l'ai dit, si cette scission devait se faire, il y aurait lieu d'invoquer la priorité pour le genre Entoiiema. Peut-être même le nom de Streblonema (1) serait-il préférable à celui d Entoiiema. Il sert en effet à réunir de petites Ecto- carpées rampant entre les filaments corticaux des Mesoglœa, Nemalion, Liebmannia , etc. Leur thalle rampant, formé de fila- ments articulés, irréguliers, non réunis en disque, est toujours la partie la plus développée de la plante ; il porte ça et là des ramifications dressées qui sont, ou bien des poils sans pigment, ou bien de courtes branches portant des sporanges. Si ces fila- ments rampants, au lieu de se tenir à la surface du thalle hospi- talier, s'y enfoncent, au lieu de rester extérieurs à l'épidémie du substratum, pénètrent entre ses cellules et rampent entre les élé- ments de la plante hospitalière, autrement dit, s'ils s'adaptent à la vie parasitaire, cessent-ils d'appartenir au genre Streblonema} C'est une question que je laisse à d'autres le soin de trancher, mon but étant de faire connaître seulement des faits de para- sitisme. Outre les plantes qui seront indiquées ici comme substratum de Phéosporées parasites, je puis citer les Desmarestia ligulata Lamour., ScJiizymenia edulis J. Ag. {Iridœa Harv.), Grate- loupia filicina A g., Chondrus crispus Stackh., Callophylli's lacim'ata Kûtz., RJiodymenia palmata Grev., Calliblepliaris ciliata Kùtz., Nitopliyllum iaceratum Grev., à l'intérieur du tissu desquels j'ai observé des filaments parasites appartenant à des Algues brunes, que l'absence du thalle extérieur m'a empêché de déterminer. Le parasite du Rhodymem'a palmata est particulièrement abondant ; on le reconnaît extérieurement à la présence de taches brunâtres, plus ou moins arrondies, repro- duisant tout à fait l'aspect d'un Myrionema. J'en ai trouvé au Croisic un nombre considérable ; dans les derniers jours de sep- 1. Derbès et Solier in Louis Castagne, Supplément au Catalogue des plantes qui croissent naturellement aux environs de Marseille, Aix, 1851, p. 100. 6 JOURNAL DE BOTANIQUE tembre, l'évolution du parasite était visiblement plus avancée qu'au commencement du mois, et des filaments dressés commen- çaient à sortir du thalle du Rhodyntenia ; on a certainement af- faire là à une Ectocarpée parasite, dont les organes épiphytes ne se développent qu'en automne, et qui reste à déterminer. i. — Elachistea stellulata Griffiths. h'Elachistea stellulata est très fréquent vers la base des frondes un peu âgées du Dictyota dichotoma Lamour., où il forme de petites touffes, parfois bien apparentes, d'autres fois visibles seulement à la loupe. Son coussinet est bien développé, ses filaments assimilatcurs, longs d'environ 200 ;j., ont 10 à 14 a de largeur; les poils sont plus longs, les sporanges uniloculaires nombreux. M. Bornet (1) aindiqué que cette plante envoie, dans le thalle du Dictyota, des stolons qui, en s'épanouissant à l'extérieur, deviennent le début de nouveaux individus ([Elachistea. Son observation est la plus précise et la plus détaillée de celles qui ont été faites sur les Phéosporées parasites; j'y ajouterai peu de chose et j'insisterai uniquement sur le caractère de parasitisme de cette espèce. On sait que le thalle du Dictyota dichotoma ( 2 )se compose, sur toute son étendue, d'une seule couche de grandes cellules cons- tituant l'assise moyenne ou corticale* complètement recouverte d'une assise épidermiquefja cellule^ beaucoup plus petites; cette dernière fournit à elle seule les poils et les organes de la repro- duction. Par une coupe, passant par un Elachistea stellulata, on peut toujours se convaincre, particulièrement s'il est encore de petites dimensions, que son coussinet repose directement sur l'assise moyenne de l'hôte, et que par conséquent l'épidémie est interrompu en ce point. Presque toujours aussi, on voit XEla- chistea émettre latéralement, entre l'épidémie et l'a moyenne, des filaments rampants, à cellules plus ou moins irrégulières, pos- sédant des chromatophores discoïdes, pariétaux, semblable à ceux des filaments assimilateurs. Que les coup :nt trans- versales ou longitudinales par rapport au Dictyota, on retrouve 1. Etudes phycologiques, p. 21. 2. Voir à ce sujet les planches XXYII a XXX des Eludes pkycologiques. C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 7 ces stolons; Y Elachistea les envoie donc dans des directions rayonnantes. Ces stolons n'ont jamais qu'une seule épaisseur de cellules. En les suivant, on les voit parfois se perdre après un parcours de quelques articles, d'autres fois aboutir à un autre Elachistea, qui a été produit par le premier, absolument comme un groupe de pieds de fraisiers proviennent, par les stolons, d'un fraisier mère. On se rend compte facilement de cette génération. Parfois, on suit les stolons sans constater de modifications dans les cellules de l'hôte, mais souvent celles qui sont au contact ou très voisines du filament parasite s'accroissent en hauteur jusqu'à atteindre le double ou le triple des autres cellules épidermiques (PI. I, fig. 1). Les débuts du nouvel Elachistea sont variables. Ou bien le stolon multiplie ses éléments à son extrémité et pousse des rudiments de filaments dressés ; la masse ainsi produite soulève les cellules épidermiques accrues, provoque la formation d'une voûte qui, cédant à la pression, se déchire pour livrer passage aux filaments d' Elachistea ; pendant assez longtemps, on re- trouve sur les coupes transversales ces lambeaux d'épiderme adhérents (PI. I, fig. 2). Ou bien, mais plus rarement, les fila" ments dressés pénètrent dans les cellules épidermiques, géné- ralement au nombre de un par cellule, et arrivent ainsi à la paroi externe de l'épiderme qu'ils traversent pour s'allonger au dehors. Dans l'un et l'autre cas, ces filaments se développent tous en fila- ments assimilateurs, ou, de très bonne heure, à peine quelques- uns d'entre eux sont-ils développés, que déjà des sporanges apparaissent assez abondamment. Le coussinet débute de bonne heure (fig. 2) par simple soudure ou rapprochement des articles de la base des filaments, qui s'élargissent jusqu'au contact. On rencontre parfois des groupes de quelques filaments assi- milateurs, débuts de jeunes Elachistea, séparés l'un de l'autre par deux ou quelques cellules épidermiques, et qui proviennent d'un même stolon. Ces éléments épidermiques de séparation dis- paraîtront dans la suite du développement du parasite et, bien que d'apparence homogène, la plante devra son origine à la sou- dure de ces jeunes individus. Parfois, d'ailleurs, on retrouve des débris d'épiderme dans des touffes du parasite. De même il est fréquent, sur des coupes, de rencontrer plusieurs Elachistea 8 JOURNAL DE BOTANIQUE bien développés, réunis l'un à l'autre par un stolon sous-épider- mique sans solution de continuité. Si 1rs cellules épidermiques situées au-dessus du stolon para- site ne sont pas constamment modifiées dans leurs dimensions, on en rencontre, aussi qui sont allongées sans être continués ni proches voisines des stolons. C'est qu'alors le filament ne se trouve- pas dans le plan de la coupe. Il est d'ailleurs impossible de confondre ces cellules agrandies avec des cellules destinées à donner des poils ou des organes reproducteurs. De la base d'un ElacJu'stea ou d'un stolon sous-épidermique descendent parfois, dans la couche moyenne, des prolongements filamenteux à éléments plus ou moins irréguliers et toruleux, et possédant des chromatophores. Ces filaments sont d'ailleurs moins nombreux que les précédents; ils rampent le long des membranes de séparation des cellules moyennes, passent d'une cellule à l'autre-, en utilisant de préférence les ponctuations, sans que les cellules envahies paraissent en souffrir, car leur contenu est identique à celui des cellules indemnes. Puis, arrivés au con- tact de la paroi sous-épidermique opposée, ils rampent contre elle ou la traversent, et alors écartent les cellules épidermiques et deviennent le point de départ de la formation de nouveaux Elacln'sica ; le filament représenté sur la figure i provenait d'une touffe située sur la face opposée du Dictyota. Le cas représenté sur la figure i est plus rare et plutôt excep- tionnel : du coussinet du parasite, descendent dans la cellule hospitalière sous-jacente de nombreux filaments qui l'envahis- sent totalement. Malgré cette remarquable facilité de propagation végétative, et bien que je n'aie pas cherché à suivre la germination des zoo- spores, je crois que la pénétration directe du parasite par germi- nation est assez fréquente. Sur plusieurs coupes de Dictyota in- festé, j'ai vu en effet quelques articles sous-épidermiques reliés à une cellule étranglée, qui faisait légèrement saillie au-dessus du thalle de l'hôte et, à cause de l'a pect de ces cellules, je crois pouvoir supposer qu'ils étaient le résultat d'une germination d'/:'. stellulata. S'il en était ainsi, la germination ne produirait pas directement les filaments assimilateurs, mais donnerait d'abord naissance à un stolon sous-épidermique ; le parasitisme ne serait ni occasionnel ni tardif, il serait constant et originel. C. Sauvageau. — Sur qitelqties Algues phéosporêes parasites. t, Les nombreuses coupes que j'ai dû faire dans le thalle du Dictyota pour étudier YE. stellulata m'ont conduit à l'obser- vation d'un fait assez intéressant de pénétration de rhizines à l'in- térieur des cellules du thalle qui, à ma connaissance, n'a été men- tionné chez aucune Algue. On sait que, tout à fait à la base du thalle du Dictyota dicJw- toma, poussent des rhizines en touffes paraissant à l'œil nu comme de petites taches grisâtres, légèrement saillantes, d'aspect plus ou moins semblable à un parasite. Le plus souvent, ces rhizines sont dressées ou recourbées, ou même rampantes à la surface du thalle, ou s'entrecroisent dans tous les sens sans présenter rien de particulier. Mais parfois, sur des thalles âgés, quelques-unes des cellules épidermiques, au lieu de s'allonger à l'extérieur en rhizines, s'accroissent vers l'intérieur et se comportent comme de véritables parasites dans les grandes cellules de l'assise moyenne, y rampent, s'y ramifient, s'y entrecroisent. On voit sur la figure 3 (PI. I) le début de cette formation. Généralement, ces rhizines internes, arrivées contre la face opposée, se recourbent et rampent contre elle ou dans divers sens (PI. I, fig. 4) ; rarement, elles s'épatent contre elle et se ramifient en prolongements coral- loïdes. Sur la figure 5, bien que les cellules soient envahies par de nombreuses rhizines internes, on ne voit les relations d'au- cune d'elles avec les cellules épidermiques ; c'est donc qu'elles peuvent circuler dans tous les sens à l'intérieur des grandes cellules. Il est encore plus remarquable de voir ces rhizines internes passer d'une cellule dans l'autre et traverser les ponc- tuations en se rétrécissant. Ce phénomène s'observe assez fréquemment, mais non cons- tamment, à la base des thalles âgés du Dictyota. J'ai vu un fait semblable de pénétration dans le thalle d'un Cutleria multi- fida, mais, malheureusement, à un moment où mon attention n'était pas encore appelée sur ce sujet, et je n'en ai pris ni dessin ni notes détaillées. Je le cite donc uniquement pour mémoire. La production de stolons intercellulaires donnant naissance à de nouveaux individus & Elachistea peut être considérée comme un cas de parasitisme véritable, d'une part à la suite des dommages causés sur le thalle hospitalier, et d'autre part par analogie avec ce qui se passe chez les Champignons entophytes ; io JOURNAL DE BOTANIQUE toutefois, les cellules entophytes possèdent des chromatophores normaux, et leur pénétration à l'intérieur des grandes cellules, tout au moins quanti ils sont en filaments isolés, ce qui est le cas général, n'en modifie pas le contenu d'une manière apparente. Quant à ce qui concerne les rhi/.ines du Ih'ciyoia, dont la pénétration dans l'assise moyenne n'est pas sans ressemblance avec celle des filaments internes de X Elachistca, on peut l'ex- pliquer en disant que les cellules épidermiques du Dictyota sont susceptibles de s'allonger dans l'un ou l'autre sens; que, norma- lement, l'allongement se fait vers l'extérieur et donne les rhi- zines, et que, plus rarement, il se fait vers l'intérieur et donne des filaments semblables à des rhizines, mais qui se comportent comme s'ils étaient parasites. (A suivre.) NOTE SUR UN KELLOGIA DE LA CHINE Par M. A. FRANCHET. On ne connaissait jusqu'ici qu'une seule espèce de Kellogia, le K. galioides Torrey, propre à la flore des Etats-Unis occi- dentaux et observée seulement dans les forets montagneuses, surtout au voisinage des bois de Conifères de la Sierra Nevada, au S. de la chaîne de l'Arizona, à l'E. de l'Utah, au N. du Was- hington et au N.-O. du "Wyoming. M. Delavay en a rencontré une deuxième espèce dans les montagnes de la province chi- noise du Yun-nan, et c'est là un fait de géographie botanique qui mérite d'attirer l'attention, puisqu'il s'agit de l'extension, en Asie, d'un genre que l'on était en droit de considérer comme strictement américain. L'espèce type, Kellogia galioides , est une herbe à port de Galium, comme l'indique son nom ; ses fleurs sont 3-6-mères (Asa Gray), mais plus souvent 4-mères; sa corolle est tout à fait celle d'un Aspcrula (A. odorata) et paraît être très caduque; les sépales persistent sur le fruit et sont linéaires- subulés, dressés, avec les pointes un peu recourbées en dedans; le récep- tacle est hérissé de longues soies crochues étalées, comme on le voit dans un grand nombre de Galium et & Aspcrula ; l'inflo- rescence est tout à fait celle d'un Galium, du G. trifiorum, par exemple. Toutefois les feuilles opposées, avec deux stipules A. Franchet. — Sur un Kellogia de la Chine. n interpétiolaires, comme chez le Didymsea, la présence d'un calice, et le caractère du fruit qui se sépare en deux coques à la maturité, éloignent le Kellogia de la tribu des Rubiacées-Ga- liées, en le rapprochant de celle des Rubiacées-Anthospermées, où MM. Bentham et Hooker le placent, avec doute d'ailleurs, en le mettant entre Mitchella et Serissa. M. Bâillon, Hi'st. des plantes, Vil, 399, en fait aussi une Anthospermée, mais il le déclare très voisin des Galopina Thxmb., de l'Afrique australe, dont il doit plutôt, dit-il, constituer une section. Il est à remarquer que la plante des montages de Chine n'est séparée du type américain que par des différences extrêmement légères et pourrait facilement en être considérée comme une variété. Elle est plus petite, brièvement poilue, mais cette der- nière particularité existe dans quelques spécimens américains ; les stipules sont lancéolées, incisées-fimbriées au sommet, et c'est là peut-être ce qui différencie le plus nettement les deux espèces, les stipules du K. galioides étant entières et d'une con- sistance un peu plus ferme; enfin, dans la plante d'Asie, les fleurs sont pentamères ; mais, au témoignage d'Asa Gray, ceci se voit aussi dans le K. galioides, bien que les auteurs précités lui attribuent exclusivement des fleurs tétramères ; c'est là d'ail- leurs un caractère variable dans beaucoup de Rubiacées. Voici, en quelques mots, la description du Kellogia de la Chine. Kellogia chinensis. — E basi ramosa vel pluricaulis, caulibus vel ramis ascendentibus, breviter pubescentibus; stipulai lanceolatas, membranaceae, fuscae, profunde et acute incisae vel fimbriatai; folia e basi attenuata lanceolata, acuta, breviter petiolata, utraque facie pilis brevibus conspersa; pedunculi ramorum ad apicem 2-3 umbellati, insequales, mox divergentes, 2-3 flori, pedicellis crassiusculis flore pluries longioribus, sœpius ternis, sub angulo recto divaricatis, brac- teis stipuliformibus stipatis; flores illis Kellogia? galioidis simillimi, sed constanter pentameri. Caulis 2-5 poil.; folia 10-18 mm. longi, 2-^ mm. lati ; pedunculi 15-30 mm.; pedicelli 10-15 mm. Yun-nan, in pascuis supra collum Koua-la-po, ait. 3200 m.; fl. 5 april. 1S85 (Delavay, n. 2588). Le K. chinensis est un nouvel et intéressant exemple de l'existence simultanée, dans l'Amérique septentrionale et dans 13 IOURNAL DE BOTANIQUE l'Asie centrale ou orientale, de certains types végétaux très caractéristiques. On pourrait tics maintenant en énumérer un certain nombre qui sont dans ce cas et parmi eux on doit citer le Cypripcdiuui arietinum comme étant l'un des plus remar- quables et dont la présence était le plus inattendue au milieu des montagnes de la Chine occidentale. Aussi esi-il très admissible de prévoir que la communauté d'origine d'une partie de la flore actuelle de deux régions qui semblent aujourd'hui si nettement séparées, sera un jour démontrée à l'aide de docu- ments nombreux, au moins en ce qui concerne la végétation des régions élevées. '&* ÉTUDE HISTORIQUE ET CRITIQUE SUR LA PRÉSENCE DES COMPOSÉS PECTIQUES DANS LES TISSUS DES VÉGÉTAUX {Fin.) Par M. L. MANGIN. La destruction de la substance intercellulairc sous l'action de certaines Baetéries fournit encore un moyen d'étudier les rapports des cellules entre elles. La putréfaction des tissu-, des végétaux est un phénomène depuis long-temps utilisé dans l'industrie des textiles, et dont la nature a commencé à être connue seulement à l'époque où Mitschcrlich montra que la dissolution de la cellulose était réalisée' par un ferment particulier (i). Les observations faites sur des tranches de Pomme de terre plongées dans l'eau permettent de reconnaître « que le ferment agit seulement sur la cellulose qui forme, sans aucun mélange, la cloison des cellules remplies d'amidon; les cellules se séparent d'abord les unes des autres, ce qui fournit un moyen très commode pour isoler 1 Iules et pour les étudier; plus tard la cloison cellulaire est aus^i dis- soute et les grains d'amidon deviennent libres. » Cette observation offre un grand intérêt, car (lie montre que la dissociation de^ tissus précède la dissolution des membranes. i. Mitscherlich, Ueber die Zusammensetaung der W'and dey P/ï.iu-ence/te. den Berichten der Berliner Akademie, m irs 1850, p. 102], Ami. der Chemie u. Pharmacie, Bd. LXXV, p. 305-.U4, 1850. L. Mangin. — Sur les composés pectiques. 13 Schacht, un peu plus tard, appuie ce résultat en remarquant(i) « que la putréfaction paraît attaquer la substance intercellulaire plutôt que la substance cellulaire. » M. Van Tieghem a fait plus récemment(2) une étude très com- plète de la Bactérie dont l'activité a été découverte par Mitscher- lich ; mais s'il reste quelques doutes sur la nature de la matière première sur laquelle cette activité s'exerce, les diverses phases de la putréfaction déterminée par le Bacillus Amylobac fer ont été décrites, par ce savant, avec une méthode et une netteté qui ne surprendront personne. « Toutes les fois qu'il y a putréfaction du tissu végétal plongé, c'est-à-dire destruction des membranes de cellulose qui en com- posent la trame, on trouve le Bacilhts Amy lob acier abondamment développé dans la masse du tissu, soit entre les cellules, soit dans leurs cavités. » L'expérience suivante montre bien que le Bacillus Aviylo- bacter est l'unique cause de la putréfaction : deux tranches saines de Radis sont placées en cellules dans une goutte d'eau, sous une lamelle ; l'une des tranches a été inoculée avec le Bacillus Amylobactcr. « Dans la goutte ensemencée, après qua- rante-huit heures, la tranche est transformée en bouillie et l'on y voit à peine quelques débris des membranes cellulaires ; dans l'autre, après huit jours, la tranche conserve sa texture, malgré le développement de Bactéries et de divers Infusoires. » S'appuyant sur ces observations, M. Van Tieghem a cru pouvoir dire dans son Traité de Botanique (3) : «• Définie par ces diverses réactions, la cellulose proprement dite se présente sous deux variétés : l'une est attaquée et dis- soute par le Bacillus Amylobacter, qui la décompose en acide butyrique, acide carbonique^ et hydrogène (cellules des tuber- cules de pommes de terre, de l'amande des graines, du paren- chyme des feuilles, etc., etc.) ; l'autre n'est pas attaquée par lui (membrane des fibres libériennes, des cellules laticifères). Par l'action de cet agent, c'est-à-dire en faisant macérer dans l'eau à 1. Schacht Hermann, loc. cit., p. 65 et suiv. Paragr. V. Die Pflansemelle mit einander verbunden. 2. Van Tieghem Ph., Sur le Bacillus Amylobacter et son rôle dans la putré- faction des tissus végétaux. Bull. Soc. Bot. de France, t. XXIV, 1877, p. 128. — Sur la fermentation de la cellulose, t. XXVI, 1879, p. 25. 3. Van Tieghem, Traité de Botanique, 1™ édition, p. 568; 2 e édition, p. 559. i 4 JOURNAL DE BOTANIQUE une douce chaleur les organes qui les renferment, on parvient donc à isoler les cellules inattaquées, bien plus, ces deux variétés de cellulose se rencontrent parfois dans les diverses couches d'une même membrane. La couche externe, par exemple, qui réunit toutes les cellules en tissu est dissoute par l'Amylo- bacter, tandis que la couche interne n'est pas attaquée ; la macé- ration ne fait alors que dissocier les cellules (rhizome de Mos- chatelline). » M. Van Tieghem laisse ainsi entendre que les deux variétés de cellulose distinguées par lui manifestent les mêmes réactions. On ne trouve malheureusement dans ses observations aucune démonstration de ce fait ; cette démonstration n'était pas inutile si l'on se reporte aux documents cités plus haut, qui établissent d'une manière, très nette la présence constante des composés pectiques dans les tissus. Si l'auteur n'a pas cherché à démêler les réactions particulières des substances sur lesquelles le Ba- cillus Amylobacter porte son action, cela tient sans doute à ce que M. Van Tieghem envisage la substance fondamentale de la membrane comme une seule matière, manifestant les propriétés les plus variées, suivant l'état d'agrégation, la présence et la nature des substances incrustantes. Cette opinion, assez accréditée maintenant, n'est pas nou- velle; déjà, en 1844, Schmidt (1) l'exprimait très nettement sous une forme que nous n'accepterions pas entièrement aujourd'hui. Schmidt considérait l'amidon ou la gomme comme la protéine des hydrates de carbone, « ...Nous voyons cette substance C 12 H" O 10 , on peut la nommer amidon, gomme ou autrement, se transformer d'un côté, par la fixation de l'eau, en sucre de raisin, et de l'autre, par la disparition de quelques éléments de l'eau, en fibres ligneuses. Entre ces deux termes et comme termes moyens, se trouvent divers intermédiaires, et notamment les mucilages végétaux (Bassorine, Cérasine, Prunine, etc.). Si nous sommes habitués à voir dans ceux-ci et dans cent autres hydrates de carbone les membres d'une série non interrompue dont l'un des termes extrêmes est le sucre, l'autre la libre ligneuse, il est ridicule de fabriquer pour chacun de ceux-ci un nom nouveau, comme épidertnose , cellulose, lignine, etc.; il 1. Schmidt C, L'cbcr P)lan=ensc!dc.m uni BaSSOrin. Ann. der Chemie n. Pharmacie, t. LI, p. 29, 1844. L. Mangin. — Sur les composés pectiques. 15 faudrait alors désigner la membrane du Chêne sous le nom de Quercose, celle du Hêtre par le nom de Fagose, du Pin, Pinose, etc. » Ces critiques n'ont pas empêché la diffusion des termes de cellulose et de lignine qui répondaient à une né- cessité. Aujourd'hui c'est sur l'attribution du nom de cellulose aux substances fondamentales de la membrane que la discussion est circonscrite. Faut-il désigner sous ce nom, à l'exemple de presque tous les botanistes, toutes les substances qui, à l'excep- tion de la cutine, de la lignine et des mucilages, entrent dans la constitution de la membrane ? Ou bien, à l'exemple des chi- mistes, doit-on distraire des corps cellulosiques, les composés pectiques dont l'existence et l'abondance dans les tissus des végétaux ont été établies par de nombreuses analyses ? Nous verrons par la discussion de ces questions, que la dernière hypo- thèse est la seule admissible. Dans ce cas, le Bacillus Amylo- bacter ne servirait pas, comme le croit M. Van Tieghem, à dis- tinguer deux « variétés de cellulose » , mais à isoler la cellulose en dissolvant, au début de la fermentation, les composés pec- tiques qui unissent les cellules et qui imprègnent la membrane. La découverte des connexions plasmiques qui existent entre les diverses cellules des tissus par MM. Russow, Tangl, Gardi- ner, etc. , a provoqué de nombreux travaux sur la structure in- time des végétaux. M. Russow (1), et après lui MM. Berthold (2) et Terletzki (3), ont affirmé l'existence, dans les espaces intercel- lulaires, de la substance protoplasmique, qui forme un revête- ment continu à la membrane limitant ces cavités ou parfois remplit complètement celles-ci ; ces faits ont été établis par l'observation des tissus à l'aide d'un mélange d'iode et d'acide sulfurique, et les auteurs ont cru pouvoir reconnaître et caractériser les matières protéiques par la coloration jaune 1. Russow, Uber den Zusammenhang der Protoplasma-kôrper benachbarler Zellen. Sep. Abd. aus Sitzber. d. Dorpat. natursfôrcher Geselleschaft, 1883. — Uber die Auskleiduug der Iutercellularen. Sep. Abd. aus Sitzber. der Dor- pater natursfôrcher Geselleschaft, VII, 1884, neft. I, pp. 15. 2. Berthold, Ueber das Vorkommen von Protoplasma in Intercellularràumen. Berichte der deuts. bot. Gesellschaft, Bd. II, 1884, p. 20. 3. Paul Terletzki, Ueber den Zusammenhang des Protoplasmas benachbarten Zellen und Uber Vorkommen von Protoplasma in Zwischenzellràumen. Berichte der deuts. bot. Gesellschaft, Bd. II, 1884, p. 169. i6 JOURNAL PE HOTANIQUE que fournit le réactif employé. Les substances qui jaunis- sent sous l'influence des divers réactifs iodes sont si nom- breuses et si variées, qu'on est surpris de voir des anatomistes de la valeur de M. Russow se contenter d'une réaction ini.a incertaine pour caractériser les substances protéiques. Aussi MM. Gardiner et Schenck ont-ils pu, avec raison, critiquer les résultats de MM. Russow, Terletzki, Berthold, et attribuer aux prétendues formations plasmiques une toute autre origine. Pour M. Gardiner (i), le prétendu revêtement plasmique offre une constitution aussi variable que la lamelle moyenne, il est cons- titué par la région externe des cloisons cellulaires lignifiées, cutinisées ou gélifiées. Ainsi, chez le higtestrum vulgare le revê- tement est lignifié, tandis que dans Y Aucuba japoiiica, ce revê- tement se laisse reconnaître comme une substance gélatineuse. M. Gardiner a pu constater, en outre, que le prétendu contenu plasmique des espaces intercellulaires est aussi constitué par une sorte de gelée, mais il ne parait pas soupçonner le rôle que les composés pectiques peuvent jouer dans la formation de ces revêtements. M. Schenck (2) critique avec beaucoup de justesse les vues de MM. Russow, Berthold, Terletzki, et après avoir montré que les réactifs employés par ces auteurs sont insuffisants pour résoudre la question de la nature du revêtement, il s'exprime ainsi (3) : « le revêtement intercellulaire n'est aucunement une membrane plasmique, mais il se tient en liaison génétique avec la lamelle moyenne et principalement la lame moyenne ou la ci- devant substance, intercellulaire : il se comporte comme cette dernière vis-à-vis des réactifs. 1 Mais M. Schenck, moins affirmatif que M. Gardiner, laisse indécise la nature de la substance qui forme le revêtement et la lamelle moyenne; pour lui, « sa composition chimique et sa signification demeurent inconnues. » M. Van Wisselingh, C. (4), en comparant les travaux de 1 Gardiner, The continuity of the protoplasm in plmt tissue. Nature, Vol. XXXI, 1 - - -, p. -, (0-301. a. Schenck II., Ueber dit Atiskleidung. der Intercellulargânge. Hcrichte der deutsch. bot. ( iesellschaft., 1885, p. 217. :henck, /oc. cit., p. 22a. 4. Van Wisselingh <'., Sur les revêtements des espaces intercellut 'tires. Extrait des Arch. néerlandaises, t. XXI. L. Mangin. — Sur les composés pectiques. 17 M. Russow à ses propres recherches, est amené à contester aussi la nature plasmique des formations décrites par ce savant ; mais s i ses observations concordent en partie avec celles de M. Schenck, il refuse de considérer, ainsi que ce dernier, les revêtements comme la continuation directe de la lamelle moyenne ; il se trouve amené, comme M. Gardiner l'avait déjà fait, à reconnaître la nature ligneuse ou subéreuse de ces formations. A l'étude des revêtements intercellulaires se trouve liée celle des formations singulières qui, sous l'aspect de filaments ou de bâtonnets, remplissent les méats du parenchyme chez un grand nombre de Fougères ; ces formations, décrites d'abord par M. Luerssen (1), avaient été considérées par ce botaniste comme des tissus faiblement cutinisés. M. Schenck (2), après une étude complète de ces filaments, est amené à penser que leur nature est la même que celle des revêtements intercellulaires ; il n'admet pas la participation de la cutine dans ces formations et se refuse à les croire, ainsi que les revêtements, formés par des matières de nature protéique. La composition chimique de ces formations comme aussi celle des revêtements, sont encore, d'après M. Schenck, à déterminer. M. Berthold (3), cependant, après une discussion de ses résultats et de ceux de ses contra- dicteurs, maintient sa première opinion relative à la nature plas- mique des revêtements et des bâtonnets des Marattiacées. Cet auteur, en s'appuyant sur ses observations et sur celles d'un de ses élèves, M. Feist, fonde son opinion sur ce fait que le contenu cellulaire, les revêtements intercellulaires ainsi que les bâtonnets des Marattiacées, se comportent de la même manière, non-seule- ment vis-à-vis de l'iode et de l'acide sulfurique, de la potasse, mais encore vis-à-vis de certaines matières colorantes, comme la fuchsine, le bleu d'aniline, la safranine. La similitude d'action de ces divers réactifs n'impose pas nécessairement l'identité de nature des revêtements, des bâtonnets et du contenu cellulaire; il eût fallu démontrer d'abord que les diverses réactions invo- 1. Luerssen Chr., Kleinere Mittheilungen iiber den Bau und die Enlwickelung der Gefàsscryptogamen. II. Ucber cetttrifu gales locales Dickenwachsthum inne- rer Parenchymsellen der Maraltiaceen. Bot. Zeit. 1873, P- 624-640. 2. Schenck H., Ueber die Stàbchen in der Parenchyniintercellularen der Ma- raltiaceen. Beritch. d. deutsch. bot. Gesellsch., 1886, IV Bd., p. 86. 3. Berthold G., Studien iiber Protoplasma mechanik. Leipzig-, 1886, pp 32-38. 18 JOURNAL DE BOTANIQUE quées par M. Berthold sont nécessaires et suffisantes pour recon- naître la présence des matières azotées : c'est ce que l'auteur a néerligé de faire. Une seule fois M. Berthold a essaye d'utiliser la réaction de l'acide sulfurique et du sucre, et il a obtenu un résultat négatif (i). « Tandis que le contenu cellulaire prend la teinte rose caractéristique des matières protéiques, les revête- ments intercellulaires prennent une coloration jaune rougeàtre. » Les critiques de MM. Schenck et Gardiner ont donc conservé toute leur valeur. D'ailleurs, MM. Mattirolo et Buscalioni (2) viennent de fournir un nouvel appui à ces critiques en faisant connaître, dans le tégument de la graine des Papilionacées, des formations analogues à celle des Marattiacées. Ils reconnaissent que ces formations ne sont constituées ni par de la cellulose, ni par des matières azotées. Pas plus que M. Schenck, les auteurs ne donnent leur véritable nature, ils se bornent à l'identifier en partie à celle des revêtements intercellulaires et la considèrent comme une modification chimique de la lamelle moyenne. La controverse que nous venons de rappeler aurait cessé depuis longtemps, si les divers auteurs cités avaient eu connais- sance des travaux publiés par les chimistes sur les propriétés des composés pectiques. Nous verrons en effet que les revêtements intercellulaires, ainsi que les bâtonnets des Marattiacées que j'ai retrouvés chez un grand nombre de plantes (Equisétacées, Cycas, Hellébore, Chou, Euphorbe, etc.), ne sont autre chose que des amas de composés pectiques accumulés à la surface de la membrane des espaces intercellulaires et postérieurement à la formation de ceux-ci. Pour résumer les diverses données actuellement connues, je ne puis mieux faire que de condenser le chapitre consacré par M. Tschirch à la substance intercellulaire (3). L'auteur rappelle les diverses propriétés de cette substance; sa solubilité dans le réactif de Schultze, dans les liqueurs alca- lines caustiques, son insolubilité dans l'acide sulfurique; elle est 1. Berthold, loc. cit., p. 35. 2. Mattirolo O. e Buscalioni L., Sulla struttura degli spacii inlercellulari nei tegumenti seminali nelle Papilionacess. Malpighia, anno m, VIII, i88<>. — Ricoche anatomofisiologicke sui tegumenti seminali délie Papilionace.v. Xota preventha. Atti délia Reale Accademia délie science
  • \ blai que, Jeanpère. L'Académie des sciences, dans sa séance publique du 21 décembre, a décerné les prix suivants : Prix Bordin, à ML LÉON Guignaro, professeur à l'Ecole supérieure de Pharmacie de Paris, pour un important mémoire sur la question suivais proposée par l'Académie : Etudier les />//■. es intimes de la féconda- tion chea les plantes phanérogames eu se plaçai: t particulièrement au point de 1 ! vision et du transport du noyau cellulaire. Indiquer les rap- ports qui existent entre ces phénomènes et ceux qu'on observe dan ne animal. Prix Desmazières, à M. A. N. BERJLESB, professeur de Botanique < ; PathoL ;étale à TEcole de Viticulture et Œnologie d'Avellino, pour l'ensemble de ses travaux sur les Champignons et comme encouragement à la publication déjà commencée des Icônes 1 usum Sylloges Saccardianéc accomodaise. Prix Montagne, à M. Henri Jumelle, pour un Mémoire intitulé Rech c lies physiologiques sur les Lichens. Prix Thore, à MM. J. COSTANTIN et L. DlTOl'R, pour leur Nouvelle Flore des Champignons. I □ outre une Mention a été accordée à M. Lesage, préparateur à la Faculté des Sciences de Rennes, pour ses études sur l'intluence que la salure exerce sur l'anatomie des végétaux, et une subvention prise sur la fondation Leconte a été attribuée à M. DOULIOT, préparateur au Muséum, actuellement en mission à Madagascar, pour lui permettre de poursuivre ses recherches. Le Gérant : Louis Mokot. Paris. — J. Ucrsch, imp. 22, PI. l>cnferHtuchcreau. 6* ANNEE. N° 2. 16 JANVIER 1892. JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. MONOGRAPHIE DES ORCHIDEES DE FRANCE (Suite.) Par M. E. G. CAMUS. OPHRYDÉES. OPHRYDEM Lindl. Orch. p. 257. Etamine centrale fertile, anthère soudée à la colonne avec laquelle elle forme corps, persistante. Masses polliniques compactes, com- posées de granules assez gros, agglutinés par une matière visqueuse. Bulbes charnus, entiers, palmés, recouverts d'un épiderme mince, sur- montés de fibres radicales cylindriques. SERAPIAS L. Gen. 1012, ex part. — Schwartz in Act. holm. anno 1800, p. 223. Périanthe à divisions externes conniventes en casque et soudées entre elles par leurs bords, libres au sommet, les deux intérieures dila- tées à la base, longuement cuspidées et soudées au sommet avec les divisions externes. Labelle non éperonné, gibbeux à la base, trilobé; lobes latéraux ascendants ou dressés, lobe moyen grand, ordinaire- ment réfracté. Anthère verticale à loges parallèles. Masses polliniques à caudicules distincts, insérés sur un seul rétinacle renfermé dans une bursicule. Gynostème terminé en bec comprimé. Ovaire non contourné. 1. Serapias corcîigera L. Sp. pi. éd. II (1763); Gren. et Godr. FI. Fr. III, p. 276; Réichb. f. Orchid., p. 10; Ba.rla.Ico- 110 graphie des Orchide'cs, p. 32. Helleôorine cordigera Pers. Syji. II (1807). Serapias Lingiia 3 Savi FI. Pis. (1798). S. ovalis Rich. Mém. Mus. IV (18 17). ICON. — Sibth. et Smith FI. grasc, tab. 332.; Reichb. f. Orchid., p. 440; Seb. Rom. pi. fasc. 1, tab. 4; Barla, Iconogr. Orchid., pi. 20, f. 1-11.; G. Cam. Atlas, pi. 1. Bulbes ovoïdes ou subglobuleux, sessiles ou l'un sessile et l'autre brièvement pédoncule. Tige de 2 à 3, rarement 4 décimètres, cylin- JOURNAL DE BOTANIQUE chique, dressée, d'un rouge violacé au sommet, maculée à la base, ainsi que les gaines des feuilles, de taches pourprées. Feuilles Lan- céolées-linéaires, aiguës, canaliculées, les inférieures réduites à des gaines membraneuses brunes; bractées ordinairement plus courtes que Us fleurs, rarement les inférieures les dépassant un peu, ovales- lancéolées, aiguës, le plus souvent ayant la coloration des divi- sions externes du périanthe, marquées de nervures purpurines ou violacées plus ou moins visibles et anastomosées par de petites ner- vures transversales. Fleurs peu nombreuses, 3-8 environ, grandes, dis- posées en épi court ovoïde; périanthe à divisions conniventes en casque; les externes soudées, libres au sommet, acuminées, aiguës, concaves, un peu carénées en dehors, d'un violet rougeâlre pâle en dehors, plus foncé en dedans, marquées de nervures longitudinales anastomosées par de petites nervures transversales; les deux internes d'un pourpre foncé surtout à la base, à 3 nervures dont une seule va jusqu'au sommet, longuement acuminées subulées, à base- dilatée, à bords ondulés, presque aussi longues et beaucoup [dus étroites que les externes et soudées à elles par le sommet. Labelle à 3 lobes, avant presque deux fois la longueur des divisions du périanthe, dirigé en avant, muni à la base de deux callosités noirâtres, luisantes, saillantes, dirigées en avant et divergentes; lobes latéraux d'un pourpre noirâtre, arrondis, dressés, rapprochés entre eux au sommet et en partie recou- verts par les divisions du périanthe; lobe médian plus long que les latéraux, aussi large que les deux latéraux réunis d:m^ le labelle étalé, ovale en cœur, acuminé, paraissant articulé, réfléchi, hérissé de poils nombreux ainsi que la base du labelle, légèrement ondulé sur les bords, d'un pourpre assez foncé, marqué de veines ramifiées. Gynostème ordi- nairement pourpré, terminé par un b( jue droit, dirigé en avant, liant environ sa longueur. Ovaire sessile, subcylindrique, d'un vert pâle. Masses polliniques d'un vert foncé. Prés marécageux. AR. Vannes, Nantes, l'Ouest (devient rare dans celte région), région méridionale et Corse. Les individus récoltés en Corse par MM. Bourgeau et Gay sont remarquables par leur taille, .; aètres, et par le nombre des fleurs, 12 à 15. 2. S. iicî»ieeta de Notar. Rep. fl. lig., p. 389 (1844); Reichb. f. Orchid., p. 15 et p. 171 ; Parlât. /•"/. ital. 3, p. 430; Ardoino7-7. anal, du départ, des Alpes-Martin p. 358; Maria, Iconogr. Orchid. , p. 33. S. Lïng!. -. 1 irte Savi. Icox. — Reichb. f. Orch., tab. 520; Barla, Iconogr. Orchid., pi. 20, fig. 1 2-13 ; pi. 21, fïg. 1-14 ; G. Cam. Atlas, pi. 2. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 23 Bulbes ovoïdes ou subglobuleux, le plus souvent l'un sessile et l'autre pédoncule. Tige de 1 à 3 décimètres environ, cylindrique, dressée, d'un vert clair, dépourvue de macules à la base. Feuilles linéaires lancéolées, aiguës, canaliculées, ordinairement arquées, les inférieures réduites à des gaines membraneuses brunes non maculées de taches purpurines. Bractées plus courtes que les fleurs, ovales-aiguës, d'un vert clair, souvent lavées de violet au sommet ou complètement purpurines, munies de nervures longitudinales anastomosées par des nervures transversales. Fleurs peu nombreuses, 2-6, grandes, disposées en épi court. Périanthe à divisions conniventes en casque, les externes soudées, libres au sommet, acuminées, aiguës, concaves, un peu carénées en dehors, d'un violet rougeâtre pâle en dehors et en dedans, marquées de nervures longitudinales anastomosées par de petites ner- vures transversales ; les deux internes à base dilatée, à bords non ondulés, presque aussi longues et beaucoup plus étroites que les externes et soudées à elles par le sommet. Labelle à 3 lobes, ayant environ deux fois la longueur du périanthe, dirigé en avant, muni à la base de deux callosités saillantes, linéaires, presque parallèles et un peu plus éloignées que dans le 5\ cordigera. Lobes latéraux plus ou moins foncés dans leur partie supérieure, divergents, plus ou moins étalés, peu cachés par les divisions du périanthe; lobe médian grand, largement ovale acuminé, aussi large que les deux lobes latéraux réunis dans le labelle étalé, subarticulé, plus ou moins réfléchi, quelquefois presque horizontal, hérissé de poils nombreux ainsi que la base du labelle, ondulé sur les bords, d'un rouge ^brique sur le pourtour, de couleur ochracée pâle au centre, muni de veines ramifiées. Gynostème terminé par un bec aigu presque droit, dirigé en avant et égalant environ sa longueur. Masses polliniques verdâtres. R. Alpes-Maritimes (Ardoino, Barla) ; Var (Albert); TR. Corse (Debeaux). 3. S. long'ipetala Poil. FI. ver. III, p. 30 (1824); Gren. et Godr. FI. F?\ III, p. 278; Lindl. Orchid., p. 378 ; Barla Ico- nogr. Orchid., p. 31. Helleborine longipelalaTen. FI. 11a p. prodr., p. LUI (181 1). H. pseudo-cordigera Seb. Rom. pi., f. 1, p. 14 (18 13). S. cordigera M. B. FI. t. c, II, p. 370 (1808). kS 1 . hirsuta Lap. Abr., p. 551 (18 13). L. lancifera St-Am. FI. Agen (182 1). vS\ oxyglottis Reichb., FI. excurs., p. 130 (1830). S. pseudo-cordigera Moric. FI. Veii., p. 374 (1820). ICON. — Seb. Rom. pi. , fasc. 1, tab. 4, fig. 1 ; Seb. et Alaur., 24 IOURNÀL DE BOTANIQUE FI. vont, prodr., tab. to, fig\ i ; Ten./'V. nap. 2, tab. 98; Reichh. f. Orch., tab. 441; Barla Iconogr., pi. 18: fig. 1-15; G. Cam. Atlas, pi. 3. Bulbes ov< >ïdes ou subglobuleux, sessiles ou subsessiles. Tiges de _• à 5 décimètres environ, ordinairement robuste, anguleuse, violacée au sommet, non maculée à lu base. Feuilles lancéolées linéaires, d'un vert -lauque, canaliculées, arquées en dehors. Bractées dépassant beaucoup les fleurs, longuement acuminées, rarement verdâtres, ordinairement d'un violet rougeâtre, de même couleur que le périanthe externe, marquées de nervures longitudinales anastomi isées par de petites m vures transversales. Fleurs 4-8, assez grandes, éloignées, disposi en épi allongé. Divisions du périanthe conniventes en casque, les externes soudées dans presque toute leur longueur, libres au sommet, un peu carénées en dehors, d'un violet rougeâtre, pâle en dehors, [dus foncé en dedans, munies de nervures longitudinales anastomosées par de petites nervures transversales; les deux internes rougeâtres, à trois nervures longuement acuminées à base dilatée, d'un pourpre noirâtre, à bords ondulés crispés, un peu plus courtes et beaucoup plus étroites que les externes et soudées à elles par leur sommet. Label le à 3 lobes, environ une fois et demie aussi long que les divisions du périanthe, dirigé en avant, muni à la base de deux callosités saillantes peu colorées, linéaires, un peu divergentes; lobes latéraux d'un pourpre noirâtre dans leur partie supérieure, arrondis, dr< et rapprochés entre eux au sommet et en partie cachés par les divisions externes du périanthe; lobe médian plus long que les latéraux, ovale-lancéolé, moins large que les deux lobes latéraux réunis dans le labelle étalé, subarticulé, réfléchi, h< de poils nombreux ainsi que la base du labelle, ordinairement ondulé sur les bords, d'un rouge fauve, un peu jaunâtre au centre, marqué de veines ramifiées. Gynostème d'un brun violacé, dirigé en avant, terminé par un bec droit, allongé, verdâtre. Ovaire sessile, verdâtre, subtriquètre. Masses polliniques vertes. AR. Lieux humides et sablonneux, prés, bruyères, bois. Sud-i tuest, méridionale et méditerranéenne, < 4. S. Lingua L. Sp. pi., éd. I, p. 950 (175;.); Gren. et Ir. FI. Fr. III, p. 280; Barla Tcon gr. Orchid., p. Helleborine Lingua l'ers. Syn. [I, p. 512 (1807). H. Jnitis 1 Bertol Ain. il., p. 202 (1819). rapias glabra Lap. Abr., p. 552 1 [813). ICON. — Sibth. et Smith l . . .. tab. 331 ; Reichb. f. Orch., p. 439; Barla Iconogr. Orchid., pi. 17; G. Cam. Allas, pi. 4. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 25 Bulbes ovoïdes ou subglobuleux, dont un souvent pédoncule. Tige de 2 à 4 décimètres environ, cylindrique, d'un vert clair, non maculée à la base. Feuilles lancéolées linéaires, aiguës, canaliculées, arquées en dehors, d'un vert glaucescent. Bractées égalant ou dépassant un peu les fleurs, ovales-lancéolées, aiguës, lavées de rouge violacé, munies de nervures longitudinales anastomosées par de petites nervures transver- sales. Fleurs 2 à 6, moyennes, disposées en épi allongé. Divisions du pé- rianthe conniventes en casque, les externes soudées dans presque toute leur longueur, libres au sommet, ovales lancéolées, aiguës, concaves, un peu carénées, d'un violet clair, marbré quelquefois de vert, munies de nervures longitudinales anastomosées par de petites nervures trans- versales ; les deux internes d'un violet clair, nervées dilatées à la base, acuminées subulées, un peu plus courtes et beaucoup plus étroites que les externes et soudées à elles par leur sommet. Labelle trilobé presque deux fois aussi long que les divisions du périanthe, dirigé en avant, muni à la base d'une callosité noirâtre allongée, pourvue d'un sillon longitudinal ; lobes latéraux d'un pourpre noirâtre dans leur partie su- périeure, arrondis, dressés, rapprochés entre eux au sommet et presque entièrement cachés parles divisions du périgone ; lobe médian plus long que les latéraux, subarticulé, réfléchi, ovale acuminé ou presque lancéolé, entier ou à bords un peu ondulés-crénelés, environ de la moitié de la largeur des deux lobes latéraux dans le labelle étalé, muni de quelques poils fins, d'un violet clair, rougeâtre, quelquefois rose ou jaunâtre et toujours plus clair au centre. Gynostème dirigé en avant, à bec droit allongé. Ovaire d'un vert clair, subcylindrique, sessile. Masses polliniques d'un jaune pâle ou verdâtre. Assez répandu dans l'Ouest, le Sud-Ouest, les régions méridionale et méditerranéenne, la Corse. 5. S. occïiïtata Gay Ami. se. natur. (1836) ; Gren. et Godr. FI. Fr. III, p. 260. 6 1 . parviflora Pari. Giorn. de se. nat., p. 66 (1837); Barla Iconogr. Orchid., p. 34. ►S. loiigipetala 3 parviflora Lindl. Orchid. (1830- 1840). ►S. laxiflora Chaub. FI. du Pelop., p. 62 (1838); Reichb. f. Orch. var. x. S. oxyglottis Lindl. /oc. cit. Icon. — Parlât. Op. c . et in Linnœa, tab. 4; Reichb, tab. 442, fig. 2-3; Barla Iconogr. Orchid., pi. 22, fïg. 1-3; G. Cam. Atlas, pi. 5. Bulbes ovoïdes oblongs, sessiles. Tiges assez grêles, de 1 à 2, rarement 3 décimètres, d'un vert pâle, cylindriques, un peu anguleuses JOURNAL DE BOTANIQUE au sommet, non maculées à La base. Feuilles lancéolées-linéaires, acuminées, d'un vert glauque, canaliculées-carénées, les inférieures réduites à îles gaines. Bract liant ou dépassant un peu 1rs fleurs, allongées, aiguës acuminées, rougeâtres ou plus rarement d'un vert clair. Fleurs petites, 4-S, disposées en épi allongé. Divisions du périanthe conniventes en casque, les externes soudées dans leur moitié inférieure, linéaires-lancéolées, aiguès, d'un violet rougeâtre pâle, munies de nervures longitudinales anastomosées par des nervures transversales peu visibles; les internes verdâtres cm rougeâtres, élargies à la hase, à bords plans, soudées au sommet avec les externes. Labelle à 3 lobes égalant environ les divisions du périanthe, dirigé en avant, muni à la base de deux: callosités parallèles; lobes latéraux d'un pourpre noirâtre dans leur partie supérieure, arrondis, dressés • Icon. — Timbal-Lagr. loc. cit., pi. 24, fig. 9; G. Cam. Atlas, pi. 6. Bulbes subglobuleux, sessiles ou l'un deux brièvement pédoncule. 1. J'ai pu, grâce à l'obligeance de mon savant correspondant M. Albert, de Solliès-Toucas (Var), qui m'a envoyé un grand nombre d'échantillons d vivants, reconstituer une grande partie rter si l'on • 1 suite les travaux de ce botaniste. Les plantesdeMM.de ! arambergue et Philip sont au Muséum de Paris, dan 3 l'herbier ( .renier, où elles sont en bon état de conservation. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 27 Tige de 2 à 4 décimètres, dressée, cylindrique, verdàtre, lavée de pour- pre violacé au sommet, non maculée à la base. Feuilles d'un vert glau- cescent, linéaires-lancéolées, aiguës, canaliculées, arquées en dehors. Bractées égalant ou dépassant un peu les fleurs, ordinairement d'un pourpre violacé, munies de nervures longitudinales anastomosées par de petites nervures transversales. Fleurs 2 à 6, groupées en épi court ovoïde, de grandeur moyenne. Divisions du périanthe conniventes en casque; les externes d'un pourpre violacé, ovales lancéolées, aigués, soudées dans presque toute leur longueur, libres au sommet, pourvues de nervures longitudinales anastomosées par de petites nervures trans- versales; les internes d'un pourpre violacé, nervées, à base élargie, longuement acuminées et soudées aux externes par le sommet. Labelle trilobé, d'un pourpre foncé, de même couleur que dans le 5. cordigera, pourvu au centre de poils nombreux, muni à la base d'une callosité non canaliculée ; lobes latéraux d'un pourpre noirâtre dans leur partie inférieure, arrondis dressés et rapprochés entre eux au sommet; lobe médian ovaledancéolé, acuminé, plus long que les deux latéraux, réfléchi, moins large que les latéraux dans le labelle étalé. Masses polliniques verdâtres. Cette plante se rapproche du S. cordigera par la disposition de ses fleurs en épi court et par la coloration foncée de son labelle qui est muni de poils roux assez abondants. Elle se rapproche du 5. Liugua par la forme étroite du labelle. TR. Le Cariât et la Laugerie, près de Castres [Tarn] (de Laram- bergue) ; Bornes, près Solliès-Toucas [Var] (Albert) ; Bastia [Corse] (Debeaux). (2). X S. Liu'fttnbet'giti'i G. Cam. X £• Linguo-cordigera de Laramb. et Timb.-Lagr. Mém. Acad. de Toulouse, 1860; Timb.-Lagr. Mém. hybrides d'Orchi- dées, p. 35. Icon. — G. Cam. Atlas, pi. 6. Les auteurs caractérisent cette plante ainsi : Ressemble beaucoup au S. cordigera, mais son labelle est très étroit, peu velu, pourpre clair, ce qui le rapproche du 5. Lingua; tige non maculée à la base, labelle à base légèrement sillonnée, mais non relevée en arêtes saillantes. Diffère du S. cordigero-Liiigua par la forme de son labelle qui est plus velu et surtout par la gibbosité basilaire peu profondément sil- lonnée et par les divisions supérieures du périanthe plus courtes. Nous possédons plusieurs exemplaires de cette hybride et nous ajou- tons les observations suivantes notées sur les plantes vivantes : la tige, 2 3 JOURNAL DE BOTANIQUE dans trois exemplaires sur cinq, est lavée de violet à la base et maculée de taches d'un pourpre violacé; les fleurs ne sont pas aussi réunies au sommet que dans le S. cordîgera, les deux ou trois inférieures sont un peu espacées. TR. Laugerie, pi es Castres (de Larambergue); Bornes, près Solliès- Toucas[Var (Albert). Serapias longipetala X S. neglecta. (3). X *• Aiberii G. Cam. {S.longipetalo-neglecta.) Icon. — G. Cam. Atlas, pi. 8. Bulbes ovoïdes ou subglobuleux, l'un sessile, l'autre brièvement pédicellé. Tige cylindrique, de 2 à 3 décimètres, assez robuste, non maculée à la base. Feuilles lancéolées linéaires, canaliculées, non maculées à la base. Fleurs 3-8, les supérieures rapprochées, les infé- rieures espacées. Bractées lancéolées acuminées, dépassant les fleurs assez longuement, lavées de pourpre violacé, munies de nervures lon- gitudinales, anastomosées par de petites nervures transversales. Fleurs grandes, d'un pourpre violacé. Périanthe à divisions extérieures sou- dées dans presque toute leur longueur, libres au sommet, ovales lan- céolées, acuminées, un peu carénées en dehors, munies de nervures d'un pourpre violacé foncé, anastomosées par de petites nervures transversales de même couleur. Divisions internes violacées, à base dilatée, longuement acuminées, nervées, réunies au sommet aux divi- sions externes. Label le à 3 lobes, une fois et demie aussi long que : divisions du périanthe, dirigé en avant et muni à la base tic deux cal- losités saillantes assez colorées, linéaires, peu divergentes. Lobes laté- raux d'un pourpre noirâtre dans leur partie supérieure, arrondis, dressés, rapprochés entre eux au sommet et presque entièrement cachés par les divisions externes du périanthe; lobe médian lancéolé, acuminé, cordé à la base, plus long que ! :s ! itéraux, subarticulé, muni de poils nombreux ainsi que la base du labelle, égalant en largeur I deux lobes latéraux dans le labelle étalé, d'un pourpre violacé, ferru- gineux au centre, muni de nervures ramifié* s. ' rynostème d'un brnn violacé, dirigé en avant et terminé par un bec l'égalant environ. Masses polliniques verd I Cette hybride a le port d'un S. longipetala; elle diffère de cette ■èce par son labelle de coloration lavée de brun ferrugineux au centre, et par la largeur du lobe médian qui celle des lobes laté- raux réunis dans le labelle étalé. Ses longues brai t( î el l'absence de macules à la base des feuilles et de la tige la font distinguer facilement du 5". cordigera. TR. Bornes [Var] (Albert). La forme inverse n'a pas été observée. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 29 Serapias Lingua X S. neglecta. (4). X S. Htcriilioiuilis G. Cam. (S. Lùigno-neglecia.) ICON. — G. Cam. Atlas, pi. 9. Bulbes ovoïdes ou subglobuleux, Tua sessile et l'autre brièvement pédicellé. Tige cylindrique, de 1 à 3 décimètres, non maculée à la base. Feuilles lancéolées linéaires, canaliculées, non maculées à la base. Fleurs 3-8, en épi dense. Bractées lancéolées, acuminées, égalant les fleurs, d'un pourpre violacé, munies de nervures longitudinales anastomosées par de petites nervures transversales. Périanthe à divi- sions externes soudées dans presque toute leur longueur, libres au sommet, ovales lancéolées, acuminées, munies de nervures longitudi- nales d'un violet foncé, anastomosées par de petites nervures trans- versales ; divisions internes violacées, à base dilatée, longuement acu- minées, nervées, réunies au sommet avec les divisions externes. Labelle à trois lobes, une fois et demie aussi long que les divisions du périanthe, dirigé en avant, et muni à la base de deux callosités linéaires à peu près parallèles et de coloration foncée. Lobes latéraux d'un pourpre noirâtre au sommet, arrondis, dressés, rapprochés entre eux dans leur partie supérieure, presque entièrement cachés par les divisions externes du périanthe. Lobe médian lancéolé, acuminé, plus long que les latéraux, subarticulé, réfléchi, muni de poils ainsi que la base du labelle, sensiblement moins large que les deux lobes latéraux dans le labelle étalé, d'un pourpre violacé, ochracé au centre, muni de nervures ramifiées. Gynostème d'un pourpre violacé, dirigé en avant, terminé par un bec l'égalant environ. Masses polliniques ver- dàtres. Cette hybride ressemble au S. neglecta. Le lobe médian de son labelle est moins chargé et plus foncé, les fleurs sont moins rapprochées que dans cette espèce. Voisine aussi du 6'. Lingua, elle s'en éloigne par ses fleurs plus grandes, par son labelle un peu moins acuminé et par l'épi floral un peu plus dressé. TR. [Var] (Albert). La forme inverse n'a pas encore été observée. Serapias longipetala X S. Lingua. (5). X S- Gà'entd'i Richt. (p. p.) Plantas Europe, p. 275, 1890. ►S. Linguo-longipctala Gren. et Philippe Ann.se. nal. 3 8 sér. vol. 19, p. 154, i853- S. neglecta de Forestier {non de Not.) S. longifietalo-Lingîia Gren. et Godr. FI. Fr. } III, p. 279. ICON. — G. Cam. Atlas, pi. 10. 3 o JOURNAL DE BOTANIQUE Bulbes deux, scssilcs. Tige 2-3-4 décimètres. Fleurs 2-4, disposées en épi court, très rapprochées. Bractées lancéolées, acuminées, dé- passant les fleurs. Divisions internes du périanthe prolongées en une arête plus longue que le limbe, à base élargi munie de 3-5 nervures. Labelle ovale Lancéolé, légèrement pubescent. Gynostème terminé par un appendice de moitié plus court que lui. TR. Escaladieu (Philippe) (Lorez wherb. Muséum); Castres (de Larembergue in herb. Muséum). (6). X <§»• \ XV, p. 32 (1883). .S. laxifloro-longipetalaTimb.-'La.gT. Mém. Acad. Toulouse. Me m. hybr. Orchid, p. [9(1854). S. longipetalo- laxiflora Noulet ap. Acad. Toulouse (1854). ►S. triloba Dupuy 1846 {non Yiw). Icon. — Barla Iconogr. Orchid., pi. 22, fig. 9-1 1; Timb.- Lagr. Mém. hybr. Qrch., pi. 22, fig. 14; G. Cam. Allas, Pi- J 3- Bulbes ovoïdes ou subglobuleux, sessiles ou subsessiles. Tige de 1-2-3 décimètres. Feuilles linéaires, lancéolées, ne noircissant pas pal la dessication. Bractées lancéolées égalant environ la longueur du périanthe. Fleurs 4-8, disposées en épi lâche. Périanthe â divisions extérieures lancéolées, rapprochées, un peu soudées à la base ou com- plètement libres et étalées, les deux internes lancéolées étroites, presque semblables aux externes et munies de 3 à 5 nervures allant jusqu'au sommet. Labelle à dois lobes plus ou moins profonds, d'un rose pourpre un peu clair et jaunâtre au centre, tronqué us E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 33 trois sur le même plan, les deux latéraux très grands, ovales très arrondis, le médian très réduit, très petit, comme avorté, un peu chif- fonné, lancéolé; base du labelle dépourvue de gibbosité. Cette plante se distingue facilement de la précédente par l'absence de gibbosité à la base du labelle et par la petitesse du lobe médiau du labelle. Elle a le port, l'inflorescence et la couleur de YO. laxiflora. TR. Vallon des Epargnes, près Roquecourbe [Tarn] (de Laram- bergue). (Herb. Mus.). (n). XX O. capitula G. Cam. (Sera pi as Lingua X Orchis\_Morioï\). Serapias Morio-Lingua de Larambergue in Timb.-Lagr. Mém. Oi'ch., p. 36, pi. 24, fig. 7. « Cette hybride a le port de YO. Morio et le faciès du S\ Lingua. Son a labelle est glabre et a une seule callosité à la base, ce qui le rapproche « du S. Lingua, tandis que les divisions supérieures du périanthe sont « réunies en casque avec des veines très prononcées. Les fleurs sont' « réunies ou mieux assemblées en tête plutôt qu'allongées en épi, ce qui « le ramène à YO. Morio. Elle se sépare de toutes les hybrides que nous « avons observées dans les environs de Castres par les divisions du « périanthe soudées comme dans les vrais Serapias, et par la forme « élégante et très régulière de son labelle, qui est en coin à la base, « élargi dans sa partie moyenne, à lobes latéraux égaux de forme et a profondément séparés du lobe moyen qui se détache sans contour- « nure comme clans les autres ; il est en outre deux fois plus long et « présente une jolie couleur violette qui change très peu par la dessi- 1 cation. » De Larambergue, loc. cit. Timbal-Lagrave fait remarquer que la plante a été trouvée au milieu des espèces suivantes : O. Morio, O. laxiflora, Serapias Lingua. La disposition des fleurs en tète la rapproche de YO. Morio, mais la couleur, la forme du labelle et des feuilles plaident en faveur de YO. laxiflora. (12). O. BitB'lœ G. Cam. X Serapias Barla? Richter Planta? Europse, p. 276 (1890). 5". papilionaceo- Lingua, Barla Iconogr. Orchid., p. 34, (1868). ICON. — Barla loc. cit., pi. 22, fig. 4-8; Reichb. f. Orch., tab. 438; G. Cam. Atlas, pi. 14. Bulbes ovoïdes, subglobuleux. Feuilles linéaires lancéolées, cana- liculées. Tige cylindrique d'un beau vert, lavée de rose au sommet. Bractées égalant ou dépassant les fleurs, larges, lancéolées, acuminées, 3+ JOURNAL DE BO I VNIQUE nervées et de même couleur que les divisions externes du périanthe. Fleurs 5-6, disposées en épi court. Divisions ngitudinales d'un pourpre foncé; les deux internes d'un rouge violacé, nervées, un peu plus courtes que les externes, mais presque de même fi irme. 1 ,abelle tri loin'-, plus long que livisions du périanthe, canaliculé et muni à la base d'une callosité noirâtre peu marquée. Lobes latéraux d'un pourpre foncé, arrondis, crénelés sur les bords, marquées de nervures purpurines disposées en évmtail; lobe médian d'un pourpre rosé à bords ondulés-crispés. Gynostème presque dressé, terminé par un bec assez court, muni d'une pointe aiguë subpétaloïde. TR. Alpes-Maritimes (Barla). (13). XX O. Dcbeauœii G. Cam. Sera p ias Debeauxii. Serapias {Orchis) papilionaceo-cordigera Debeaux in Revue de botanique, mai 1 S91 , p. 278. Tige assez robuste, de 25 à 30 centimètres, feui liée à la base. Feuilles inférieures larges de 12 à 14 millimètres, dressées. Fleurs pourpres, 8 à 10, disposées en épi assez lâche. Périanthe à divisions allongées, linéaires, lancéolées. Libelle presque aussi large que long, à limbe marqué vers la partie moyenne et de chaque côté d'un sinus assez pro- fond, formant un angle plus ou moins aigu, marqué de stries anasto- mosées. Plante avant une ressemblance assez grande avec le 5". triloba Yiv. [Serapias neglecta X Orchis laxiflora)^ mais ne pouvant être identifiée avec cette hybride parce que le 5". neglecta et VO. laxiflora n'ont pu être observés dans la localité signalée par M. Debeaux. TR. Lut: 1 Sainte- Lucie, pris Bastia [Corse] (Debeaux, 1868-1 1. Serapias Lingua X Orchis laxiflora. (14). XX O, cotnplicata ( i. Cam. X Serapias coin plicala G. Cam. Orchis Linguo- laxiflora Ed. Bonnet et J.-A. Richter Bull. S. bot. J : r. XXIV, [882. Serapias Timbali K. Richter Plantée Europse^ [890 (1). 1. Nous ne] - M. K. Richter a pu identifier la plante du valloi pargnes décrite par Timbal en 1855, alors que l'auteur a depuis ir primitive et a dit que ce qu'il avait publié SOUS le nom de tait un 6". laxift ligera. De plus, MM. Bonnet E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 35 (Non Serapias Linguo-laxiflora Timb.-Lagr. Mém. Acad. y Toulouse, p. 299 (1855), Mém. hybr. Orchid., pi. 2^, fîg. 2, 3. Dans un mémoire publié en 1860, Timbal déclare que le 6 1 . Lin- gîio-laxiflora publié par lui est une forme du 6*. laxifloro-cordi- gera.) Plante ayant l'aspect de VOrchïs laxiflora. Bulbes ovoïdes, l'un sessile, l'autre assez longuement pédoncule. Feuilles lancéolées-aiguës, canaliculées. Epi lâche, composé d'environ 9 fleurs d'un rouge foncé, naissant toujours à l'aisselle d'une bractée plus courte que l'ovaire, lancéolée-aiguë, munie de 7-9 nervures; divisions externes du pé- rianthe lancéolées, libres et étalées ; labelle à direction horizontale ou ascendante, entier, lancéolé, tronqué ou atténué légèrement à son extrémité, pourvu de 3-7 nervures parallèles non anastomosées, dépourvu d'éperon et de gibbosité ; ce labelle représente assez bien le lobe moyen du labelle d'un Serapias Lingua. Gynostème dépourvu d'appendice comme dans V Or chis laxiflora, ovaire contourné. Masses polliniques naissant de deux rétinacles distincts. Uhart-Cize [Basses-Pyrénées] (Ed. Bonnet et J.-A. Richter). Serapias longipetala X Orchis coriophora. (15). XXO. TommiiHlni G. Cam. X ►£• Tommasini Kern, in Ver h. Z. B. G. XV, p. 231. (S. longipetala X O. coriophora va.r.fragraus). S. longipetalo-militaris Timb.-Lagr. Mém. Acad. Tou- louse (1855). S. coriophoro- longipetala Timb.-Lagr. Além. Acad. Tou- louse (1860). ICON. — Timb.-Lagr. loc. cit., pi. 23, fig. 1; Kerner loc. cit., tab.VII. Tubercules subglobuleux presque sessiles. Tige de 2 à 3 décimètres. Feuilles lancéolées aiguës, noircissant par la dessication. Fleurs 2-6, disposées en épi lâche; bractées cendrées dépassant longuement les fleurs. Divisions supérieures du périanthe libres jusqu'à la base, con- niventes en casque, ovales lancéolées, très acuminées, à 5 nervures longitudinales anastomosées par de petites nervures transversales. et J. A. Richter ont fait connaître leur S. Linguo-laxiflora et, dans une note claire et précise, ont déclaré que leur hybride était très distincte de la plante de Tim- bal. Les botanistes qui n'accepteront pas le nom d' Orchi-Serapias complicata de- vront employer celui de Serapias complicata et rejeter, même à titre de syno- nyme, celui de vS\ Timbali qui s'applique à plusieurs plantes et donne lieu à la confusion. 3 6 JOURNAL DE BOTANIQUE Labelle d'un pourpre clair lilacé, glabre, à 3 lobes, les deux latéraux allongés, largement linéaires, émarginésaux bords, étalés sur un même plan avec le lobe m< »yen, auquel ils se réunissent par un sinus profond ; lobe médian linéaire, conique, obtus au sommet. Ovaire non tordu. Gynostème terminé par un bec très court. TR. Wallon des Epargnes (Timb.-Lagrave, de Larambergue). |Xon mentionnée dans les a Plantée Europae » de M. K. Richter.] . / ,:t: e ç = > 0<= 9 D SUR QUELQ1 ES ALGUES PHÉOSPORÉES PARASITES [Suiie.) Par M. C. SAUVAGEAU. 2. — Elachistea Areschougii Crouan. UElachistea Areschougii a été découvert à Bre t par les frères Crouan, sur les lanières fructifères de M Himanthalia lorea (1). Ils en ont donné une description et une ligure suffi- samment caractéristiques, bien qu'on n'y trouve pas indiquée une des particularités les plus remarquables de l'espèce : l'im- mersion totale du coussinet cellulaire dans le tissu de X II niian- thalia. M. Bornet l'a retrouvé au Croisic en mars et en mai 1877, et c'est à lui qu'il fait allusion dans Us Etudes phycologiques (2) lorsqu'il parle du parasitisme de XE. clandestina sur XII. lore Enfin M. Batters l'a récolté à Berwick, sur le même substratum, en 1884 (3). J'ai étudié cette plante, encore rare et peu connue, sur des exemplaires conservés dans l'alcool, recueillis par M. Bornet, et sur lesquels il avait observé la présence de fila- ments entophyt 1. ("rouan, Flor - . . ,. n _ ,-- a. Edw. Batters, A lîst of the marin /, 1S89, p. 7' • ' :-• 3. E. lîornet in Etudes phycologiques, p. ai. M. Bornet m'a signalé lui-même la confusion qu'il avait : elle s'explique par ce fait , l'il découvrit ce parasite sur X! Himanthalia et qu'il chercha à l'identifier avec des espèces connut imiler à VE. 1 de son herbier. F.n effet, ni l'exemplaire provenant des frèr an qu'il un, ni relui donné par • à l'herbier du Muséum, n'esl VE. Ar . rit, | donne ici "mi- nation de ceti herbiers; par contre, le dessin de la E/oru/e du Finistère corre 1 description des auteurs et . que M. Batters en a donné . C. Sauvageau. — Sur quelques Algues fihéosporées parasites. 37 Cet Elachistea forme de très petites touffes, plus apparentes que les touffes de poils, mais faciles à confondre avec elles, aussi profondément enfoncées dans le tissu que si leur coussinet occu- pait toute la cavité d'un conceptacle. Ce coussinet est formé de cellules larges, tondeuses, incolores; les filaments courts, ou paraphyses, sont incurvés, étroits à la base; les filaments longs, ou assimilateurs, ont sur toute leur longueur la même épaisseur que la base des premiers. Les sporanges pyriformes ont les mêmes dimensions que dans X E. clandestine, mais ils atteignent parfois 120 •/. de longueur. Les filaments libres et les sporanges ont leur base propre à peu près au niveau de la surface de la plante hospitalière. J'ai vu quelques individus assez jeunes, peu enfoncés dans le thalle hospitalier, et qui latéralement étaient partiellement recouverts de fragments d'épiderme; ils s'étaient assurément développés de l'intérieur vers l'extérieur, mais l'état des prépa- rations ne m'a pas permis de reconnaître les filaments ento- phytes. Plus ordinairement, le coussinet de Y Elachistea est logé dans une cavité assez profonde et ovale; souvent les cellules du fond de la cavité et presque toujours celles des parois latérales ne semblent point, sur les coupes, troublées par son contact, mais les 1-3 assises épidermiques paraissent fréquemment comprimées en cet endroit comme si, au début, la cavité avait possédé un col que le développement du parasite aurait écarté. La forme de la cavité occupée par le coussinet me fait supposer que, dans ce cas, et bien que je n'aie point observé les jeunes états, X Ela- chistea utilise un cryptostomate ou même un conceptacle pour son développement. A l'extérieur, il ne déborde pas latérale- ment, comme le fait XE. saitulata, par exemple, mais sa partie externe possède sensiblement la même largeur que la partie profonde. C'est presque uniquement sur les coupes menées aux envi- rons de l'axe du parasite que l'on voit s'enfoncer, de la base du coussinet incolore dans le thalle de l'hôte, des filaments peu nom- breux, souvent réduits à 1-2-3, contournés, intercellulaires, à articles de 10-25 ['■ de largeur sur 25 \>. de longueur environ. J'ai suivi l'un de ces stolons à travers le tissu central de X Himan- thalia sur une longueur dépassant 600 [*., sans le voir aboutir; 3 8 JOURNAL DE BOl ANIQUE mais, en supposant que ces stolons fussent en relation avec d'autres touffes Ci Elac/u'stea , ce qui est probable, celles-ci étaient trop éloignées l'une de l'autre et à des hauteurs trop dif- férentes pour que je pusse le constater. A part ces stolons peu nombreux, dont on reconnaît facilement L'origine, je n'ai point vu dans le thalle hospitalier ces filaments parfois très abondants, courant dans divers sens, que l'on trouve chez 17:'. clandestina et divers Ectocarfius. Peut-être le parasite se développe-t-il par des zoospores venant de l'extérieur, dans les conceptacles ou les crvptosto- mates de Y Ilimanlhalia, dont il étouffe bientôt les filaments sans en laisser de trace, puis envoie-t-il de sa base des stolons entophytes dans le thalle hospitalier. Peut-être aussi l'infection se fait-elle uniquement de proche en proche, et dans ce cas les stolons seraient les agents de popagation du parasite. C'est ce que mes observations ne m'ont pas permis de décider. 3. — Elachistea clandestina Crouan. Les frères Crouan ont donné de cette espèce la description suivante : « Filaments simplesde 1 à 2 millim., en petites touffes hémisphériques, sans stratum basai, formées de deux sortes de filaments, les uns colorés très courts, droits ou incurvés, atté- nués à la base, obtus aux sommets, à articles aussi longs que larges, toruleux, ayant un point chromulaire fonce au centre; les autres très longs, hyalins, atténués aux extrémités, à articles de 1 à 4 fois la longueur du diamètre » ( 1 ). Hien que ces auteurs ne fassent pas mention des sporanges dans leur diagnose, il- les ont cependant représentés dans leur planche 24. Ils ont observé cette plante dans la rivière marine de Penfeld sur le Fucus ceranoides var. spiralis; elle parait d'ailleurs fort rare, car, à ma connaissance, elle n'a pas été citée depuis sa dé- couverte dans de nouvelles localités, ['ai passé en revue les nom- breux exemplaires de Fucus ceranoides que M. Bornet possède dans son herbier sans rencontrer X Elacliistca clandestina. I pendant, en 1878, M. Bornet a signalé, sur des échantillons pro- venant des frères Crouan, l'existence des filaments entophytes que l 'Elachistea clandestina envoie dans le tissu delà plante 1. Crouan. F. . Finistère, (867, p. 160 et pi. -'4, gen. ; C. Sauvageau. — Sur quelques Algues pkéosporées parasites. 39 hospitalière (1). C'est à la suite de cette observation que j'ai été conduit à l'étudier à nouveau, sur des échantillons donnés par Crouan à l'Herbier du Muséum. \JE. claudestina forme, sur le F. ceranoides, de très petites touffes peu distinctes. Un certain nombre de celles que j'ai ren- contrées dans mes coupes étaient formées uniquement de quel- ques filaments, pourvus de chromatophores, de 100-200 y. de longueur; ceux-ci sont atténués à leur base, mais beaucoup moins que les frères Crouan l'ont représenté dans leur dessin; ils atteignent dans leur région terminale 7-8 y- de largeur ou un peu plus, et sont composés d'articles de 5-12 u de hauteur. D'autres touffes, plus avancées, possédaient des sporanges uniloculaires plus ou moins pyriformes de 70-90 u de long sur 30-50 de large. Les poils sont moins nombreux que les filaments colorés et plus longs ; ils sont composés à leur base de nombreux articles courts qui, au-dessus, atteignent une longueur égale à 3-4 fois leur diamètre. Les filaments entophytes sont nombreux, irréguliers, inter- cellulaires ; ils sont parfois si abondants qu'ils entourent toutes les cellules du Fucîts situées au voisinage d'une touffe ; l'enva- hissement entophyte est très semblable à celui de certains Ecto- carpus parasites qui seront étudiés plus. loin. Bien que j'aie ob- servé des filaments internes très rapprochés de la paroi des cryptes, je n'ai jamais vu le parasite utiliser celles-ci pour son épanouissement à l'extérieur. Il est fréquent de voir les filaments se rendre d'une touffe à une touffe voisine. Nous avons vu plus haut que les frères Crouan ont décrit cette espèce comme dépourvue de « stratum basai », et il en est réellement ainsi dans les échantillons distribués par ces bota- nistes, de sorte que l'attribution de cette espèce au genre Ela- chistea n'est peut-être pas pleinement justifiée. En effet, si les filaments entophytes semblent parfois s'accu- muler sous lepiderme du Fucus, puis le soulever et enfin le dé- chirer, plus souvent le développement des jeunes touffes se fait par un procédé trèssemblable à celui que nous verrons plusieurs fois à propos des Ectocarpus parasites. Les filaments deviennent beaucoup plus nombreux et sortent au dehors en formant un 1. Bornet in Thuret, Etudes pkycologiques, p. 21. 4 o JOURNAL DE BOTANIQUE corymbc court et très serré, si bien que les cellules de l'épi- démie sont en ce point isolées et rejetées; ces touffes, denses et étroites, ont alors quelque ressemblance avec de jeunes Elachis- tea^ bien qu'elles ne forment point de coussinet, et la base de la touffe est située vers le niveau de la couche sous-épidermique. Mais parfois aussi, les touffes sont moins dei et les filaments qui les composent, au lieu de former un bouquet serré, sont plus éparpillés, passent entre un plus grand nombre de cellules de l'hôte. Dans ce cas la ressemblance est complète avec plu- sieurs /' tocarpus parasiti Il paraît donc probable que cette espèce devra être séparée des Elachistea pour rentrer parmi les Jù tocarpus. Elle se dis- tinguerait des autre , Ectocarpus parasites en ce que, au lieu de sortir du thalle hospitalier «l'une façon uniforme, en formant des taches d'une étendue facilement appréciable, elle se localiserait davantage, les filaments extérieur^ n formant que des touffes très étroites, mais très proches l'une de l'autre. La petite taille et la forme de ses filaments le rapprocheraient de X EctOcarpUS bi'cvis qui croit sur YAscophyllum noJosum y mais elle aurait de commun avec X EctOcarpUS velu Ihui s de X Ilimauthalia lorea d'a- voir des organes reproducteurs réduits à des sporanges unilo- culaires. l'ai étudié quelques autres esp à'Elachistea.UE. fuci- cola Prie-, qui forme de petites touffes très d< :nses sur les Fucus vcsi'at/osns et /•". serratus, reste toujours superficiel; il naît le plus souvent dans un conceptacle ou un cryptostomate. Les fila- ments périphériques de la plante envoient de nombreuses rhi- zines qui descendent sur le substratum, rampent à a urface -ans pénétrer à son intérieur. !//•'. scutulata Duby a son début dans les cryptes de 17//- manthalia; puis, comme on levoitrepré :nté sur la planche VIII des Etudes phycologiques t il s'étale beaucoup à la surface de son hôte, jusqu'à en faire presque le |tour, mais sans jamais pénétrer dans son intérieur. Il en est de même de 17:\ pulviuaia I Iarvey (i) qui se déve- I. Harvey .•. PI. xxvm a) «lit à tte pi mtL " (sous le synonyme d'£. attenuata\ « Touffes envoyant leurs racines, ou bases de leurs filaments, dans Le corps du Cysiosira. • 11 s'agit évidemment ici d'une pénétration dans les crypte3. C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 41 loppe dans les cryptes des Cysiosira ericoides et C. discors et dont les petites touffes sont répandues parfois par centaines sur la plante hospitalière ; toutes cependant ont une origine externe ; je n'en ai vu aucune envoyer de prolongements dans son sub- strat u m. Des 6 espèces à'Elachistea étudiées, et si nous laissons YE. cîaiidestina dans ce genre, trois, les E. stellulala , E. clandes- tina et E. Areschougii, sont nettement parasites, les trois autres, E. fucicola, E. scutulata, E. pitlvinata sont épiphytes, ou. tout au moins, si on veut les considérer comme parasites, leur parasitisme est limité à l'envahissement total d'une crypte et à la destruction de ce qui sy trouve. 4. — Ectocarpus investiens (Thur.) Hauck. J'ai recueilli cette plante très abondamment au Croisic, où elle forme sur le Gracilaria compressa Grev. des taches gazon- nantes, continues, d'un brun roussâtre, d'autant plus sombres que leur développement est plus avancé. Ces taches font géné- ralement tout le tour de la tige, qui est cylindrique, et ont le plus souvent 1-2 cm. de hauteur; elles sont réparties très inéga- lement sur le thalle hospitalier, mais cependant celles de la base sont souvent mieux développées et plus âgées que celles des branches. J'ai trouvé aussi le même parasite sur le Gracilaria multi- partita Harv. ; il y forme des taches d'un brun roux plus foncées à leur centre. Quand celles-ci sont jeunes, elles sont arrondies, et par suite n'entourent pas la fronde aplatie, mais se répètent exactement sur les deux faces. Le parasite, au début, a donc traversé le corps de l'hôte d'une face à l'autre, puis s'est étalé. Une coupe, faite au niveau d'une tache, montre les filaments entophytes nombreux. Les deux espèces précédentes de Graci- laria étant composées dans leur partie profonde de cellules très larges, de section arrondie, à parois relativement minces, on suit les filaments assez facilement ; leurs articles sont de dimen- sions très variables, mais la plupart sont longs et étroits, irré- guliers suivant leur trajet ; les plus longs que j'ai mesurés avaient 160 \i. de longueur sur une largeur minimum variant de 3 à 4 ^; les filaments rampent le long des parois, en pénétrant dans les 4 a JOURNAL DE BOTANIQUE cellules ou en les contournant ; leurs chromatophores, sous forme de grandes plaques, sont peu colorés. Entre les assises corticales, les filaments deviennent plus nombreux et leurs articles sont plus courts; ils passent entre les cellules épidermiques (VI. I. figure 6), traversent en direction radiale et en se rétrécissant légèrement la paroi externe, et arrivent au dehors sous la forme d'une petite verrue, qui de- viendra un filament dressé. Jamais le parasite ne rampe dans la paroi épidermique externe; il la traverse sans s'y arrêter. Les cellules épidermiques du Gracilaria compressa étant très rap- prochées l'une de l'autre, il est parfois difficile, surtout sur le frais, et lorsque le parasite est abondant, de constater que celui- ci passe entre les éléments de l'épiderme -ans pénétrer dans leur intérieur; il vaut alors mieux étudier le G. mullipartita , dont les cellules épidermiques sont moins serrées. Par contre, la paroi cuticulaire étant plus épaisse chez le G. compressa que chez le G. multipartita , le premier est préférable pour voir le parasite la traverser. LV:V/. investiens suit souvent une règle dans l'époque rela- tive d'apparition de ses deux sortes de sporanges. Les taches dont les filaments paraissent à l'œil nu les moins longs, et qui sont les plus jeunes, montrent surtout des filaments étroits, larges de 6-S ;j-, simples ou peu ramifiés, et des sporanges pluri- loculaires, longs de 28-45 :'-, larges de 8-12 (jl, les uns sont à peine pédicellés, comme s'ils sortaient directement du Gracilaria, d'autres sont terminaux sur des filaments longs ou latéraux et sessiles ou pédicellés sur ceux-ci, et presque toujours cloisonnés suivant la longueur. On voit aussi des poils longs, non pigmen- tés, à accroissement basilaire, leur largeur est d'environ 10 ;»-, et au sommet, leurs articles atteignent 50-100 \l de hauteur. Sur les taches plus âgées, les sporan ■>■- pluriloculaires sont devenus beaucoup plus rares; ils sont remplacés par des spo- ranges uniloculaires gros, ovales, de 50-80 ;». de long sur 20-35 de large; les premiers formes naissent vers la base; leur déhis- cence se fait par un pore terminal qui peut filer très légère- ment pour la sortie. Ils sont sessiles sur les filaments assimilateurs. Un certain nombre de ces derniers sont simples et étroits ; d'autres, à cellules inférieures larges de 1 2-16 y. se ramifient en branches plus étroites, inégales, le plus souvent courbées en arc vers C. Sauvageau. — Sur quelques A/gues phéosporées parasites. 43 l'axe; leur hauteur atteint souvent, sur les taches bien déve- loppées 400 ;j-. Dans les articles des filaments dressés assimilateurs, comme dans ceux des filaments entophytes, les chromât ophores sont des plaques pariétales. Lorsque les filaments ramifiés sont âgés, leurs cellules infé- rieures peuvent émettre des rhizoïdes ; je n'en ai pas vu plus de 2 pour chaque filament. Ces rhizoïdes sont étroits, non ramifiés, non cloisonnés ; ils sont raides et s'écartent de leur cellule mère perpendiculairement ou presque perpendiculairement à la lon- gueur de celle-ci; après un certain trajet dans cette direction, ils se recourbent vers le substratum, auquel ils aboutissent parfois normalement à sa surface comme s'ils devaient la traverser, par- fois ils rampent ensuite sur le Gracilaria, mais je n'ai pas ob- servé ce que devenaient ces rhizines d'ailleurs peu nombreuses. (A suivre.) ERRATUM Par suite d'une erreur dans la mise en page du numéro du I er janvier, tout le paragraphe concernant le parasitisme des Sphacélariacées, dans l'article de M. Sauvageau, a été omis; le passage suivant aurait dû être in- tercalé entre le 2 e et le 3 e alinéa de la page 5. Enfin, tout récemment, M. Reinke a signalé et figuré plusieurs cas de parasitisme dans son étude des Sphacélariacées (1). Il mentionne d'abord le nouveau genre Sphacela, caractérisé par des filaments dont les articles ne sont pas divisés longitudinale- ment. La seule espèce connue (Sph. subtilissimd) forme sur le thalle du Carpomitra Cabreras de petits coussinets arrondis, dont la base est enfoncée dans le tissu de la plante hospitalière où elle s'étale le plus souvent en un disque sous-cortical. Quant au genre Sphcicelciria, M. Reinke le divise en espèces « auto- nomes » et en espèces « parasites ». Ces dernières comprennent 5 espèces : le Sph. Hystrix Suhr msr., qui se distingue de la variété méditerranéenne irregularis du Sph. cirrhosa par la pénétration de son petit disque basilaire dans les couches exté- 1. J. Reinke, Uebersicht der bisher bekannten Sphacelariaceen (Ber. der deut. bot. Gesellsch. 1890, vol. VIII, p. 201-215). — J- Reinke, Beitràge zur verglei- chenden Anatomie uud Morphologie der Sphacelariaceen (Bibliotheca botanica, Heft 23, Cassel 1891, 40 p., 13 pi.). 4+ JOURNAL DE BOTANIQUE ricures du Cystostra ericoides\ le Sph. cagspituia'Lyngh.^ qui développe dans le thalle du Laminai ia Clousioni et du Sacco- rhiza bitlbosa une masse parenchymateuse, lobée, dont les limites, souvent étendues, se reconnaissent à L'aide de l'eau de Javelle qui teint en noir le tissu des Sphacélariacées ; le Sph. furetgera Kûtz., le Spli. Borneti Hariot, et le Sph. pulvinata Hook. f. et Harv., qui forment des gazons peu élevés sur le thalle de certaines Fucacées et pénètrent il ins sa profondeur. Je mentionne ces faits uniquement pour être complet, car, les Sphacélariacées ayant été l'objet d'unv étu I : approfondie de la part de M. Reinke, je ne m'en occuperai pas ici. Toutefois, je ferai remarquer que, bien que l'attention de M. Reinke ait été appelée sur ces faits de parasitisme, il n'a point parlé, dans sa revue des Algues d'1 lelgoland (i), des Algues entophytes signa- lées par M. Kny. i. |. Reinke, D mai und rothen Algen von h i \d (Berichte der deut. bot. Gesell. 1891, Heft 8, p. 271-273). CHRONIQUE Nais appi la mort île notre collaborateur, M. Balan au Tonkin, à l'hôpital militaire d'Hanoï, le 22 aovembre dern 1 '1 sait que ce botaniste, ancien voyageur du Muséum d'histoire naturelle, a rendu de grands services à la science par ses explorations, notamment en Orient, au Paraguay, à la Nouvelle-Calédonie, au Ponkin. Il ne se contentait pas d'ailleurs de réo lter «les plantes, il les étudiait par lui-même, comme en témoigne, par exemple, le travail qu'il a publié dans notre [ournal, en 1 sur les Graminées de l'Indo-Chine !r. La Se nique de France organise un dinaire qui se tiendra à Biskra (Algérie), dans la seconde quinzaine d'avril. Le Gérant: Louis Mlkot. • — J. ilersch, im . ~, ri. Dcnfcrt-Rochercau- 6" ANNEE. N" 3. 1" FEVRIER 1892. JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. OBSERVATIONS SUR QUELQUES DIANTHUS DE LA FLORE FRANÇAISE Par M. G. ROUY. Le genre Diantlius a été l'objet, depuis près d'un demi- siècle, de nombreux mémoires qui l'ont certainement rendu l'un des plus difficiles de la flore européenne. Le travail que je publie aujourd'hui a pour but de remettre au point la synonymie de cinq Diantlius du midi de la France et de leurs variétés, telles que je les comprends : ces Diantlius sont les D. virgineus L., D. serratus Lapeyr., D. brachyantlius Boiss., D. subacaulis VilL, D. altenuatus Sm. D. virgineus L. (excl. syn. var. £>). De l'examen attentif du texte linnéen, de l'habitat cité par Linné et des nombreux exemplaires de Diantlius qui m'ont été communiqués sous les noms de D. Godronianus Jord. et D. Ion- gicaulis Ten., ainsi que de ceux récoltés par moi dans l'Aude, l'Hérault, les Basses- Alpes et les Hautes- Alpes, il résulte que Godron a vu juste dans son Mémoire publié en 1846, et dans la Flore de France, au sujet du D. virgineus L., abstraction faite de la var. fi de Linné {Tunica rupestris , folio cœsio, molli, flore carneo Dill. Elth.\o\, t. 298, f. 385) qui est, sans doute possible et comme tous les auteurs le déclarent, la plante appelée ulté- rieurement par Smith D. csesius. Peu d'espèces linnéennes ont donné lieu à une interprétation plus large, car les D. silvestris, subacaulis, fiungens, hirtus, brachyantlius ont été tour à tour pris par différents auteurs pour le D. virgineus'L. ; mais, dans ces dernières années, les botanistes français étaient assez enclins, depuis Y Essai de Timbal-Lagrave, à revenir à l'opinion de A. -P. de Candolle dans sa Flore fran- çaise et à admettre sous le nom de D. virgineus la plante à la- 4 6 JOURNAL DE BOTANIQUE quelle Grenier et Goclmn ont donné avec raison le nom de D. brachyanthus Boiss. Or, disons tout de suite que le texte lin- néefl esl trop clair pour permettre l'assimilation du D. brachyan~ ihus au P. virgineus L. Linné dit, en eôet, en parlant de son D '. virgineus : t Squamis calycinis brevissimis , » ce qui n'est nullement le cas pour le D. brachyanthus , qui a les écailles cali- cinales égalant au moins le tiers de la longueur du calice. LJn botaniste anglais, M. Fred. N. William-,, qui a publié récemment trois mémoires sur le genre Dianthus, est arrivé, dans une intéressante dissertation à laquelle je renvoie le lecteur {Notes on the Pinks of western Europe, p. 35-37). à la même conclusion que moi; mais, tout en repoussant égalemenl l'assi- milation des D. virgineus'L. et D. brachyanthus Boiss. (et Gren. et Godr. !), il ne pense pas que la plante décrite par Godr< »n, et répandue çà et là dans le midi de la France, soit bien la plante linnéenne : car la description de Godron m corde que fort peu, selon lui, avec la diagnose de Linné; M. Williams conserve donc, dans son Enumération, le nom de D. virgineus, mais le fait suivre, comme noms d'auteurs, de la mention : G. et G. Nous estimons cependant que les termes linnéens se rappor- tent bien, sinon aux exemplaires delà plante du midi de la France à taille élevée, à tige rameuse et multiflore, à feuilles longues et étalé. -s, qui constitue le D. Godronianus Jord. {D, longi- coulis Billot, Loret, et bot. gall. mult.) = D. virgineus L. var. longifolius Rouy, du moins aux exemplaires à taille plus bas à tiges coin tes, généralement uniflores ou biflores, à feuilles courtes plus raides (analogues à celles des Armerid), que l'on rencontre assez fréquemment aussi dans nos régions méridio- nales (1). Ces derniers exemplaires présentent bien, en effet : I-'/os unicus in coule interdum ci alter ex ala folii supremi ' ; calycis squamse latse, ovaiss, acutse, brevissimse, paribus remotis (les feuilles supérieures parfois très rapprochées du calice ont l'asp» t d'écaillés calicinales un peu écartées des vraies); folia radiailia, copiosa, erecta^in cespitem imbricata, acuminata , facie Statices ferme, t oroltée limbus dimidio brevior tubo calycis , crenatus. » I. L'herbier Rouy contient cette forme dites suivantes où se rencontre parfois aussi la var. i.'i < ,...,, Digne, Barrême, Cas- tellane, Manosqae; Marseille; Tournemire (Aveyron . G. Rouy. — Sur quelques Dianthus de la flore française. 47 En résumé, le D. virgineus doit être compris comme suit : D. virgineus L. {sensu ampld). Var. * — brevifoliiis Rouy (D. virgineus L. !). Var. p — longifolius Rouy (D. Godronianus Jord. ; D. lon- gicaulis bot. gall. plur., nonTen.!). Obs. — Le Dianthus longicaulis Ten.!, d'Italie, diffère du D. virgineus L. var. longifolius Rouy, dont il a le port élevé et les feuilles, par les fleurs d'un quart au moins plus petites, les calices relativement plus courts, cylindriques ou à peine atté- nués au sommet, les écailles caliciuales plus petites, tronquées- rétuses au sommet et brusquement contractées eu un court mucron ovale-triangulaire faiblement aigu ou obtusiuscule, dépassant peu les bords de l'échaucrure. La plante de Croatie, distribuée comme Z>. longicaulis Ten., est le D. TergesliuusReichb., forme du D. silvestrisWulf., et la plante de Corse le D. Siculus Presl. (et G. et G.). D. serratus Lapeyr. Abr. Pyreu. Hist., p. 241 ; D. asper var. serratus DC. Prodr.; D.pungeus Godr. et Gren. pro parte, non L. ; D. subulatus Timb. Essai. Obs. — M. Williams {loc. cit., p. 44) accepte comme moi la synonymie ci-dessus, à l'exclusion toutefois du D. pungens Godr. et Gren. auquel il laisse ces noms d'auteurs, au lieu du nom de Linné, dans l'impossibilité d'appliquer exactement à une espèce jusqu'ici connue la diagnose linnéenne. Sur ce dernier point, je suis aussi d'accord avec M. Williams, car on sait que Linné a placé son D. pungens parmi ses Frutescentes , avec les D. arboreus et D. fruticosus, et qu'il lui attribue notamment les caractères suivants : Cailles suffruticosi alteruatiiu dense ramosi. Folia... omnia linearîa, planiuscula, augusta, acumi- nata,subpungentia. Calycis squamae 4, lanceolatée, calyce paulo breviores. Petala integerrima, laminis longit. unguiiuu. » et qu'il indique son espèce « in Hispanîse maritimis », avec le synonyme « Dianthus maritimus foliis pungentibus Du Chesne mss. » Or, je ne sache pas qu'on ait encore retrouvé, dans la région littorale de l'Espagne ou dans le Roussillon, un Dianthus présentant les caractères de la diagnose linnéenne du D. pun- gens. En tous cas, la plante de la Trancade d'Amboulia, région montagneuse et non maritime, ne se rapporte pas du tout, quoi 4 8 IOURNAL DE BOTANIQUE <|u'en ait pu dire Godron clans la Florede France, à la description de Lintlé, car elle a des pétales crénelés, les écailles calicinales d'un tiers ou à peine de la moitié plus courtes que le calice, et des tiges non suffrutescentes. Timbal-Lagrave a pensé que le D. pungens L. était l'Œillet que l'on rencontre clans les sables maritimes de l'Aude, à Leu- cate notamment. Cet Œillet, ainsi (|ue nous L'avons étiqueté dans les exsiccatas de la Société Rochelaise, n'est qu'une variété (var. maritimus nob.) du D. attenuatus Sm., et il ne saurait en aucune façon être rattaché au /). pungens L. puisqu'il a des écaillas calicinales, quelquefois au nombre de 6, toujours beau- coup plus courtes que le calice. Reste à signaler la confusion faite par Godron, dans la Flore de France, en rapportant à son D. pungens des plantes diffé- rentes. La plante des environs de Prades ( Prades, Ria . Moligt, Fou f de Con/ps, 7'raucade d'Amboulia , Vernet- les- Bains) est seule le D. sei-ratus Lapeyr. (D. fungensQ. et G. p. p., non L., D. subulatus Timb.). La plante des Albères (Collioure, Port-Vendres, Notre-Dame d'Ultrera près Sorède, Belle garde, etc.) appartient au type D . brachyanthus Boiss. ; elle constitue ma var. acuminaius de 'cette espèce, dont je parle plus loin. — On sait que le D. serra tus se distingue du D. brachyanthus par les calices atténués au sommet, plus allongés, les écailles calicinales presque cuspidées, ascendantes, atteignant environ la moitié du calice, celui-ci à dents lancéolées-aiguës, les feuilles raides, alors que le D. brachyanthus a les calices plus courts, cylindriques, à dents obtusiuscules, les écailles calicinales appliquées, courtes (un tiers environ du calice), obovées, les internes rétuses-mucro- nées, à pointe courte, les feuilles plus molles et plus ténues. Le D. serra/us Lapeyr. est indiqué par M. Williams comme croissant dans les Alpes de Suisse. Nous n'avons jamais vu cette plante, à aire très localisée, que des Pyrénées Orientales, et c'est évidemment par confusion avec une autre espèce qu'elle a pu être indiquée clans les Alpes. — Le D.furcattiS Balbis est tout autre chose, puisque c'est une variété du D. subacaulis Vill., et le D. integerVis. est une variété du D. st) ictus Sibth. et Sm., ainsi que les D. bebius Reichb., integripelalus Schur et condensât us Kit. (i). (A suivre.) i. Le n" 904 des Rcli / ' . public- sous le nom de /). pua 'cas L E. Bei.zung. — Sur divers principes issus de la germination. 49 SUR DIVERS PRINCIPES ISSUS DE LA GERMINATION ET LEUR CRISTALLISATION INTRACELLULAIRE Par M. E. BELZUNG (1). Après avoir étudié, dans un nombre restreint de Légumi- neuses, d'une part le développement des principales réserves figurées de la graine (grains d'aleurone et d'amidon), de l'autre le mode d'apparition, au sein du réseau protoplasmique, des formations figurées de la jeune plantule pendant la germination (grains d'amidon transitoires et corps chlorophylliens), nous avons cherché à connaître les éléments essentiels contenus en dissolution dans le suc de la cellule, éléments qui procèdent de la métamorphose des réserves de l'embryon, comme les grains d'amidon et les corps chlorophylliens. Notre but était d'amener à la cristallisation intracellulaire, par une méthode qui n'altérât que le moins possible la structure de la cellule, les principes cristallisables du suc suffisamment abondants dans l'espèce considérée, et de faire rentrer ainsi dans le domaine de la morphologie végétale des substances qui jus- qu'alors étaient inaccessibles à l'observation au sein même de la cellule et qui restaient ainsi plus particulièrement du domaine chimique. A cet effet, nous avons amené le suc des jeunes plantules à concentration suffisante par l'inclusion de coupes fraîches et in- tactes dans un liquide susceptible tout à la fois de déterminer une exosmose d'eau assez rapide et de ne jamais cristalliser dans les conditions ordinaires de la recherche. Le liquide qui remplit le mieux cette double condition et qui a du reste déjà été em- ployé dans ce but est la glycérine pitre : le courant exosmotique qu'elle établit étant plus rapide pour l'eau que pour les prin- cipes dialysables dissous, le suc des cellules se trouve saturé au bout d'un nombre variable d'heures, à condition toutefois que la solution de ces principes, dans la cellule intacte, ne soit pas (sec. G. et G.), avec le visa de Cosson, est le D. atteuuatus Sni. var. Pyrenai- eus Wilck. — Le n' 1 401 de VIter hispanicum (1879) de Huter, Porta et Rigo, distribué sous le nom de D. pungeus Godr. est une var. (var. Malacitanus nob.) du D. hispauicus Assa, ainsi que la plante récoltée par Bourreau (n° 1704) à Jâtiva. 1. Le travail que cette Note a pour objet de résumer paraîtra prochainement dans les Annales des sciences naturelles, Botanique. 50 JOURNAL DE BOTANIQUE trop éloignée du point de saturation; à partir de ce moment la cristallisation peut s'effectuer. La cristallisation intracellulaire s'est produite de la sorte, pour une substance au moins, dans chacune des espèces sou- mises par nous à l'expérience; on sait d'autre part que l'inuline peut être précipitée par ce moyen. Il suffit du reste de plonger dans la glycérine un dialyscur rempli d'une solution non saturée d'un sel, d'une amide, etc., pour déterminer, au bout d'un temps variable avec la substance et le degré de saturation, une cristallisation très nette de cette dernière, du moins quand le coefficient de solubilité de la sub- stance considérée par rapport à l'eau n'est pas trop faible. Ainsi, la solution de leucine, portée aux trois quarts environ de la saturation, abandonne facilement des lamelles cristallisées au bout de 36 ou 48 heures; pour les solutions de sels minéraux très solubles, comme le chlorure de sodium, la cristallisation est, comme l'on sait, beaucoup plus manifeste encore dans les mêmes conditions. Par contre, il nous a été impossible d'amener à la cristallisation une solution de tyrosine, sans doute parce que cette amide étant très peu soluble dans l'eau, la m de substance dissoute est inférieure au minimum nécessaire pour assurer la cristallisation. Il va sans dire qu'il ne s'agit ici que de faibles volumes des diverses dissolutions, eux-mêmes tout» fois très grands comparativement à celui des cellules, qu'il est essen- tiel ici de ne pas perdre de vue. Une fois les cristallisations intracellulaires obtenues, il a été nécessaire d'extraire du suc les substances correspondantes, en opérant sur une assez grande masse de matériaux, ce qui a facilité leur détermination. Cette analyse nous a permis, chemin faisant, d'isoler divers autres principes cristallisables qui, sans être aussi abondants que les précédents, se présentent cepen- dant dans la cellule en quantité très notable. Le travail que nous résumons ici esl relatif seulement à quatre espèces, savoir : le Lupin blanc (Litpi'iiiis a/ùus), le Lupin jaune (L. lutcus), le Chiche {Cicer arïetïnum) et la Courge (Ciiairbita Prpo). lin xo\c\ les résultats essentiels; ils se rap- portent toujours à des plantules cueillies après une, deux ou trois semaines de germination à la lumière. E. Belzung. — Sur divers principes issus de la germination. 51 1. Le Ltipinus albus a donné à l'analyse, d'abord, chose bien connue pour les diverses espèces de ce genre, une quantité considérable d'asparagme, mais en outre une proportion de leucine telle que le suc de la plante en est saturé, parfois même sursaturé, sans qu'il soit possible de dire bien exactement pour- quoi la cristallisation n'a jamais lieu spontanément dans la plante vivante. Indépendamment de ces deux amides, si remarquablement accumulées dans cette espèce, le suc a abandonné une assez grande quantité de sulfate neutre de potassium, sous la forme te &&& * g Fig. I. — Une cellule de la portion supérieure de l'hypocotyle du Lupinus albus (longueur de l'hypocotyle : 4 cent.), a, asparagine ; b, corps chlorophyllien n'ayant plus trace de ses grains d'amidon générateurs; c, réseau protoplasmique; d, leucine; g, corps chloro- phyllien en voie de formation, c'est-à-dire renfermant encore une partie de l'amidon géné- rateur. (Gr. : 800.) Cette figure, qui donne l'ensemble des principes figurables de la cellule, doit être en- visagée comme résultant de la superposition de deux figures, l'une relative aux deux amides, l'autre aux éléments figurés normaux, ces derniers ne pouvant être colorés en présence des amides sans occasionner leur dissolution. Fig. II. — 1, asparagine (formes les plus simples); 2, groupes lamelleux divers de leucine; 3, sphéroïde de sulfate de potassium, en haut entier, en bas en section (1/4 millim); 4, for- mes diverses, microscopiques, du sulfate de calcium, provenant de l'action du chlorure de calcium sur le sel précédent : les lamelles, à froid; les aiguilles, à chaud. de granules d'un quart de millimètre environ, représentant chacun un sphéroïde à éléments prismatiques très serrés. Les sels calciques ne sont pas assez abondants pour cristalliser ; ils restent dissous dans l'extrait. Les circonstances qui viennent d'être relatées font des plan- tules du L. albus un objet éminemment favorable à la cristallisa- tion intracellulaire. Et, en effet, au sein de la glycérine, la cristal- lisation de la leucine est exubérante, de même que celle de l'asparagine. La leucine (fig. i) se dépose sous forme de lamelles 52 IOURNAL DE BOTANIQUE cordiformes bien reconnaissables, tantôt libres, tantôt et le plus souvent groupées en sphérocristaux, envahissant parfois le lissu tout entier. Dans l'alcool, la cristallisation de la leucine n'a pas lieu, contrairement à celle de l'asparagine; on comprend ainsi pourquoi cette amide a échappé jusqu'ici àla recherche: c'est en effet par ce réactif, essentiellement dénaturant dans le cas actuel à cause de la grande quantité de principes précipitables que renferment les très jeunes plant ules, que l'on traite d'ordinaire les matériaux qui doivent servir à une recherche anat< unique. La glycérine, outre qu'elle donne une très abondante cristal- lisation, laisse la structure aussi intacte que possible : on peut y distinguer, avec les formes prismatiques variées d'asparagine et les sphéroïdes lamelleux de leucine, le noyau, les grains d'ami- don et les corps chlorophylliens, et même ça et là le réseau pro- toplasmique. Seul, parmi les éléments prédominants, le sulfate de potassium reste en dissolution. La figure ci-jointe donne une idée de l'ensemble de ces di- verses formations du Lupinus albus. 2. Le Lu pi mis lu feus a donné, comme l'espèce précédente, une très grande quantité . de long sur iode large. En se rapprochant de la périphérie, les filaments se ramifient davantage, deviennent plus denses, à articles plus courts, et sortent à travers l'épiderme en filaments de deux sortes, isolés ou réunis en faisceaux. Les uns, très courts, se terminent par un sporange assez volumineux, ils peuvent même parfois ne pas arriver jusqu'eà la surface de X Hiiiicuithalia et, dans ce cas, la base du sporange.', retenue à l'intérieur du thalle, est très rétrécie ; mais la plus grande partie du sporange, globuleuse, est toujours extérieure. La surface du thalle hospitalier est d'ailleurs très légè- rement ondulée, et c'est dans les petits creux de ces ondulations que le parasite s'échappe au dehors. Les autres, très longs, de 1 mm. au plus, raides, non ramilles, terminés en poil, ont sou- vent 14 ;' de large, parfois 16011 davantage; leurs articles infé- rieurs de 20-30 [i . deviennent plus longs à un niveau plus élevé. Quand ces filaments sont encore jeunes, et n'ont guère que 4<>< » p environ, Les articles terminaux sont à peine plus hauts que larges, l'accroissement est presque terminal; les filaments adultes, au contraire, sont terminés en poil à articles plus OU moins nom- C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 57 breux de 50-70 f* et privés ou faiblement pourvus de chromato- phores. Dans la règle, les filaments ne sont pas ramifiés au dehors du thalle de l'hôte; cependant, un certain nombre d'entre eux possèdent vers leur partie inférieure des ébauches de ra- meaux de 1 -quelques articles, terminés par une tête arrondie, qui me fait supposer que ces branches sont fructifères, bien qu'en réalité je ne les aie point vus se terminer par un sporange. Tous les sporanges observés sont uniloculaires, plus ou moins ellipsoïdes, de 60-90 ;j-de long sur 36-50 de large. Comme ils sont tous peu ou point pédicellés au-dessus de l'épiderme, on voit sortir du thalle de Y Himanthalia , quand on regarde une coupe à un faible grossissement, un grand nombre de filaments assez raides, radiaux, et à leur base, sur l'hôte, un très grand nombre de globules plus foncés qui sont les sporanges ; on trouve ceux-ci en septembre à tous les états de leur développe- ment. Les sporanges pluriloculaires sont inconnus. Le grand nombre des filaments entophytes, leur ramification de l'intérieur vers l'extérieur, indiquent que le développement du parasite se fait surtout par leur intermédiaire. 6. — Ectocarpus Valiantei Bornet in herb. On sait que Y Elachistea pulvinata est très commun sur divers Cystosira et en particulier sur le C. ericoides ; ses petits tubercules hémisphériques, d'un brun velouté, les font aisément reconnaître au premier coup d'ceil; il est bon toutefois de ne pas se contenter de cet examen superficiel, car on trouve quel- quefois sur ce même Cystosira des tubercules de même aspect, mais de structure fort différente. Ces derniers ne tiennent au substratum que par une surface assez limitée ; ils atteignent quel- ques millimètres de diamètre au maximum et, comme ils crois- sent alors dans tous les sens, ils parviennent à recouvrir le thalle de l'hôte d'une couronne d'un relief plus ou moins considérable. Les exemplaires que j'ai étudiés ont été récoltés sur le Cyst. ericoides par M. Bornet, à Biarritz, à la fin de juin 1870 et con- servés dans l'alcool. Il les avait désignés par le nom resté inédit çYBct. Valiantei. Des coupes passant à la fois par la nodosité et le substratum (PI. II, fig. 8) montrent la nodosité comme une excroissance du thalle de l'hôte, une véritable galle, dans laquelle rampent des fila- 58 yn\<\ \\. DE BO I UNIQUE ments parasites, aboutissant à des filaments extérieurs libres et dressés. La galle n'a pas toujours une surface bien réguli mais parfois ]>lus ou moins inégale, laissant des fentes étroites. Ses cellules, de section arrondie irrégulii »nt fréquemment remplies 'l'une matière homogène jaune brun; elles semblent s'irradier du point d'attache de la galle; Les cellules du Cysto* sira , comprises entre ce point et Taxe, sont elles-mêmes tou- jours plus allongées radialement que leurs congénères. La galle paraît avec évidence due à L'action des filaments parasites qui la traversent (PI. II, fig. 9); j'ai suivi quelques-uns de ceux-ci jus- que tout près de La plante nourricière, mais sans jamais les voir exister ni pénétrer d'une façon quelconque à son intérieur; même sur des galles de très petites dimensions, visibles seule- ment à la loupe, les relations étaient les mêmes, et il m'a été im- possible de constater le processus de l'excroissance. Cependant, comme la base des tubercules est toujours assez étroite et que, par suite, elle ne s'élargit pas simultanément avec leur augmen- tation de volume, on peut reconstituer le processus probable. Lorsque le parasite germe à la surface du Cystosira il pé- nètre entre les cellules de son épiderme, mais sans dép 1 ser 2-3 cellules de profondeur. Sous son influence, et comme cela se produit dans les galles dues à des piqûres d'insectes, ii se fait de très bonne heure une multiplication de cellules dans la partie de L'hôte envahie, et un peu au-dessous, dont L'effet est de nje- ter au dehors cette partie envahie qui deviendra La galle, I pourquoi on ne trouve pas de filaments du parasite dans la plante hospitalière. Puis, toute la partie ainsi rejetée se multi- plie à son tour et dans tous les sens ; les filaments inclus se mul- tiplient en même temp Le thalle endophyte est formé d'articles, soit cylindriques, droits ou courbés, épais de 8-ioji., et 2-4 fois plus longs (|ue larges, soit élargis aux extrémités ou même plus OU moins toru- hux et irréguliers ; il est parfois difficile de le suivre dans la pro- fondeur de la galle. Si celle-ci possède des fentes, ces fentes toujours très étroites sont occupées par des filaments du para- site. Plus le point considéré de la galle est voisin de la péri- phérie, plus ce thalle est ramifié; on peut dire que les branches endophytes s'épanouissent à L'intérieur en corymbes de fila- ments dressé-, végétatifs ou sporil Variété. 59 Les filaments dressés végétatifs sont allongés (PI. II, fîg. 10), non ramifiés, terminés en poil non atténué, d'un diamètre de 12- 14 p., composés d'articles dont la hauteur égale ou dépasse le diamètre. Parfois, mais assez rarement, les articles inférieurs portent des sporanges brièvement pédicellés. Les filaments spo- rifères sont courts, s'élèvent à peine au-dessus de la surface, et se terminent par un sporange globuleux ou en produisent laté- ralement. Ces sporanges pédicellés, plus ou moins régulièrement ovales, globuleux, obtus, sont longs de 50-55^ et larges de 30-35 u.; j'en ai mesuré un, exceptionnel il est vrai, atteignant une hau- teur de 72 u.. Ils sont tous pluriloculaires, à logettes petites et nombreuses. C'est à peu près le cas général que la base d'un sporange vidé se prolonge en poil ou plus souvent en un nou- veau sporange (fig. 9 et 10). Ils sont tellement nombreux que, à un faible grossissement, la surface et la galle en paraît com- plètement recouverte (fig. 8). Des espèces étudiées ici, YE. Valiantei est la seule, avec le Slreblonemopis irritans Valiante, dont la pénétration dans un thalle hospitalier provoque une prolifération se traduisant par la production d'une galle. (A suivre.) VARIÉTÉ. Germination tardive des spores de Rœstelia cancellata Reb. Par M. Georges Poirault. Le 4 décembre dernier, je reçus de mon ami M. Charles Duguet des feuilles de Poirier et une poire attaquées par le Rœstelia cancellata Reb. Ces échantillons, provenant des environs de La Châtre (Indre), avaient supporté les froids assez rigoureux du commencement de novembre. Différents lots de ces spores furent aussitôt mis en culture dans Peau, en chambre humide, à la température du laboratoire (15 environ). Troisjours après, aucune spore n'était encore entrée en germination. Le 10 décembre, j'en trouvai deux commençant à émettre leur tube. Le 18 j'en comptai 12 dans la même culture et le 15 janvier elle en contenait 19. Chaque spore n'émet qu'un tube-germe, renfermant un protoplasme vacuolaire hyalin, sans les granulations rouge ou orange si fréquentes chez les Urédinées. Cette observation nous montre : i° que les spores du Rœstelia peuvent germer au bout d'un temps assez long, différant par là des autres formes 6o JOURNAL DE BOTANIQUE écidicnncs d'Urédinées qui perdent, au bout de quelques jours, d'apn Bary (Vergleick. Morphologie u. Biologie d. Pilae^ p. 36 1 , ou de quelques heures, d'après M. Plowright {BriiisA Uredineae^ p. 29), leur faculté ger- minative ; 2 qu'une température assez ba prolongée durant plusieurs jours ne parait pas avoir d'action nuisible bien marquée ; 3 que dans ces conditions une proportion encore notable de spores est suscep- tible de germer; 4. que la germination, très rapide d'ordinaire pour les écidiospores, ne se produit, en pareil cas, qu 1 ogtemps après le semis sur l'eau. CErstedt a prouvé, eni866, que le R. canceilata était la forme écidienne hétéroïque du Gymnosporangium Sabinse^ qui apparaît au printemps sur les tiges du Juniperus Sabina et dont les spores en germant donnent de nombreuses sporidies; celles-ci, tombant sur les feuilles de Poirier, y développent, au bout de quelques semaines, sur la face supérieure des taches jaunâtres spermogonifères, et un peu après, à la face inférieure, les épais coussinets du Rceslelia. La culture réussit bien quand le semis est fait sur des branches de Poirier âgées de deux ans au moins ; autrement les spermogonies seules se développent et on n'obtient pas d'écidium. L'expérience inverse est plus difficile ; elle a été faite avec succès par M. Plowright {loc. cit.^ p. 234), sur une espèce voisine, le R. lacerala, qui croit aussi sur le Poirier, mais forme ses téleutospores sur le Genévrier commun où elles constituent le Gymnosporangium clavariss forme (Jacq.). M. Plowright, ayant semé au mois de juin des écidiospores provenant d'un Poirier sur un jeune Genévrier (les essais ne réussissent pas avec un Genévrier nouvellement transplanté), a vu la plante perdre ses feuilles dans le courant de l'été. Au mois de décembre de l'année suivante, les branches dépouillées de feuilles commençaient à se gonfler et au mois d'avril les téleutospores faisaient leur apparition. Ainsi, tandis que le a lium issu des téleutospores donne des écidiospores au bout de deux ou trois semaines, il faut deux ans au mycélium provenant des écidiospores pour donner des téleutospores. En présence des faits de germination tardive signales [dus haut, ne peut-on pas se demander si ces écidiospores ne sont pas capables de passer l'hiver pour germer au printemps, lors de l'épanouissement des bourgeons de Genévrier? Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, la germination des spores de Rœsii'lii n'est pas aussi facile a obtenir que le prétend I ulasne {Ain:, des se. nat., IV sér., t. II, p. 132) et les circonstances dans les- quelles s'est produite celle que je viens de décrire m'ont paru intéressantes à mentionner. Le Gérant : Louis Morot. Paris. — J. Ucrsch, 1m '--. M. Dcnfcrl-Rochereau- 6" ANNEE. N° 4. 16 FEVRIER 1802. JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. SEPTOBASIDIUM, NOUVEAU GENRE D'HYMÉNOMYCÈTES HÉTÉROBASIDIÉS Par M. N. PATOUILLARD. Dans la séance du 10 décembre 1891 de la Société mycolo- gique, j'ai appelé l'attention sur la constitution de l'hyménium dans deux Hyménomycètes : Thelephora pedicellata Schweinitz et une espèce de l'Equateur, encore inédite, que je désignerai sous le nom de Septobasidi'wn veluh'iium. Le but de cette notice est de préciser les caractères de ces deux plantes et de bien déli- miter le genre Septobasidhim dont je proposais l'adoption provi- soire. (0- Plante formée de I. Thelephora pedicellata ScW filaments rigides, réunis par petits paquets dres- sés qui se ramifient beau- coup vers leur partie supérieure en devenant plus grêles et hyalins. Près de l'extrémité des dernières ramifications, les filaments portent, sur le côté et en dessous d'une cloison, des ap- pendices épars qui de- viendront des basides. Ces appendices sont d'abord exactement glo- buleux, hyalins, et contiennent quelques gouttelettes brillantes; Scptobasidiuvi pedicellatum (Schw.) Pat. Basides à différents âges. 1. Cette analyse a été faite sur des spécimens du Muséum provenant de Cuba (Wrightj. JOURNAL DE B< >I VNIQUE leur base est atténuée en un stipe court, inséré sur l'hyphe ilont ils émanent. Peu à peu ils augmentent de dimensions en conser- vant leur forme arrondie ou en devenant ovoïdes ou pyriformes. 1 I à qu'ils ont leur taille définitive (20 jj- ou 20 X 15 V-) on voit pa- raître à leur sommet un petit mamelon obtus, qui s'allonge en un corps cylindracé arrondi à l'extrémité, atteignant environ 35 ;/. de longueur sur io y. de largeur. Bientôt ce cylindre s'in- curve en 1er à cheval, et s.i cavité, qui est d'abord continue, e divise par 2 ou plus souvent par 3 cloisons transversales, en même temps qu'il se produit un léger étranglement aux cloi- sons. Enfin, sur la face convexe du fer à cheval, émerge un rigmate par chaque loge formée par la production des cloi- sons. En résumé, La baside est composée de deux parties bien dis- tinctes, nées l'une de l'autre : la vésicule inférieure non et le stérigmatophore courbé pourvu de cloisons transversales, semblable au promycélium d'une l rédinée. 11. Septobasidium velutinum Pat. — Comme dans l'es- pèce précédente, les basides naissent près de l'extrémité 'les ra- meaux, au-dessous d'une cloison : ce sont d'abord de nies globuleuses, incolores, plus ou moins stipitées, ne tardant pas à s'allonger et à se rétrécir un peu vers le sommet qui reste obtus et arrondi ; elles sont alors ovoïdes et renflées dans la partie moyenne. L'allongement continuant, l'organe devient un corps cylindrique, dressé, long de 45 [i et large de to jx, don; 1 vite se divise en trois loges superp par suite de la forma- tion de deux cloisons transver . Enfin, la loge terminale émet à son extrémité un stérigmate unique, long de 5-7 >, et les loges s'étranglent légèrement aux cloi Sur un très grand nombre de b observées, je n'ai i imais vu de stérigmates sur les deux loges inférieure Si on compare entre elles les deux ; -mes, on voit qu'elles ont beaucoup de point ommuns, dont les princi- paux sont la forme globuleuse qu'ont les basides dans leur pre- mier état, et l.i présence de cloisons transversales dans un âge plus avana . Dans lf 77/. pedicellata la baside est composé de deux partie distinctes, une dressée . t Paul re incurvée, tandis que N. Patouillard. — Septobasidium, nouveau genre d'Hymeuomycètes. 63 dans la seconde espèce l'organe entier est droit ; mais si on tient compte que, dans ce dernier cas, les deux cellules inférieures paraissent toujours être stériles, que, de plus, la paroi de ces deux cellules est épaisse, comme cutinisée, alors que la supé- rieure stérigmatophore est mince, on peut penser que ces deux cellules représentent la partie basilaire droite du Th. pe- dïcellata et que la cellule du sommet correspond à sa partie courbée. Le genre d'Hétérobasidiés qui est le plus proche par l'orga- nisation de son hyménium est, sans aucun doute, le genre Heli- cobasidium. En effet, les basides sont ici incurvées en arc, septées transversalement, et portent des stérigmates sur la partie con- vexe. Mais il y a une différence capitale qui s'oppose à l'assimilation de nos espèces avec celles du genre Helico- basïdium : dans ce der- nier, la baside est, à l'origine un filament dressé et cylindriqîte qui se recourbera plus tard en arc, tandis que nous avons vu nos deux Cham- pignons présenter d'abord des basides globtdeuses, semblables à ce qu'on observe dans le jeune âge chez les Sebaciua et groupes similaires. Pour ces raisons, il y a lieu d'instituer le genre Septobasi- dium, qui sera caractérisé ainsi : Hyméuomycètes filamenteux , coriaces, non gélatineux, à hyménium disjoint, dont les basides sont d'abord globuleuses et simples, puis cylindracées et septées transversalement , droites ou courbées , portant les stérigmates sur la partie convexe. 1. S. pediccllatum (Schw.) Pat. {Thelephora pedicellata Schw. Carol. tab. 2, fig. 3). 2. S. velutinum Pat. nov. sp. — Entièrement résupiné, co- riace, rachodioïde, largement étalé, 1-2 millim. d'épaisseur, hoir pourpré avec un reflet cendré ; marge mince, appliquée, très étroite, filamenteuse, blanche. Fixé au support par des paquets Septobasidium •uelutinumYaX. — Basides à différer,: s 6 4 |OI RNAL DE imi INIQUE de filaments dressés, Longs de i millim., rigides, nombreux, rouges vineux au microscope. Sur la tige morte d'une liane qu'il entoure complètement. Puente de t himbo (Equateur). Connu, de Lagerheim. OBSERVATIONS SUR QUELQUES DIANTHUS DE LA II.' IRl l RAM AISE {Fin.) Par M. G. ROUY. D. brachyanthus Boiss.! G. et G.!, Willk. et Lge! Cette espèce comporte, en France, deux variété : mucro* ualus nob. et acuminatus nob., car je ne puis tenir compte de la var. Ruscinonensis Willk. qui englobe des formes à « cailles calicinales sensiblement différentes; par eontrc, la var. nivalis Willk. peut être réunie à la var. alpiua Willk., dont elle n'est qu'une forme naine due à l'habitat. La var. alpiim Willk., des hautes montagnes de l'Espagne, n'a pas encore été trouvée, croyons-nous, dans les Pyrénées. Les var. mucronatus et acuminatus sont ainsi caractérisées : Var. mucronatus. — Ecailles calicinales largement ovali obtuses ou rétuses, courtement mucroné* Var. acuminatus. — Ecailles calicinales z. atténuée-, m un acumen herbacé presque de moitié aussi long qu'elles. La première de ces variétés présente deux sous-variétés : S-var. subacaulis. — Tige- cespiteuses, naines ; feuilles rapprochées en touffes compactes ; fleurs généralement petites. S. -var. macranthus. — Plantes ordinairement plus fortes ; fleurs du double plus grandes. La seconde n'a pas jusqu'ici offert de s. -var. subacaulis. Le D. brachyanthus doit donc être compris comme suit, pour la flore française : D. BRACHYANTHUS Boiss. Var. mucronatus Rouy (D. Narbonensis Rouy olim)\ D. brachyanthus va)\ Rusciconensis Willk. . />.). S. -var. subacaulis (D. subacaulis bot. gall. plur., non Yill. ; D. brachyanthus forma humilis Nym. G. Rouy. — Sur quelques Dianthus de la flove française. 65 S.-var. macranthus (D. brachyanthus var. macranthus G. et G. {p. p.)\ D. brevistylus Timb. ; D. insignitus Bordère exsicc, non Timb.). Var. acuminatus Rouy (D. pungens Godr. {p. p.), non L. ; S.-var. macranthus (D. brachyanthus var. macranthus G. G. (p. p.), D. brachyanthus var. Ruscinonensis Willk. [p. p.). Voici les localités de cette espèce relevées dans l'herbier Rouy : Var. mucronatus. — Aude : PAlaric (leg. Rouy) ; La Clappe (leg-. G. Gautier). — Hérault : Graissessac (1) (leg. et determ. Cosson). — Aveyron : Mélagues (leg. Coste). S.-var. subacatilis . — L 'Alaric (leg. Rouy) ; Mélagues (leg. Coste). S.-var. macranthus. — Ariège : Foix (leg. Bordère, Mailho). — Tarn-et- Garonne : Saint-Antoniu (leg. Saltel, F. Schultz, Herb. norm., nov. ser., n° 1942). Var. acuminatus . — Aude : Pierre-Lisse près Quillan (leg. Rouy). S.-var. macranthus. — Aude : La Clappe (leg. Neyra). — Pyrénées-Orientales : St- Antoine de Galamus (leg. Timbal); Port- Vendre s (leg. Rouy); Lavaill (leg. Oliver) ; N.-D. d'.Ul- trera près Sorède(\eg. Rouy). — Tarn-et-Garonne : St-Auio- nin (leg. Bras, Reliquiœ Mai lleanae , n° 634). Dianthus subacaulis Vill. Cette espèce, dont le type est la plante du sommet du mont Ventoux et du mont Aurouse, comprend diverses formes à tiges plus allongées {D.fîircatus Balb., D. alpestris Balb., etc.) mais dont l'aire géographique, bien nettement délimitée, s'étend depuis le mont Aurouse jusqu'aux basses montagnes des Alpes- Maritimes en passant par le Piémont méridional, les Basses- Alpes et le Ventoux. Le D . subacaulis est surtout distinct des D. brachyanthus Boiss., liirtus Vill. et graniticus Jord. par les calices cylin- driques herbacés, peu ou point scarieux, atténués au sommet, les écailles calicinales appliquées, les extérieures lancéolées, 1. C'est sans doute cette plante qui est mentionnée à Graissessac sous le nom de D. graniticus dans la Flore de MM. Loret et Barrandon. JOURNAL DE l'.')| ANIQUE attém en une pointe verte atteignant le plus souvent les 2 3 de la longueur du calice et parfois presque Le sommet, les feuilles plus largement linéaires et plus molles (non subulées- piquantes), à bords épaissi - et un peu relevé- en dessus. — Voici les caractères et la synonymie 'les variétés que je lui attribue : Var. subacaulis = I). subacaulis JV//./ — riante de 3-10 Qtimètres, d'un vert glauque, formant des touffes comp ictes, à port de St'len i acaulis ou elongata; Heurs petites, roses ; écailles « alicinales extérieures à pointe verte relativement courte attei- gnant environ la longueur de l'écaillé et la moitié du calici . l< intérieures submutiques ou courtement muer courts, entiers ou à peine crénel \a\\ fallax. — riante de 5-20 centim., d'un vert gai, en gazons lâches, à port de / >. hirtus ou /). granilicus ; fleurs plus grandes que dans la var. subacaulis, roses ; écailles calicinal égalant environ la moitié du calice ou la dépassant, les exté- rieures à pointe verte (ou plus rarement rougeâtre) plus courte que l'écaillé, les internes assez longuement mucronées ou cuspi- dées; pétales entiers ou plus rarement crénelés; feuilles large- ment linéaires, le plus souvent très courtes. — Cette intéres- sante variété m'a été donnée sous les noms de D. subacaulis, puu- geus, /un a tus et kir tus... Var. furcatus = D. furcatus Balb. ! non Hornem. : I ». Faurei Arv.-Touv. — Plante de 15-20 centim., d'un vert gai, en touffes lâches; fleurs relativement longues (calice = 15-18 mil- lim.), roses, à pétales entiers, crénelés ou dentés, égalanl la moitié ou les 23 de la longueur du calice; écailles calicinales scarieuses ou à peine herbacées, toutes munies d'une pointe verte plus ou moins longue atteignant ou dépassant peu la moitié du calice; feuilles de même largeur, mais un peu plus longue et plus molles que dans la var. précédente. Var. alpestris = 1). alpestris Balb. non Sternberg et Hpe nec Iîertol. ; D. Pedemontanus Rouy (oli/u, in herbi) — Plante de 25-35 cent., d'un beau vert, en touffes lâches; fleurs grandi mais à calice relativement court (12-15 millim.); pétales entiei émarginés ou à peine crénelés, égalant presque la longueur du calice ; écailles calicinales presque entièrement herl tacées, toutes longuement atténuées en une pointe verte plus large que dans la G. Rouy. — Sur quelques Dianthus de la flore française. 67 var. furcatus et dépassant sensiblement la moitié du calice ; feuilles de la variété précédente. Voici les localités de cette espèce qui existent dans l'herbier Rouy : Var. subacaulis. — Vaucluse : sommet du mont Ventoux (leg. Reverchon). Var. fallax. — Basses-Alpes : Auvent (leg. Reverchon; Plantes de France, ann. 1885, n° 15, sub. nom. D. subacaulis Vill., et ann. 1886, n° 229 sub nom. D. hirti Vill.); Aimot : col d' Allons (leg. Reverchon). — Alpes-Maritimes : Cheiron (Con- solât) (ex herb. Huet, sub nom. D. pungentis L.). — Italie : Piémont : Notre-Dame de Fenestre (Consolât, sub nom. D. fur- cati Balb.) Var. furcatus. — Alpes-Maritimes : montagne de Nanau sur Fontan (leg. Reverchon ; PL de France, ann. 1886, n° 228, sub. nom. D.alpestriszvzr. parviflori Reverch.). — Basses- Alpes : La Condamiue, eu allant à Coste-Loupet (leg. Lannes). — Hautes- Alpes : Col de Vars (leg. Lannes). — Italie : Piémont : Val d Armella près le Pic d'Ormea (leg. Burnat). Var. alpestrïs. — Italie : Piémont : Tende, vallon de Riofredo (leg. Reverchon, ann. 1886, n° 227). Obs. — Je ne connais pas la var. alpestris en France; mais elle doit s'y trouver bien probablement, car la localité de Tende est très voisine de notre frontière. Le D. tener Balb. ! , à pétales profondément dentés ou presque fimbriés, mais non laciniés, vient prendre place ici ; c'est très pro- bablement un hybride du D. Monspessulanus (ou de ses formes) et du D. neglectus ou d'une des variétés du D. subacaulis . — La même observation s'applique au D. fallens Timb. (D. tener Godr., non Balb.) qui aurait, selon moi, pour parents le D. Monspessulanus , et, suivant les habitats, le D. Reqziiemï ou ses formes D. cognobilis Timb. et D. iusiguitus Timb. D. attenuatus Sm. (i). — Cette espèce, en France comme en Espagne et en Portugal, est assez polymorphe et varie sen- 1. Le D. Lusitaniens Brot. rapporté par Godron dans la Flore de France comme synonyme au D. attenuatus en est distinct par des caractères très nets (Cf. Wilkomm et Lge Prodr. FI. Hisp.), que j'ai souvent constatés sur le vif en Espagne. |OURN \l. DE BOI A.N1QUF siblement suivant son habitat. — Nous avons en France les trois i mnues '. Œillet : \ .ir. maritimus Rony = D. pungens Timb.-Lagr., non L. ; 1). maritimus Rouy olim (voir plus haut l'article sur le / ; . ser- râtes Lapeyr.). — Sables maritimes de Leucate, la Corrège, etc. Var. Pyrenaicus Willk. = 1). attenuatus Sm. vertes/ — Rochers des Pyrénées-Orientales, depuis Port- Vendres et Ba- nyuls jusqu'aux montagnes qui entourent Mont-Loui . Var. Catalaunicus Willk. et Costa. — Çà et là en Fram dans le département des Pyrénées-Orientales depuis les sables maritimes de Canet et les coteaux de Collioure et Port-Vendres jusqu'à Millas et les environs de Prades. — Commune en Cata- logne, dans Us régions basses et montagneuses inférieures. Oi'.s. — Cette dernière variété a été considérée par M. Fred. N. Williams comme appartenant au type D. fimbriatus M. B. (sensu laiiorc), plante orientale du Caucase au Thibet et à l'Hin- doustan. — Le D. Catalaunicus ne saurait être détaché du type spécifique D. attenuatus, mais le rapprochement original opéré par M. Williams n'est point sans quelque base et il est certain que si l'on veut comprendre le 1). attenuatus avec des formes à pétales limbrics, il faut y faire entrer les nombreuses varier du D. fimbriatus M. B. et même- quelques autres Dianthus consi- dérés jusqu'alors comme espèces. Je ne terminerai pas ces quelques observations sur le çenre Dianthus sans dire un mot de mon D. Sœtabensis (in Bullrt. Soc. bot. de France, ann. 1 88 1 ) que M. Fred. X. Williams a bien voulu prendre, dans son Enumeratio specierum varietatumque meri s Dianthus (p. 21) comme type de sa sous-section Swta- beuses de la section Y : tetralepides /< , i(>/>eta/a , sous-section qui comprend, en outre, les />. Kainisbcr^cusis Sond., du Cap de Bonne-Espérance; D. Planellse Willk., d'Espagne et de Por- tugal ; /'. Andersoni Will. et D. auraniticus Post, de Syrie. — Ainsi que je l'ai dit il y a plusieurs années (Bullct. Soc. bot. de /rame, XXXV, p. 115), j'ai pu acquérir la certitude, en récol- tant sur place et à diverses localités en Espagne mon />. Sœta- bensis t qu'il se trouvait des intermédiaires mitre lui et le />. His- panicus Asso, et j'ai dû, dès lors, rapporter simplement à G.Rouy. — Sur quelques Dianthus de la flore française. 69 l'espèce d'Asso, particulière à l'Espagne mais très abondante dans ce pays et très polymorphe (1), les diverses formes de mon D. Sœfabeusis, de l'est et du centre de l'Espagne, formant assez bien le passage entre la var. australis ^SI\\\\l., de l'Espagne méridionale (de la Castille à l'Andalousie), et la var. borealis Willk. du centre de l'est et du nord de la Péninsule. — Je crois donc que les espèces mentionnées dans la sect. Sœtabenses Will. doivent rentrer dans la section Hispanioides Will., où le D. Sœtabaisis Rouy vient prendre place comme intéressante variété du D. hispamcus avant le D. Requienii Godr. et Gren. Il est certain, toutefois, que, pour les botanistes moins réduc- teurs que je ne le suis devenu, la var. Sœtabensis peut être con- sidérée comme espèce au même titre que certains Dianthus dont j'ai parlé : D. Godroiiiauus Jord., D. brevi 'sty lis Timb., D. Ca- talaunicus Pourr., D. furcatus Balb., D. alpesiris Balb., D. integer Vis., etc. SUR UOPHIOGLOSSUM VULGATUM L. Par M. Georges POIRAULT. La présente Note est relative à quelques particularités inté- ressantes de POphioglosse ; ce sont : la. ramification dichotome des racines, la limite de la stèle et de l'écorce dans la racine, la tige et la feuille, et enfin la multiplication de cette plante par bourgeons développés sur des fragments de tiges ou de racines. M. Rostowzew (2) a le premier décrit le mode de ramification de la racine chez X Ophioglossum vulgatum (3), ramification qui est fort rare. D'après cet auteur, le liber d'une racine se prépa- rant à la dichotomie commence par entourer complètement la bande ligneuse ; puis le bois se divise en deux moitiés, une droite 1. L'herbier Rouy contient 20 parts du D. hispanicus et de ses formes. 2. Sœrtryk af Overs. over d. K. D. Vidensk. Selsk. Forh., 1891, p. 21, (74). 3. M. Van Tieghem {Mémoire sur la Racine, p. 108) dit bien : « Si la racine de cette plante vient à se diviser nous savons d'avance que ce sera par dichoto- mie et dans un plan perpendiculaire à l'axe de la tige » ; mais il ne semble pas qu'il ait directement observé cette division, car il constate, à la page 114 du même Mémoire, que les racines demeurent simples, et, dans la deuxième édi- tion de son Traité de Botanique, p. 1394, il dit que les Ophioglosses à racines anomales ne forment jamais de radicelles. — A ce propos nous noterons que le manque de ramifications ne paraît nullement lié à l'anomalie, puisque des racines binaires des O. capense Schlecht., O. fibrosum Schum., O. ellipticuni Hook. et Grev. demeurent toujours simples. 7 o JOURNAL DE BOTANIQUE et une gauche. Après quoi le liber et l'endoderme se partagent à leur tour et deux stèles se trouvent ainsi formées à l'intérieur du tissu cortical. Dans ces stèles le liber entoure d'abord com- plètement le bois ; mais bientôt le liber situé au-dessous disparaît jusqu'à ce qu'il ne reste plus entre l'endoderme et les vaisseaux qu'une couche de cellules représentant le péricycle. Ce que j'ai été à même d'observer ne correspond pas tout à fait à la description de M. Rostowzew. En somme, d'après cet auteur, les deux racines provenant de la division du trône prin- cipal sont tout d'abord caractérisées par ce fait que le liber y entoure le bois ; puis, par réduction graduelle des tubes cri- blés sur l'un des côtés de la lame ligneuse, cette stèle prend la structure ordinaire. Je n'ai rien vu de semblable, et, dès le début de la dichotomie, la racine ne possède qu'un liber et conserve toujours cette structure. Voici quelques détails sur cette for- mation. Le stèle qui va se diviser présente bien des tubes criblés à son flanc supérieur; mais ces tubes sont épais, et non pas grou- pés comme dans le massif libérien normal; puis la lame ligneuse prend la forme d'un V à pointe inférieure et peu à peu le massif libérien s'insinue entre les branches du V, qui se séparenl bientôt. Peu après le groupe libérien se coupe à son tour et l'endoderme qui s'est introduit entre les deux stèles se fendant longitudinale- ment, ses deux moitiés acquièrent des bandes lignifiées caracté- ristiques, en même temps que des bipartitions cellulaires répé- ter-; amènent la séparation des deux stèles. Ces stèles cheminent ainsi sur une certaine longueur en divergeant constamment et, entraînant chacune une portion d'écorce, elles apparais enl exté- rieurement sous forme de deux racines distinctes faisant entre elles un angle très aigu, ['ai décrit l'année dernière une double anomalie de la racine de l'Ophioglosse : la première consiste en un développement du groupe libérien avorté d'ordinaire; la seconde résulte de ce que ces deux groupes libériens sont réunis par une traînée de tubes criblés p issant au dos îles fais- ceaux ligneux. En rapprochant cette structure de celle indiquée par M. Rostowzew pour la racine, avant la dichotomie, on serait tenté de croire que les racines précédemment décrites par moi comme normales ne sont autre chose que des racines se prépa- rant à la division et que je n'aurais pas suivies sur une assez G. Poirault. — Sur /'Ophioglossum vulgatum L. 71 grande longueur. Pareille interprétation doit être rejetée, me semble-t-il, d'abord parce que, dans ces racines normales, les deux groupes libériens sont également développés, tandis que, dans les racines se préparant à la division, le second liber n'est représenté que par quelques tubes criblés épars; ensuite parce que j'ai suivi une de ces racines normales sur une longueur de 30 centimètres et que je n'ai pas vu de dichotomie; enfin parce que la racine provenant d'une dichotomie ne présente pas, à l'origine, un double liber pour arriver à sa structure définitive par réduction graduelle d'un de ces groupes libériens. J'ajouterai que, dans les espèces d'Ophioglosses à racines normales (0. ellip- ticum Hook. et Grev. , O. palmatum L. , etc.) , on trouve très sou- vent les tubes criblés formant une traînée au dos des faisceaux ligneux et qu'enfin YO. ettifiticum, qui a presque toujours des racines binaires à faisceaux ligneux ne se rejoignant pas au centre, m'a montré d'une part des racines à un seul liber, comme dans YO. vulgatum L., et d'autre part des racines à trois groupes libériens alternant avec trois groupes ligneux (avec ou sans moelle), comme dans les O . fiendulum L. et O. palmatum L. Ce cas de racines anomales au milieu de racines normales est exactement la contre-partie de celui de YO. vulgatum. En défi- nitive la seule anomalie de la racine des Ophioglosses, celle qui se présente aussi bien dans les Euophioglossum (1) que dans les Opln'oderma (Endl.) et Cheiroglossa (Presl), c'est l'absence de péricycle au dos des faisceaux libériens; et, dans une racine anomale, on ne peut appeler péricycle la partie du conjonctit interposée entre l'endoderme et le flanc du faisceau ligneux, puisque, lorsque des tubes criblés apparaissent dans cette région, c'est directement contre l'endoderme que se fait leur dévelop- pement. II. — Nous allons voir que cette absence de péricycle se retrouve aussi dans la tige. M. VanTieghem a montré (Journal de Botanique, 1890) que, monostélique. à la base, la tige de l'Ophioglosse devient plus haut astélique à faisceaux séparés, et qu'elle présente ainsi beau- 1. C'est évidemment par erreur que M. Prantl, dans le savant travail qu'il a publié sur la systématique des Ophioglosses (Jahrbûch d. Kgl. Botan. Gartens z. Berlin, t. III), signale les Euophioglossum comme pourvues exclusivement de racines anomales. j2 JOURNAL DE BÔ I UNIQUE coup d'analogie avec La tige de VEqw'setum lïmosum. Si, dans cette dernière plante, la limite des faisceaux et de leur conjonctif (péridesme, Van Tieghem) est rendue très nette par la présence d'un endoderme caractérisé, il n'en est pas de même pour l'Ophio- glossc et on a, au premier abord, quelque peine à décider de ce qui appartient au conjonctif entourant le faisceau et de ce qui doit être rattache à l'écorce. Cela est tellement vrai que, théorique- ment sans doute. M. Van Tieghem a considéré- la couche touchant aux tubes criblés comme le péricycle et celle immédiatement extérieure comme l'endoderme. Mais si, au lieu de borner notre étude à YO. Vîilgatunt^ où, à quelque niveau que ce soit, nous ne trouvons pas d'endoderme caractérisé, nous examinons la tige des autres espe .■ . (). Ber- giauum, 0. capense, 0. clliptîciun , par exemple, nous rencon- trerons, du moins vers la base de la tige, un endoderme facile à reconnaître à la lignification de ses parois radiales et cet endo- derme touche directement les tubes criblés. Il n'y a donc pas de péricycle. LV7. capense, auquel je fais surtout allusion ici, présentant une grande analogie pour la disposition de son svs- tème vasculaire avec YO. vulgatum ( i), je crois légitime d'éten- dre à YO.rnIga/iuji les résultats obtenus avec YO. capenseet de dire que, dans cette plante, l'endoderme est l'assise qui touche les tubes cribles et qu'il n'y a pas de péricycle. Toutefois l'in- térêt principal de cette observation me parait résider dans le fait suivant. Vers la base de la tige, chaque faisceau provenant de la rupture du cylindre central est entouré d'un endoderme à cadres lignifiés très nets et l'exactitude de la comparaison avec YEquisetum limosum est évidente; plus haut l'endoderme perd ses caractères, non pas brusquement, mais peu à peu et par pla- ces; plu^ haut encore on ne retrouve plus, çà et là, qu'une ou deux cellules différenciées comme il vient d'être dit. Ces cel- lules se montrent aussi bien à la face externe qu'à la face interne, où, dans la plupart des cas, elles confinent directement aux vaisseaux les plus intérieurs. Quoi qu'il en soit de leur fré- quence, la présence de ces cellules, même isolées, permet de i. Ces deux plantes ont été souvent réunies; elles le sont encore par Baker dans le Synopsis Filicum sous le nom commun de um, mai^ M. Prantl les sépare à jusu- titre et lïtude aoatomique ne peut que confirmer cette distinc- tion. G. Poirault. — Sur /'Ophioglossum vulgatum L. 73 fixer la position de l'endoderme (1). La notion d'endoderme, sur laquelle M. Van Tieghem a insisté à tant de reprises dans ses écrits et son enseignement, est donc parfaitement réelle, et alors même que les caractères différentiels semblent le plus manquer, une étude attentive doit conduire directement ou indi- rectement à la détermination de cette couche. Puisqu'il y a toujours continuité entre l'endoderme du fais- ceau de la tige et celui du faisceau de la feuille, nous devons, dans ce dernier membre, considérer comme endoderme la couche de cellules entourant les tubes criblés les plus externes. III. — Les limites de cette Note ne nous permettant pas de donner à l'histoire des bourgeons adventifs des Ophioglosses tout le développement qu'elle comporterait, nous nous bornerons à l'exposé des faits principaux. On sait que beaucoup d' Ophioglosses (2) produisent des bour- geons sur leurs racines. Cette formation ne résulte pas de la transformation du cône radiculaire en unetio-e feuillée comme le pensait M. Van Tieghem (3) et après lui M. Beyerinck (4); le bourgeon naît latéralement, aux dépens d'une partie du segment découpé dans la cellule-mère de la racine (5). Tant que la racine reste attachée à la tige, ce bourgeonne- ment subterminal est le seul à se produire, mais si l'on coupe une racine et qu'on la conserve quelque temps dans l'air humide, 1. Le développement des cadres subérifiés dans les cellules endodermiques est sous la dépendance de causes à peu près inconnues et dont la détermination mériterait d'être tentée. Tel endoderme caractérisé peut très bien perdre ses marques distinctives. C'est ce qui arrive pour l'endoderme interne du Boirvchiiim Lunaria. Examinant à nouveau sous ce rapport divers échantillons de cette plante, j'ai trouvé bien des exemplaires où cette couche n'était pas différenciée, et cette observation est intéressant à rapprocher de celle de M. Russow ( Vergl. Unter- such. iïber Leitbuudelkryptogamcn, Mémoires de l'Ac. d. se. de Saint-Péters- bourg-, 1873), qui, pour la tige ixxPilulaiâaglobulifera, a nettement vu l'endoderme interne dans des exemplaires récoltés dans la nature, tandis qu'il n'a pu mettre cette couche en évidence sur des plantes cultivées au jardin de Berlin. Cela nous montre en même temps que les résultats négatifs obtenus par M. Van Tieghem dans la recherche de l'endoderme interne de la tige chez les Botrychium tema- tuiu, daucifolium et virgiuiaiiiuu devront être considérés comme provisoires, tant qu'on n'aura pas examiné un nombre suffisant d'échantillons, examen très difficile sur des matériaux d'herbier. 2. A la liste des espèces données par M. Prantl {Beilràge sur Systematik der Ophioglosseen, p. 308) comme possédant des racines gemmipares, il faut ajouter : O. Bergianum Schlecht. et O. macrorhizum Kze. a. pusillum Lepr. 3. Mémoire sur la Racine, p. ni. 4. Beobacht. u. Betracht. iïber Wurselknospen tt. Nebeiiïvurseln, Amster- dam, 1886. 5. Rostowzew, /. c. — Georges Poirault, Comptes rendus, t. CXII, p. 967, 1891. 74 IOURNAL DE BOTANIQUE clans 1\ au, ou dans la terre, on y voit apparaître des bourgeons qui, en quelque m< Mettent une feuille de 4 à 5 millimèt de largeur ( 1 1. Ces bourgeons d'origine endogène ne se mettent que rarement en rapport avec le système vasculaire de la stèle delà racine. D'ailleurs, ce cas n'est pas isolé, et M. Beinlû montré (2) que les bourgeons développés sur les feuilles de Peperomia sont le plus souvent indépendants du système con- ducteur de la feuille. Les bourgeons normalement formés sur les racines de beau- coup de Podostémacées conservent la même indépendance, comme l'a montré M. Warming (31. Des fragments de tige d'Ophioglosse traités comme nous venons de le dire pour la racine, développent également, au bout d'un temps ;i sa gaine. Celle-ci se crève à son extrémité pour laisser épanouir une petite feuille d'un vert clair . La première racine est rapidement suivie d'une seconde. M. Rostowzew a montré que les cas de ramification de I 1 tige d'Ophioglosse rapportes à des dichotomies du point vé- 1. Ce point n'avait pas échappé à M. Van Tieghem, rar il signale [Mém le Raci;:\ p. 114 'le semblables formations, sur les racines anciennement •s, à un centimètre environ de la cassure. En réalité cc> bourgeons se for- ment en un point quelconque et même sur la sur section. Tandis qu • les bourgeons d'oriçine subterminale sont toujours ou presque toujours insérés à la partie supérieure de la stèle, c'est-à-dire du côté correspondant au liber, ces bourgeons nés plus tard sont diversement orientés. D'après M. \'.m Tieghem, le mamelon caulinaire adventif produit quatre racines avant de développer une feuille, n loit être exceptionnel, car je ne l'ai jamais rencontré: tantôt il ne se forme qu'une racine et presque à l'oppostte de celle-ci une feuille qui la suit très rapidement, tantôt il se forme deux racines puis une feuille. Lorsque ce développemei luit dans l'eau, à la lumière la racine prend une teinte verte résultant du développement de chlorophylle aux dépens de l'amidon (pie son parcnchvme contient en abonda- 2. < hn, Beitrâge /. Bi I. Pflanz :n, t. III, fasc. I, p 3; Fam •■•"!. II, n 1 r, fjMti. G. Poikault. — Sur /'Ophioglossum vulgatum L. 75 gétatif avaient une toute autre origine et qu'ils provenaient d'une simple accélération du bourgeonnement radiculaire subter- minal, lequel, au lieu de se produire quand la racine croît depuis quelque temps à l'extérieur, se fait au moment même de sa sortie de l'écorce, de telle sorte que le jeune bourgeon, appliqué contre la tige mère, semble une ramification de celle-ci. CiicliarcL Formation de bourgeons sur des fragments de tiges et de racines d' * Ophioglossum viilgatum. — A, B, C, D, différents états de développement de ces bourgeons sur ees tiges; F,, F,, feuilles; G, gaine stipulaire ; R, , R, , R 2) R 2 , racines des bourgeons; T m , tige mère; E, bourgeon développé sur un fragment de racine; R m , racine mère; F, feuille; T, tige; R, racine de bourgeon. Les faits que nous venons d'indiquer et que nous exposerons ailleurs avec tout le détail nécessaire, nous montrent que ce n'est pas toujours le cas et que, dans certaines circonstances, des bourgeons endogènes peuvent prendre naissance dans l'écorce delà tige en dehors de toute formation de racine. D'une manière plus générale, ils montrent qu'en certaines circonstances le dé- veloppement du bourgeon, provenant d'ordinaire d'une cellule 76 JOURNAL DR BOTANIQUE très jeune située au voisinage même de la cellule-mère de la racine, peut s'effectuer aux dépens d'une cellule quelconque très âgée de la tige ou de la racine subissant alors un rajeunissement, el qu'en pareil cas l'évolution paraît beaucoup plus rapide. Bien que niM. Rostow/ew ni moi n'ayions trouvé de prothalle, il est difficile d'affirmer que, dans des conditions encore incon- nues, les spores d'Ophioglosse ne sont pas capables de donner naissance à de nouvelles plantes. Tout au moins est-il certain que la multiplication par spore n'intervient que rarement. En revanche, ces plantes peuvent se propager au moyen de frag- ments quelconqu* s de tiges ou déracines, et ce mode de multi- plication est intéressant à rapprocher de la gemmation des sti- pules de Marattiacées déjà mentionnée par Hofmeister et qui est utilisée depuis longtemps dans la pratique horticole. SLR QUELQ1 i ALGUES PHÉOSPORÉES PARASITES [Suite.) Par M. C. SAUVAGEAU. 7. — Ectocarpus brevis n. sp. M. Marchand, professeur à l'Ecole de Pharmacie de Paris, a trouvé, en septembre 1879, à Fouras (Charente-Inférieure), des frondes âgées de Fucus nodosus (Ascophyllum nodosum) recouvertes de gazons ras, jaune brun, d'étendue indéterminée, dus à X luttharpits que je décris ici. lîien que le Fucus HOdûSUS soit extrêmement abondant, j'ai vainement cherché à retrouver le parasite de Fouras; je l'ai donc étudié sur un échantillon d'herbier conservé par M. Bornet, qui le tenait de M. Marchand. A cause de sa petite taille, je l'appellerai Ect. brevis. La partie entophyte de Y Ect. brevis (PI. H, fig. 1 1) est bien développée, surtout comparativement à la partie extérieure; elle est composée de filaments irrégulièrement ramifiés, à articles de forme variable, larges de 6-12 (i, et dont la longueur, plus grande dans les parties profondes, peut atteindre 24 \>-. Dans la partie centrale du Fucus, composée de cellules étroites, épaisses, semblables à des libres, le parasite court dans tous les sens C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporces parasites. 77 entre les cellules ; il passe très probablement d'une face à l'autre du Fucus. Dans la partie corticale, les filaments, à articles plus courts, se dirigent assez régulièrement vers l'extérieur en pas- sant entre les cellules, rarement en les traversant. Les filaments dressés sont tous courts, raides, simples, obtus ; aucun d'eux ne se prolonge en poil et il n'existe pas de poils indépendants. Ils sont souvent un peu atténués à leur extrémité inférieure. D'ailleurs, pour leur donner naissance, la cellule en- tophyte qui traverse la membrane externe de l'épidémie se rétrécit comme cela a été décrit précédemment pour YEct. in- vestiens du Gracilaria. Leur longueur varie de 60 à 80 [/., dépasse parfois, mais rarement, ce nombre; leur largeur varie de 8 à 10 [J-, atteignant rarement 1 1 \i.\ la hauteur des articles est égale ou un peu supérieure à la largeur du filament. Tous les sporanges observés sont pluriloculaires, ovales ou ovales lancéolés, longs de 35-50;-»-, larges de 15-20 a; ils nais- sent au sommet de rameaux dressés semblables aux filaments végétatifs, parfois aussi longs que ceux-ci, mais le plus souvent plus courts. La cellule située immédiatement au-dessous du spo- range peut se continuer plus tard en filament, et le sporange, un peu rejeté de côté, paraît latéral et sessile, mais ce n'est qu'une apparence; parfois aussi, c'est l'une quelconque des cel- lules inférieures au sporange qui se continue ainsi ; le sporange paraît alors latéral et pédicellé. C'est le seul mode de ramifica- tion que j'ai constaté dans le thalle extérieur. Un couj) d'oeil jeté sur les figures 9, 10 et 11 montre qu'une grande ressemblance existe entre YE. brevis et TE. Valiantei ', quant à la forme des sporanges ; mais, outre que cette dernière espèce est plus grosse dans toutes ses parties, elles diffèrent profondément l'une de l'autre par l'action qu'elles exercent sur le substratum. 8. — Ectocarpus minimus Nâg. in herb. Nâgeli a laissé dans son herbier à Zurich, sous le nom à 1 Ecto- carpus minimus, sans l'avoir jamais décrit, un Ectocarpus fixé sur X Himaiithalia lorea, qu'il a récolté, en 1845, à Douvres (Angleterre). M. Bornet m'en a confié un fragment authen- tique qu'il tenait de M. Hepp. Il m'a communiqué également des préparations qu'il avait faites sur un échantillon semblable, ;s IOURNAL DE B< ' I UNIQUE récolté à Berwick par M. Batters, en octobre 1SS4. La plante de Berwick est identique à celle de Douvres. Dans le Sp irum, p. 45S, Kûtzing fait mention d'une plante récoltée à Douvres sur Y Himanthalia lorea par Nâgeli, et qu'il 1 '. lerminalis. Mais si cette Algue est la même que YEct. minimus, comme la localité et le substratura semblent l'indiquer, le rapprochemi m admis par Kùt :ing n'est pas exact. En effet, le thalle inférieur ou rampant de YEct. miualis est superficiel, ses sporanges sont situés à la partie supérieure des filaments dre . au lieu que, dans YEct. mini- mus, le thalle primaire est développé dans le tissu de YHiman- ihalia, et les sporanges se rencontrent à la partie intérieure, à peine vers le milieu des filaments dressés. La plante forme des gazons ras, indéfinis, qui rappellent ceux de Y lût. vclutiiuis. mais qui sont beaucoup plu i courts (1 mm. ). On peut suivre les filam itophytes jusque dans la ion médullaire de Y Himanthalia ; il-, sont irrégulièrement ramifiés, formés d'articles variables de forme et de longueur, dont l'épaisseur varie de 8-14;,'.. Arrivées près de la périphérie de la fronde de l'hôte, les branches du thalle intern et constituent des bouquets corymbiformes serrés, surtout al dants dans les 1-4 rangées cellulaires externes, qu'ils détruisent peu à peu. Ils se prolongent à l'< xtérieur en filaments dres L'envahissement et finalement la destruction du ti : rtical de l'hôte se font non seulement de l'intérieur à l'extérieur, comme il vient d'être dit, mais aussi de l'extérieur vers l'intérieur, c tr, de la base des rameaux dre euvent en naître d'autres qui rampent à la surface, produisent des branches dont les une dressent vers l'extéri air et les autres pénètrent dans le tissu hospitalier. En effet, beaucoup île filaments externes sont réunis par leurs articles basilaires dans la partir profonde des cellules périphériques de l'hôte; celles-ci, ayant perdu leur paroi exté- rieure, probablement parvétu 1 taillées en cuvette et les stolons rampants dont il vient d'être fait mention v trouvenl un abri et des conditions favorables à la multiplication de la plante. Un certain nombre d filaments, souvent tout d'abord un seul, traversent le fond de cette cuvette, pénètrent dans les Iules sous-jacentes, s'y enfoncent de plus en plus et envahissent C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 79 de proche en proche les assises corticales de l'hôte. On voit, sur les coupes, tous les états intermédiaires entre l'envahisse- ment des éléments de l'assise périphérique et ceux de l'assise sous-jacente. Les filaments entophytes détruisent donc peu à peu les parois tangentielles des cellules de l'hôte ; on trouve des faisceaux de ces filaments en masse assez compacte, séparés par des parois radiales ayant appartenu à plusieurs" cellules consécutives, ou même par des fragments de parois radiales : car elles ont natu- rellement, à cet état, une tendance à disparaître. Un certain nombre de filaments pénètrent dans l'épaisseur des parois ra- diales, ce qui facilite encore la dislocation de la zone corticale. Je n'ai pas vu la pénétration ni la sortie à travers l'épiderme, qui avait disparu sur les échantillons étudiés. Les filaments dressés (PL II, fig. 12 et 13) de 8 \i- de largeur atteignent 1 mm. de longueur et leurs articles sont 1-4 fois aussi hauts que larges. Ils sont droits ou flexueux, souvent simples, terminés en un long poil hyalin insensiblement atténué, parfois pourvus d'une ou deux rhizines; ils sont parfois un peu rameux; mais la ramification se fait principalement à la base, clans la partie qui concourt à la production d'une niasse compacte péri- phérique. Les sporanges, tous pluriloculaires, sessiles ou pédicellés, terminent de courts filaments dressés ou naissent sur le côté des filaments dressés et dans leur moitié inférieure ; dans ce dernier cas", ils sont isolés ou rangés en séries, plusieurs cellules succes- sives du filament étant capables de porter chacune un sporange; ils sont cylindriques-lancéolés, souvent inéquilatéraux et bosse- lés, longs de 35-115 HS le plus souvent de 50-100;^, larges de 10-20 u., le plus souvent de io-r4;j-. \S Ectocarpus miniums, malgré sa ressemblance ayecVEclo- carptis brevis, en est sûrement distinct, car les filaments dressés de celui-ci sont beaucoup plus courts, la partie entophyte plus discrète, les parois plus épaisses, les sporanges plus globuleux. 9. — Ectocarpus luteolus n. sp. On trouve au Croisic, à la partie inférieure de la zone qu'ils habitent, des Fucus serratus et F. vesiailostis âgés, très fon- cés, presque noirs, déchiquetés, dont les parties foliacées des 80 IOURNAL l >E Bl I rANIQUE frondes ont partiellement ou totalement disparu, el cependant vivants et fortement adhérents au rocher. On en rencontre même, à ramification nombreuse », tellement d< p< >urvus de toute partie foliacée qu'il devient impossible de savoir! i l'on a affaire à l'une ou l'autre espèce. Un certain nombre d'entre eux, plus ou moins abondants suivant la localité visitée, sont recouverts d'un léger duvet jaunâtre assez clair, peu ou à peine saillant. Ce duvet, presque toujours plus abondant à la base, peut envahir la plus grande partie de la surlace des plantes les plus délabrées, en restant parfois plus intense sur une face que sur l'autre; quand la plante est foliacée, soil xt remit es, soit sur quel- ques-unes de ses ramifications, la partie foliacée ne présente jamais cette modification. Ce revêtement jaunâtre, d'apparence uniforme dans les parties envahies est dû aux filaments dressés d'un Ectocarpus parasite auquel je donnerai le n< >m d'/w tocarpus luteolus. Pour le récolter, il faut recueillir les Fucus vesiculosus et rratus dans la partie de leur zone voisine de celle de 17/7- manthalia lorea; je ne l'ai pas trouvé dans la partie voisine de la zone du Fucus uodosits. Il est aussi nécessaire de choisir une journée suffisamment ensoleillée pour sécher les Fucus, ou tout au moins pour les débarasser de l'humidité qui les recouvre quand la mer les abandonne. C'est seulement dans ces condi- tions que la coloration jaunâtre révèle la présence du parasite. Quand les Fucus sont encore dan 3 l'eau, ou même par une marée brumeuse ou à une heure trop matinale, on ne distingue pas les exemplaires à duvet jaune des autres. Dans ce dernier , is, on pourrait cependant recueillir les plus âgés parmi les /-'mus ; en séchant, les individus infestés deviennent jaunâtres, les individus indemnes restent noirs. (A suivre.) CHRONIQUE. l'n Comité s'est formé pour s'occuper transporter les restes d'Endll- cher dans le nouveau cimetière central de Vienne, où un monument funèbre digne de l'illustre botaniste serait érigé eu son honneur. Les souscriptions sont r au siège de la Société zoologico-botanique, lkrrengasse 13, Vienne, I. I.c Gérant: Louis Morot. Paris. — 1. llerscli, imp. îi, ri. UcnfcrURocbereau. 6' ANNEE. N° 5. 1" MARS 1892. JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. LA TRIBU DES CLUSIEES RÉSULTATS GÉNÉRAUX D'UNE MONOGRAPHIE MORPHOLOGIQUE ET ANATOMIQUE DE CES PLANTES ( I ) {Suite.') Par M. J. VESQUE. IL — L'histoire des Clttsiées. J'ai publié clans les Comptes rendus de l'Académie des sciences (2) une série de Notes sur l'histoire des genres Chisia et Tovomiia. Ces Notes seront complétées par quelques autres concernant les genres voisins. Je tiens en effet à ce que cette première tentative d'une classification phylétique laisse des traces dans le grand journal de notre Académie des sciences ; mais je crains fort que les limites étroites dans lesquelles j'ai été obligé d'enfermer mon sujet n'aient considérablement nui à l'in- tellio-ibilité de raisonnements, de méthodes et de résultats aussi nouveaux. Ce travail plus étendu est donc complètement justifié et j'espère parvenir, grâce à la bienveillance de mes lecteurs, à bien faire comprendre l'enchaînement des observations et des idées qui m'a permis d'ériger en quelque sorte l'histoire, non seulement « naturelle », mais chronologique et, je n'ose presque pas l'avancer, « paléontologique » de toute une importante tribu comprenant 9 genres, dont un de plus de 80 espèces. I. — C LU SI A. A. Discussion de la valeur des caractères anatomiques. Nous verrons plus loin pourquoi je suis forcé de considérer le genre Clusia comme le plus ancien de la tribu des Clusiées et même de toute la famille des Guttifères. Pour le moment, à 1. Voyez la première partie de ce Mémoire : Journ. de Bot., 5" an., n" s 18 et 19. 2. C. r., 1891, 9 mars, 13 avril, 11 mai, 1" juin. 8j journal de botanique seule fin de faciliter cet exposé, je prie de l'admettre sans preuve immédiate. On trouvera dans les grands ouvrages de Botanique descriptive les caractères floraux du genre suivis de quelques indications sur la morphologie extérieure. L'anatomie de la feuille permet d'y ajouter un certain nombre d'autres caractères constants ou presque constants. Je lesénumère sans distinction : Stomates accompagnés de deux cellules accessoires latérales parallèles à l'ostiole, quelquefois cachées plus ou moins complè- tement sous le stomate lui-même, mais toujours pr rites. Jamais de stomates à la lace supérieure des feuilles. Poils tou- jours nuls. Epidémie toujours à cellules planes, jamais bomb limitées par des parois rectilignes, jamais ondulées. Cristaux d'oxalate de chaux, lorsqu'ils existent dans la feuille, toujours en forme d'agglomérations hérissées (oursins). Hypoderme de deux à plusieurs assises de < ellules, rarement réduit à une seule assise ou nul vers le sommet de la feuille. Canaux résinifèr s dans les parenchymes du pétiole et de la nervure médiane, pas- sant ensuite isolément dans le mésophylle qu'ils parcourent à deux niveaux différents (souvent en outre dans l'hypoderme) en lignes obliques, qui croisent les nervures secondaires suivant un angle aigu. Faisceaux des nervures secondaires, etc.. immer- gés, c'est-à-dire noyés dans le parenchyme et entoures d'une gaine fibreuse continue ou subcontinue. Cellul inférieure du mésophylle souvent à parois assez robustes et constituant probablement un tissu aquifère. Faisceau i ner- vure médiane r. nt subcontinu, fendu en un inférieur n gouttière et en un supérieur rubané, inverse (liber en haut }, le plus souvent au contraire disjoint en u ad nombn de eaux disposés suivant un anneau aplati en d< us et entou- rant parfois quelques fais* tilleurs toujours soute- nu-, au moin- en dehors, par ceau du pétiole continu, en gouttière, à bords involutes, ou annulaire, rarement accompagné d< aies Libr< finaux, taires ou gémin il n'y a pas d'autres car; i communs dign à la il lavai ur de ces caractère . Ici se pose d'abord une question. Tous les caractères anatomiques reconnu i pari nation doi Is figurer dai définition du g< nre? Plu ieurs des auteurs qui, dans c< iers J. Vesque. — La tribu des Clusiées. 83 temps, ont publié des travaux de cette nature, semblent le croire. Ils se basent sur l'observation, de telle sorte que l'idée d'une valeur intrinsèque leur échappe et qu'ils voient le même carac- tère anatomique revêtir une valeur tantôt spécifique , tantôt générique ou même familiale. Ce n'était vraiment pas la peine d'assister à tous les tâtonnements de la Botanique systéma- tique ancienne, pour retomber dans les mêmes fautes. Je suis plus difficile et je trouve que l'observation ne suffit pas, ou, ce qui revient au même, qu'il ne faut pas s'en tenir à l'observation spéciale de tel ou tel cas, mais au contraire embrasser l'ensemble de toutes les observations analogues. Il faut peser ces caractères par le raisonnement appuyé sur la totalité des faits observés. Pour citer un exemple, voilà les cellules scléreuses (scié- rites, spicules) disséminées dans les parenchymes. Je ne sais s'il est vrai, mais il semble que la présence de ces cellules est cons- tante dans la famille des Protéacées. Mettons qu'il en est ainsi. Doivent-elles être considérées comme un caractère rationnel de cette famille? On a dit oui, je dis non. Certainement elles sont un excellent caractère empirique lorsqu'il s'agit de reconnaître un membre de cette famille ; mais cela ne veut pas dire que toute plante qui ne possède pas ces cellules scléreuses n'est pas une Protéacée. On peut invoquer ici contre mon opinion le dévelop- pement historique de la famille, développement qui n'est pas nécessairement le même que celui d'autres familles. On dira : toutes les Protéacées ayant des cellules scléreuses, nous devons admettre que l'ancêtre de ces plantes avait déjà des cellules scléreuses, et il est absurde de nier que la présence de ces élé- ments histologiques propres à tous les descendants de cet ancê- tre, n'est pas un caractère de la famille. Voici ma réponse : quand on dit que toutes les Protéacées ont des cellules sclé- reuses, on affirme au fond une négation : car, avec la modestie qui convient à l'être humain, on devrait dire : « Nous n'avons pas encore vu de Protéacée sans cellules scléreuses » . Il est clair qu'il pourrait y en avoir, il est clair qu'il a pu y en avoir, que par exemple cet ancêtre à cellules scléreuses était précédé d'un ancêtre antérieur qui était déjà Protéacée, mais n'avait pas encore les sclérites. On m'objectera que, s'il en est ainsi, il n'existe aucun caractère taxinomique, puisque ce même raisonnement peut s'appliquer à tous. Mais il y a ici une différence énorme à 84 JOURN \l. DE BOTANIQUE signaler, [e pourrais citer vingt familles dans lesquelles les cel- lules scléreuses apparaisseni sp< radiquement, tantôt attachées au genre, tantôt seulement à L\ . En d'autres termes, ce caractère n'est que spécifique dans son ensemble, c'est-à-dire considéré dan-- un grand nombre de familles. Chez les Protéa- cées sa constance apparaît comme un h isard d'adaptation, si l'on veut, comme un hasard de révolution de cette famille, «.lie revêt le caractère d'une < allure » g< nérale qui ne m'en impo- sera pas; elle est à cette famille ce qu'un costume national, ce qu'un uniforme militaire est à un peuple. La comparaison plus exacte qu'elle n'en a l'air : le costume peut être considi ré comme dépendant du milieu physique, il est « épharmoni pn- o ; il en est de même pour ces cellules scléreuses, l'allure qui pro- vient de leur constance e il une allure épharmonique. Puisque je viens de faire allusion à l'épharmonisme, qu'il me soit permis de profiter de cette occasi< >n pour répondre en quel- ques mots à une autre objection de deux de mes excellents con- frères (i). Tout en reconnaissant que <■ pratiquement » les carac- tères épharmoniques se distinguent souvent facilement des au- tres, ils ne trouvent pas entre ces caractères et les autres (taxi- nomiques ou pin létiques) une différence de qualité. 11 serait im- possible « de concevoir l'apparition d'un caractère quelconque sans l'influence du milieu », cette distinction entre caractères phylétiques et épharmoniques serait donc artificielle. Ce sont là, sinon les termes, du moins les pensées de mes contradicteur-. 11 est très singulier que les caractères que j'ai qualifiés d'épharmoniques, ceux qui sont visiblement, notoirement, expé- rimentalement, des caractères d'adaptation au milieu physique, se montrent, dans un nombre de cas si considérable, simplement attachés à l'espèce. Il est très curieux que les caractères an ito- miques auxquels j'ai assigné une valeur taxinomique plus grande, le mode de développement < ornâtes, la constitution cellu- laire des poils, etc., < te. échappent si complètement à toute idée d'adaptation. S'il y a eu des adaptations, et je ne le nie p d'une manière absolue, elles n'ont pas été tyranniques comme les épharmonies, qui le sont (S'adapter ou périr!). Ce sont de i. M. Vuillemin, Bulletin tes du l de 1889, 1" partie, (passint); M. John Briquet, Les Lab Mpes-Maritin préface, in E. I5urn.it, Matériaux pour servir à l'histoire de la flore dea Alp Maritimi J. Vesque. — La tribu des Clusiées. 85 ces adaptations (?) molles, indifférentes (ovaire infère, placenta- tion, etc.), de ces adaptations qui t'ont bénéficier la plante de la motilité de l'insecte (adaptation réciproque entre les fleurs et les insectes), adaptations qui conduisent à des caractères autre- ment fixes que celles qui lient les plantes au milieu physique. Mais c'est justement pour cela que j'ai créé la notion et le terme de « caractères épharmoniques! » Il ne faut pas oublier qu'une variation sans aucune impor- tance peut devenir le point de départ d'un caractère qui va en se creusant de plus en plus sous la poussée d'une influence exté- rieure très minime. C'est là une affaire d'amorcement. Il serait absurde de mettre les caractères épharmoniques au même rang. Je crois que j'abuse de la place qui m'est offerte dans ce Journal ; il est grand temps que nous retournions au genre Clu- sia. S'il était nécessaire, je reviendrais ailleurs sur ce sujet d'une grande portée philosophique, mais, au fond, d'une importance pratique assez médiocre pour que la Botanique systématique ne risque pas autre chose qu'un retard, entre les mains des hommes experts et réfléchis qui s'en occupent. Je vais donc pas à pas discuter la valeur des caractères ana- tomiques du g-enre Clusia. Les termes dont je me suis servi plus haut pour décrire le système fasciculaire du pétiole et de la ner- vure médiane montrent suffisamment que les caractères aux- quels il aurait pu servir de base sont bien inconstants. Je cons- tate le fait sans vouloir généraliser quant à présent. Il est même impossible de le faire entrer dans les allures épharmoniques. La qualité d'épharmonisme serait peut-être démontrable; mais il n'y a point d'allure générale. Les diverses dispositions ne sont même pas attachées aux subdivisions naturelles du genre Clusia. Nous voyons, par exemple, dans la même section Phloiaiithera, la nervure médiane traversée par deux faisceaux continus super- posés (Cl. myriandrà) ou par un faisceau annulaire disjoint enfermant quelques fascicules inclus (Cl. minor)\ nous trouvons dans cette même section le Cl. lanceolata dont le pétiole con- tient un faisceau annulaire enfermant un petit fascicule, et le Cl minor qui ne présente à la même place qu'un faisceau unique en gouttière. Bref, ces caractères n'ont au fond qu'une valeur spécifique; ils sont impropres à servir de base à la création de genres nouveaux, surtout lorsque ces genres doivent devenir 86 JOURNAL DE BOTANIQt'K monotypes. Si nous tenons à les placer à la suite de la descrip- tion du genre, c'est à titre de simple renseignement. Les stomates sont toujours accompagnés de deux cellules accessoires latérales, parallèles à l'ostiole (type, rubiacé). Ce caractère, qui montre une grande constance dans plusieurs la- milles, appartient sans exception à toutes les Guttifères. 11 est en même temps impossible de comprendre en quoi ce type rubiacé de l'appareil stomatique pourrait se trouver en relation avec l'adaptation au milieu physique, en quoi il pourrait différer physiologiquement de tout autre type de la formation du sto- mate. Ne voyons-nous pas tous les jours des ( in lin ///, des Caryo- phyllées ou des Labiées et des Composées croître côte à côte dans le même milieu sec ou aquatique, quoique ces plantes repré- sentent trois types stomatiques différents? Ce caractère n'est donc pas épliarmonique ; le raisonnement philosophique est d'accord avec l'observation étroite appliquée aux Guttifères, et avec l'observation étendue à nombre d'autres familles, pour en faire un caractère taxinomique important et rationnel. Le même raisonnement s'applique aux cristaux d'oxalate de chaux qui présentent toujours dans les feuilles des Clust'a la forme d'oursins. 11 ne faut pas confondre, avec la forme des cristaux, l'absence ou la présence de l'oxalate de chaux. Il est tout d'abord pro- bable qu'on en constaterait la présence dans une foule de plantes qui en paraissent dépourvues, si on voulait se donner la peine de les rechercher avec soin, par exemple à l'aide de l'appareil de polarisation. Mais il y a cependant des espèces qui n'en ren- ferment pas. La nature négative de l'observation laisse ici tou- jours une certaine incertitude. Passons. Les canaux résinifères sont d'une absolue constance chez les Chtsia ; ils existent dans la plupart des genres des Guttifères, mais se trouvent chez quelques-uns remplacés par des poches sécrétrices sphériques et cette différence coïncide toujours dans cette famille avec une autre, fournie par les faisceaux des fines nervures; lorsque les organes sécréteurs sont canaliformes, comme chez les Clitsia, les faisceaux sont immergés et le plus souvent entourés d'une gaine fibreuse ; lorsqu'ils sont sphériques, les faisceaux des veinules anastomosées en un réseau polygonal, dont chaque maille contient une poche sécrétrice, sont au con- J. Vesque. — La fribu des Clusiées. [87 traire rattachés aux épidermes ou éventuellement à l'hypo- derme par du tissu fibreux. Chez plusieurs Garci'm'a nous assis- tons au passage des canaux aux poches sécrétrices (1). On voit donc que ce caractère, sans prétendre à là même importance taxinomique que certains autres, est encore d'une très grande constance en ce sens que toutes les Guttifères possèdent un appa- reil sécréteur et que seule la forme de ces appareils est sujette à quelques modifications qui, d'ailleurs, prennent la qualité géné- rique (sauf en ce qui concerne les formes un peu flottantes qu'on observe chez les Garcinid). Ce que je viens de dire s'accorde- rait assez bien avec les idées de M. Stahl; d'après ce savant, les canaux résinifères, quant à leur présence et quant à leur distri- bution, seraient un moyen de défense contre les animaux herbi- vores, tels que les limaces par exemple ; il y aurait donc adapta- tion, mais non épharmonie; les caractères en question seraient donc moins importants que ceux qui ne dérivent d'aucune adap- tation visible et le seraient plus que les caractères spécifiques fournis par l'épharmonisme. Si nous portons nos regards sur d'autres familles pourvues de ces organes, nous voyons, tantôt une constance assez grande, tantôt, comme chez les Composées, des différences coïncidant avec les subdivisions naturelles de la famille et qui contrastent avec la constance si grande de l'appa- reil stomatique et du système pileux chez ces plantes (2). J'ai déjà parlé plus haut des faisceaux des petites nervures. Il n'y a point, sous ce rapport, la moindre variation chez les Clusia. Est-ce là un caractère épharmonique généralisé et passé à l'état d'allure, ou bien possède-t-il véritablement une impor- tance taxinomique assez grande pour entrer dans la définition du genre? Je pencherais plutôt vers la première alternative, mais enfin, il y a là matière à discussion. Nous arrivons maintenant à une série de caractères de nature tout-à-fait différente. Il y en a d'abord trois qui concourent à donner aux feuilles des Clusia et, d'une manière générale, à une certaine nature de feuilles très répandues un peu partout, un cachet spécial. Ce sont ces feuilles persistantes, luisantes, un peu épaisses ou très épaisses, plus ou moins coriaces, glabres, 1. Voyez : Epharmosis, II, tab. CXII, CXXXIX, etc. 2. Je néglige ici le fait souvent signalé de plusieurs Composées dépourvues d'appareil sécréteur interne. 88 JOURNAL DE BOTANIQUE souvent très entières et à bords plus ou moins révolutés. Il y a, d'abord, l'absence de poils, car. ictère épharmonique qui ne doit, ici comme ailleurs, son importance de hasard qu'à une convergence parfaite présentée par toutes les espèces du genre. On pourrait citer bien «les genres dont certaines espèces sont glabres, tandis que d'autres sont velues; chez les Guttifères elles-mêmes, les ( x alophyllum et les Garcinia sont dans ce Vient ensuite l'absence de stomates à la face supérieure des feuilles, qui donne exactement lieu à la même remarque. Ce caractère est une allure générale chez les Clusia, tandis qu'il est des Garcinia ayant des stomates sur les deux faces de la feuille. Il n'y a pas lieu de nous arrêter plus longtemps à la forme plane, non bombée, de la paroi externe des cellules épid< r- miques. Le jugement sera le même; constant chez les Clu ce caractère varie ailleurs dans le même genre. Nous vo\ si souvent, même sur ces feuilles persistantes et coriaces, toutes les cellules de l'épiderme inférieur se prolonger en des papilles plus ou moins proéminentes. J'en ai figuré un exemple dans la famille même des Guttifères et relatif au Mesua ferrea ; je n'ai même pas osé baser une diagnose spécifique sur ce caractère déclaré inconstant sur le même arbre par M. Anderson. Ce] dant je crois que c'est là une exception et que le caractère, en bon caractère épharmonique, a le plus souvent qualité sp fique. En effet, le Mesua ferrea avec toutes ses variétés (i) est cultivé depuis des temps immémoriaux : c'est un arbre sacré des Indous qui l'ont planté autour de leurs temples. Dans ces condi- tions l'homme lui-même n'a peut-être pas été étranger à la créa- tion de races qui, sans son intervention, ne sefussent pas produit Quant à la nature de la feuille entière, nous aurions pu dire, sans analyser la valeur de chacun des facteurs auxquels elle doit son aspect, sa consistance, etc., qu'elle n'a pas valeur générique et qu'elle est une allure épharmonique lorsqu'elle est constante dans le genre. Voyez le Prunus Lauro-cerasus (ses feuilles sont dentées, mais d'ailleurs très comparables à celles qui nous occu- pent) à côté d'autres Pruniers. 11 ne nous reste plus qu'à mentionner les réservoirs d'eau proprement dits, le tissu aquifère de la partie inférieure du mé- i. J'y ai même fait entrer le M. TkwaittsH, si difiérent par la forme de s^i feuilles; voyez: Epltarmosis, II, pi. XLIX. J. Vesque. — La tribu des Clusiées. 89 sophylle qui n'est pas constant chez les Clusia et qui peut se confondre si facilement avec du parenchyme ordinaire, surtout dans une feuille sèche, qu'il n'y a pas lieu d'insister, et enfin l'hypoderme qui mérite au contraire de fixer notre attention. J'ai déjà exprimé à plusieurs reprises l'opinion qui nous est im- posée par un très grand nombre d'observations physiologiques aussi bien qu'anatomiques. L'hypoderme fournit un caractère épharmonique dont la valeur intrinsèque n'est que spécifique ; sans me répéter, et pour ne pas sortir de la famille des Gutti- fères, nous voyons l'hypoderme apparaître presque sporadique- ment chez bon nombre de Garcinia qui ne sont nullement liés entre eux par des affinités particulièrement étroites au milieu de ce grand genre. Lorsque j'ai été amené à créer, dans le genre Calopliyllum, la section des hypodermés, j'ai eu conscience de faire une coupe artificielle, et si je n'ai pas reculé devant cette mauvaise besogne, c'est qu'en l'absence de caractères de meil- leur aloi, il m'était bien permis de sacrifier à la pratique au détriment de la science pure ; je ne suis du reste pas bien éloigné de le regretter. Mais voilà que dans le genre Clusia toutes les espèces possèdent ce tissu à un degré de développement presque inconnu dans le reste de la famille. L'hypoderme y est composé d'au moins 2 assises de cellules, très ordinairement d'un plus grand nombre (4 ou 5). Il est clair qu'il appartient ici aux allures épharmoniques du genre ; il est intéressant à ce titre de voir ce tissu, fort de 3 assises de cellules au milieu de la feuille du Cl. lanceolata , disparaître parfois totalement au sommet de la feuille. Cela n'empêche pas que l'hypoderme si développé ne puisse servir à faire distinguer un Clusia de tout autre membre de la famille des Guttifères. C'est ainsi que j'ai reconnu immédiate- ment comme un Clusia (CL ti*ochiformis) une plante qui avait été rangée par M. Engler parmi les Tovomitopsis. Mais, après avoir profité du renseignement si facilement obtenu, j'ai cher- ché ailleurs les caractères suffisants pour opérer cette trans- position. L'étude rapide à laquelle nous venons de soumettre les carac- tères anatomiques des Clusia nous a donc permis de les classer suivant leur importance taximonique. Il serait inutile de les énumérer encore une fois. En tête se trouvent ceux des carac- tères qui ne sont pas en relation avec l'adaptation au milieu phy- go IOURNAL DE BOTANIQUE sique et que l'observation nous ;i montrés également constants dans d'autres familles naturelles, en queue nous voyons les caractères épharmoniques qui peuvent, "race à une adaptation uniforme de tous les représentants du genre, figurer les allures épharmoniques et risquent ainsi de nous induire en erreur sur leur véritable valeur taxinomique. Caractères d'espèce, ils usur- pent le dehors de caractères de genre ou de famille. (A suivre.) SUR Ql ELQ1 i ALGUES PHÉOSPORÉES PARASITES [Suite.) Par M. C. SAUVAGEAU. Le plus souvent, le parasite se développe alors seulement que l'épiderme du Fucus est tombé, sinon il pénètre entre les cellules épidermiques, s'y multiplie abondamment ci, par suite, l'épiderme est détruit ou tellement altéré qu'il n'est plus recon- naissais. Il se répand de là entre les cellules de l'hôte, parfois pénètre dans leur intérieur. Si les cellules superficielles de l'hôte sont déjà détruites ou endommagées, elles forment alors de petites cuvettes où le parasite se développe de préférence et avec abondance (PI. II, fig. 14 et 15); les filaments nouvelle- ment formés s'y accumulent en une masse compacte et de 1 1 peuvent traverser le fond de la cellule, comme le fait \ lût. minimus; parfois il se contente de rester à la superficie, en se propageant de proche en proche, et en envahissant successive- ment toutes les cellules extérieures. Quoi qu'il en soit, lorsque le parasite est bien développé, il forme à la surface du Fucus un grand nombre de filaments dres- sés qui poussent d'une base commune, non sans analogie avec le coussinet d'un Elachistea; cette sorte de coussinet est due à l'ensemble des articles inférieurs des filaments qui deviennent toruleux, se juxtaposent, se ramifient pour donner des branches dr< , tout en conservant leur matière colorante. Ce tissu, difficile à interpréter sur des coupes, se lai-- facilement disséquer. C'est à l'intérieur ou peu au-dessus de ce massif que les fila- ments se ramifient; aussi, la plupart des filaments dressés pa- raissent-ils simples ; ils sont parfois Légèrement toruleux à la base de leur partie libre. On voit aussi des ramifications laté- rales filamenteuses ramper à la surface du l'itcus ; ce sont les C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 91 filaments propagateurs disséminant le parasite de proche en proche, mode d'envahissement qui, pour cette espèce, est beau- coup plus important que celui par les filaments entophytes. Les filaments dressés (PL II, fig. 16 et 17), plus larges à leur base qu'à leur sommet, se terminent par un poil composé de 1 -quelques cellules sans chromatophores; ils sont d'ailleurs assez inégaux comme dimensions : leur largeur, à la base de la partie libre, est de 6-8 a, parfois 5;x; leur longueur atteint 400 a, mais oscille généralement entre 100 et 300 p.; quelques filaments, plus étroits, semblent destinés à rester courts. La hauteur des articles égale 1-3 fois leur largeur. Les chromatophores donnent une couleur claire aux filaments ; ils sont composés de bâtonnets de deux sortes (PI. Il, fig. 19), des longs et des courts. Les parois des filaments sont très minces,, et fréquemment, sur le vivant, il est difficile de voir les parois de séparation entre les articles successifs. Tous les sporanges observés sont pluriloculaires, terminaux sur des filaments provenant de la base du parasite, ou latéraux sur de courts rameaux nés dans la partie inférieure des filaments longs. Ce sont des filaments un peu élargis et cloisonnés ; leur longueur varie de 30-80 u, mais surtout de 50-70 y-, la largeur maxima de 7 a 13 ;j., mais plus fréquemment de 11- 13 f-; le plus souvent d'ailleurs, le sporange n'est pas régulier, il est légè- rement toruleux, et sa base, parfois peu nette, est quelque peu difficile à limiter du filament qui le supporte. Les logettes des sporanges sont irrégulières comme dimensions ; certains spo- ranges n'ont qu'une seule rangée de logettes, d'autres sont divisés en deux suivant la longueur, tout au moins dans leurs parties renflées. Rarement des filaments longs, au lieu de se terminer en poil, se transforment au sommet en sporange étroit. (PI. II, fig., 18.) Par la forme générale de ses sporanges, cette espèce se rapproche surtout de YE. miniums ; cependant, dans YE. luteo- his, les sporanges sont un peu plus courts, plus bosselés; ils sont souvent moins complètement différenciés, leur partie infé- rieure conservant la même largeur que le filament végétatif qui les porte et ne présentant pas de divisions longitudinales. Il se distingue surtout de cette espèce et des autres espèces précédem- ment étudiées, en ce qu'il ne pénètre guère dans la profondeur deur du thalle hospitalier ; il n'arrive pas dans la région médul- 9 a IOURNAL !']• BO l \N1QUE lairc; son envahissement paraît se faire beaucoup plus de l'exté- rieur vers l'intérieur que de l'intéi ieurversl'extérieur. ( )n pourrait, sous ce rapport, l'oppo er aux Ect '. parasiticus ■, Ect. investiens, ., qui rampent et se ramifient dans la profond» ur d< leur hôte avant de paraître à l'extérieur; YEct. minitnus présent* rait un mode de vie intermédiaire. m. — Ectocarpus parasiticus n. sp. Le ( Cystoclonium purpwascens Kûtz. est une plante annuelle qui, au Croisic, possède son maximum de développement au printemps et au commencement de l'été. Il disparaît vers la fin de l'été. Le 10 et le 1 2 septembre j'ai récolté sur place plusieurs exemplaires entiers pour rechercher s" il, étaient attaqués par les Algues parasites déjà signalée par M. Kny (voir précéd.). Tous présentaient, lorsqu'on les examinait à contre-jour, particulière- ment dans la partie inférieure de leur tige, des taches plus ou moins larges et plus ou moins bien lii , d'un biun roux, peu foncé, non sans ressemblance avec celles que YEct. iiiv. ficus forme à la surface du thalle du Gracilaria compressa. G taches correspondent en effet, comme le montrent des coupi à la présence abondante d'une Algue latine filam n euse, très ramifiée entre les cellules de l'hôte. l)ans les états les plus jeun | j'ai obs rvés, les filaments sont assez abondants entre les cellul s des parties centrale et moyenne de l'hôte ; ils sont loi . réguliers; leur péné- tration régulière est d'ailleurs d'autant plus fa< ile que, dans partii le, le Cystoclonium est formé de cellules a lumière étroite et à parois très épaisses; ils n'envahissent pas encore la 1 n périphérique de l'hôte. On trouve le parasite dans < état, soit vers la limite des taches, soit dans 1< parties qui, à l'œil nu ou même à la loupe, 1. ent pas envahies. Il est, en effet, remarquabl . sur des Cystoclonium attaqués, des parti apparence aines a assez éloignée taches exté- rieures sont envahies par le parasite; mais celui-ci, en restant cantonné dans la région centrale ou moyenne de l'hôte, ne donne p . rieurs de s 1 présence. Dan l< s parti» 5 marquées par les taches, et par conséquent plus tard quant au dëveloppi ment, les filaments entophyti tout en se multipliant davantage clans les parties déjà envahies, répandent vers la périphérie de l'hôte. C à et là on remarque C. Sacvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 93 des filaments qui pénètrent dans les cellules mêmes du Cystoclo- m'am , mais qui, au lieu de profiter de leur présence dans les cellules, semblent plutôt se protéger contre elles. En effet, les extrémités de ces filaments s'entourent, dès leur entrée dans les cellules, d'une membrane très épaisse, incolore, en forme de fourreau, probablement due à une sorte de gélification de la paroi du tube, comme le montre la figure 20 (PI. III). Sur la figure 21, un filament a traversé en ligne droite une cellule, en- touré d'une gaîne épaisse, puis est sorti de la cellule avec son aspect ordinaire. Toutes les fois que j'ai observé des filaments pénétrant ou ayant pénétré depuis peu de temps dans les cel- lules de l'hôte, je les ai vus revêtus de cette gaine épaisse. Ce- pendant cette gaîne disparaît probablement plus tard : car j'ai trouvé plusieurs cellules profondes, envahies par un filament recourbé et contourné sur lui-même, qui m'en a semblé dé- pourvu. D'ailleurs, le fait de la pénétration des filaments ento- phytes de VEct. paras/tiens dans les cellules du Cystoclonîum, comparé au grand nombre des filaments envahissants, constitue toujours une exception. Le parasite devient ensuite plus abondant dans la région corticale de l'hôte. On rencontre des filaments venant directe- ment de sa profondeur et qui, au niveau de la première ou de la deuxième rangée de cellules sous-épidermiques, se ramifient en corymbe serré et touffu, chaque branche passant entre deux cellules épidermiques contigùespour sortir en un filament dressé. Mais ce n'est pas le procédé le plus fréquent de la sortie des filaments. Plus souvent, en effet, quelques-uns des filaments entophytes se recourbent et circulent parallèlement à la surface, en passant au-dessus ou au-dessous des éléments épidermiques; dans le premier cas, les articles produisent des branches dirigées vers l'extérieur, ayant seulement une faible épaisseur de mem- branes à traverser pour y arriver; dans le second, les filaments radiaux passent entre les cellules épidermiques. C'est l'abondance de ces filaments entophytes dans la région périphérique du Cystoclom'îtm et la présence de quelques fila- ments dressés qui donnent lieu aux taches brunes mentionnées. Les dimensions des articles entophytes sont variables; mais, d'une manière générale, ils sont plus longs et plus étroits dans la région centrale que dans la région corticale ; ils varient de 8-30 \i. de long sur 2-iop. de large. Tous les chromatophores 94 JOURNAL DE BOTANIQUE sont en plaque pariétale; on en trouve un seul par cellule; ceux des cellules longues et grêles des filaments profonds sont moins développés que- ceux des filaments corticaux et même ne colorent parfois qu'une très faible portion de la cellule. Aucun des exemplaires recueillis le io et lr u septembre ne montrait le parasite en état de maturité; les filaments exté- rieurs commençaient à traverser la cuticule, OU, s'ils étaient sortis, étaient encore en voie de croissance. La forte marée du eptembre m'a permis de recueillir sur place un assez grand nombre de Cystocl. purpurascens qui tous présentaient ces taches mal délimitées précédemment décrites. 1)<- plus, éparses sur les taches précédentes, et relativement éloignées l'une de l'autre, étaient des taches plus petites, plus foncées, atteignant au maximum un millimètre de diamètre. Elles sont dues au déve- loppement extérieur du parasite, si abondant que la paroi péri- phérique de l'hôl parfois totalement détruite. Les filaments extérieurs sont dressés, denses, serrés, parallèles entre eux, non ramifiés. Les uns sont de vrais poils, incolores, longs, s'accrois- sant par cloisonnement de la base. Les autres, larges de 6; . par- fois 8;j., lo 60-901*., sont formés d'articles longs de 0-12 ;j., à chromatophore en plaque, semblable à celui des art' nto- phytes, m lis couvrant relativement une plu- grande surface. I )lus grand nombre de ces filaments assimilateurs rmi- nent en sommet arrondi ; d'autres, semblables a:: prolongent sans transition en un poil plus ou m ong. Le développement du par à la surface de l'hc i se faire de proche en proche; mais la plupart des filaments 1 •ieurs proviennent directement des parties prof .La e 22, pour la facilité du dessin, a été prise en un point où c filaments étaient 1 u nombr it souvent beaucoup plus abom • voient que sur des coup» iOus j'ai vi 2 ont pluriloculair E ou portée p. a- 1-2 cellul comme leur longueur 1 iviron 50;^-, ils ne font p illie : 1 ur largeur vari articles du spo- plus souvent divisés en 2 suivant la longueur; ils restent ; ] es où e un grand nombre de ces sporanges, et les zoospores nagent en abondance dans la préparation. C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 95 Il est fort probable que, comme beaucoup d'autres Ectocar- pées, Y Ed. parasitions possède des sporanges uniloculaires ; mais je ferai remarquer encore que les premiers exemplaires que j'ai rencontrés étaient réduits à un thalle entophyte, ceux trou- vés quelques jours plus tard possédaient en plus de nombreux filaments épiphytes et des organes reproducteurs. Bien que le développement du parasite soit probablement rapide, je ne voudrais pas en conclure que toute la partie extérieure s'est développée en une semaine. Toutefois, comme le Cystocl. pur- purascens est une plante annuelle, et que les exemplaires que j'ai recueillis au Croisic étaient assurément des retardataires, il parait légitime de conclure que, si le parasite possède des or- ganes reproducteurs autres que ceux mentionnés ici, il n'a pas le temps de les développer sur le Cystoclonium, et qu'on doit les rechercher sur des hôtes vivaces ou croissant en toute saison. Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que le premier dévelop- pement de YEctocarpus parasiticus est entophyte. qu'il reste un certain temps dans cet état, et qu'il ne s'épanouit à l'exté- rieur qu'après avoir développé de nombreux filaments internes. Le 21 septembre j'ai trouvé sur le Graxilaria coufervoides, qui est une plante vivace à rameaux caducs, des taches tout à fait semblables, comme aspect, à celles du Cystocloiiiwn. Par les coupes du thalle et les dissections, j'ai trouvé le parasite absolument dans le même état que sur ce dernier, comme thalle interne, comme thalle externe et comme organes reproducteurs. J'ai retrouvé le même parasite sur un exemplaire âgé du Ceramium rubrum recueilli le 21 septembre; sa présence était indiquée par des taches brunes analogues aux précédentes ; la nature des filaments entophytes, des filaments dressés et des sporanges multiloculaires ne"" laissent pas de doute sur son iden- tification. Mais les cellules du Ceramium rubrum étant très grandes et ses membranes intercellulaires relativement épaisses, les filaments pénétrants y trouvaient une voie facile et directe, et leur abondance était considérable ; un même filament, et même deux filaments parallèles et rapprochés, faisaient parfois presque le tour de la cellule centrale; en certains points du cortex, sur des coupes minces, 4 ou 5 filaments couraient, parallèles ou entre- croisés, sans interruption sur une longueur relativement grande. Cependant, des coupes transversales, faites à quelque distance des taches, ne montraient plus trace du parasite ; celui-ci se 9 6 JOURNAL DE BOTANIQUE répandrait donc dans le thalle hospitalier sur une longueur moindre que dans le Cystoclonium; mais, n'ayant étudié qu'un mplaire de Ceramium rubriuu infesté par ce parasite, je ne pui ndanl en tirer cette conclusion, [e n'ai pas vu les filaments entophytes pénétrer dans les cellules. L'/:V/. parasiticus est donc connu jusqu'ici ur trois hôtes : ( Cystoclonium purpurascens , Gracilaria confervoides et ( era- m i il m rubrum. ./ suivre.) Remarque additionnelle aux Observations sur quelques Diantlius de la flore française, par M. •'■. Rouy. Ces Observations étaient à l'impression lorsque j'ai reçu le second fascicule du volume IN. du Flora Italïana de Parlatore, continué par les soins et sous la direction de M. Caruel, où le ire Dianthus a été élaboré par M. Enrico Tanfani. Selon cet auteur, les />. alpestris Balb., 1). furcatus Balb. et D. integer Vis. devraient être rapportés comme synonymes, et le D. tener Balb. comme variété, au D. Strictus Sibth. et Smith. LeZ?. inlegerVis. seul est, en réalité, synonyme du D. sti-ic- tus, et encore de la variété brachyanthus Boiss. {Flora Orient, I, p. 486) ; mais l'assimilation entre les trois plantes de Balbis et l'espèce de Sibthorp et Smith me paraît absolument inaccep- table, les écailles calicinales du /). stricttis étm; ment ovales, refuses ou brusquement contractées eu un très court mucron et atteignant seulement le quart du calice iou le tiers environ dans la var. brachyanthus) et la corolle étant 4S fois plus courte que le calice, caractères qui ne conviennent nulle- ment aux trois Dianthus de Balbis, dont l'aire géographique est toute différente. D'ailleurs, Boissier a 'lit déjà {loc. cit.), en parlant du D. strictus et de sa var. brachyanthus (D. integer Vis.) : l>. alpestris Balb. et D. pungens L. ex - tlpibus et Py- reu.eis hue a variis auctoribus relati loto cœlo differunt. », et c'est parfaitement exact. — ['ajouterai «pie le D \ pungens Ar- cang. (Comp. FI. Ital., p. 300), //"// L., correspond comme synonyme à ma var. lallax du D. subacaulis Vill. Le D. strictus S. et Sm. reste endémique aux montagm de li Dalmatie et de la Grèce, et se place dans la nomencla- ture à côté du J), brachyanthus Boiss., de la Péninsule ibérique et de la France. Le Gérant : Louis Morot. • — J. Ucrsch, ira —, ii. Lenfart-Rochcrcau. 5" ANNEE. N° 6. 16 MARS 1893 JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. SUR QUELQUES ALGUES PHÉOSPORÉES PARASITES {Suite.) Par M. C. SAUVAGEAU. 11. — Ectocarpus solitarius n. sp. Le thalle des Dictyota dicliotoma âgés est souvent envahi par un Ectocarpus , réduit pour ainsi dire à sa plus simple ex- pression, et que je désignerai sous le nom d'Ect. solitarms. Comme on le rencontre le plus souvent en individus isolés, il est impossible de le diagnostiquer extérieurement avec certitude et, pour avoir des chances de l'observer, on doit pratiquer des coupes parfois nombreuses à la base des thalles âgés à&- Dic- tyota; je l'ai rencontré sur la plupart des exemplaires infestés par Y Elachistea stellulata, dont il est d'ailleurs totalement indépendant. La plante se compose d'une partie entophyte et d'une partie épiphyte. La première est un filament à cellules de forme et de dimensions très variables, qui court sous l'épiderme en le soule- vant sans déformer ses éléments (fig. 24 et 25). Ce stolon se redresse à son extrémité, écarte deux cellules épidermiques sans jamais les traverser, et apparaît à l'extérieur ; ses dimensions sont très variables, car si certains stolons possèdent une dou- zaine d'articles, d'autres sont réduits à deux; on pourrait, il est vrai, objecter que, dans ce dernier cas, le filament ne circulant pas dans le plan de la coupe des autres cellules ont été enlevées par le rasoir; mais si cette supposition est parfois justifiée, dans d'autres cas, l'observation permet d'affirmer que le thalle parasite se réduit à deux cellules. Lorsque le stolon sous-épider- mique est bien développé, et probablement lorsqu'il est suffi- samment âgé, il émet un plus grand nombre de branches dres- 98 IOURNAL DE BOTANIQUE sées; chacune de ses cellules peut ainsi devenir la base d'un filament, qui passe toujours entre deux cellules épidermiques, jamais dans leur intérieur. L' J-'cfcn arpus solitarius peut, comme MElachistea stellulata envoyer des prolongements dans les cellules de l'assise moyenne de l'hôte, sous forme de filaments rampant sur les parois, mais le lait est beaucoup plus rare. On sait que les rhizines du Dictyota peuvent ramper à la sur- face du thalle dans des directions variées, revenir sur leurs pas, s'entrecroiser avec leurs voisines, former ainsi sur le Dictyota une sorte de pseudoparenchyme plus ou moins épais, lâche et localisé; lorsque le stolon sous-épidermique arrive à son contact, je lai vu parfois pénétrer dans ce feutrage, s'y étendre comme il le fait sous l'épidémie, et sortir au dehors en filaments dres- . Mais je n'ai jamais vu le parasite ramper sur la face libre de l'épiderme ou du feutrage de rhizines; il cherche toujour à ] in >teger. Les filaments dressés sont, ou bien très courts, réduite à une ou quelques cellules et terminés par un sporange, ou bien loties et terminés en poil; parmi ces derniers les plus longs mesuraient 400 [J-, et leur longueur réelle est plus grande; car tous les poiL que j'ai observés étaient tronqués. La largeur des filaments, parfois de i2\>-, atteint plus fréquemment 14:'-; la hauteur des articles à chromatophores varie de 15 à 45;».. Ces filaments ne sont jamais ramifiés; ils peuvent porter latéralement des spo- ranges sessiles ou munis d'un pédicelle unicellulaire ; j'ai vu parfois un sporange vidé être remplacé par un autre, mais ja- mais par un rameau. L'article du filament dressé qui produit un sporange, parfois identique à ses voisins, cm fréquemment plus court. Les chromatophores des filaments dresses ou rampants sont de petits disques pariétaux, d'autant plus nombreux que les articles sont plus grands. Les sporanges latéraux des filaments lonj mt identiques aux sporanges terminaux «les filaments courts; tous sont pluri- loculaires et ovales-globuleux; leurs dimensions varient de 45 a 65 ;<• de long sur 20 a 35 w. de large. |'ai retrouvé la même plante sur le Dictyopterïs po/ypi)- di '.amour. ; pas plus que sur le Dictyota, elle n'est recon- C. Sauvageau. — Sur quelques Algues pheosporèes parasites. 99 naissable extérieurement, et sa recherche nécessite parfois la préparation d'un grand nombre de coupes, menées un peu au hasard, mais de préférence dans les parties âgées. La nervure médiane du thalle du Dictyopteris est épaisse et formée d'un assez grand nombre d'assises régulièrement dis- posées. Les filaments internes pénètrent alors assez profondé- ment dans l'épaisseur même des parois radiales de l'hôte et leur trajet y est sinueux, car les coupes transversales les montrent parfois sous forme de tronçons; on les voit dans la figure 26 (PI. III) qui représente la portion périphérique d'une coupe pra- tiquée dans la nervure médiane du Dictyopteris , où les tronçons représentés ont été déterminés comme appartenant à Y Ed. soli- tarins par comparaison avec des filaments entophytes voisins se terminant par des sporanges. Lorsque le parasite envahit les parties latérales du thalle du Dictyopteris, il peut produire des filaments entophytes allant d'une face à l'autre, après un trajet intercellulaire plus ou moins sinueux; mais je ne l'ai cependant vu porter de sporanges qu'à une seule extrémité. La largeur des filaments dressés atteint i6;j-, tandis que je ne les ai pas vus dépasser 14 a dans les exemplaires nés sur Dictyota. Enfin le parasite se retrouve aussi et avec les mêmes carac- tères, sur le Taonia atomaria Gaillon; parfois il se contente de ramper sous l'épidémie, d'autres fois il pénètre dans les couches moyennes et peut circuler d'un épidémie à l'autre; les articles qui circulent entre les cellules du thalle sont toujours beaucoup plus gros que les articles sous-épidermiques (PI. III, fig. 27). La ligure 27 représente aussi une cellule arrondie pénétrant entre deux cellules épidermiques qu'elle écarte ; elle représente probablement le début d'un filament entophyte de YEct. solita- rius, comme ses chromotophores et le voisinage d'individus complets paraissent l'indiquer. \J Ect. solitariiis se retrouve donc sur trois plantes voisines dans la classification : Dictyota dicliotoma , Dictyopteris polypo- dioides et Taonia atomaria, sur lesquelles il ne forme pas d'autres organes reproducteurs que des zoosporanges pluriloculaires. Il se distingue de tous les Ectocarpics examinés précédemment par le faible développement de son thalle entophyte. J'ai étudié aussi d'autres Ectocarpus (Ect. reptans Crouan, ioo JOURNAL DE BOTANIQUE etc.) divers Myrîonetna {M. vulgare Thur., M. Leclancheri Harv.); mais je n'ai constaté de pénétration entophyte chez au- cun d'eux. 12. — Streblonemopsis irritans R. Valiante. Au printemps de 1881 et 1882, M. R. Valiante a récolté, dans le golfe de Naples, une plante fort intéressante vivant sur le Cystosira Opuntioides (1). Elle est localisée sur de nombreux petits mamelons appartenant au Cystosira, presque sessiles ou pédicellés, le pédicelle étant simple ou ramifié, et que M. Va- liante a bien représenté dans la figure 11 de son Mémoire. ( 1 mamelons, semblables à de petites galles, débutent par une protubérance, indiquée par une tache blanchâtre, et sont dus à un cloisonnement du tissu cortical recouvert par l'épiderme. A la surface de ces protubérances rampent des filaments dont 1< - ramifications s'anastomosent pour former un réseau sus-épi- dermique à mailles plus ou moins larges. M. Valiante a décrit 1 filaments dressés et les sporanges de cette plante épiphyte, et l'a nommée Streblonemopsis ïrritans\ bien que le développe- ment de la galle paraisse dû à son action, puisqu'on la trouve sur les plus jeunes protubérances, elle n'envoie aucun prolonge- ment rhizoïde dans le thalle du substratum. La plante esl si peu ('•paisse que, dans la figure 8 de M. Valiante, les sporanges et les filaments dressés semblent naître de l'épiderme de la plante hospitalière. Tout récemment, M. de Toni (2), après avoir comparé 1 dessins et les mesures donnés par M. Valiante et par M. Reinsch, a cru pouvoir identifier le Strebl. irritans avec YJBnionemap tram t et réclamer la priorité pour ce dernier. La même comparai- son me conduit à la conclusion inverse, et je 1 onsidère les deux plantes comme devant rester indépendant Grâce à l'obligeance de M. Valiante, qui m'a adressé quelques fragments de Cystosira Opuntioides pourvus des petite, galles dues au Streblonentopis irritans et conservés dans l'alcool, j'ai 1. R. Valiante. Sopr.i un' Ectocarpe ? par ' stoseira Opuntioides (Streblonemopsi-, irritans Kxtr.iit des Miuheiluntj. aus der zoologisch. Station zu Neapel, vol. IV, 1883, p. (89-493; ' ' 2. [.-B. de roni, V ; , n Entonema Reins c h ';> 3 is Valiante (Berichte derdeut. Bot. Gesell., IX, 1891^.129). C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 101 pu, à mon tour, étudier cette curieuse plante. Je dois dire que j'en ai commencé l'examen avec l'espérance d'y constater un pa- rasitisme vrai, une pénétration dans le substratum, probable- ment bien faible puisqu'elle avait échappé à AI. Valiante, mais qui, seule, cependant, permettait de comprendre comment la présence du Streblonemopsis provoque une multiplication du tissu du Cystosira Opuntioides. Les figures 4 et 12 de M. Valiante donnent bien l'impression d'une plante à filaments rampant à la surface du substratum ; cependant je ne les ai pas vus aussi superficiels, et une coupe tangentielle d'une galle montre plutôt le réseau comme légère- ment enfoncé dans les parois épidermiques, les mailles compre- nant dans leur intérieur quelques cellules épidermiques, sou- vent 3-4-5 bien limitées, parfois une seule. Sur les coupes dans la masse de la galle, les cellules du ré- seau sont presque toujours légèrement eufoncées dans l'épais- seur des parois radiales des cellules épidermiques, et ont une section plus ou moins ovale (PI. III, fig. 28). Elles rampent aussi parfois sous l'épiderme suivant la larg-eur d'une maille du réseau (PL III, fig. 29). Dans un seul cas, j'ai vu le parasite pé- nétrer plus profondément, ramper à une distance de quelques assises de l'épiderme, mais c'est là une exception. La minceur des parois cellulaires du C. Opuntioides rend l'observation difficile sur des exemplaires dans l'alcool ; on dis- tingue mal le parasite de son hôte. Une cause d'erreur est la très grande irrégularité de la surface de la galle : ses ondula- tions sont extrêmement nombreuses, et tel filament qui paraît sous-épidermique est en réalité superficiel et appartient à une autre mise au point. Il me paraît donc probable que, lors du premier développe- ment du Streblonemopsis, celui-ci pénètre d'abord légèrement dans le thalle du Cystosira, et y provoque un cloisonnement cellulaire dont M. Valiante a étudié le processus. Le parasite ne pénétrant jamais profondément dans la galle dont il a amené la formation, les différentes protubérances, même voisines, seraient dues à autant de germinations isolées de Streblonemopsis et non à une propagation par des stolons entophytes. Le détail de cette question ne pourrait, d'ailleurs, être révélé que par l'étude sur le vivant. io-' JOURNAL DE BO I ANIQUE [3. — Ectocarpus fasciculatus 1 larvcy. Toutes les galles du Cystosira ericoides que j'ai observées étaient garnies de YEclocarpus Valiantei et je n'ai jamais ren- contré ce dernier sur le thalle non modifie de son support (V. précéd. p. 57). Mais s'il est toujours abondant sur les excroissances dont il a provoqué la formation, il n'y est pas toujours pur. J'ai trouvé mélangé à lui un Streblonenta^ un Ec- tocarpits voisin de \'E. simplex Crouan, et plus souvent encore YEct. fasciculatus. Celui-ci croissait en de très nombreux points et la surface du Cyst. ericoides, réduit, le plus souvent (PI. II, fig. 8 A), à des gazons très courts et très denses, assez bien limi- tés, formés de filaments étroits, pourvus de rhi/ines, qui dé- truisent peu à peu la surface cuticulaire sur laquelle ils sont nés, et pénètrent entre les cellules épid ;rmiques du Cystosira, mais je ne les ai pas vus dépasser ce niveau; les filaments qui croissent dans le sillon circulaire qui entoure le point d'attache de la galle à la fronde étaient mieux développés. Sa présence sur la galle même e^t plus intéressante, il s'y enfonce parfois plus ou moins et ses rhi/ines sont alors tellement entrelacées avec les filaments de YEct. Valiantei, qu'on ne les sépare pas sans quelque diffi- culté. Toutefois, il ne contribue pas comme ce dernier à la pro- duction de la galle, son rôle entophyte n'est que passif; il englobé par la masse croissante de la galle plutôt qu'il n'y pénètre de lui-même. D'ailleurs, si Ton considère que les filaments dr de YEct. Valiantei ont une épaisseur à peu près uniforme, qu'ils fructifient de trè bonne heure et que Leurs seules ramifications sont des sporanges, tandis que ceux de YEct. fasciculatus aug- mentent rapidement de volume à leur base et se terminent en sommet atténué, se garnissent de très bonne heure de rhi; de rameaux aigus et qu'enfin les sporanges ne se développent pas primitivement à la base des filaments dressés (PI. IV, fig. 30 et 31), on arrivera à reconnaître ce qui appartient à l'une 1 l'autre espèce. J'ai été conduit par cette comparai on à étudier de plus pr qu'on ne l'avait fait jusqu'ici la partie inférieure du thalle de isciculatus et j'ai observé quelques particularités qui ne me paraissent pas avoir été signalées jusqu'à présent. Les exem- C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 103 plaires que j'ai examinés appartiennent à la variété abbrem'alus\ les plus développés d'entre eux atteignaient 2-3 cm. de lon- gueur. Comme on va le voir, ils sont de deux sortes et corres- pondent peut-être à deux formes de VE. abbreviahis. Les premiers, recueillis au Croisic en 1888 par M. Bornet sur des Laminaria flexicaulis, forment d'abondantes touffes isolées, de 2-3 cm. de longueur, attachées au support par un disque cir- culaire de 1-2 mm. de diamètre. Leurs filaments se ramifient en bouquets assez espacés, à branches s'écartant à angle aigu, lâ- chement ramifiés et peu riches en sporanges. La ramification ne commence qu'à une certaine hauteur au-dessus de la base ; sur une partie des filaments, certaines cellules de la base sont ren- flées en tonneau, atteignent 50-60 ;x, tandis que d'autres sont rétrécies en leur milieu ; on trouve assez fréquemment 2 ou 3 fila- ments s'enroulant l'un autour de l'autre comme une tige de hari- cot autour de son support, puis, plus haut, ils se séparent. Toutes les cellules de la partie inférieure des grands filaments sont susceptibles de donner naissance à des rhizines qui des- cendent en rampant le long de leur surface (PL IV, fig. 32), les rhizines successives peuvent se joindre latéralement et recouvrir le filament de plaques plus ou moins étendues. Arrivées à la base du filament, elles rampent à la surface du substratum, ou s'en- chevêtrent en circulant dans tous les sens entre les filaments dressés. Il en résulte la formation d'un coussinet parfois très dense. Sur les rhizines qui descendent, comme sur celles trans- formées en filaments rampants (PI. IV, fig. 32 et 2^), naissent des sporanges pluriloculaires, toujours à peu près ovales-lan- céolés, mais dont les dimensions sont très variables ; quelques- uns ne sont guère plus larges que les filaments qui les portent; leur pied est unicellulaire ou filamenteux ; d'autres sont tout à fait semblables à ceux des filaments dressés. Certains filaments dressés produisent aussi, vers la base de leurs gros rameaux, des rhizines qui restent cantonnées sur quel- ques articles qu'elles recouvrent d'un feutrage très dense, plus ou moins proéminent en couronne. Sur ces rhizines naissent de très nombreux sporanges pluriloculaires, sessiles ou pédicellés ; j'en ai compté plus de 100 sur un même amas de rhizines ; il peut aussi en naître des rhizines semblables à celle que représente la fig"- 33) et q^ était rampante à la base du coussinet. Sur les ro4 IOURNAL DE BOTANIQUE grands filaments, on compte fréquemment 3 ou 4 amas successifs de ces rhizines sporangifères. l "est aussi au Croisic et sur le Lamtnaria flexicaulis que ['ai recueilli la 2' catégorie d'exemplaires de YEct. fasciculatus . Ils tonnaient de nombreuses touffes de 1/2 cm. de hauteur à la surface des stipes et des frondes; en relevant les filaments qui recouvraient les frondes, on constatait que YEctocarpus était disposé suivant des lignes très étroites, d'un ou plusieurs centi- mètres de longueur, droites ou courbes, et courant dans des di- rections quelconques. Lorsque l'individu est jeune, il forme à la surface de la Lami- naire une lame étroite, d'une seule 1 paisseur de cellules, d'où s'élèvent les filaments dressés. Plus tard il produit des rhizines, comme il a été dit précédemment, fructifères ou non, et qui con- courent, en s'entrelaç un entre les bases de filaments, à la forma- tion d'un coussinet plus ou moins étroit. Tandis que j'ai toujours vu la variété précédente produire un disque adhérent, à surface inférieure nettement appliquée sur l'épiderme de la Laminaire sans l'endommager, ici, au contraire, il se produit des filaments entophytes. Mais ceux-ci sont toujours tardifs ; ils ne prennent naissance qu'à un état déjà assez avancé de la plante. Quelques- uns d'entre eux sont certainement la hase des filaments dressés, d'autres appartiennent au coussinet, et je ne crois pas que des rhizines pénètrent directement dans l'hôte en descendant des fila- ments. Il est d'ailleurs difficile de se rendre compte des débuts du parasitisme, car fréquemment, en vieillissant, YEctocarpus devient plus dense, plus épais, fronce sa surface d'application, et le contact entre les deux plantes perd beaucoup de sa net- teté. Les filaments entophytes sont étroits, à articles plus ou moins allongés; leurs chromatophores sont en plaque unique, tandis que ceux des filaments extérieurs sont des rubans plus ou moins ondulés. Ils sont parfois peu nombreux, cantonnés entre les cellule-, pénètrent très rarement dans leur intérieur, et c'est alors simplement pour les traverser. Leur trajet est tortueux, ils restent le plus souvent simples, et ne s'avancent jamais profon- dément ; s'ils rencontrent une glande à mucus sur leur passage, ils en pr< >titent pour s'avancer plus loin et pénétrer dans la zone mé- thane fibreuse, mais je ne les ai jamais vus traverser toute l'épais- C. Sauvageau. — Sur quelques Algues pheosporces parasites. 105 seur de la fronde. Leur présence détermine généralement une multiplication des cellules voisines; tantôt celle-ci est très régu- lière, se fait presque uniquement par des cloisonnements tangen- tiels, et les cellules sont alors simplement plus nombreuses et plus aplaties ; tantôt elle est irrégulière, les cellules se divi- sant en croix en directions variables, la masse produite devient irrégulière et les filaments entophytes sont plus difficiles à pour- suivre. Il y a donc à retenir ici le fait d'une multiplication de tissu sous l'influence du parasite, qui, bien qu'elle se fasse sans amener d'excroissance, esta comparer avec ce qui a été dit pré- cédemment des galles du Cystosira ericoides. La pénétration des filaments entophytes dans le stipe est beaucoup plus abondante et plus régulière; ils se dirigent radia- lement dans l'épaisseur des parois ; ils traversent parfois quelques cellules, mais sans s'y accumuler ni s'y arrêter; ceux que j'ai vus pénétrer le plus profondément atteignaient 1 mm. Quant au cloisonnement qui en est le résultat, je l'ai observé uniquement dans le sens tangentiel. Les filaments axiaux sont toujours graduellement atténués à leur base ; ils ont de 40 à 42 y- de largeur et la hauteur des articles égale 1-2 fois leur largeur. A la base des touffes, de même, d'ailleurs, que dans la forme précédente, il existe de nombreux filaments dressés, sans rhizines, de 10-16 •j. de large, très courts par rapport aux précédents, simples, et terminés par un poil peu ou point atténué. Les grands filaments sont très abondamment ramifiés, les branches s'écartent sous un angle très aigu, et portent le plus souvent leurs sporanges en silique sur leur face interne (PI. IV, fig. 34). Non seulement les spo- ranges nés sur les rameaux et sur les rhizines sont très nombreux, mais il peut encore s'en former dans d'autres conditions. On sait en effet que, lorsque les filaments d'un Ectocarpus ont été tronqués par une cause accidentelle quelconque, ils continuent souvent à s'allonger dans la même direction en filaments de diamètre à peu près égal, ou plus étroit, ou en poil. C'est là, en somme, un fait absolument comparable à celui de l'allonge- ment de la cellule basilaire d'un sporange vidé. Cependant, les faits ne se passent pas toujours de même ; j'ai observé plusieurs fois que la cellule terminale, au lieu de se prolonger en un poil, bourgeonne en nombreux sporanges sessiles ou pédicellés, to6 JOURNAL DI-: BOTANIQUE disposés sans ordre et en masse, comme le représente la figure 35 ; ces sporanges sont les mêmes que ceux des rameaux dressés normaux (fig\ 34). En somme, la production des sporanges plu- riloculaires se fait avec une véritable profusion, et la plante utilise, autant qu'elle le peut, 1rs conditions favorables à leur formation. En résumé, au point de vue particulier qui nous occupe ici, nous pouvons dire que XEct. fasa'culatiis peut être parasite sur le Laminaria flcxicanlis , mais que son parasitisme, lorsqu'il existe, est tardif et ne saurait être comparé à ce que nous avons constaté chez les Elachistea et les Ectocarpns cités précédem- ment. (A suivre.) MONOGRAPHIE DES ORCHIDÉES DE FRANCE (Suite.) Par M. E. G. CAMUS. ACERAS R. Br. in Ait. Hort. KeUu. éd. 2, tome 5, p. 191, Périanthe à divisions externes conniventes avec les internes, sou- dées à leur partie inférieure, les internes plus étroites. Label le dépourvu d'éperon, ne présentant à la base que de petites gibbosités, pendant, allongé, à 3 divisions linéaires, la moyenne profondément bifide. Masses polliniques à caudicules courts, à rétinacles soudés en un seul qui est renfermé dans une bursicule uniloculaire. Gynostème non pro- longé en bec. Ovaire contourné, sessile. 8. Aceras antliropophora R. Br. in Ait. Hort Kew, V, p. 191 (1817). A. anthropon/orpha Sm. in Rees Cyclop. Loroglossum anthropophorum Rich. Ment. Afus.,ïV (1817). Serapias antliropophora FI. lith., p. ^^7 ( 1 79 1 ). Ophrys anthropophora L. Sp. éd. I, p. 948 (1753). Himantoglossum anthropophorum Spr. Syst. III, p. 694 26). [CON. — Reichb. f. Orchid., tab. 357, 360; Barla Iconogr. Orchid., pi. 23; G. Cam. Iconogr. Orchid, cnv. Par., pi. 1. Bulbes entiers ovoïdes ou subglobuleux. Tige de 2 à 4 décimètres, nue au somni'-t. Feuilles inférieures oblonguesou oblongues-lancéolées, dressées dans leu: jeune âge, puis un peu étalées, la supérieure engai- E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 107 nante. Bractées membraneuses, lancéolées-acuminées, plus courtes que l'ovaire. Fleurs disposées en épi un peu lâche, d'un jaune ver- dâtre, bordées et rayées d'un rouge brunâtre. Périanthe à divisions conniventes en casque obtus. Labelle plus long que l'ovaire, à 3 divi- sions linéaires; les deux latérales filiformes; la moyenne plus large et plus longue que les latérales, bifide, à divisions secondaires presque aussi étroites que les divisions latérales et munies quelquefois dans la forme méridionale d'une petite dent à l'angle de bifidité. AR. Dans presque toute la France, surtout sur le calcaire jurassique. HYBRIDES BIGÉNÉRIQUES. OrchisX Aceras. — Orchi-Aceras. (16). XX Ovchi-Aeer€ts Kergoni G. Cam. X Orchïs Bergoni do. Nanteuil Bull. Soc. bot. Er., XXXIV, p. 422 (1888). X Aceras Vayrse K. Richter Plantée Europse, p. 276(1890). X A. Vayredêe Rouy Annotations Plantas Europse (1891). A. antropopliora X 0. Simia Vayreda-y-Vila Ann. de la Soc. esp. dViisl. nat. XI, p. 137 (1881). Bulbes 2, ovoïdes. Tige élancée, de 40 centimètres, nue dans sa partie supérieure. Feuilles oblongues, la supérieure engainante. Epi de 24 fleurs environ, étroit, allongé, lâche. Bractées membraneuses, à 1-3 nervures, lancéolées, atténuées-aiguës, dépassant la moitié de l'ovaire, mais toujours plus courtes que lui. Ovaire contourné. Divi- sions du périgone conniventes en casque ovoïde, lancéolé, acuminé ; les externes ovales-lancéolées, soudées inférieurement, purpurines, ponctuées, les deux latérales binerviées, la supérieure uninerviée ; divisions internes linéaires-aiguës, presque aussi longues que les externes. Labelle égalant à peu près l'ovaire, de même forme que dans ÏO. Simia, les quatre lobules du labelle purpurins ou livides au sommet, un peu arqués en avant. Eperon très court, de 2 millimè- tres environ; 2 rétinacles. Cette plante a le port de Y Aceras anihropophora et, par ses fleurs, elle se rapproche à&VOrchis Simia. On la distingue de VO. spuria Reichb. f. par ses bractées longues, son casque plus aigu et les lobes du labelle qui sont un peu arqués en avant. \J Aceras Weddellii Gren. lui ressemble beaucoup aussi, mais il est caractérisé par la coloration plus pâle du casque et par ses lobes latéraux plus courts atteignant à peine l'angle de bifidité du lobe moyen. TR. Champagne, près l'Isle-Adam [S. et O.] (Bergon). ] 8 JOURNAL DE BOTANIQUE (17). XX O. WeddeUU G. Cam. X Ace ras Weddellii Gren. «wj. Orchidée hybride Wedd. /4»#. S£. 80/., 3' sér. vol. 18 p. 5. Aceras anthropophoromilitaris Gren. et Godr. FI, Fr. III, p. 281 (1855). Icox. — Wedd. Aun., loc. cit., pi. i, fig. 3.-O; G. Cam. Icoiwg)-. Orchid., ciivir. de Paris, pi. 2. (Cette planche a été faite d'après nature sur les échantillons vivants, rapportés par le capitaine Parisot, et cultivés au .Muséum de Paris.) Bulbes ovoïdes ou subglobuleux. Tige de 2 à 4 décimètres, nue au sommet. Feuilles inférieures oblongues ou oblongues-lancéolées, dressa :s dans leur jeune ùge, puis un peu étalées. Bractées d'un blanc verdâtre, membraneuses, lancéolées, sublinéaires, acuminées, plus courtes que l'ovaire. Fleurs disposées en épi un peu lâche. Périanthe à divisions externes conni ventes en casque, ovales subobtuses, nervi purpurines aux bords et au sommet, vertes à la base. Labelle d'un pourpre clair dans tout son pourtour, blanchâtre et ponctué de pourpre au milieu, trilobé, pi us long que l'ovaire. Lobes latéraux étroits linéaires, lobe moyen plus large et plus long que les latéraux, bifide, à divisions secondaires un peu élargies et divergentes. Eperon de 2 millimètres environ. Cette plante a le port de VA. anthrophora. File en diffère par son casque plus acuminé, rosé au sommet, par le labelle maculé et la pré- sence d'un éperon court. TR. Forêt de Fontainebleau (Weddell) ; Malesherbes [Loiret] (Parisot.) (18). XX O. «puria G. Cam. X Orchis spuria Reichb. in Flora ( 1S491, p. 891. ÏCON. — Reichb. f. /cou. XIII, 29, t. 374. (Cette planche, une des meilleures de Reichb. f., correspond exactement à la plante de notre savant ami Lui/et, plante (pue nous avons eu en commu- nication et dont l'auteur nous a donné pour notre herbier quel- ques fleurs fort bien préparées.) Bulbes ovoïdes ou subglobuleux. Tige de 3 à 4 décimètres, nue au sommet. Feuilles intérieures oblongues ou oblongues-lan , ar- rondies et brusquement acuminées au sommet, les caulinaires engaî- nam . iirs disposées en épi cylindrique assez lâ< d'un ic verdâtre, courtes (échantillons d'Allemagn< 1 'ont environ l'ovaire (< ntillon: mtainebleau). Divisions du périanthe con- niventes en casque, ovales subobtu , verdâtres à la base, et E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. ioq d'un pourpre foncé aux bords et au sommet. Labelle d'un pourpre vif et foncé dans tout son pourtour, d'un blanc verdâtre au médiastin (1), non ponctué de pourpre, trilobé, beaucoup plus long que l'ovaire; lobes latéraux d'un pourpre foncé assez larges, (de 1 millimètre 1/2 à 2 millimètres), lobe moyen un peu plus large que les latéraux, bifide, à divisions secondaires conformes aux lobes latéraux, divergentes, munies ou non à l'angle de bificlité d'une dent rudimentaire. Eperon conique de deux millimètres environ. Port de VA. anthropophora, cou- leur de VO. militaris. Cette plante diffère de la précédente par sa coloration plus foncée, par son labelle non ponctué, par ses lobes latéraux plus larges. La fleur ressemble exactement à celle iconographiéeparReichb. La bractée est un peu plus longue, mais ce caractère peut être variable dans une hybride (2). TR. Fontainebleau (Guignard et Luizet). LOROGLOSSUM Rich. Orch. Eur. in Mém. Mus., iv, 47 ex parte. Périanthe à divisions extérieures conniventes en casque avec les deux intérieures; labelle muni d'un éperon court, dirigé en bas, très long, à 3 trois divisions linéaires enroulées en spirale pendant la pré- floraison, la moyenne indivise. Masses polliniques à caudicules courts, à rétinacles soudés en un seul qui est renfermé dans une bursicule. uni- loculaire. Gynostème court. Ovaire contourné, sessile. 9. Ii. hirciiiuiii Cl. Rich. in Mém. Mus., IV., p. 54 (1817). Himantoglossum hircinum Spreng. Syst. III, p. 694 (1826). Aceras hirciua . Lindl. Orchid., p. 282 (1830-40); Gren. et Godr. FI. Fr.,IlI,p. 283. Satyrium hircinum L. Sp. pi., éd. I, p. 944 (1753). Icon. — Reichb. f. FI. germ. excurs., 1, tab. 360; Hall. Ic.pl. Helv., tab. 36; Barla Iconogr. Orchid., pi. 24; G. Cam. Iconogr. Orch. env. Paris, pi. 3. Bulbes ovoïdes, gros, surmontés de fibres radicales nombreuses et épaisses. Tige souvent robuste, de 3-6 décimètres et plus, d'un vert 1. Partie moyenne du labelle. 2. C'est à tort que M. K. Richter identifie YO. spuria à Y Aceras Weddelii. La plante de Weddell est distincte. Nous avons vu la figure des Annales et un exemplaire vivant de la plante rapportée au Muséum de Paris par M. Parisot. Nous avons aussi vu YO. spuria récolté par M. Luizet et nous ne pouvons ac- cepter que YO. spuria soit synonyme à? Aceras antkropophoro -militaris. MM. Cosson et Germain, dans leur Flore des environs de Paris, distinguent les deux plantes; ils ont été suivis jusqu'à présent par tous les auteurs et je ne vois rien qui puisse justifier la réunion de deux plantes aussi distinctes. no JOURNAL DE BOTANIQUE pâle, s< >uvenl lavée de violet au sommet. Feuilles oblongues lancéolées ou ovales lancéolées, d'abord d'un vert pâle, puis jaunâtres. Bractées linéaires, membraneuses, plus longues que l'ovaire, munies de 3-5 ner- vures. Fleurs assez grandes, exhalant une forte odeur de bouc, dispo- sées en épi ample, allongé-cylindrique. 1 >ivisi< >ns externes du périanthe concaves, obtuses, conni ventes en casque globuleux, verdâtres, rayées et ponctuées de pourpre en dedans; divisions internes linéaires, macu- lée-, de pourpre en dedans et munies d'une nervure. Labelle très allongé, à 3 divisions linéaires roulées en spirale pendant la floraison, à base ondulée, crispée -dentée ; divisii >ns latérales plus étroites et plus courtes que la moyenne, ondulées-crispées à leur base; division moyenne linéaire (de 3 à 6 centimètres), _' à 3 lois plus longue que l'ovaire. irnée en spirale même après l'anthèsc, tronquée au som- me!, e1 2-3 dentée. Eperon conique, très court. AC. Prés secs, pelouses des bois montagneux, bords des chemins, dans toute la Frai HYBRIDE BIGÉNÉRIQUE. Loroglossum XOrchis. — Lorogl-Orchis. (19). v v -' #>. Tja.caz.ei G. Cam. X Orchis hircino-Simia Timb.-La.gr. Métn. Acad. Toul. 1861 ; Ment. hybr. Orchid., p. 44. ÏCON. — Timbr.-Lagr. Ment. Orc/u'd., pi. 25. Plante avant l'inflorescence et la forme de l'épi de YO. Simia. Plie se rapproche de cette espèce par la couleur et la forme du labelle, du gynostème et des feuilles. Elle emprunte au Loroglossum hircinum la l'orme et la couleur du casque, l'éperon court et sillonné en dessous. Enfin elle n'a qu'un seul rétinacle renfermé dans une bursicule. Les bractées sont plus longues que dans YO. Simia. et plus courtes que dans le L. hircinum. Dans quelques fleurs les divisions inférieures du labelle sont planes et bidentées au somm TR. Environs de Muret [Haute- Garonne] (1 . Dans une prai- rie où se tri luvaient YO. Simia, YO. Morio et le Loroglossum hircinum. BARLIA Parlât. Puo nuovi gêner i di piante monocot. p. 5. Périanthe à division libre; les internes latérales soudées par leur base au gynostème, conniventes < 1 asque avec la médiane, les laté- 111 peu ouvertes. Labelle enroulé avant l'anlhèse dirigé en avant, trilobé. Eperon muni d'une glande interne. Masses pollini- eaudicules longs, a rétinai 1 un seul qui est ren- fermé dans une bursicule uuilcculaire. Gynostème court. Ovaire contourné, sessile. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. ni 10. BarlialongiforacteataPar. FI. Z/rt'/. III, p. 447 (185S). Aceras iongibractea ta Reichb . f. Icon., vol. XIII, p. 3 (1851). Loroglossum longibracteatum Moris. Ardoino FI. Alp. Marït. Orcliis Robertiana Lois. FI. Gall. éd. 1, II, p. 606 (1828). O. longibractcata Biv. Sic. pi. cent. I. p. 57 (1806). Icox. — Biv. toc. cit., tab. 21 ; Ten. FI. nap. tab. 91 ; Bot. reg., tab. 357: Reichb. f. Orch., tab. 379; Barla Icon. Orch., pi. 25. Bulbes ovoïdes, gros, surmontés de fibres radiales nombreuses et assez épaisses. Tige souvent robuste de 3-5 décimètres et même plus, d'un vert pâle, souvent lavée de violet au sommet. Feuilles oblongues lancéolées, ou ovales-lancéolées, mucronées, d'abord d'un beau vert. Bractées lancéolées aiguës, dépassant les fleurs, d'un vert clair, lavées de violet au sommet, munies de 3 nervures. Fleurs assez grandes, exhalant une odeur d'Iris, disposées en épi très ample, dense, ovoïde oblong ou allongé subcylindrique. Divisions du périanthe conniventes, libres ; les externes elliptiques, concaves, obtuses, d'un violet rou- geâtre en dehors, plus clair en dedans, marquées de points d'un pourpre violacé et de 3 ou 4 nervures vertes; les internes lancéolées, biner- viées, marquées de points purpurins soudés par la base au gynostème. Labelle trois fois plus long que les divisions du périanthe, d'un violet plus ou moins foncé, verdâtre sur les bords, blanc au centre et à la base, plus rarement verdâtre au centre (surtout dans les formes grêles), ponctué de pourpre violacé au centre, trilobé ; lobes latéraux linéaires, falciformes, concaves en dedans, finement crénelées, ondulées, crispées sur les bords; lobe moyen plus allongé, plus large, bilobé ou bifide à lobes secondaires divergents, obtus, crénelés et séparés souvent par une dent à l'angle de bifidité. Eperon court, conique, dirigé en bas. Régions méridionale et méditerranéenne, Corse. TINiEA Biv. in Giorn. di scienz. Sicil. n. 149. Divisions du périanthe conniventes en casque ; les externes soudées inférieurement ; les internes légèrement prolongées comme les externes en forme de sac. Labelle étalé, trilobé, muni d'un éperon très court. Masses polliniques à caudicules très courts, à rétinacles distincts, ren- fermés dans une bursicule biloculaire. Gynostème très court. Ovaire subsessile peu contourné. 11. Timea cylinclrica Biv. toc. cit.; Barla Iconogr. Orch., p. 42. T. ijitactaV>o\ss. Fi. Or. V, p. 58 (1884). ii2 IOURNAL DE BOTANIQUE Aceras densiflora lîoiss. Voy. II, p. 595 (1845); Gren. et Godr. FI. Fr. III, p. 282. .7. intacta Reichb. Icon. XIII, p. 2 (1851). A. secundiflora Lindl. Bot. reg. t. 1525 Saiyrium maculatum Desf. FI. ail. II, p. 319 (1800). .v. densiflorum Brot. 7-7. lus., I, p. 22 (1804). ( œloglossum densiflorum Nym. SylL, p. 359 (1855). Neotinea intacta (Lk.) Reichb. f. in De pollin. Orchid, gen. et struct. p. 29 (1852). Icon. — Desf. Ann. Muséum X, tab. 16; Reichb. f. Orch., tab. 500; Lindl. Bot. reg., t. 1525; Barla Icon. Orch., pi. 27. Bulbes sessiles ou, l'un sessile, l'an tri • brièvement pédicellé, ovoïdes ou subglobuleux. Tige assez grêle, de 1-4 décimètres, quelquefois plus, dressée, souvent flexueuse, d'un vert pâle. Feuilles inférieures ovalesoblongues, souvent mucronées, les supérieures oblongues, aiguës, toutes maculées de taches pourprées ou noirâtres. Fleurs .1 nombreuses, petites, disposées eu épi dense, subunilatéral. Bractées lancéolé, -s acuminées, membraneuses, plus courtes que l'ovaire. Divi- sions du périanthe conniventes en casque, les inférieures soudées inférieurement, marquées d'une nervure purpurine; les latérales un pi u gibbeuses à la hase. Labelle dirigé en avant, étalé, presque aussi long que les divisions du périanthe, blanc ou rosé, marqué de lignes purpu- rines, trifide, lobes latéraux linéaires étroits; lobe moyen plus large et plus long, 2-3 li'le au sommet, ou bifide et muni d'une dent à l'angle de bifidité. Eperon en forme de sac obtus et conique (de 2 millimétrés) dirigé en b Régions méridionale et méditerranéenne, Corse. ANACAMPTIS Rich. in Mêm. du Muséum rv, p. 47. Périanthe à divisions libres, les latérales extérieures étalées, la moyenne di . un peu connivente avec les deux internes. Labelle dirigé en bas, large, à 3 lobes courts, muni vers la bise de deux petites lames saillantes parallèles, prolongé en éperon filiforme. Mas- si -. polliniques à caudicules assez longs, à retinacli s soudés en un qui est renfermé dans une bursicule uniloculaire. Ovaire contourné. 12. A. pyramidalis Rich. Ment. Mus. IV, p. 41 (1817); li.irla Tconogr. Orch., p. 40. Aceras Pyramidalis Reichb. Icon. XIII, p. 6 (1859) ; Gren. et Godr. FI. Fr. III, p. 283.; O relus bicomis Gilib. Exerc. phyt. II, p. 473 ('1792). E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France' 113 O. condensata Desf. FI. ail., II, p. 316 (1800). O. pyramidalis L. Sp. pi., éd. I, p. 940 (1753). Icon. — Jacq. Austr. III, tab. 266; Reichb. f. Orchid., tab. 361 ; Hall. Ic.pl. Helv., 37, n. 1286; Barla Icon. Orch., pi. 26; G. Cam. Iconogr. Orchid, env. Par., pi. 4. Bulbes entiers, subglobuleux. Tige de 2 à 6 décimètres assez élan- cée. Feuilles d'un vert clair, linéaires-lancéolées, allongées, aiguës, les supérieures bractéiformes. Bractées linéaires, égalant l'ovaire, munies de 3 nervures à la base. Fleurs petites, ordinairement d'un rose carminé, très rarement blanches, très nombreuses et disposées en épi dense, conique d'abord, puis oblong. Labelle à trois lobes presque égaux, oblongs-obtus ; les latéraux un peu plus larges et un peu cré- nelés ; lobe médian sublinéaire quelque fois mucronulé. Eperon filiforme grêle égalant ou dépassant la longueur de l'ovaire. S-v. angustiloba ; var. avgustiloba Bréb. FI. Nom. éd. 5, p. 392 (1879). Labelle à 3 divisions profondes linéaires étroites. AR. Pelouses sèches et bois, coteaux incultes dans toute la France. La S.-v. Saint-Pierre-sur-Dives [Calvados] (Bréb.); les Andelys! (20). X ? A, nitramli Bréb. FI. Norm., p. 258; Gren. etGodr. FI. Fr. III, p. 283. ICON. — Aceras Duquesnii Reichb. le. vol. 13, p. 171, t. 147; Reichb. Orchid., pi. 514, fig. 1, 34. Plante ayant le port d'un A. pyramidalis et probablement hy- bryde? Bulbes ovoïdes ou subglobuleux. Tige de 3-5 décimètres. Feuilles lancéolées linéaires. Fleurs en épi compacte, court; bractées purpu- rines, linéaires-subulées, un peu plus courtes que l'ovaire. Divisions périgonales externes dressées et rapprochées en casque. Labelle indivis, rhomboïdal, pointu, entier ou un peu dentelé, portant à la base deux lamelles saillantes; éperon plus court que l'ovaire. TR. Environs de Cambremer [Calvados] (Durand-Duquesnay). HYBRIDE BIGÉNÉRIQUE. Anacamptis X Orchis. — A nacampi- Orchis. Anacampis pyramidalis X Orchis ustalata ? (21). XX A. falia* G. Cam. Anacamptis fa llax G. Cam. in Va.de- Mecum herbor. paris., 6 e éd. 1890. Plante ayant le port de V Anacamptis pyramidalis . En diffère par les ii 4 JOURNAL DE BOTANIQUE feuilles linéaires obtuses au sommet, les Qeurs d'un rose vif à casque foncé, disposées en épi oblong court; enfin par l'éperon plus court que l'ovaire. \'K. Prairie montueuse à Champagne [Seine-ét-Oise] ! . / .V. )C. I A PROPOS DES TRENTEPOHLIA DES INDES NÉERLANDAISES Par M. Paul HARIOT. Dans le courant de ces deux dernières années ont paru deux Mémoires importants consacrés à la description des espèces du genre Trentepohlia qu'on rencontredans les Indes néerlandaises. Le premier (i) de ces deux mémoires a trait aux récolter rail par Madame Weber van Bosse à Sumatra, à Java et aux Ce- lèhes; l'autre (21a pour base les observations faites par M. le 1) Karsten, de Rostock, à Buitenzorg. Il est permis d'être étonné du grand nombre d'espèces indi- quées comme nouvelles, ['ai pu étudier des échantillons authen- tiques de ces 7 espèces et faire a leur sujet quelques observations. 1. Trentepohlia BosseiWe Wildeman loc. cit., p. [36. — Ne présente pas seulement des sporanges terminaux uncinato-pédi- cellés. mais encore des organes fructifères latéraux. 11 est bien difficile de le séparer des petites formes à sporanges uncinés du T. aurea : des échantillons originaires de Normandie ne sont pis sensiblement différents. Quant aux T '. Kurzii et diffîisa , auxquels M. tic Wildeman le compare, ils n'ont aucune ressem- blance avec lui, le second tout particulièrement qui est un Heterothalhis . 2. T. luteo-fusca de Wild. loc. cit., p. 135. — Dans cette plante les sporanges sont terminaux ou latéraux et, dans ce der- nier cas. disposés en série trè i fournie. Quant aux organes . 129-143, 189] . 2. G. Kar-ten, L'i: r . en (Id., ,\, p. 1-66, 1 P. Hariot. — A propos des Trentepohlia des Indes néerlandaises. 115 (Apiahy), du Paraguay, du Tonkin et je l'ai signalée (1) sous le nom de T. polycarpa var. mollis Grunow in herb. 3. T.procumôensde Wild. loc.cit., p. 137. — Me paraît devoir être conservé comme espèce distincte. Il présente de nombreux rapports avec le T. diffracta (Krph.) Har., dont il se distingue suffisamment par ses dimensions beaucoup plus petites. J'avais rapporté cette plante, récoltée sur les Oreodoxa regia du Jardin botanique de Rio, à une forme du T. diffracta (2). 4. T. nwniliformis Karsten loc . cit., p. 11. — Ne difière en rien du T. rigidula (Mûll. Arg.), qui a bien certainement pour synonymes les T. torulosa et Monilia de Wild. Les deux espèces de M. de Wildeman sont identiques et se rencontrent toutes deux dans une même préparation. Quand la plante a des parois nettes et lisses, c'est le T. Monilia ; quand, au contraire, elle est re- couverte de squames de nature cellulosique (comme on en rencontre dans la plupart des Trentepohlia), c'est le T. tomlosa. Le T. rigidula sous ces deux formes parait une espèce fré- quente dans les régions tropicales. 5. T. crassisazpta Karsten loc. cit., p. 12. — M. de Wilde- man a décrit la même plante et l'a publiée (Myc. univ., n° 382) sous le nom de T. abietiua et, selon toutes probabilités, il a raison. Le T. abictina d'Europe s'éloigne cependant, par ses cloisons transversales, de la plante asiatique, qui les a remar- quablement épaisses sur presque tous les filaments. Je propose de considérer le Trentepohlia de Tjiboda comme une forme crassisœpta du T. abietina. 6. T. bisporangiala Karsten loc. cit., p. 13. — N'est que le T. arborum (C. Ag.), dont les sporanges peuvent présenter toutes les dispositions possibles. M. de Wildeman dit que le T. arborum, qui existe à Sumatra, n'était connu qu'au Brésil; je l'ai indiqué précédemment à la Guadeloupe, à la Nouvelle- Grenade, à Tahiti, aux îles Mariannes, à la Nouvelle-Zélande, au Tonkin ; M. de Lagerheim l'a recueilli à Vienne dans une serre. C'est donc une espèce abondamment répandue. 7. T. cyanea Karsten loc. cit., p. 14. — Remarquable espèce 1. Journal de Botanique, t. IV, p. 87, 1890. 2. Notarisia, 1891, p. 1219. ii-, IQURNAL DE BO l UNIQUE qui croît sur les feuilles coriaces de certains arbres et qui appar- tient certainement à la section Heterothallus , dont elle tonne la quatrième espèce connue. Bile est très voisine du T. diffusa de Wild., dont elle se distingue parla partie couchée du thalle réti- culée et différenciée autrement. Dans le T. diffusa, la portion rampante est composée d'un filament principal sur lequel pren- nent naissance à angle dri >it des rameaux à divisi< >ns nombreuses, opposées et cunéiformes, qui s'étendent à la surface du sub- stratum. M. Karsten a, dans ce même mémoire, fait connaître un 7\ ntaxima n. sp., du lac de Cômeet du Kaiserstuhl, qu'il place dans le voisinage du T. aurea. L'examen de cette plante m'a montré qu'elle n'était autre chose qu'un T. aurea parfaitement typique. Parmi les autres espèces signalées par M. de Wilderaan, je ferai quelques observations relatives au 7\ polycarpa, qui ne parait pas rare dans l'Asie continentale, en Chine particulière- ment ; il existe aussi à Ceylan, où il a été pris pour un ( l œnogO~ niiim (C. corrugaium et eaiteellatum Leighton). Je rappellerai également, à propos du 7". villosa, que la lo- calité assignée à cette: espèce au cap Ilorn et aux Falklands est absolument inexacte. On n'y rencontre que le 7'. pol\\nrpa typique (ainsi que Montagne l'a lui-même reconnu) et fréquem- ment porteur de zoosporanges terminaux supportés par une cellule uncinée. Ce dernier caractère ne peut donc pasêtreinvo- qué comme distinct if pour le 7'. villosa, dont les échantillons recueillis à Sumatra {Myc. unir., n° 433) sont également acro- sporangiés et répondent à la forme brachymeris que j'avais pro- posée pour un échantillon des Indes néerlandaises. Il résulte de l'examen <|ue j'ai fait des nouvelles espèces pro- posées par MM. de Wildeman et Karsten que deux seulement d'entre elles peuvent être sérieusement maintenues et de plus qu'une seule parait spéciale à l'Asie, le 7". (Heterothallus) cyanea. Les formes erassissepta du T. ahietina, et mollis du 7\ polyea)-pa (T. luteo-fusca) peuvent à la rigueur être con- servées. Le Gi'r.iu! : Louis Morot. Paris. — J. llcrsch, im ~, l 6* ANNEE. N° 7. 1" AVRIL 1892. JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. LES LEGUMINEUSES DE L'ECUADOR ET DE LA NOUVELLE-GRENADE DE LA COLLECTION DE M. ED. ANDRÉ Par M. M. MICHELI. Les plantes qui font l'objet de cette étude ont été récoltées par M. Ed. André dans le voyage de recherches scientifiques qu'il a accompli en 1875 et 1876, dans la Nouvelle-Grenade, l'Ecuador et le Pérou, sous les auspices du gouvernement fran- çais. Débarqué en novembre 1875 à l'embouchure du Rio Magda- lena, dans la Nouvelle-Grenade, il est rentré en France à la fin de 1876. Nous n'avons pas à nous étendre sur cette exploration dont on trouvera le compte rendu détaillé dans le rapport même de M. André {Archives des missions scientifiques et littéraires ', 3 série, V). Au point de vue botanique, à côté d'un grand nombre de plantes vivantes dont quelques-unes, telles que XAnihurùim Andreanum, sont des introductions de premier ordre, M. André a rapporté plus de 4.000 espèces de plantes desséchées qui ont fourni déjà matière à plusieurs travaux spéciaux. Les Bromélia- cées ont été étudiées par M. André lui-même, les Passiflorées par M. Masters, les Cucurbitacées et les Mélastomacées par M. Co- gniaux, les Hédéracées par M. Marchai, les Lichens par M. Muel- ler (Arg.), les Cypéracées par M. Maury, le genre Bomarea (Amaryllidées) par M. Baker; enfin M. C. de Candolle a déter- miné les Pipéracées et moi-même les Alismacées. Les Légumineuses représentent une importante collection de 157 espèces, soit : Papilionacées. ... 91 Caesalpiniées . ... 31 Mimosées 34 n8 JOURNAL DE BOTANIQUE On y rencontre des types extrêmement variés, depuis les Mimosécs et les Caesalpiniées qui habitent les régions chaudes de la basse vallée du Magdalena ou des côtes de l'océan Pacifi- que, jusqu'aux espèces des genres Lupinus et Vicia qui attei- gnent, à 4.000 mètres, la limite des neiges éternelles sur les grands volcans des Andes. La plupart des espèces de cette famille ont une aire géographique considérable. Quelques-unes s'étendent en latitude depuis le Mexique ou même les Etats méridionaux de l'Amérique du Nord jusqu'au Pérou et à la Bolivie. En longitude, ainsi que l'a déjà remarqué M. Maury pour les Cypéracées, l'espace occupé par chaque espèce est moindre et beaucoup d'entre elles ne vont pas jusqu'au Brésil. Dans ces conditions, il était facile de prévoir que la plupart des espèces rapportées seraient déjà connues : nous n'en avons eu en effet à décrire que quatre nouvelles appartenant aux gen- res Mucuna, Calopogoniuui et Galactia (Phascolits) et une Cœsalpïnia à grandes fleurs orangées que l'état incomplet des échantillons permet seulement de caractériser. Dans les pages qui suivent, nous avons exactement repro- duit les étiquettes de M. André avec les notes manuscrites extraites de ses carnets de voyage et relatives soit à l'apparence même de la plante vivante, soit à sa station. Les abréviations N . Gr. et Ec. sont pour Nouvelle-Grenade et Ecuador : pour le premier de ces deux pays nous avons préféré le nom de Nou- velle-Grenade à celui de Colombie, généralement usité aujour- d'hui, parce que c'est celui qui a été employé dans les publica- tions précédentes relatives à ce voyage. Les numéros en paren- thèses sont ceux de l'herbier André, le relevé des étiquettes est d'ailleurs toujours accompagné des lettres E. A. Enfin nous avons fait suivre ces données de notes relatives à l'aire géogra- phique des espèces et à quelques questions de taxonomie. aève, Janvier 1S92. Sub.-OrdoI.-PAPILIONACE.ffi. Trib. II. — Gf.nisti CROTALARIA. C. pterocaulon Desv.Journ. 1814, II, p. 76. Ilerbacca, erecta, 1 met. alta, glaucescens, floribus luteis, legumi- nibus glabris. M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade . 119 N. Gr. in pratis aridis Andium orientalium prope Viota, ait. 618 met., feb. 1876 (n° 1726); Aganche in valle Aura. Cauca, ait. 1280 met., apr. 1876 (n. 2709) E. A. Cette espèce se rencontre fréquemment dans les terrains secs, depuis Panama jusqu'au Pérou et au Brésil boréal. C. nitens H. B. K. Nov. gen. et spec. VI p. 339. Frutex erectus, 2-3 met. altus. N. Gr. in fruticetis Andium orientalium prope Fusagasuga, ait. 1800 met., feb. 1876. — Ec. Mindo in Andibus quitensibus, ait. 1260 met., jan. 1876 (n. 1599) E. A. Espèce très répandue dans toute l'Amérique tropicale. C. vitellina Ker. Bot. Reg. tab 447. N. Gr. ad viam inter Panche et Viota in And. bogot., ait. 1000 met.; prope pagum Chipaque in And. or., ait. 2500 met. (n. 1726 bis) E. A. Espèce surtout brésilienne. LUPINUS. L. humifusus Benth. PI. Harhu. p. 169, n. 944. Flores cœrulei, speciosi. N. Gr. in summo monte ignivomo Azufral, ait. 4200 met., maio 1876 (n. 3242). E. A. Un autre échantillon (Boqueron de Chipaque in Andibus bogot. inter gramineas, ait. 2600 met., n. 959 E. A.), plus petit, plus contracté dans toutes ses parties, me paraît toutefois se rattacher à cette espèce rapportée primitivement par Hartweg des Andes de Quito. L. Tauris Benth. PI. Harhu. p. 128, n. 726. N. Gr. in pascuis montis ignivomi Azufral, ait. 4100 met., maio 1876. — Ec. in jugo montium centralium prope Cuenca, ait. 2650 met., jul. 1876 (n. 3276) E. A. Cette espèce, sous le nom vernaculaire de « Tauris », est employée comme plante médicinale ; spéciale à cette région, elle a été primitive- ment rapportée par Hartweg des environs de Loja. L. mutabilis Sweet FI. Gard, ser I, tab. 130. Flores violacei, carina alba. N. Gr. San Juan de Quindio, ait. 2300 met., mart. 1876, cuit, (n. 2120) E. A. Originaire principalement du Mexique. L. bogotensis Benth. PI. Hartw. p. 168, n. 942. Ec. in fruticetis ad declivitatem occid. montis ignivomi Corazon, iao JOURNAL DE BOTANIQUE ait. 3000 ract.,jun. 1876(11. 3695); iapascuisraontis Chimborazo prope Chuquipoyo, ait. 3900 met., jul. 1S76 (a. 3916) E. A. Var. jî albijlora. — Ibid., ait. 3400 met., jul. 1876 (n. 3695 bis). Var. y canescens. — Gracilis, tomentosus, foliolis canesceutibus, auguste lanceolatis; in campis arenosis prope urbem Quito, et ad pedem montis Corazon, ait. 3400 met., jul. 1876 (n. 3916 bis). Cette espèce qui, d'après les échantillons rapportés par M. André, pa- raît assez variable, est cantonnée dans la région des Andes de la Nouvelle- Grenade et de l'Ecuador, où elle a déjà été récoltée par Hartweg, Holton (n. 649), Linden (n. 363). L. alopecuroides Desrous. in Lam. Dict. III, p. 626; Prodr. II, p. 409. Caudex brevis, planta 0,50 — 0,80 met. alta. Ec. Ad sum. mont, igniv. Piehincha, in pascuis prope nives alter- nas, ait. 4300 met., jul. 1S76 (n. 3914) E. A. Cette remarquable espèce paraît spéciale à la région des Hautes Andes de la Nouvelle-Grenade méridionale et de l'Ecuador septeuirional. L. nootkatensis Don Sims Bot. Mag. t. 1311 et 2136. Suffrutex, floribus eoeruleo-violaceis. TV. Gr. Fontibon prope Bogota, ait. 2576 met.; Boqueron de Bo- gota, ait. 2800 met., jan. 1876 (n. 127S) E. A. Cette espèce se rencontre dans l'Amérique du Nord occidendale, l'Oré- gon, Unalaska, etc. Cette station dans les montagnes de la Nouvelle-Gre- nade paraît donc assez extraordinaire; cependant, d'après les échantillons d'herbier, je ne saurais l'attribuer à une autre espèce : peut-être provient- elle de graines introduites dans les cultures près de Bogota. Du reste les espèces de Lupin sont souvent mal délimitées et ce genre demanderait une révision générale et une coordination de documents épars dans une foule de publications. SPARTIUM. • S. junceum L. Spec. 993. Fer. in monte Amancaes prope urbem Lima, jul. 1876 (n. 4132) ex hortis elapsum. E. A. Espèce d'origine européenne. Trib. III. — Tkifolie.-t:. MEDICAGO. M. maculata Willd. Spec. III, p. 14 12. N. Gr. Hacienda de Meneses (n. 29^7 |. — Ec. in pratis ad montera Chimborazo et in Andibus pastensibus, jul. 1S76 (n. 39S7) E. A. Espèce introduite d'Europr . M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 121 TRIFOLIUM. T. amabile H. B. et K. Nov. Gen. VI, p. 503, t. 593. N. Gr. in montibus bogotensibus, ait. 2800 met., dec. 1875 (n. 917). — Ec. in jugo septentrionali Andium, ait. 2540 met., jun. 1876 (n. 3580) E. A. Cette espèce se rencontre fréquemment dans les région montagneuses de l'Amérique centrale et méridionale, depuis le Mexique jusqu'à la Nou- velle-Grenade et au Pérou. Elle présente une variété à fleurs blanches. T. repens L. Spec. 1080. N. Gr. in monte Quindio Andium centralium, ait. 2500 met. (n. 2041) E. A. Espèce introduite d'Europe. Trib. V. — Galege^e. PSORALEA. Ps. Mutisii H. B. K. Nov. Gen. VI, p. 487. Frutex 2-3 met., floribus caeruleis. N. Gr. Boqueron de Bogota, ait. 2800 met., dec. 1875 (n. 719) ; Mediacion ad montem Quindio Andium centralium, ait. 2500 met., mart. 1876 (n. 2153); prope Alche in declivitate occidentali Andium meridionalium, 2800 met., maio 1876 (n. 3531) E. A. Espèce répandue dans les montagnes de la Nouvelle-Grenade, de l'Ecuador et du Pérou. DALEA. D. Phymatodes Wild. Spec. III, p. 1338. Frutex 1-1,50 met. altus, floribus albis. N. Gr. Rio Juanambu in Andibus meridionalibus, ait. 1250 met., april. 1876 (n. 2895) E. A. - Espèce rencontrée fréquemment dans l'Amérique centrale, au Mexique, Nicaragua, Venezuela, Costa-Rica et dans la Nouvelle-Grenade. D. Mutisii Kunth Mim. t. 47. Frutex 1-1,50 met. altus, floribus caeruleis. N. Gr. Guaduas et Susumuco in Andibus bogotensibus, ait. 980- 1180 met., dec. 1875. — Ec. El Tambillo, prope Quito, ait. 2800 met.; ad montem Corazon, ait. 2900 met. (n. 683) E. A. Var. (J floribus albis. Otavalo, inter montem Imbabura et urbem Quito, ait. 2580 met. (n. 683). Cette espèce, qui se rencontre très fréquemment dans les montagnes de la Nouvelle-Grenade et de l'Ecuador, a dans le pays la réputation d'être un spécifique contre la morve des chevaux. 132 JOURNAL DE BOTANIQUE D. humifusa Benth. PI. Hartw. p. 170, n. 954, Ec. in alta planitic Andiurn septcntrionalium prope San Vicente, ait. 2540 met., jun. 1S76 (n. 3536); ad rupes aridas vallis flum. Chota, ait. 1680 met.; ad montera Chimborazo, ait. 3500 met., jun. 1876(0. 3550) E. A. Cette espèce, rare dans les herbiers, ne se rencontre pas hors des An- des de l'Ecuador (Spruce n. 5033, Jameson n. 88). INDIGOFERA. I. tephrosioides H. B. K. Nov. Gen. VI p. 455, t. 580. Herbaeea vel suffruticosa, 1-1,50 met. alta, floribus roseis. Ec. in jugo montiuracentralium, ait. 26S0 met., jul. 1876 (n. 4152) E. A. Cette espèce, qui n'est pas abondante dans les herbiers, paraît avoir cependant une aire géographique assez étendue; elle a été retrouvée jus- que dans les montagnes de Costa-Rica. I. Lespedezioides H. B. K. /. c. VI, p. 457. N. Gr. Viota in descensu vallis flum. Magdalena, ait. 620 met.; Piedras ad pedem montis Quindio, ait. 3S0 met., feb. mart. 1876 (n. 1731) E. A. Cette espèce a été rapportée du Venezuela, de la Nouvelle-Grenade et du Brésil. I. Anil L. Mant. 272. E diversis locis in Venezuela et Nov. Gran., ait. 402640 met. (n. 2S, 864, 3185) E. A. Cette espèce, très répandue dans toute l'Amérique tropicale, est souvent cultivée, ce qui explique L'extraordinaire variété d'altitudes auxquelles on la rencontre. I. leptosepala Nutt. in Torr. et Gray PI. X. . I p. 298. Ec. in montibus centralibus, ait. 2000 met., sept. [876 (n. 4320). Es; indue dans les collections, bien qu'elle offre une aire graphique qui s'étend depuis le Texas jusqu'au Péi ? I. Blanchetiana Benth. in FI. Bras. fasc. XXIV, p. 4". Frutex 1,50 met. altus, floribus parvis, roseis. N. Gr. Chinaota in decliv. orient. Andium bogot., ait. IIOO met., feb. [876 (n. 1627) E. A. hantillons incomplets, rapportés avec doute à cette espèce qui, jusqu'à eut, n'était connue qu'au Brésil (prov. de G M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 123 TEPHROSIA. T. toxicaria Pers. Syn. II, p. 329. Frutex 1,50 met. altus, petalis intus albis, basi violaceis, extus fuscopilosis. N. Gr. in rupibus siccis secus Rio Juanambu, ait. 1250 met. (n. 2893); San Pablo, in descensu occid. Andium merid., maio 1876 (n. 3347) E. A. Cette espèce, sous le nom vernaculaire de « Barbasco >, est employée à empoisonner les poissons dans l'eau. Elle se rencontre fréquemment dans la Nouvelle-Grenade, la Guyane et le Brésil boréal. T. cinerea Pers. Syn. II, p. 329. Repens, floribus violaceis. N. Gr. in diversis locis, ad rupes, in declivitatibus montium, etc. (n. 190, 1884, 2516) E. A. Cette espèce, assez variable deTorme et très répandue dans toute TAmé- rique tropicale, est voisine du T. leptostachya DC. dont elle est souvent difficile à distinguer. GLIRICIDIA. G. maculata H. B. K. /. c. VI p. 393. Arbor 10-15 met. alta, adsepesefficiendasculta, in regione frequens. N. Gr. prope Honda secus ripas fluminis Magdalena, ait. 210 met. (n. 533) E. A. Espèce répandue dans toute r Amérique centrale. COURSETIA. C. grandiflora Benth et Orst. Leg. Centr. Amer. p. 7. Frutescens, ramis diffusis, floribus roseis. Ec. prope urbem Ibarra, ad pedem montis ignivomi Imbabura, ait. 2225 met., jun. 1876 (n. 3523) E. A. C. dubia DC. Prodr. II p. 264. Floribus albis, alis vix violaceo vel roseo striatis. Ec. inpascuis arenosis aridisque ad ripas fluminis Guaillabamba sub linea aequinoctiali, ait. 2100 met., jun. 1876 (n. 3605) E. A. Les espèces du genre Coursetia sont répandues dans TAmérique cen- trale et tropicale et ont en général des aires géographiques peu étendues. Elles ne sont pas très abondantes dans les herbiers. CRACCA. C. mollis Benth. et Orst. Legum. Centr. Amer. p. 8. Arbuscula 2-3 met. alta. 124 JOURNAL DE BOTANIQUE Rc. in prxruptis secus ripas fluminis Guaitara, ait. 1695 met., maio 1876 (n. 3188) E. A. Comme le Coursetia, le genre Cracca est répandu dans l'Amérique tropicale occidentale. SESBANIA. S. macrocarpa Muhl. in DC. Prodr, II p. 365. Herbacea, 2 met. alta, floribus luteis. N. Gr. in pascuis montosis secus Rio Funza prope urbern Tocaima, ait. 510 met., feb. 1S76 (n. 1823) E. A. Espèce répandue depuis la Louisiane, la Floride, le Texas, dans les Etats de l'Amérique centrale. (A suivre.) SUR QUELQUES ALGUES PHÉOSPORÉES PARASITES (Fin) Par M. C. SAUVAGEAU. CONCLUSIONS Les six Ectocarpus nouveaux ou inédits, étudiés précédem- ment, sont caractérisés de la manière suivante : Ectocarpus Valiantei Born. in herb. — Thallo inferiore endo- phytico, in ramis plantae infestas formationem excrescentiarum sphoeri- carum, ad modum cecidiarum Phanerogamarum, efficiente, in paren- chymate excrescentioe longe excurrente ; — thallo superficiali excres- centiam obvolvente, e filis brevibus (1 mill. altis), rigidis, aequicrassis, sxpe in pilum desinentibus, simplicibus, 12-14 \ L crassis, formate Articulis 2-4plo quam diametro longioribus. Sporangiis plurilocula- ribus ovatis, obtusis, 50-55 u. longis, 2S-35 a latis, terminalibus, vcl rarius in filis longioribus lateralibus. Sporangiis unilocularibus nondum repertis. Hab. ad ramos Cystosirœ ericoidis prope Biarritz, ubi cura legit Bornet, ineunte julio. Species Elachisieam pulvinatam mire rc-ferens, at structura longe di versa. Ectocarpus brevis n. sp. — Thallo inferiore endophytico, in parcnchymaie hospitis longe excurrente, irregulariter ramoso, e cellulis forma et magnitudinc diversis formato; — thallo superficiali in cespi- tem indefinitum expanso, e filis brevissimis (60-S0 \i altis), rigidis, clavatis, obtusis, apice in pilum haud mutatis, 8-10 jx crassis, composito. C. Sauvagbau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 125 Articulis fere isodiametricis. Sporangiis plurilocularibus obovatis, 35-50 \l longis, 15-20 \l latis, terrainalibus, interdum, articulo sporan- gium gerente in ramum evoluto, lateralibus. Sporangiis unilocula- ribus ignotis. Hab. ad caules vetustos Ascophylli nodost, prope Fouras (Cha- rente-Inférieure), ubi eum detexit cl. L. Marchand, tempore aestivali. Species prope Ectocarpum velutinum collocanda. Ectocarpus minimus Nâg. in herb. — Thallo inferiore endo- phy tico in parenchy mate hospitis longe e xcurrente, irregulariter ramoso, ex articulis forma et magnitudine variis forma to, filis peripheriam ver- sus fasciculatis et glomeratis, cellulas exteriores plantas matricalis opprimantibus ; — thallo superficiali in cespitem expanso, filis brevi- bus (1 millim. altis), superne in pilum transformatis, 8 \l crassis, rectis vel flexuosis, basi ramosis. Articulis usque ad 4plo longioribus quam latis. Sporangiis plurilocularibus cylindrico-lanceolatis, 50-100 p. lon- gis, 10-14 Y- latis, sessilibus vel pedicellatis, solitariis vel pluribus secus inferiorem partem filorum secundatim seriatis. Sporangiis unilocularibus ignotis. Hab. in Himanthalia lorea ad littora Angliae (Dover, Nâgeli ! Berwick, Batters!). Priori proximus, abeo differt filorum longitudine, sporangiorum forma et situ. Ectocarpus luteolus n. sp. — Thallo inferiore endophytico, minus profunde pénétrante, filis intra cellulas hospitis saepe in glo- merulos implicatis, torulosis ; — thallo superficiali in cespitem late expanso, filis brevioribus (100 ^-300 p. altis), basi in stratum pseudo- parenchymaticum dense coalitis, superne in pilum productis, 5-8 p. crassis, simplicibus vel supra basim parve ramosis. Articulis inferiori- bus brevibus doliiformibus, superioribus cylindricis longioribus. Chro- matophoris lineari-oblongis paucis. Sporangiis plurilocularibus linea- ribus, vel lineari-lanceolatis, articulis inferioribus saepe unicellularibus, mediis semel longitudinaliter divisis, loculis inaequalibus. Hab. ad caules vetustas Fuci vesiculosi et F. serrait quos velamine luteo (jove sicco) obducit. Mensibus septembri et octobri haud rarum legimus ad oras Annonças, prope Le Croisic (Loire-Inférieure). Ab Ectocarpo minimo peraffini dignoscitur thallo endophytico vix evoluto, et strato hypothallino subparenchymatico. Ectocarpus parasiticus n. sp. — Thallo inferiore primario endo- phytico in parenchymate hospitis longe et late excurrente, ramosis- simo, ex articulis forma et magnitudine variis formato ; filis peripheriam versus densissimis; — thallo superficiali maculas irregulares luteo- fuscas efformante, e filis brevissimis (60-90 p.), cylindricis, obtusis, 126 JOURNAL DE BOTANIQUE 6-8 a crassis et pilis intermixtis, composite Articulis diametro sesqui- longioribus. Chromatophoro orbiculari. Sporangiis plurilocularibus subcylindricis, apice attenuatis, 50 a longis, 9-10 ;j. latis, sessilibus vel breviter pedicellatis, e plexu basilari egredientibus, fila vegetativa haud superantibus. Sporangia unilocularia desiderantur. Hab. in Cystoclo>iio purpurascenii, Gracitaria compressa et Cera- mio rubro, circa Le Croisic (Loire-Inférieure), ubi eura k-gi mensibus septembri et octobri. Habitua/, invesdentem haud maie refert, characteribus allatis et filorum exteriorum simplicitate nullo negotio dignoscitur. Ectocarpus solitarius n. sp. — Thallo inferiore endophytico, modice evoluto, ad raodum stolonis inter cellulas plantai matricalis prorepente, filis crassioribus ; — thallo superficiali punctiformi, oculo nudo inconspicuo, fdis siraplicibus, saepissime solitariis, 400 u longis, 12-14 \l crassis, apice in pilum productis ; articulis usque ad 4-plo quara diametro longioribus. Sporangiis plurilocularibus ovoideis vel ovoideo-globosis, 45-65 u. longis, 20-35 u. crassis, nunc terminalibus in filis brevioribus, nunc in -filis longioribus, lateraliter insertis. Sporan- giis unilocularibus ignotis. Hab. in Dictyota dichotoma, Dictyopteride polypodioide et Taonia atomaria, ad littora Armoricoe, prope Le Croisic (Loire-Inférieure). TEstate viget et difficillime reperitur. A prioribus differt thallo interiore parcius evoluto, repente. Species Ectocarpum Battcrsit\ Taoiiiœ incolam, quodammodo referens, ulterius inquirenda. Les S espèces & Ectocarpus parasites précédemment étu- diées (9 espèces si l'on comprend dans ce genre X Elachistca clandcstina) forment un ensemble assez homogène ; toutes sont de très petite taille, leurs plus longs filaments ne dépassant pas quelques millimètres ; toutes pénètrent dans un thalle hospitalier vivant, pour sortir à la surface en un gazon plus ou moins dense. Peut-être pourrait-on en faire un groupe des ECTOCAR- PUS PARASITES, par opposition aux vrais / ipus qui ne demandent pas à leur substratum autre chose qu'un point d'appui. Ce groupe différerait de la section Hcrpoucma de 1 lauck (genre fonema de J. Agardh), en ce qu'il renfermerait uniquement plantes entophy tes, et non pas d'autres plantes microsco- piques simplement rampantes superficiellement, comme les Ecto- carpus reptans, Ed. simpliciusculus , etc. Les caractères les plus apparents distinctifs de ces neuf C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 127 espèces, et pouvant servir à leur détermination sont réunis dans le tableau suivant : o Plantes vivant sur les Floridées. -f- Filaments extérieurs simples Ect. parasitions. -] — (- Filaments extérieurs rameux Ect. investiens. O o Plantes parasites des Phéophycées. * Plante formant à l'extérieur du thalle hospitalier de petites touffes isolées Elack. (Ect.) çlandestina. * * Plante formant à l'extérieur du thalle hospitalier un gazon continu, -j- Thalle interne peu développé, composé d'un petit nombre de cellules Ect. solitarius. -\ — \- Thalle interne pénétrant peu profondément et formant une masse subparenchymateuse dense; sporanges pluriloculaires cylindriques fusiformes Ect. luteolus. -j- + -f- Thalle interne formé d'un réseau de filaments qui s'enfoncent profondément dans le tissu de l'hôte. § Filaments extérieurs courts ne dépassant pas 1 mill. X Sporanges pluriloculaires cylindriques fu- siformes Ect. minimus. X X Sporanges pluriloculaires ovoïdes. — Plante n'exerçant aucune action ap- parente sur l'hôte Ect. brevis. = Plante déterminant la formation de galles volumineuses Ect. Valiantei. §§ Filaments extérieurs atteignant 3 mill.; spo- ranges uniloculaires ovales Ect. velutin t> us. Les 9 espèces à'Ectocarpus parasites ayant, à une exception près, des substratum spéciaux, la nomenclature de ceux-ci peut aider à leur détermination ; je les rappelle ici. Himanthalia lorea Ect. velutinus . Ibid. Ect. minimus. Fucus serrât 11 s 1 ,-, . , \ Ect. luteolus. Fucus vesiculosus ) Fucus ceranoides Elach.(Ectoc) çlandestina. Ascophyllum nodosum Ect. brevis. Cystosira ericoides * . . . . Ect. Valiantei. Dictyota dichotoma Taonia aéomaria \ Ed. solitarius. Dictyopteris polypodioides . . . ia8 JOURNAL DE BOTANIQUE Ceramium rubrum \ Cystoclonium purpurascens. . . . > Ed. parasiticus, Gracilaria confervoides ) Gracilaria compressa ) _ _ ,,., \ hct.tnvestiens. Gracilaria mullipartila ) Outre les espèces d'Eiitonema décrites par M. Reinsch, on peut donc compter actuellement 19 espèces d'Algues brunes envoyant dans le tissu hospitalier d'autres Phéophycées ou de Floridées des filaments entophytes interccllulaires ou même intracellulaires (6 espèces de Sphaccla et Sphacclan'a décrites par M. Reinke et 13 espèces dont nous avons étudié le para- sitisme). Peut-être pourrait-on ajouter les Elacliistea fucicola^ Elach. saitulata, Elach. pulviiiata, dont le parasitisme serait très limité et très localisé. Le nombre des espèces entophytes est à coup sûr plus considérable; il doit s'augmenter de quel- ques espèces que j'ai vues çà et là, mais en état insuffisant, ou en trop petite quantité pour m'autoriser à les décrire (par exemple sur les Dictyoptcris polypodioides , Padina pavoiu'a , Dictyota dicliotoma, clc.) et aussi des filaments entophytes, que j'ai signalés chez diverses espèces au début de ce Mémoire, dont je n'ai pas réussi à observer le thalle extérieur et qui devront probablement être étudiés à une époque autre que le mois de septembre. A ceux-ci doivent s'ajouter les filaments semblables observés par M. Kny à Helgoland. La manière dont se comporte le parasite vis-à-vis de son support est très variable, suivant les différentes espèces étudiées ici. Cependant, un fait, remarquable et constant, est la conser- vation des chromatophores dans les articles entophytes, sou- vent il est vrai notablement moins développés que dans les filaments assimilatcurs ; je l'ai constaté chez toutes les plantes étudiées sur le vivant. Il est particulièrement remarquable chez X Elacliistea stcllulala : comme tous les Elac/iistra, il est à son début formé de quelques filaments isolés qui, en se multipliant, se serrent l'un contre l'autre et produisent un coussinet dont les cellules perdent leurs chromatophores; cependant, de cette masse incolore sortent des stolons entophytes colorés; si les articles entophytes retirent des substances nutritives de la plante hospitalière, ils conservent donc en même temps des chromatophores assimilateurs qui continuent probablement à fonctionner comme tels. C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 129 Des différents cas de parasitisme cités précédemment, celui qui se rapproche le plus de la symbiose appartient au Streblo- nejnopsis irritans ; il y a là réellement un bénéfice réciproque : le Streblonemopsis provoque sur le Cystosira Opuntioides la for- mation d'une galle dont le tissu est semblable à celui de la fronde et, comme d'autre part ses filaments entophytes restent presque exclusivement cantonnés entre les éléments épider- miquesde cette galle, leur présence n'est pas une cause de dom- mage pour leur hôte. Puis vient le cas de YE. Valiantei, dont les filaments sont très abondants dans toute l'épaisseur de la galle du Cystosira ericoides, mais ne pénètrent jamais dans le thalle même de ce dernier. Le parasitisme, quoique faible, est un peu plus avancé chez XEctocar'pus solitarùts, qui se contente d'écarter les cellules épidermiques du Dictyota pour s'y frayer un passage, pénètre parfois dans les cellules de la couche moyenne, mais sans altérer leur contenu, sans provoquer de cloisonnement cellulaire ; toute- fois, son parasitisme est nécessaire : car ses stolons ne devien- nent extérieurs chez aucun de ses trois hôtes. Le cas de Y Ectocarpiis fasciculatus sur le Laminaria flexi- caulis est bizarre ; son parasitisme commence tardivement, lorsque la plante est le mieux capable de se suffire à elle-même, et il peut ou non provoquer un cloisonnement cellulaire du substratum. Les dommages causés par X Elachistea stellulata ont deux origines : ou parce que ses filaments envahissent des cellules, ou parce qu'ils les séparent mécaniquement de leurs voisines. D'autres espèces, Y Eciocarpus brevis et Y Ectocarpus luteo- his se rencontrent seulement sur des hôtes très âgés, sur les- quels l'action parasitaire ne peut que hâter très peu la ruine. C'est seulement lorsque leur développement a pris une exten- sion suffisante à l'intérieur de la plante nourricière que YEcto- carpus investiens et Y Ectocarpîis parasiticus se rapprochent de la périphérie et s'y multiplient avec une abondance telle que les assises externes doivent en souffrir ; mais ces parasites for- ment des taches assez localisées et par conséquent ne mettent point en danger la vie de leur hôte. i 3 o JOURNAL DE BOTANIQUE EXPLICATION DES FIGURES. Planche I. Fig-. i. — Elachistea stellulata. — Fragment d'une coupe du thalle du Dic- tyota dichotoma : les cellules de l'épiderme situées au-dessus du stolon parasite sont déformées. Le stolon a produit deux minces faisceaux de filaments qui sont le début de deux individus & Elachistea ; il a pénétré dans la zone corticale de l'hôte (gr. 170). Fig, 2 . — Elachistea stellulata. — Coupe dans le thalle du Dictyoia dicho- tom 1; les éléments du parasite, qui pénétrent dans la eellule sous-jacente de l'hôte, sont nombreux, ce qui est un cas assez rare; sur la droite de la figure, on voit un lambeau de 1'épiderme soulevé (gr. 170). Fig. 3, 4 et 5. — Dictyota dichotoma. — Coupe menée tout à fait à la base du thalle pour montrer les rhizines et divers cas de leur pénétration dans le thalle (gr. 170). Fig. t 13. — Ectocarpus minimus. — Filaments extérieurs au substra- tum (gr. 300). Planche III. Fig. 14 et 15. — Ectocarpus luteolus. — Coupe transversale dans la région C. Sauvageau. — Sur quelques Algues phéosporées parasites. 131 corticale, privée de son épiderme, du Fucus vesiculosus, montrant deux états différents du parasite (gr. 300). Fig. 16 et 17. — Ectocarpus luteolus. — Filaments isolés parla dissection; la cellule renflée sessile est occupée par une Chytridinée (gr. 300). Fig". 18. — Ectocarpus luteolus. — Filament qui, au lieu de se terminer en poil, a transformé son extrémité en sporange (gr. 300). Fig. 19. — Ectocarpus luteolus. — Deux fragments de filaments, pour mon- trer la disposition des chromatophores (gr. 700). Fig. 20. — Ectocarpus parasiticus. — Coupe transversale du Cystoclonium purpurascens montrant l'état jeune du développement du parasite; les filaments qui se dirigent vers l'extérieur n'ont pas encore traversé la cuticule. Deux extrémités intracellulaires de filaments sont entourées d'une gaîne épaisse (gr. 300). Fig. 21. — Ectocarpus parasiticus. — Portion intracellulaire d'un filament (gr. 300). Fig. 22. — Ectocarpus parasiticus. — Le parasite a développé ses fila- ments dressés et ses sporanges; état encore peu avancé (gr. 300). Fig. 23. — Ectocarpus parasiticus. — Deux sporanges isolés (gr. 300). Fig. 24 et 25. — Ectocarpus solitarius. — Fragment d'une coupe trans- versale de Dictyota dicholoma; la portion entophyte de X Ectocarpus est légèrement teintée (gr. 300). Fig. 26. — Ectocarpus solitarius. — Coupe du thalle de Dictyopteris poly- podioides ; état jeune du parasite (gr. 300). Fig. 26. — Ectocarpus solitarius. — Coupe du thalle du Taonia atomaria; état jeune du parasite (gr. 300). Fig. 28 et 29. — Strebloncmopsis irritans. — Portion périphérique d'une coupe de la galle du Cystosira Opuntioides ; les cellules appartenant au parasite sont légèrement teintées. Planche IV. Fig. 30. — Ectocarpus fasciculatus. — Portion d'un filament, avec ses sporanges pluriloculaires (gr. 300). Fig. 31. — Idem. — Sporange intercalaire (gr. 300). Fig. 32. — Idem. — Base d'un filament, pour montrer les rhizines qui des- cendent des articles inférieurs et les sporanges qu'elles portent (gr. 300.) Fig. 33. — Idem. — Jeunes sporanges nés sur une rhizine rampant à la surface du thalle de la Laminaire (gr. 300). Fig. 34. — Idem. — Rameau montrant l'insertion des sporanges sur la face interne (gr. 300). Fig. 35. — Idem. — Sommet d'un rameau tronqué montrant les sporanges nés par bourgeonnement (gr. 300). 13a JOURNAL DE BOTANIQUE MONOGRAPHIE DES ORCHIDÉES DE FRANCE (Suite.) Par M. E. G. CAMUS. ORCHIS L. Gen., 1009 (pro parte). Périanthe à divisions libres ou soudées à la base, les externes con- niventes entre elles en casque, ou dressées, étalées, quelquefois réflé- chies, les deux internes le plus souvent plus courtes et conni ventes. Labelle à 3 lobes plus ou moins profonds, très rarement entier, pro- longé en éperon. Masses polliniques à caudicules allongés, à rétinacles libres renfermés dans une bursicule biloculaire. Ovaire contourné. 13.O. papilionacea L. Syst. nat. éd. X, p. 1242 (1759); Gren. et Godr. JFI. Fr. III, p. 284; Noulet FI. Pyr., 607; Ar- doino FI. Alpcs-Marit., p. 35 1. O. expcuisa Ten. Ind. scm. h. r. neap. (anno 1827) et SylL, P-455( l8 30. O. papilionacea var. grandiflora Hoiss. Voy. en Espag., P- 59 2 - ICON. — Brot. FI. lusit. 2, tab. 88; Reichb. f. tab. 362, f. 2, 4; Ten. FI. Nap. tab. 192; Sibth. et Smith FI. grsec. tab. 92; Barla Iconogr. Orchid. , pi. 28, fïg-. 1 -1 5 ; Timb.-Lagr. Ment. Orch., pi. 21, fr. 2, A et B. Bulbes ovoïdes subglobuleux surmontés de fibres radicales assez épaisses. Tige de 2-3-4 décim., anguleuse et lavée de rouge au s tmmet. Feuilles glaucescentes-lancéolées, linéaires, aiguës, canaliculées, les supérieures bractéiformes, souvent lavées de pourpre. Bractées plus longues que l'ovaire, ovales lancéolées, aiguës, nerviées, d'un rose violacé. Fleurs en épi ovoïde assez lâche. Périanthe à divisions ex- ternes conniventes en casque allongé, un peu étalées au sommet, ovales lancéolées, toutes égales, d'un pourpre vif; divisions internes un peu plus courtes que les externes et de même couleur. Labelle grand, d'un violet clair ou d'un rose violacé, marqué de lignes purpurines plus ou moins foncées, disposées comme les plis d'un éventail, rétréci à la base, arrondi ou émarginé au sommet. Eperon cylindro-conique plus court que l'ovaire. AR. Lyon, Toulouse, Nice, etc.; Corse. Var. rubra Barla Ico/u^r. Orchid. , p. 43; O. ru ; . pi. éd. 1. p. 941 (175,;). Icox. — Reichb. f. tab. 378; Jacq. loc. cit. tab. 307; 0. ;///- litaris FI. dan. t. 1277; Barla Iconogr. Orchid '., pl. 37; Timb.- r. M 'ni. hybr. Orchid., pl. 21. f. 4; G. Cam. r. é?r- <:///., XXXII pl. 8. Plant s décimètres, à tige robuste anguleuse et souvent lavée de p au sommet. Bulbes entiers ou subglobuleux. Feuilles lui- sant! .des, oblongues lancéolées. Fleurs assez grandes, dispo- sées en épi oblong. Périanthe veiné et ponctué de pourpre foncé, sou- E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 139 vent lavé de vert à la base quand la fleur est jeune, à divisions toutes conni ventes en casque ; les 3 divisions extérieures obtuses et soudées à la base, les 2 divisions intérieures de même longueur, mais beaucoup moins larges. Labelle blanc ou lavé de rose clair, parsemé de houppes pourpres, trilobé, à lobes latéraux étroits, le lobe moyen s'élargis- sant insensiblement à partir de sa base, bifide, les lobes secondaires séparés par une dent de longueur variable. Eperon courbe dirigé en bas, un peu renflé au sommet, tronqué, plus court que la moitié de la longueur de l'ovaire ; bractée violacée, beaucoup plus courte que l'ovaire, à une seule nervure. Cette espèce est polymorphe. Je distingue 10 formes principales, reliées entre elles par des intermédiaires : i° Forma convergens. — Lobes latéraux rétrécis à la base, médiastin petit (1); dent courte, lignes latérales des lobes secondaires conver- ge fîtes. 2° Forma spathulata. — Lobes latéraux longs, rétrécis à la base, mé- diastin moyen ; dent courte, lobes secondaires arrondis en forme de spatule. 3 Forma amediatisna. — Lobes latéraux ?wn rétrécis à la base, in- complètement formés; médiasli?i nul, dent courte, lobes secon- daires spatules. 4 Forma incisiloba. — Lobes latéraux à peine incisés. Cette forme est figurée planche XXXII, fig. 2, dans Y Atlas de MM. Cosson et Germain de Saint-Pierre. 5 Forma para lie la. — Lobes latéraux rétrécis à la base, dent courte. Lignes latérales des lobes secondaires parallèles. 6° Forma minima. — Même labelle que dans la forme précédente, mais les fleurs sont très petites, ainsi que la plante, dont la hauteur atteint 2 décimètres. 7 Forma latiloba. — Ressemble à la forme parallela, mais les lobes latéraux sont moins longs et presque une fois plus larges. 8° Forma longidentata. — Ressemble à la forme spathulata; le médias- tin est un peu plus court, la dent atteint presque le sommet de l'an- gle de la bifidité du lobe médiati. 9 Forma confusa. — Pante petite ; labelle obscurément lobé, à lobes dissemblables, présentant souvent à l'angle des lobes latéraux une petite dent analogue à celle qui sépare les lobes secondaires; mé- diastin nul. Dans cette forme il n'y a pas, sur la même plante, deux fleurs ayant une similitude réelle. io° Forma albida. — Labelle complètement blanc. 1. Afin d'abréger, j'ai désigné sous le nom de médiastin la partie indivise du lobe moyen du labelle, en d'autres termes le segment de ce lobe compris entre sa base et la naissance des lobes secondaires. i 4 o JOURNAL DE BOTANIQUE Nous avons recueilli une forme curieuse à casque brun marron et à labelle et bractée d'un blanc pur (i). Je n'ai jamais pu constater l'absence totale de la dent; elle peut être très réduite, presque incolore et visible alors seulement à la loupe. AC. Dans presque toute la France. Coteaux arides, clairières des bois. 20. O. militaris L. FI. Suce. éd. II., p. 310 (1755) et Sp. 1333 (excl. var. ji, o, e); Gr. et God. FI. Fr., III, p. 289. O. Rivini Gouan ///., p. 74 (1773). O. ga lea ta Lamk Dict. IV. p. 593 (1797), Eue. IV, p. 59^ (1789)- O. ciuerca Schrk. Baîer.fl., p. 241 (1789). ICON. — Fusch. Hist. 554; Hall. Helv. tab. 28; Jacq. Rar. tab. 578; Timb.-Lagr. Mém. hybr. Orch., pi. 21, f. 5; Coss. et Germ. Atlas, pi. 32, fïg. H; G. Cam. Icouogr. Orchid. Par. pi. 7, fig. 1 et Bull. Soc bot. Fr., XXXII, pi. 8. Plante de 3 à 6 décimètres, de même port que l'espèce précédente. Bulbes entiers ou subglobuleux. Feuilles luisantes, grandes, oblon- gues lancéolées. Fleurs membraneuses disposées en épi oblong, dense. Périanthe rose ou gris cendré, veiné et ponctué de violet plus ou moins foncé, à divisions toutes conniventes en casque, les 3 divisions extérieures soudées à la base, les divisions latérales obtuses, la divi- sion médiane aiguë, les 2 divisions intérieures de même longueur et beaucoup moins larges. Labelle blanc ou lavé de rose clair parsemé de houppes pourpres, trilobé, à lobes latéraux étroits, le lobe moyen plus long que les lobes latéraux, dilaté et formant au sommet deux lobes souvent réfléchis, séparés par une dent; mèdiastin aussi long que les lobes latéraux; lobes secondaires au moins trois fois plus larges que les lobes latéraux. Eperon peu courbé dirigé en bas, un peu renflé au sommet, tronqué, plus court que la moitié de la longueur de l'ovaire ; bractée beaucoup plus courte que l'ovaire, à une seule nervure, lavée de rose. Cette espèce comprend 2 formes principales : i° Forma typica. — Lobes secondaires tronqués au sommet; 2° — spathulata. — Lobes secondaires arrondis au sommet. AR. Régions montagneuses boisées, collines herbeuses, prés secs, dans presque toute la France. Tourbières (La floraison est alors d'un mois plus tardive). 1. Les Orehis ustulata, laxiflora, palustris, purpura, miliiaris, Simia, Morio peuvent être accidentellement à tleurs blanches. Le Gérant : Louis Mobot. Paris. — J. Mersch. ira 52, 11. Donfertnochcrcau. 6° ANNEE. N° 8. 16 AVRIL i8g2. JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. LES LEGUMINEUSES DE L'ECUADOR ET DE LA NOUVELLE-GRENADE DE LA COLLECTION DE M. ED. ANDRÉ {Suite) Par M. M. MICHELI. Trib. VI. — HedysarEjE. CH^TOCALYX. C. brasiliensis Benth. in Mart. FI. bras. fasc. XXIV, p. 75. N. Gr. prope Pita, secus ripas fluminis Magdalena in reg. cali- dior., dec. 1875 (n. 452) E. A. Espèce répandue dans les régions chaudes de l'Amérique tropicale, à Surinam, dans le Brésil boréal, etc. C. latisiliqua Benth. Bot. Voy. Sulph. p. 81, t. 30. Ec. Peripa, ad pedem occid. raontis Chimborazo, ait. 200 met.; Balsapamba (n. 403S, 4223) E. A. Cette espèce se rencontre ici et là depuis Panama jusqu'au Pérou, mais ne paraît nulle part abondante. POIRETIA. P. scandens Vent. Choix, p. 42. Scandens, floribus luteis. N. Gr. orient, prope Fusagasuga, ait. 900 met., feb. 1S76 (n. 1370) E. A. Cette espèce est commune dans toute l'Amérique du Sud jusqu'au Para- guay. ^SCHYNOMENE. JE. americana L. Spec. 1061. Guadeloupe, Pointe-à-Pitre (n. 9). — N. Gr. Luru in regione calid. flum. Magdalena, nov.-dec. 1875 (n. 260) E. A. Cette espèce est répandue partout dans les régions chaudes de l'Amé- rique du Sud. JE. brasiliana DC. Prodr. II p. 322. N. Gr. centr. Quetame in Andibus bogot., ait. 2100 met. (n. M2 lOURN'AL DE BOTANIQUE i i-î=,) ; Alto S. Francisco ad llumen Cauca, ait. 1610 met., apr. 1S76 (n.28 54 )E.A. Espèce répandue dans les régions chaudes de l'Amérique du Sud. ? JE. leptostachya Benth. /'// Mart. FI. Bras* 1. c. p. 65. Ec. In And. central, (n. 4252) E. A. Echantillon incomplet rapporte avec doute à cette espèce originaire de la province de Goyaz au Brésil. STYLOSANTHES. S. viscosa S\v. FI. Tnd. occ. p. 1283. N. Gr. frequens ad rupes arenosas, Piedras, Ibague, Portachuclo, Soacha, Quetame, ait. 1000-2600 met. (n. 1474, 19S3 , 2697) E. A. 1 >pèce répandue dans toute l'Amérique du Sud, du Mexique à Monte- video. S. guyanensis Sw. Hohn. 17S9. A". Gr. centr. Quetamc, 2000 met., dec. [875 (n. 1 1 [3) E. A. Espèce voisine de la précédente et répandue dans les mêmes régions. ZORNIA. Z. diphylia Pcrs. Syn. II p. 318. N. Gr. Caqueza in declivitate orient. Andiura bogot., ait. 2070 met., dec. 1S75 (n. 1073) E. A. Cette espèce, commune dans toute l'Amérique du Sud, est très variable (voir l'étude que lui a consacrée Bentham dans Martius FI. Bras. 1. c. 7 . DESMODIUM. D. (Nicolsonia) barbatum Benth. FI. Bras. 1. c. p. 95. N. Gr. Honda ad llumen Magdalena, ait. 210 met. (n. 631); Sa- bana de Piedras, ait. 600 met., mart. 1876 (n. 1S66) E. A. Espèce commune dans toute l'Amérique du Sud. D. (Heteroloma) incanum DC. Pi-odr. II p. 332. Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, nov. 1875 m. 36). — A r . Gr. in région, calid. flum. Magdalena, iW-c. 1S76 (n. 310); Ibaguc et El Moral ad montem Quindio, ait. i960 met., mart. 187 1 D. 2054) E. A. Espèce communément répandue du Mexique jusqu'au Brésil. D. (Heteroloma) axillare DC. Prodr. II p. 333. N. Gr. in valle fluminis Magdalena et ad pedem montis Quindio (n. 31 1 bis et 2154) E. A. Espèce très répandue de l'Amérique centrale au Brésil. D. (Heteroloma) reptans DC. Prodr. II p. m. Martinique, nov. 1S75 (n. 64) E. A. M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 143 Cette espèce, originaire des Antilles, a été aussi rapportée de la Nou- velle-Grenade. D. (Heteroloma) cuneatum Hook. et Arn. Bot. Mise. III p. 195. N. Gr. centr. ad montera Quindio, ait. 2000 met., mart. 1876 (n. 205.4 bis); in valle flum. Cauca, ait. 1050 met. (n. 2449 bis) E. A. L'habitat de cette espèce est plutôt dans les régions australes de l'Amé- rique du Sud (Brésil austral, Buenos- Ayres); elle n'avait pas encore été rapportée d'une localité aussi équatoriale. D. (Heteroloma) cajanifolium DC. Prodr. II p. 331. N. Gr. centr. in praeruptis aridis, Quetame, ait. 2100 met., déc. 1875; in valle flum. Cauca, ait. 9S0 met., mart. 1876. — Ec. ad mon- tem igniv. Corazon, ait. 1800 met. (n. 908) E. A. Espèce rencontrée fréquemment dans l'Amérique centrale. D. (Chalarium) tortuosum DC. Prodr. II p. 332. N. Gr. in regionecalid. flum. Magdalena, dec. 1875 (n. 313) E. A. Espèce originaire des Antilles : Jamaïque, Porto-Rico, etc. Trib. VII. — Vicier. VICIA. V. graminea Sm. in Rees. Cyclop. N. Gr. in Andibus central., ait. 2800-3000 met., apr.-maio 1876 (n. 2875,3168) E. A. Cette espèce est répandue dans l'Amérique méridionale, plutôt dans les régions occidentales et australes V. Matthewsi A. Gray in herb. Kew. N. Gr. Boqueron de Bogota, ait. 2700 met., dec. 1875 ( n - 77 2 )> La Ceja del Quindio in Andibus central., ait. 3500 met., mart. 1876 (n. 2161) E. A. Espèce originaire des Andes, du Pérou et de la Nouvelle- Grenade (Mat- thews 706; Triana, Holton 952). > V. andicola H. B. K. /. c. VI p. 498 t. 582. N. Gr. ad pagum Facatativa in Andibus bogot., ait. 2650 met., dec. 1875 (n.606) ; in Andibus merid. — Ec. sept., ait. 2600-4000 met., jul. 1876 (n. 38S4) ; in declivit. montis Chimborazo, ait. 2000 met., jul. iS76(n. 3958) E. A. Espèce commune dans les régions élevées du Pérou et de la Nouvelle- Grenade. LATHYRUS. L. gladiatus Hook. le. plant, t. 72. N. Gr. in monte ignivomo Azufral, maio 1876 (n. 3240) E. A. i 4 4 JOl'RN M- H!'- lï'VI ANIUUK Espèce répandue dans les montagnes de la Nouvelle-Grenade, de l'Ecuador, • L. nervosus Lam. Die/. Il p. 7 s. N. Gr. in regionibus editis Andium central, et merid.; ad pagum Facatativa, ait. 2630 met. (n. 648) ; Moscofio, ait. 2050 met. (n. 1134) ; in monte ignivomo Pastensi (n. 3152), dec. [875-maio [876. E. A. Le centre géographique de cette espèce est dans les régions australes de l'Amérique du Sud, où les Lathyrus sont nombreux [magellanicus, tomentosus, puèescens, etc.). Ces stations dans la Nouvelle-Grenade sont la limite septentrionale de son aire. Trib. VIII. — Phaskole/e. CENTROSEMA. C. Plumieri Benth. in Ann. Mus. Vindoô. II p. no. N. Gr. in regione calidiori ad llura. Magdalena, dec. 1875 (n. 481) E. A. Liane assez répandue dans les forêts claires dfl l'Amérique tropicale jusqu'au Paraguay. C. dasyanthum Benth. in Tayl. Ann. nat. Hisl . III p. 346. N. Gr. in sylvis primaevis prope Cumaral secus vallem fluminis Meta ad pedem And. Bogot., ait. 420 met., jan. [876 (n. 1 144) E. A. Echantillon peu complet de cette espèce qui paraît rare et a été décrite par Hnitham d'après une plante de Gardner de la Mont 1 a d I >rgues (n. 256). C. pubescens Benth. in Ann. Mus. Vindoô. II p 119. — FI. Bras. I. c. t. 34. Guadeloupe. — Venezuela prope La Guayra. — X. Gr. invalleflu- minis Magdalena, in reg. calid., dec. 1875; Fusagasuga in Andibus bogot., ah. 500 met., jan., febr. 1876; Chipaque in declivitate An- dium Bogotensium, ait. 2500 met. — Ec. vSan Ignacio in monte Cora- zon, ait. 920 met., jul. 1876 (n. 40, 214, 430, 1800, iSooa). I spèce très commune dans l'Amérique tropicale. C. virginianum Benth. in Ann. Mus. Vind. II p. 120. Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, nov. [875 (n. 1 Espèce répandue dan^ ^ions chaudes île' l'Amérii CLITORIA. C. ternatea L. Spec. 1025; Benth. FI. Bras. 1. c. t. 31. A^. Gr. in hortis urbis Tocaima, ait. 435 met., feb. i v 7 l. 1^24). Espèce cultivée partout sous les tropiques comme plante d'ornement. M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade . 145 C. Amazonum Benth. in A?in. Mus. Vind. II p. 115. — FI. Bras. 1. c. t. 33. Planta 20 met. alta, floribus livide roseis. N. Gr. in sylvis primœvis, densissimis, prope La Vanguardia in territorio San Martin, ait. 450 met., janv. 1876 (n. 1050). — Ec. inter Guyaquil et Santa Rosa, ait. 60 met., jul. 1876 (n. 4675) E. A. Cette espèce, fréquente dans le Brésil boréal, est une plante ligneuse grimpant sur les plus grands arbres. Nom vernaculaire : Sapotille C. brachystegia Benth. Bot. Sulph. p. 84. Arbor 5-8 met. alta, speeiosa, floribus albido-roseis. Ec. seeus flum. Daule in montibus occid., ait. 400 met., jul. (n. 2571) E. A. Espèce rare, très peu répandue dans les herbiers. TERAMNUS. ? T. species. Herbaceus, 1,50 met. altus, floribus violaceis. N. Gr. prope urbem Cartago, in valle flum. Cauca, ait. 990 met. (n. 2322) E. A. Echantillon incomplet, dont le port rappelle le genre Teramnus. ERYTHRINA. E. velutina Willd. Spec. III p. 914. Arbor 6 met. alta, ramis depauperatis, foliis deciduis, floribus ad calycem tomentosis, corolla obscure scarlatina, carina superne rosea, inferne alba. N. Gr. Tocaima in Andibus oriental., ait. 4S0 met., feb. 1876 \n. 1771) E. A. Cette espèce a été rapportée par différents voyageurs [Findler (n. 307), Wright (n. 2347), Purdie, etc.] du Brésil central, de Surinam, de la Jamaïque. E. edulis Triana in Herb. Kew. Arbor 6-8 met. alta, ramis depauperatis, floribus aurantiacis haud speciosis. N. Gr. Fusagasuga in Andibus oriental.; El Moral prope montem Quindio, ait. 1600 met., feb.-mart. 1S76. — Ec. in jugo Andium centralium, ait.. 1800 met., jul. 1876 (n. 1763) E. A. Cette espèce, peu répandue, a été rapportée des montagnes de la Nouvelle-Grenade par Triana d'une altitude de 1.400 mètres, et par Spruce (n. 5005). 146 JOURNAL DE BOTANIQUE MUCUNA. M. mollis DC. Prodr. II p. 403. N. Gr. Çanaletal secus ripas îlum. Magdalena in regione calidiori, dec. 1875 ("• 2 45) E. A. D'autres échantillons de cette espèce sont originaires du Quindio, à une altitude plus grande. M. Mutisiana DC. Prodr. II p. 406. Flores albo-viridcscentes, fruetus aculeati. N. Gr. in sylvis propre Panche, ait. 1500 met., feb. 1876 (n. 16S6) E. A. Cette espèce a une aire géographique assez ('tendue et a été vue non seulement dans l'Ecuador et la Nouvelle-Grenade, mais dans la Guyane et à Cuba. M. rostrata Ben th. in Mart. FI. Bras. 1. c. p, 171. Flores speciosi, aurantiaci. Ec. Balsapamba, ad pedem montis Chimborazo, ait. 300 met. E. A. Cette espèce habite le Brésil tropical, la vallée de l'Amazone, la Guyane anglaise, la Nouvelle-Grenade et l'Ecuador. M. Andreana n. sp. (PI. V et VI.). Kufo-pubescens, pedunculo longissimo, apice breviter racemoso, carina alis et vexillo fere duplo longiore. Tab. V. — Ramuscum foliis et pedunculo; racemus. Tab. VI. — [-3, alabastra ; 4, bractea ; 5, calyx apertus; 6, vexil- lum ; 7, ala ; 8, carina (magnitudine vix aucta) ; 9, stamina; 10, ova- rium; 11, legumen (magn. red.) ; 12, leguminis fragmentum (magn. nat.) ; 13, semen. Caulis alte scandens; ramuli teretcs, dense rufo-pubescentes. Folia superne glabra vel parce et minute puberula, subtus praecipue ad ner- vos breviter rufo-pubescentia. Stipula caduca, ovata, acuta, 7-S mill. longue, reflexae. Stipella setacea, 5 mill. longae. Petioli teretes, 10 cent, longi. Foliola ovata vel late ovata, abrupte et breviter aeumi- nata, terminale distans, lateralia valde inaequilatera et rotundata, 12-15 cent, longa, 8-10 cent. lata. Pedunculi longissimi, penduli, ex sched. Andreana bimetrales, tenues; flores ad apicem in racemum brevem con^esti. Bractea; late ovata, sensim acuminatae, acutae, 15 mill. lon^ie, utrinque adpresse sericeo-pubescentes cito decidua. Bracteolas non vidi. Flores sordide albidi (sched. Andr.). Calyx dense et adpresse rufo-pubescens, sub anthesi tubuloso-campanulatus; dentés superiores brevissimi, infimo longiores. Vexillum lateovatum, eraar^inatum, unguiculatum, 2,5 cent, longum. Alae vix breviores, oblique falcato-oblun^a-, ungue utrinque rufo-pubescente, circa 2 cent. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 147 longae. Carina 4 cent, longa, 5 mill. lata, apice incurva, obtusa, vix cartilaginea. Antherae glabrae. Legumen 20-25 cent, latum, complana- tum, dense et breviter hirsutum, 5-spermum, intus inter semina septa- tum. Semina compressa, hilo lineari, more sectionis Carpopogon fere cincta. A specie proxima, M. altissima, differt pubescentia et forma folio- rum, stipellis persistentibus, pedunculis longioribus, alis carina multo brevioribus. N. Gr. La Paila in valle fluminis Cauca, ait. 1000 met., mart. 1876 (n. 1978) E. A. Cette espèce, bien distincte par les caractères de la fleur, avait déjà été récoltée par Holton dans son exploration à la Nouvelle-Grenade (n. 971); elle a été récemment retrouvée à Costa Rica par R. Pittier, professeur à San José (n. 1277 dans l'herbier de Bruxelles). (A suivre.) MONOGRAPHIE DES ORCHIDEES DE FRANCE (Suite.) Par M. E. G. CAMUS. 21.O. Simia Lamk. FI. Fr., III, p. 507 (1778); Gren. et Godr.,/7. Fr., III, p. 288. O. italica Lamk. Eue. IV, p. 600 (1789). O. tephrosanthos Vill. FI. Dauph.\ II, p. 32 (1787). O. zoophora Thuill., FI. par., p. 459 (1790). O. militaris var. z. L. Sp. éd. IL, p. 1334, 1763. ICON. — Vaillant Bot., t. 31, fig. 25, 26; Coss. et Germ. FI. paris. Atlas, pi. 32, fig\ K; Reichb. Icon. XIII, tab. 21 ; Timb.- Lagr. Mém. hybr. Orchid, pi. 21, fig. 6; Barla Iconogr. Orch., pi. 35, fig. 1, 2, 3, 4, 5 (non fig. 6 et 7); G. Cam. Icon. Orchid. Par. pi. 8. et Bull. Soc. bot.Fr. XXXII, pi. 8. Plante de 2 à 4 décimètres de hauteur. Bulbes ovoïdes subglobu- leux. Feuilles luisantes, grandes, oblongues lancéolées. Fleurs assez nombreuses disposées en épi court subglobuleux. Périanthe à divisions toutes conniventes en casque gris cendré, uni en dehors, ponctué de rose en dedans; les divisions extérieures longuement acuminées ; les divisions i?itérieures linéaires et plus courtes. Labelle blanc ou lavé de rose parsemé de houppes violacées, trilobé, les deux lobes laté- raux linéaires très étroits se terminant en pointe et à section ovale presque cylindrique; médiastin plus court et une fois plus large que les lobes latéraux ; lobes secondaires du lobe média?i de même longueur 148 JOURNAL DE BOTANIQUE et de même forme que les lobes latéraux, séparés par une longue cl* -ut subulée. Tous ces lobes sont arqués en avant. Eperon courbé dirigé en avant, un peu renflé au sommet, tronqué, plus court que la moitié de la longueur de l'ovaire. Bractée courte rosée. Celte plante n'offre qu'une fi >rme. AR. Régions montagneuses boisées, pressées, collines arides du calcaire jurassique, environs tic Paris, Somme, Champagne, Est, Centre, Ouest, Dauphiné, Lyon, Toulouse, etc. 22. O. globosa L. Syst. nai., X, p. 1242 (1759); Gren. et I ri air. FI. Fr. III, p. 291. O. Halleri Cr. St. austr., p. 4S8 (1769). 0. sphssrica M. B. FI. taur.-cauc. II, p. 362 (1808). Nigritella globosa Reichb. FI. excurs. p. 121 (1830); Barla Iconogr. Orchid. , pi. 26. Tratinsteinera globosa Reichb. FI. Saxon., p. 87, 1842. I ON. — Hall. Ilclv. t. 27; J. B. Hist. II, p. 705, 6g. 3; Chabr. Stirfi. 250, tîg.6; Reichb. t". Orchid. tab.381; ]a.cq. Auslr. 111, t.ib. 266; Barla Iconogr. Orchid. , pi. 16. Bulbes ovoïdes plus ou moins allongés, quelquefois incisés au sommet. Tige de 3 à 5 décimètres, ordinairement Qexueuse, munie à la base de i à 3 gaines brunâtres. Feuilles inférieures oblongues subob- î, les caulinaires aiguës, les supérieures br, rmes. Bracl vertes lavées «le pourpre, égalant ou dépassant l'ovaire, acumin uninerviées. Fleurs petites, nombn . disposées en épi den , globuleux, de couleur lilas ou d'un violet clair. Divisions du | -, conniventes, les externes ovales lancéolées, longuement eus] idées à pointes spatulées, les interne-, plus courtes que le tenu îles accuminées. Libelle d'un violet clair ou lilas, ù base blanchâtre, marqué d'une petite tache d'un pourpre violacé, étalé, as- cendant, étroit, 3-lobé; lobes latéraux rhomboïdaux obtus ou émar- ginés; lobe moyen linéaire, dilaté un peu au sommet et bilobé 1 t muni d'un mucron à l'angle de bifidité. Eperon grêle subcylindrique, un liant environ la moitié de l'ovaire. AR. Prairies des montagnes, Alpes, Jura, Auvergne, Pyrénées. 23. O. mascula L. FI. s:. l. II, p. 310 1 1755); Gren. et ( "iodr. y .'. Fr. III, p. 292. O. riophora Gcn. El. scep., p. 840 1 1798). O.glaucophylla A. Kerner Œ. B. /. XIV, p. toi (1864). 0. ovalis Schm. inMey. Phys. Aufs. I, p. 224 11791). E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 149 O. Pareissii Fr. Bot. Bem., p. 112 (1844). O. Siabiana Ten. Syll., p. 453 (183 1). ICON. — FI. dan. tab. 547 ; Jacq. le. rar. 1 , tab. 180 ; Reichb. f. Orchid, tab. 390, 391 ; Haller le. rar. pi. Helv. tab. 32 ; Barla Iconogr. Orchid, pi. 44, fîg\ 14; G. Cam. Iconogr. Orchid. pi. 11. Bulbes ovoïdes subglobuleux. Tige de 2 à 5, rarement 6 décimètres, verte, nue, anguleuse, lavée de violet au sommet, maculée de taches et de points d'un pourpre foncé, plus rarement sans taches ou macules. Feuilles oblongues-lancéolées élargies vers le sommet, ordinairement pourvues à la base et sur les gaines de taches et de points purpurins. Bractées lavées de pourpre, les supérieures plus courtes que l'ovaire, les inférieures l'égalant ou le dépassant. Fleurs violacées-purpurines, accidentellement blanches ou carnées et dans ce cas assez petites et peu nombreuses, ordinairement assez nombreuses, disposées en épi allongé. Périanthe à divisions extérieures libres, dressées étalées, libres au sommet; divisions internes plus courtes que les externes, plus ou moins conniventes avec la médiane. Labelle plus long que les divi- sions externes, convexe, d'un violet purpurin, rarement carné ou blanc, à teinte atténuée au centre, marqué de houppes purpurines, velouté au moins à la base, 3-lobé, à lobes latéraux crénelés sur les bords, arrondis en arrière, à lobe médian plus long et plus large que les latéraux, divisé en 2 lobes secondaires crénelés ou entiers et munis souvent d'une dent à l'angle de bifidité. Eperon subcylindrique ou subclaviforme, horizontal ou ascendant, égalant environ l'ovaire. AC. Bois et prairies montueuses, dans toute la France. Le type est la forme obtusiflora. Var. speciosa Koch Syn. FI. Germ. Helv; Gren. et Godr. FI. Fr. II. p. 292. O. speciosa Host. FI. austr. II, p. 527 (183 1); Barla Iconogr. Or- chid, pi. 44. fig. 14 exe. Divisions externes du périgone très longuement accuminées. Plante ordinairement robuste, à épi dense, à éperon renflé au sommet. Cette variété est presque aussi commune que le type, surtout dans la région méditerranéenne. Var. fallax G. Cam. Bull. Soc. bot. Fr. 1SS9; Reichb. f. Orch. tab. 391. Plante ayant le port d'un O. mascula robuste; en diffère par les divisions du casque un peu moins acuminées et par le labelle dé- pourvu de macules et de papilles filiformes. L'épi est ordinairement assez dense dans cette forme, et les feuilles peu ou point maculées. ic;o JOURNAL DK KOTANIQUR Raisménil (à l'exclusion du type) près de Doullcns (Copineau); environs de Paris, région de Rambouillet! 24. O. olbion.sis Reut. z» lî. nia Iconogr. Orch., p. 58; Ardoino /*7. Alpes-Maritimes ', p. 353. O. tnascula L., i, olivetorum Gren. Icox. — lîarla Av. <:/'/., pi. 45; G. Cam. /4//*M pi. XVI. Bulbes ovoïdes ou subglobuleux. Tige de 1 à 2, rarement 3 déci- mètres, le plus souvent Qexueuse, surtout à la base, lavée de pour] carminé au sommet. Feuilles d'un vert clair (i), maculées ou non de pourpre à la base, les inférieures oblongues lancéolées, obtuses ou presque obtuses, les caulinaires aiguës. Bractées un peu plus courtes que l'ovaire, rosées ou violacées, à bords un peu transparents, à 3 ner- vures plus ou moins marquées. Fleurs peu nombreu ses, 6,8, [O, dispo- sées en épi lâche, court, ovale, de couleur carnée ou d'un rose pâle légèrement violacé. Divisions du périanthe ovales allongées, obtuse^, les inférieures un peu soudées à la base, les latérales tin au sommet, les deux internes un peu plus courtes que les externes, conniventes en voûte. Labelle un peu plus long que les divisions ex- ternes du périanthe, plié en deux dans le sens de sa longueur, d'un rose carné ou légèrement violacé, blanchâtre au centre, maculé de pourpre, 3-lobé; lobes latéraux réfléchis, arrondis en arrière, cré- nelés ou non, lobe moyen plus long que les latéraux, divisé en 2 lobes secondaires crénelés ou entiers, et muni souvent d'une dent à l'angle de bifidité; éperon égalant ou dépassant l'ovaire, ascendant, plus ou moins recourbé, un peu renflé au sommet, aplati et quelque- fois subbilobé. R. Alpes-Mai iti nu s ( Ardoino, Barla); V.n à Solliès T< tucas (Albert), Hyères, Toulon (Reuter 1858); Marseille (de Larambergue). 2^. O. pallens L. Mant. II, p. 292 (1771); Gren. et Godr. FI. Fr. 111, p. 293. O. sulfurea Sims. Bot. Mag. t t. 250», < [825). [CON. — Ihll. Hclv. tab. 30, tig. 1 ; [acq. Austr. tab. 45; Reichb. Icon. XIII, t. 34; Reichb.f. Orchid. 386; Barla Iconogr. Orchid, pi. 43; JJtd. mag. tab. 2501,. 1. Router a vérifié les échantillons de M. Barla, et n'a vu aucune diffén i importante ent: ; ns et ceux de l'auteur de l'Iconographie. Les macules (le la base d ille^, constatée dans les plantes de Reuter, ne l'ont ]>.i> été dans celles de M. Barla. Nous avons reçu de M. Albert 10 échantillons vivants d'0. olbie sis, recueillie à Solliès-Toucas ; 7 d'entre eux avaient des feuilles non macule ; autres avaient au contraire à la base des feuilles un grand nombre de petit macules d'un pourpre assez, vif. Dans cette espèce les bases des feuilles peuvent donc être maculées ou non, et M. Barla a bien fait en identifiant sa plante à celle de Reuter. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 151 Bulbes ovoïdes assez gros. Tige de 3 à 4 décimètres, un peu angu- leuse au sommet. Feuilles larges, oblongues lancéolées, subobtuses mucronées, non maculées, dilatées un peu au-dessous du sommet. Bractées jaunâtres, lancéolées-accuminées, membraneuses, plus lon- gues que l'ovaire. Fleurs assez grandes, d'un jaune pâle (quelquefois rouges), exhalant une odeur agréable, analogue à celle du sureau, dis- posées en épi subeylindrique; divisions externes du périgone libres, obtuses, les latérales étalées ou réfléchies, les internes conniventes avec la médiane. Labelle plus long que les divisions supérieures, un peu convexe, d'un jaune plus vif que le périgone, velouté, papilleux, 3-lobé, à lobes latéraux arrondis, entiers ou un peu crénelés; lobe moyen entier, émarginé ou subbilobé. Eperon cylindrique obtus, ho- rizontal ou ascendant, d'un blanc jaunâtre, égalant presque l'ovaire. R. Alpes-Maritimes, Grenoble, Gap, aux Bayards, etc. 26. O. provineialis Balb. Mise. ait. p. 20 (1806); Gren. et Godr. FI. Fr. III, p. 293. O. Cyrilli Ten. FI. nap. II, p. 287 (1820). O. leiicostachys Gris. Spec. II, p. 359 (1844). O. mascula Alsch. FI. Jadr. p. 210 (1832). O.pallens Savi (non L.). FI. pu. p. 298 (1798). ICON. — Balb. Mise. bot. ait. tab. 2; Ten. FI. nap. % tab. 87; Reichb. f. tab. 387 ; Barla Iconogr. Orchid, pi. 38 ; Ami. se. uat. 2 e s., t. IX, pi. 7, fig. 17-20. Bulbes ovoïdes assez gros. Tige de 1 à 3 décimètres. Feuilles oblongues lancéolées, ou lancéolées-aiguës, mucronées, non dilatées au-dessous du sommet, souvent maculées de brun. Bractées jaunâtres, linéaires-lancéolées, accuminées, membraneuses, égalant environ l'ovaire ou plus petites que lui, les supérieures uninerviées, les infé- rieures 3-nerviées. Fleurs peu nombreuses, disposées en épi lâche, d'un jaune pâle. Divisions externes du périgone oblongues obtuses, libres, les extérieures étalées, réfléchies au sommet, les internes un peu plus courtes que les externes, conniventes ou se recouvrant en voûte. Labelle égalant presque les divisions du périgone, un peu convexe, d'un jaune soufre pâle marqué de points purpurins, velouté papilleux, à 3 lobes profonds. Lobes latéraux arrondis en arrière, obtus, repliés en bas, un peu crénelés ; lobe médian tronqué, émarginé subbilobé. Eperon gros, cylindracé, claviforme, recourbé, ascendant, renflé au sommet tronqué ou subbilobé, égalant ou dépassant l'ovaire. R. Région méditerranéenne : Collioure; Port-Vendres; Var, l'Es- térel, Grasse, Fréjus, Hyères, Toulon, Corse, etc. i 5 2 JOURNAL DE BOTANIQUE 27. O. panciflora Ten. FI. nap., Il, p. 288(1820). O. Iseta Steinh. .liui. se. nat. 2- s., t. IX, p. 209 (1838). O. provinciah's Vis. (/ion Balb.). 0. provinciah's var. * humilior Puce. Syn.fl. lac.^ p. 478. (9. provinciah's var. (i pauciflora Lindl. Orchid.^ p. 263. O. pseudopallens Tod. Orchid. Sic, p. 58 (1842). ICOX. — Reichb. f. Orchid, tab. 388. Cette plante diffère de l'espèce précédente, dont elle n'est peut- être qu'une variété, par les caractères suivants : Fleurs beaucoup plus grandes, disposées en épi beaucoup plus dense; les feuilles sont plus larges, obtuses, et non maculées. TR. Corse : Sartène, Corte (llerb. Rouy). 28. O. la.viilora Lamk. Fl.fr. III, p. 504 (1778); Gren. et God. FI. Fr. III, 293. O. ensifolia Vill. PL daitpli. II, p. 29 ( 1 7S7). O. Tabernsemontani . Gmel. FI. bad., 111, p. 535 (1808). ICON. — Vaill. Bot. tab. 31. fig. 34; Bonn. tab. t,2\ Reichb. Icon. XIII, tab. 41; Reichb. f". Orchid, tab. 393, fig. 1 ; Barla Iconogr. Orchid, pi. 39; G. Cam. Iconogr. Orchid. Par. pi. 12. Bulbes ovoïdes ou subgobuleux. Tige dressée, de ;, à 5 décimètres, cylindrique, un peu anguleuse au sommet, souvent lavée de pourpre ou de violet à la partie supérieure. Feuilles linéaires lancéolées, < nées et pliées en gouttière. Bractées un peu plus longues que l'ovaire, d'un vert lavé de pourpre ou de violet. Fleurs assez grandes, d'un pourpre violacé, accidentellement carnées ou blanches et alors plus petites, disposées en épi subcylindrique, allongé, lâche. Divisions du périgone libres, les externes oblongues obtuses, étalées puis réfléchies en arrière, les latérales plus courtes que les externes et conni ventes avec la médiane. Labelle glabre, convexe, large, en forme de cœur rein < d'un pourpre violacé, plus rarement carné ou blanc, de teinte s'atté- nuant du pourtour au centre et au sommet qui est blanc, à ,> lobes. Lobes latéraux grands, repliés de manière 1 se- toucher par leur sommet, arrondis, un peu crénelés en avant; lobe médian court, quelquefois presque nul, donnant au labelle un aspect bilo: . ton horizontal ou ascendant, un peu courbé, un peu renflé au sommet, brusquement tronqué et ayant une dépression à la partie- supérieure du sommet. Nous avons reçu de notre collaborateur, M. Arbost (île Thiers), un échantillon d'O. laxijlor^ à fleurs régulières ayant deux vertieilles à lobes semblables; le labelle était conforme aux 2 autres divisions du E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 153 verticille auquel il appartenait et était dirigé en bas (Icon., G. Cam. Atl. pi. XVII). AR. Env. de Paris! — C. Sologne. — AC. Ouest; Centre, région méridionale. 29. O. palusti'is Jacq. Coll. p. 75 (1786); Gren. et Godr. FI. Fr. III, p. 294. O . elegans Heuff. in Flora, p. 250 (1835). O. mediterranea Guss. PI. rar., p 365. (1826). O. germanorum Mor. FI. d. Schw., p. 509 (1832). O. mascula Crantz. Stirp. austr., p. 500 (1769). ICON. — Jacq. Icon. rar., 1 pi. ; Reichb. Icon., XIII, tab. 40; Reichb. f. Orchid., tab. 392; Barla Iconogr. Orchid., pi. 40; G. Cam. Iconogr. Orchid. Par. pi. 13. Bulbes ovoïdes ou subglobuleux. Tige dressée, de 3 à 5 décimètres, cylindrique, verte, lavée de pourpre ou de violet au sommet. Feuilles linéaires-lancéolées, aiguës, allongées, arquées, canaliculées, les supé- rieures lancéolées-bractéifonnes. Bractées égalant ou dépassant l'ovaire, d'un vert lavé de pourpre ou de violet. Fleurs grandes, ordinairement d'un violet pourpre, accidentellement carnées ou blanches et alors plus petites, disposées en épi subcylindrique, allongé, lâche. Divisions du périgone libres, les extérieures oblongues obtuses, les latérales d'abord étalées, puis réfléchies; les internes un peu plus courtes que les ex- ternes, plus ou moins conniventes avec la médiane. Labelle glabre plus large que dans l'espèce précédente, en forme de cœur renversé, d'un pourpre violacé, blanchâtre au centre, plus rarement carné ou blanc, à 3 lobes. Lobes latéraux assez grands, étalés pendant l'anthèse, puis un peu repliés, entiers ou un peu crénelés en avant. Lobe médian éga- lant au moins les latéraux, les dépassant ordinairement, plus étroit, entier ou émarginé subbilobé. Eperon horizontal ou ascendant, cylin- dracé conique, obtus, un peu atténué au sommet. Brébisson FI. Norm. éd. III, 1S59, donne le nom de variété minor à la forme à fleurs petites et carnées. Il donne encore le nom de variété quadrifida à la forme dont le lobe moyen du labelle est profondément bifide. Fleurit 20 jours après VO. laxijîora. AR. Est, Env. de Paris. — R. Ouest, Sologne. — TR. Centre, Au- vergne, Montpellier, Toulon, etc. C'est assurément pour avoir insuffisamment observé VO. palustris et VO. laxijîora que plusieurs auteurs ont réuni ces deux espèces mani- festement distinctes et dont les attributs spécifiques sont, malgré ce que l'on a pu écrire, très stables. La confusion a été souvent affermie par 154 JOURNAL DE BOTANIQUE L'étude d'échantillons d'herbier. Nous ne savons quels caractères il faudrait rechercher pour séparer les espèces, si l'on réunit ces deux plantes sous le prétexte que l'ona vu des intermédiaires. I >ans VO. laxi- Jtorcty les lobes latéraux du labelle sont fortement repliés en dessous et en arrière; dans V O. p.xlustris, les lobes latéraux sont étalés pendant l'anthèse el ne sont que peu rejetés en arrière à la fin de la floraison. Dans VO. palustris^ le lobe moyen du labelle égale toujours! au moins les latéraux et les dépasse souvent; au contraire, dans VO. laxi- Jïora, ce lobe moyen est plus court que les latéraux, quelquefois pres- que nul, et donne alors au labelle un aspect bilobé. LYÀ laxiflora a un éperon un peu renflé au sommet, brusquement tronqué et ayant une dépression à la partie supérieure du sommet ; VO. palustrisz unéperon cylindracé, conique, obtus, un peu atténué au sommet. A ces carac- tères constants et d'ordre morphologique, nous en ajouterons d'autres d'ordre biologique et non moins concluants. L'c9. laxi/lora fleurit en- viron 20 jours plus tôt que son congénère; il recherche la silice. 1*0. fia/us/ris vient dans les marais des terrains calcaires, ou tout au moins arrosés par un cours d'eau calcaire. Ces deux plantes viennent donc très rarement clans les mêmes stations et nous ne comprenons pas qu'on les ait indiquées comme croissant ensemble dans les environs de l 'ai is. Dans cette région je puis affirmer qu'elles sont toujours sépaiées. Les formes mal définies d'c9. laxiflora à lobe médian long que l'on ren- contre sont dues à l'hybridation de cet Orchts avec les 0. Morio, coriophora, incarnata, et plus rarement VO. palus/ris. 30. O. saccata Ten. Nap. prodr. , p. 53 (1811); Gren. et Godr. FI. Fr. III, p. 295; Richter Plantas Europseae , p. 208; Champagneux Ann. se. mit. 1840, p. 380. Icon. — Reichb. Tcon. XIII, p. 37, tab. 30. Bulbes ovoïdes, subglobuleux. Tige de 1 à 2 décimètres. Feuilles ovales ou ovales lancéolées, ordinairement maculées de brun. Bra< ' es d'un pourpre violacé, grandes, oblongues-lancéolées presque obtuses, dépassant l'ovaire, mais ne dépassant pas les fleurs. Fleurs d'un pour- pre foncé, peu nombreuses, u, 15, [8, un peu rapprochées. Périgone à divisions externes obtuses, les deux latérales réfléchies, la centrale courbée en casque. Labelle indivis, obovale ou suborbiculaire, crénelé au bord et un peu en coin à la base. Eperon blanchâtre, cylindro- conique, une à deux fois plus court que l'ovaire. TR. Collines schisteuses des environs d'Hyères (Champagneux). 31 . O. saiiibiK'ina L. FI. suce, éd. II, p. 312 (i 755) ; Gren. et Godr. /-Y. 1 : )\, III, p. 295; Todar. Orch.sic, p. 50; Ail. F7. pcdcfu. 2, p. 149; Ed. Bonnet FI. paris. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 155 O. mixia p sambucina Retz Prodrom. p. 167 (1779). ICON. — Ség-1. Pi. ver. tab. 15, fig. 6; Reichb. /^//. XIII, tab. 60 ; Reichb. f. Orchid., tab. 412 ; Jacq. i 7 /. austr., tab. 108; G. Cam. Iconogr. Orchid. Par., pi. 14. Bulbes plus ou moins incisés ou 3-lobés. Tige de 1 à 2, rarement 3 décimètres, fistuleuse. Feuilles lancéolées-aiguës ou obtuses, non maculées. Bractées grandes, jaunâtres, lancéolées, à nervures anasto- mosées, les inférieures dépassant les fleurs. Fleurs assez grandes, jaunes, disposées en épi peu serré. Divisions du périgone libres, les externes ovales-lancéolées, obtuses, les latérales réfléchies au sommet; divisions internes ovales-oblongues, obtuses, conniventes. Labelle presque aussi long que les divisions externes du périanthe, d'un jaune assez foncé, un peu velouté à la base, et muni de ponctuations purpu- rines. Eperon d'un blanc jaunâtre, cylindro-conique, un peu courbé, égalant ou dépassant l'ovaire. TR. Env. de Paris. — AR. lura, Vosges, Auvergne, Alpes, etc. Var. incarnata L. ; Barla Iconogr. Orchid, p. 60. O. incarnata Willd., Hall, {non L.). Fleurs d'un pourpre violacé ou d'un rose carminé. Labelle blan- châtre ou jaunâtre à la base. Eperon rosé ou d'un violet clair. Ovaire et bractées d'un vert lavé de violet. Cette variété paraît se trouver surtout dans les hautes altitudes. X ? Var. incarnato-Lingua Barla Iconogr. Orchid, p. 60. Fleurs d'un rouge violacé. Labelle allongé acuminé comme dans les Serapias (Barla loc. cit.). TR. Bois de la Maïris (Barla). 32. O. incarnata L. Fi. suec, éd. II, p. 312, 1755. ; Gren. et Godr. Fi. Fr. III, p. 296; Koch. Synop.fl. Germ. et Helv., éd. 2 p. 793; Reichb. f. Orchid., p. 51 var. a. ; Parlât. Fi. liai. III, p. 520. ICON. — Reichb. f. Orchid., tab. 397; Barla Iconogr. Orchid., p. 50; G. Cam. Iconogr. Orchid. Par., pi. 17. Bulbes profondément palmés. Tige fistuleuse, de 4 à 10 décimètres, souvent un peu coudée à la base. Feuilles allongées-lancéolées, dres- sées, d'un vert clair, non maculées, à sommet acuminé cucullé. Brac- tées plus longues que les fleurs. Fleurs plus grandes que dans VO. iati- folia, de couleur carnée ou plus rarement presque blanches, disposées en épi assez dense. Divisions du périgone libres, les externes latérales plus ou moins étalées, maculées de taches carminées. Labelle à 3 lobes peu profonds, les latéraux plus larges que le médian, tous trois plus 156 JOURNAL DP. BOTANIQUE ou moins arrondis, velouté en dessus, marqué de lignes ou de ponctua- tions carminées. Eperon un peu plus courl que l'ovaire, cylindro- conique, un peu courbé, dirigé en l>ns, égalant presque l'ovaire. Les îles et lignes du labelle et des divisions du périanthe sont peu visibles dans les f »rmes à ûeurs d'un rose carné très pâle ; elles peuvent même aussi manquer complètement dans les fleurs presque blanches. Nousavons observé cette forme à Souppes el à Arronville. Fleurit au moins 20 jours après YO. latifolia. Dans les limites de la flore parisienne, YO. latifolia semble se trouver dans les terrains sili- ceux, YO. incarnata dans les terrains tourbeux, à fond calcaire, ou arrosés par un cours d'eau calcaire. Nous ne savons jusqu'à quel point cette remarque peut être généralisée. Maisse! Presles (Boudier); Ar- ronville (Boudiei ! | Souppes! AR. Env. de Paris! Nord, Est, Centre, Ouest, région méridionale. [Race] O. angustifolia Reichb. FI. Cil. IX. p. 17 (1831); Fries Nov.fl. su r. p. 127. O. Traunsteineri Saut, in Flora (1837), I, Beibl. p. 36, et ap. Koch Syr, ps. FI. Germ. et Helv. éd. 2, p. 793. O. incarnata c angustifolia Reichb. Tcon. XIII, p. 52 (1851). O. latifi tgustîfolia Lindl. Orchid, p. 26 »l 1830-40). O. divaricaia Boreau FI. du centre^ éd. 2 p. 522. [< on. — Reichb. loc. cit.\ Reichb. f. Orchid, tab. 394. Cette plante a été souvent confondue avec la précédente. Elle s'en distingue par sa taille ordinairement moins élevée, ses Qeurs plus petites et moins noml ses feuilles éti .La tige est moins fistuleuse el les bractées supérieures plus c< mrtes que les Qeurs. Les descriptions des auteurs français 1 uant YO. incan varient suivant qu'ils onl décrit YO. incarnata vrai ou YO. angusti- folia. L'origine de ces contradictions ex pli me facilement pourquoi la Florede Boreau dit : tige largement fistuleuse et la 1 leM. Lloyd, par exemple, tige/ ■« fistuleuse. \. 1 répartition de cette plante est encore trop peu connue pour que l'on pui erdesa raretéplusou moins -rai; Env. de Paris! < >uest! Centre! etc. [Race]0. sesquipedalis Willd. Sp. IV, p. 15). O. incarnata var. sesquipedalis Reichb. Tcon. XIII. p. 53; Reichb. 'i-cliit. tab. 400; G. Camus Atlas pi. XVIII. ilbes palmés, assez gros. Tig< . >, fistu- leus» . ou un peu courbée à la base. Feuilles lancéolées dressées, supérieures acuminéi inférieures plus h les ;1 urs, les supérieures plus - que l'ovaii urs nombreuses, d'un ruse carminé, disposées E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 157 en épi dense allongé. Divisions externes du périanthe libres; les laté- rales dressées ou étalées, réfléchies au sommet, maculées de taches purpurines. Labelle plus large que long, étalé, à 3 lobes peu marqués, les 2 latéraux beaucoup plus larges que le médian, muni de raies et de ponctuations symétriques; lobe médian court, ovale. Eperon conique-cylindrique, un peu courbé, égalant l'ovaire. Env. de Rochefort (Foucaud) ! A rechercher dans le Sud-Ouest. [Race] O. integrata G. Camus. O incarnat a var. integrata G. Cam. olim. Icon. G. Cam. Atlas, pi. XIX. Tige élancée, peu fistuleuse. Feuilles dressées, non maculées, assez étroites. Feurs d'un pourpre violacé assez foncé, disposées en épi dense, allongé. Labelle presque plan, suborbiculaire, indivis, marquée de stries d'un violet noirâtre peu nombreuses, muni à la base d'une tache blanche dégradée. Périanthe à divisions disposées comme dans YO. in- carnata et colorées en pourpre violacé très foncé. Eperon dirigé en bas, égalant environ l'ovaire. TR. Souppes! (G. Camus, abbé Chevallier, Jeanpert, Luizet). 33. O. latifolia L. Sp.pl., éd. I, p. 941 (1753); Gren. et Godr. FI. Fr., III, p. 295; Koch. Syn.fi. Germ. et Helv., éd. 2, p. 792; Parlât. FI. ital., III, p. 519; Ten. FI. nap., II, p. 297; Barla Iconogr. Orchid., p. 61; Ardoino FI. Alp. -Mûrit., p. 354; Boreau FI. du cent. Fr. éd. 2 et 3. O . fïstulosa Mœnch Méih., p. 713 (1794). ICON. — Reichb. f. Orchid., tab. 402; Haller Icon.pl. Helv., tab. 31 ; Barla Iconogr. Orchid., pi. 48 et 49 fîg. 1 à 6 (les fig. 7, 8, 9, 10, 1 1 de cette planche représentent un forme hybride); G. Cam. Fonogr. Orchid. Par., pi. 16. Bulbes palmés. Tige de 3 à S décimètres, robuste, anguleuse au sommet. Feuilles d'un vert foncé, pourvues ou non de macules brunâ- tres, les inférieures ovales oblongues, élargies au milieu, obtuses et planes au sommet, les supérieures lancéolées acuminées Bractées vertes, souvent lavées de pourpre, les inférieures seules plus longues que l'ovaire. Fleurs moyennes d'un pourpre foncé un peu violacé, dis- posées en épi dense. Périanthe à divisions libres, les externes dressées, les deux latérales un peu étalées et un peu réfléchies au sommet, non maculées. Labelle ponctué et muni de lignes d'un pourpre foncé dis- posées symétriquement, à 3 lobes peu profonds, un peu crénelés, les latéraux rejetés un peu en arrière. Eperon cylindro-conique, dirigé en bas, un peu courbé, un peu plus court que l'ovaire. Dans toute la France. i 5 S IOURNAL DE BOTANIQUE Nous avons constate dans les terrains tourbeux une forme robuste, à tige peu fistuleuse et peu élevée, à feuilles ovales, courtes, for- tement maculées de brun, à lobe m >yen du labelle un peu plus long que daas le typ :. Cette forme, assez commune, est VO. tnajalis Reichb. Pl.crit. VI, p. 7 (1828), nom dont la plupart des auteurs font un simple synonyme d'O. latifolia. Var. corsica Reverchon. — Fleurs grandes et disposées en épi très lâche; bractées courtes. Eperon gros un peu renllé au sommet. Cette variété est fort remarquable et mériterait d'être étudiée de nouveau sur place. [Race]0. foliosa Soland. ;Reichb.f. Orc/i. tab.401 et 515, fig. 1. Plante robuste. Tige de 2 à 4 décimètres environ, non maculée, fistu- leuse. Feuilles oblongues lancéolées, larges, maculées ou non. Fleurs très nombreuses, assez grandes, disposées en épi compacte. Bractées très longues, foliacées, souvent lavées de rose au sommet, les inférieures dépassant longuement les fleurs. Le reste comme dans VO. latifolia. Marais tourbeux des environs de Paris! Ouest! Charente- (Pou- caud!); Creuse, Haute- Vienne (Boreau), Mont- Louis (Boutigny), sub nom. O. latifolia in Herb. Muséum, et probablement pas très raie. 34. O. iBiaculata L. Sp. pi. éd. I, p. 942 (1753); Gren. et Godr. FI. Fr., 111, p. 296; Ail. FI. pcd., 2, p. 150; Lindl. Orchid., p. 266; Boreau FI. dit Coït. Fr., éd. 1, 2, 3; F/or. dan., tab. 933; Bonn. tab. 30; Barla Iconogr. On//., p. 60. Icox. — Reichb. f. Orchid, tab. 407; Hall. Helv. tab. 32, fig. 1 ; Vaillant AV., tab. 31 , f. 9, 10; Reichb. Icon. XI II, tab. 55 ; Barla Iconogr. Orchid., pi. 47 (Exe. les fig. et 8, qui repré- sentent des formes hybrides); G. Cam. Iconogr. Orch. Far. pi. 15. Bulbes palmés. Tige non fistuleuse, de 3 à 6 décimètres, dressée, souvent un peu Qexueuse, un peu anguleuse au sommet. Feuilles de formes variables suivant les terrains, les inférieures plus ou moins obtuses ou lancéolées, les supéri< ures l' •nguement acuminées, bractéi- formes, toutes finement denticulées (caractère visible seulement à la loupe et sur 'les échantillons vivants), maculées de taches brunâtres ou noirâtres s'atténuant beaucoup par la dessication. Bractées lancéolées -, plus longues que l'ovaire, souvent lavées de pourpre au sommet. Fleurs in ombreuses, dispi >sées en épi dense. 1 V : ianthe à divi- sions libres, les externes dressées, les deux latérales un pi u étalées et un peu réfléchies au sommet, les deux internes commentes. Labelle à circonscription suborbiculaire, à 3 lobes plus ou m jfonds, étalé. E. G. Camus. — Monographie des Orchidées de France. 159 Lobes latéraux larges, ondulés, denticulés, lobe moyen obtus et court, ou allongé et même acuminé. Les divisions extérieures du périanthe sont ordinairement ponctuées, maculées de rose purpurin. Le labelle est aussi muni de taches et de lignes de même couleur et les disposi- tions des taches et des points offrent ordinairement pour les deux côtés une symétrie assez régulière. Eperon cylindro-conique, dirigé en bas, un peu courbé, plus court que l'ovaire. Plante commune dans toute la France, surtout dans les terrains siliceux. On observe les variations suivantes : Var. ix trilobata Auct. — Epi grêle, d'abord conique, puis allongé. Fleurs petites; labelle à 3 lobes profonds, le médian dépassant longue- ment les latéraux. Feuilles inférieures ovales-suborbiculaires. — Forme des coteaux arides, calcaires ou siliceux. Var. ]3 média Auct. — Epi cylindro-conique, assez allongé; fleurs assez grandes, à labelle à 3 lobes peu profonds ; feuilles inférieures acuminées. — Forme des prairies. Var. y palustris. — Epi cylindro-conique assez allongé ; fleurs grandes, ordinairement colorées d'un rose assez intense; labelle à 3 lobes, le médian acuminé, les latéraux amples, ondulés crénelés, feuilles inférieures acuminées. — Forme des marais tourbeux. Dans cette espèce l'intensité de la coloration est très variable : les individus qui viennent dans les endroits peu éclairés sont souvent presque ou totalement blancs, mais on en trouve aussi, plus rarement il est vrai, dans les endroits éclairés. Nous avons, pendant plusieurs années, conservé des pieds de cet Orchis en pots et nous avons cons- taté les faits suivants. La reproduction a eu lieu par les bulbes. A des individus à fleurs fortement colorées en ont succédé d'autres à fleurs peu ou point colorées. Par l'âge les fleurs souvent se décolorent et j'ai tou- jours remarqué que la décoloration se fait dans l'ordre suivant : l'en- semble pâlit un peu, puis les points s'effacent, les lignes s'atténuent et enfin disparaissent presque entièrement. Les formes de labelle restent stables pour tous les individus issus d'un même pied. [Race] O. elodes Griseb. Ueber Bild. d. Torfs. p. 25 (1S46). Icox. — Reichb. f. Orchid, tab. XIII, p. 406; G. Cam. Atlas pi. XX. Bulbes palmés. Tige grêle, élancée, de 2 à 4 décimètres, dressée ou flexueuse, non fistuleuse; feuilles oblongues allongées, les inférieures obtuses mucronées, les supérieures atténuées bractéiformes, toutes non maculées ou pourvues de macules peu visibles ; fleurs d'un blanc pur, ou lavées de rose extrêmement pâle, disposées en épi allongé. Divisions du périanthe disposées comme dans VO. maculata, mais plus acu- minées. Labelle à 3 lobes, les deux latéraux larges, ordinairement ni i6o JOURNAL DE BOTANIQUE crénelés, ni dentés, un peu ondules, le moyen ovale sub triangulaire. Les ûeurs sont ordinairement non maculées; lorsqu'elles le sont, les macules sont peu visibles. Eperon égalant environ la moitié de l'ovaire. TR.? — Environs de Paris! A rechercher dans les marais, surtout clans les régions montagneuses (Probablement la var. minor Brébiss. /■'.'. Norm. éd 5. p. 389, indiquée à Falaise). Cette plante a été signalée en Suisse par M. Gremli. 35. O. Spitzelii Sauter in Koch. Syn., éd. 1, p. 686(1837). O. brevicomis Marcilïy (non Viv.). Bulbes subglobuleux. Tige «le _' à 4 décimètres, nue au sommet ; feuilles peu nombreuses, les inférieures ovales-oblongues, atténuées à la hase, ou lancéolées, brusquement acuminées, les supérieures engai- nantes et bractéiformes. Fleurs purpurines, un peu verdâtres à l'inté- rieur, à divisions latérales externes et labelle pourvus de ponctuations d'un pourpre violacé plus accentuées dans ce dernier. B leui s peu nom- breuses, disposées en épi assezlâche. Divisions externes du périanthe ordinairement obtuses, d'abord un peu conniventes, puis les latérales un peu étalées, jamais réfléchies. Divisions internes élargies à la hase, obtuses, tronquées lui émarginées. Labelle brièvement rétréci à la base puis dilaté, trilobé plus ou moins profondément, à lobe moyen émar- giné. Lperon ayant au moins la moitié de la longueur de IN > va ire et au plus l'égalant. TR. Alpes-Maritimes, Marcilïy, sub 710m. O. brevicornis. ./ uivre.) CHRONIQUE. I. 1 Botanique a fait depuis quel ps plusieurs perl dont le défaut de place ne nous a pas permis 'l'entretenir nos 1 une nous l'au- rions désire. Nous ne voulons pourtant pas tarder davantage à leur annoncer la mort de M. Kk.v.ik, l'explorateur persévérant et consciencieux qui, le premier, a fait connaître la flore de la Tunisie d'une façon à p - complète, le collabo- rateur de Cosson qu'il accompagna dans presque tous m Algérie; de M. C. KouMEGukKE, fondateur et directeur depuis quatorze ans de la Revu mycologiçue, qui a largement contribué à d welopper en France le goût de l'étude des Champignons; de M. Serbno Watson, le savant botaniste américain; de M. K. Richtek, l'auteur des Plantai europ, Bibliothèque E. André (de Beaune). — Cette importante bibliothèque sera vendue aux enchères publiques du 2 au 12 mai 1892. I lie comprend environ 3.300 numéros, qui représentent plus de volumes et brochures; elle s.- divise en 4 parti : 1 Panique, a G g 'et Pal ie,-^ Zoologie, \? Entomo- logie. Chacun des catalogues spéciaux sei touteper onnequien fera la demande par lettre affranchie, à MM. J.-B. Baillièrc et fils, 10, rue Hautefeuille, à Paris. Joindre dix centimes par catalogue pour l'affranchissemei t. Le Gérant: Louis Mobot. Paris. — J. Mcrscii, imj>. 11, PI. Henfort-Rochereau. 6« ANNÉE. N° 9. 1" MAI i8g*. JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. LE RHIZOME DU PARIS QUADRIFOLIA EST-IL SYMPODIQUE OU MONOPODIQUE? Par M. Henri HUA. Les auteurs que j'ai pu consulter étant partagés sur cette question et ne donnant en général pas de preuve absolue de leur opinion, il me semble utile de mettre la chose au point et de chercher, pièces en mains, qui a raison des tenants du sym- pode (1) ou des partisans du monopode (2). Je ne puis ici discuter point par point les assertions de cha- cun. J'exposerai seulement la manière d'être du Paris à des époques successives d'une période végétative. La vérité jaillira d'elle-même de cet exposé. Au moment où la tige aérienne vient de sortir de terre (mars- avril), elle a sa base étroitement enveloppée dans une gaine sca- rieuse dont les deux épidémies peuvent assez facilement se déta- cher l'un de l'autre par suite de la destruction du mésophylle : ce qui a pu faire croire à l'existence d'une double gaine. Dans des exemplaires très favorables, où le sommet delà gaine a per- sisté, on peut voir un peu au-dessous de ce sommet un petit mucron, indice du pétiole et du limbe que l'on trouve dévelop- pés chez les individus très jeunes, où il n'y a pas de tige aérienne. Ce mucron est opposé au bourgeon situé à la base de la tige aérienne et destiné à prolonger le rhizome. Notons entre le bourgeon et la tige, mais semblant plutôt attachées à celle-ci, 1. 1850. Irmisch, Morph. d. Monokot. Knollen- und Zwiebelgewàchse, p. 180. 1873. Wydler, Berner Mittheilungen (Teste Scholz). — 1883. Royer, Flore de la Côte d'Or, II, p. 488. — 1888. Franche t, Monog-. du g. Paris, p. 169 (Mémoires pour le centenaire de la Soc. philomathique). — 1892. Dutailly, Une fleur qui dé- bute trois ans avant son épanouissement (B. de la Soc. linn. de Paris, n° 126, 2 mars 1892). — 1892. Heim, Kech. médicales s. le g-. Paris (Thèse, 12 mars), p. 18. 2. 1876. Falkenberg, Vergleichende Untersuchungen iiber den Bau der Mono- cotyledonen, p. 52. — 1888. Ed. Schols, Morphologie d. Smilaceen... etc .. (23" r lahres-Bericht des nied.-ôsterr. Landes-Realgymnasiums zu Stockerau), p. 17-20. !Ô2 IOURNAL DE BOTANIQUE deux languettes scarieuses semblables l'une à l'autre, en voie de destruction. Sauf la présence de ces organes, souvent mécon- naissables et qui disparaîtront du reste bientôt en même temps (îue la gaine commune qui les protège, il y a là quelque chose rappelant la disposition générale des parties chez 1rs Polygona- iitvi, dont le rhizome est certainement un sympode. Mais regardons de près le bourgeon. Ogivo-conique, long à cette époque de 3 à 4 mm., il est un peu plus mince que la tige aérienne, mais sa base s'empâte de telle sorti- qu'elle semble ten- dre à se prolonger au-dessous de l'insertion de la tige aérienne. Son sommet présente une petite encoche, dernier vestige de l'ouverture primitive delà gaine. A droite (ou à gauche) de cette encoche, en supposant la tige aérienne derrière le bourgeon, il y a un petit mucron, d'autant moins marqué qu'on a affaire à un exemplaire de plus grande taille. Dans les exemplaires jeunes, dont la tige aérienne n'a que trois feuilles, ce mucron est très net et légèrement subulé. Un peu au-dessous du milieu de sa hauteur, la surface du bourgeon est marquée par un léger ressaut circulaire, indice de l'insertion de la gaine sur lVntrenœud basilaire. A la loupe, on peut distinguer sur la gaine des nervu- res en nombre impair, dont l'une, médiane, va se terminer dans le petit mucron. Enlevons la gaine, en notant soigneusement la place de sa nervure médiane. Nous trouvons insérés côte à côte sur L'extré- mité de l'entrenœud basilaire : 1 du côté opposé à la nervure dorsale de la gaine, un bourgeon relativement considérable (1 mm., 50 de long) enveloppé d'une gaine complètement fermée, semblable à celle que nous venons d'enlever, sinon qu'elle est plus petite et que l'ouverture du sommet y est mieux marquée; cette ouverture regarde la tige florifère actuellement dévelop- pée, indiquant ainsi pour la gaine n' J 2 un plan de symétrie per- pendiculaire au plan de symétrie de la gaine n° 1(1). 2° sur le côté de ce bourgeon, entre lui et la partie dorsale de la gaine n° 1, une jeune tige aérienne avec L'ébauche des feuilles (1 anté- rieure, 1 postérieure, 2 latérales), des sépales (en croix avec les feuilles), des pétales, des étamines (8 mamelons arrondis) et l'indication, parfois très faible ou nulle, des carpelles. Elle est 1. Chez les jeunes individus qui ne développent pas encore de tige aérienne, les gaines successives sont en disposition distique. Henri Hua. — Sur le rhizome du Paris quadrifolia. 163 notablement plus courte que le bourgeon (1 mm. au lieu de 1.50). Elle en est séparée par 2 écailles, de coupe triangulaire à la base, aplaties au sommet, qui l'enveloppent à demi sur les côtés, et la dépassent en se reployant sur elle en dessus. Les écailles sont manifestement insérées sur la base de la tige aérienne et non sur celle du bourgeon. En les regardant de dos on les voit la plupart du temps reliées entre elles à la base par un frein. Ce serait donc comm^une écaille unique, très profondément bifide. Débarrassons maintenant le bourgeon n° 2 de sa gaine. Nous trouvons insérés à l'extrémité d'un entrenœud court, dans les mêmes rapports déposition que dans la gaîne n° 1, un bourgeon n° 3 avec sa gaîne, plus ouverte que la gaîne n° 2, laissant même parfois voir le point végétatif qu'elle cachera plus tard, et une tige florifère, plus jeune que la précédente (les feuilles et les sé- pales sont seuls ébauchés), enveloppée par sa double écaille dor- sale, déjà considérablement développée. Y compris cette écaille l'ensemble de la tige aérienne dépasse le bourgeon n° 3 (omm.,85, contre 0,60) dont la gaîne a son plan de symétrie perpendicu- laire à celui de la gaîne n° 2, et son dos tourné dans le sens inverse de celui de la gaîne n° 1. Nous pourrions presque en rester là ; la tige florifère se trou- vant toujours à l'aisselle d'une gaîne, il semble que la nature monopodique du rhizome soit démontrée (première preuve, tirée du rapport des parties développées). Nous pousserons pourtant plus loin l'analyse pour ne laisser aucun doute possible, et nous commencerons en étudiant, dans le bourgeon n° 3, les tout premiers stades du développement. Le bourgeon cache dans sa gaîne, au début d'avril, deux mamelons nus presque égaux : généralement, celui de l'aisselle est plus petit. Sur une plante un peu plus avancée, nous verrions s'indiquer sur celui-ci, du côté où il touche l'autre, deux folioles triangulaires apparaissant simultanément, leurs bords externes libres, leurs bords internes plus ou moins confondus ; à peu près en même temps, plutôt un peu avant, s'ébauche sur l'autre ma- melon une gaîne (n° 4) en forme de croissant. Plus tôt (depuis l'au- tomne dernier jusque fin de mars, suivant les exemplaires) nous n'aurions trouvé qu'un seul mamelon, faisant plus ou moins saillie par l'ouverture de la gaîne qui l'enveloppe, et sur lequel, du côté opposé à cette ouverture, à l'aisselle de la gaîne par consé- i6 4 JOURNAL DE BOTANIQUE quent, se dessine une gibbosité destinée à devenir Le second ma- melon, origine du rameau floral. 11 ressort de cette analyse deux faits importants : i° L'axe florifère, que nous savions déjà être toujours à l'aisselle d'une gaine, naît après le bourgeon destiné à prolonger le rhizome, et provient de lui. Le rhizome est donc bien monopodi que (deuxième preuve, tirée du développement des parties). — 2° Les deux écailles triangulaires (reliées ou non par leurs bases) appartien- nent bien à l'axe florifère. Elles représentent, au point de vue morphologie! ue, la gaine ou bractée bicarénée adosse. • a L'axe principal, qui est si fréquente à la base des rameaux des Mono- cotylédones, et particulièrement nette à la base des pédoncules floraux des Iridées. Nous venons de voir, dans le bourgeon du mois d'avril, trois fleurs de moins en moins développées au fur et à mesure qu'on s'approche davantage du sommet. Quel va être Leur sort ? La plus avancée, la première formée, va-t-elle se développer l'année prochaine, les autres devant attendre chacune un an pour voir le jour, soit trois ans d'attente pour la troisième? Pour nous en assurer, suivons pas à pas le développement du bourgeon. 11 perce bientôt la gaine où il est enveloppé avec la base de la tige aérienne, et déjà au début de mai l'entrenœud basilaire est long de io à 12 mm. et porte à son extrémité le bourgeon long de 5 à 6 mm. En même temps, il s'est ép lis i surtout à la base, de manière à être plus gros que la base de la tige aérienne, où l'on peut voir encore, sur des exemplaires favorables, les petites écailles triangulaires qui n'ont pas bougé. Analysons Le bourgeon terminal : à l'aisselle de la gaine n° 1 , la fleur est restée à peu près dans l'état que nous connaissons, mais elle est flétrie et aplatie entre la gaine et l'axe du rhizome qui prend plus d'im- portance (long. 2 mm., 50; diam. 3a 4 mm.). La Qeur n° 2 a ébauché ses pétales et ses étamines ; elle est presque dans l'état de 1 1 fleur n° 1 au début d'avril. La fleur n" 3 a bien développé sa double écaille dorsale et ébauché ses quatre feuilles. La gaine n 4 est en train de se fermer sur le point végétatif et à son .ais- selle s'indique une quatrième fleur sous la forme d'un mamelon nu. Bientôt, sous la pression de ces parties en pleine végétation, Henri Hua. — Sur le rhizome du Paris quadrifolia. 165 la gaîne n° 1 se fend, laissant passer l'entrenœud n° 2 qui s'al- longe à son tour, en prenant l'épaisseur normale du rhizome, et porte plus loin le bourgeon terminal dont l'enveloppe est main- tenant la gaîne n° 2. Vers le 10 ou 15 juin, nous avons deux entre- nœuds allongés, commençant à porter des racines éparses. Au nœud qui les sépare se trouve encore, formant une bague, la gaîne n° 1 brunie, à demi-desséchée, et capable d'être dédou- blée, comme l'était la gaîne commune de la tige aérienne et du bourgeon. Celle-ci a disparu ainsi que la double écaille basi- laire de la tige. A l'aisselle de la gaîne n° 1, dans un plan per- pendiculaire au plan médian de la tige aérienne actuelle, on trou- vera sans peine une ébauche de tige flétrie avec sa double écaille basilaire. C'est la fleur n° 1 d'avril, dont on pourra facile- ment constater la présence à cette place jusqu'à la fin de l'au- tomne. La fleur n° 2, à l'aisselle de la gaîne n° 2 encore fermée, a acquis des ébauches de carpelles, mais elle est en voie de se flétrir à son tour, serrée par l'entrenœud n° 3 qui grandit à ses dépens. La fleur n° 3 a ses feuilles et ses sépales ébauchés, souvent aussi ses pétales et ses étamines. La fleur n° 4 dessine ses écailles basilaires dorsales, tandis qu'une cinquième gaîne, formée autour du point végétatif du rhizome, commence à se développer. En juillet, le troisième entrenœud sera sorti de la gaîne n° 2, qui garde à son aisselle la deuxième fleur flétrie, arrêtée dans son développement au point où nous l'avons laissée en juin. La troi- sième fleur ébauche ses carpelles et vers la fin du mois pousse cette ébauche plus loin que ne l'ont fait les fleurs précédentes ; en même temps elle développe considérablement toutes ses par- ties, tandis que le quatrième entrenœud du rhizome reste court et que le bourgeon qu'il porte à son sommet ralentit son déve- loppement. Depuis le mois d'avril, si par instants les bourgeons latéraux avaient égalé ou quelque peu dépassé le bourgeon ter- minal, celui-ci avait toujours pris le dessus et poussé de l'avant, repoussant les jeunes fleurs, les empêchant de se développer. Voici que maintenant l'axe latéral prend le dessus, dépasse le bourgeon terminal, dépasse aussi sa double écaille basilaire, qui jusqu'ici avait toujours longuement surpassé les ébauches de tiges avortées, et d'ici à la fin de l'automne, elle va parfaire son organisation, de manière à n'avoir plus qu'à développer ses par- ties pour s'épanouir dans l'air au premier soleil du printemps. 166 JOURNAL DE BOTANIQUE Le bourgeon terminal est d'ailleurs déjà presque tel qu'on le retrouve au mois d'avril. Les trois entrenœuds et les trois gaines qui le constituent existent déjà. Le premier rameau florifère (n 4 depuis avril) a déjà indiqué ses feuilles, ses sépales, ses pétales, et ne tardera pas à ébaucher ses étamines. Le deuxième (n° 5) a sa double écaille assez développée, et il va ébaucher ses feuilles. Quant au troisième (n' J 6), il s'ébauchera, comme nous l'avons VU plus haut, tantôt dès la fin de l'automne, tantôt seule- ment au premier printemps a venir. Nous avons pris le cas le plus fréquent, celui où il y a trois entrenœuds au rhizome entre deux tiges aériennes développées. vS'il y a un retard dans la marche des choses, il pourra se faire qu'à la fin de juillet ce soit la deuxième fleur après celle dont le fruit mûrit dans l'atmosphère qui se développe, au lieu de la troisième. Il n'y aura alors que deux entrenœuds entre deux tiges développées. De même, il peut y avoir plus de rapidité dans la marche générale des choses, ou bien la troisième fleur peut se trouver empêchée de se développer pour une cause ou pour une autre. Ce sera alors la quatrième qui prendra le dessus, et ainsi s'explique le cas où quatre entrenœuds du rhizome sépa- rent deux cicatrices de tiges aériennes. Quoi qu'il en soit, c'est toujours la fleur prête en juillet qui se développera au printemps suivant, et comme nous avons vu sa première ébauche se faire d'ordinaire au premier printemps de l'année en cours, ou au plus tôt à la fin de l'automne précédent, nous sommes assurés que son évolution complète se fait bien en une année seulement. Le Paris rentre donc dans la règle ordinaire. Quant à l'inflorescence, il résulte de tout ce qui précède qu'elle est unillore, terminant un rameau secondaire, que l'on peut si l'on veut appeler un pédoncule floral, portant sous la fleur un involucre de quatre feuilles. A la rigueur, si l'on prend en considération la présenced'un pareil pédonculeà L'aisselle de chacune des bractées du rhizome adulte, on peut regarder 1 en- semble d'un individu de Paris comme une grappe absolument indéfinie, dont la plupart des fleurs avortent avant complet dé- veloppement, et dont une seule se développe chaque année. !a lettre insérée a la fin de ce numéro, p. 17 1 Abbé Hue. — Lichens de Canisy (Manche) et des environs. 167 LICHENS DE CANISY (Manche) ET DES ENVIRONS (Suite.) Par M. l'abbé HUE. 207. Graphis scripta Ach., Nyl. Lich. Scand. p. 251; Malbr. Catal. Lich. Norm. p. 219 et Contrib. à l'étude monogr. du genre Graph. in Bull. Soc. bot. France t. XXXI (1884), p. 96. — Sur les Aubépines des haies à Canisy ; sur un Hêtre, route de Canisy à Saint- Gilles avec un thalle nettement déterminé par une ligne blanche ; sur un Aulne, au bord de l'étang de la Motte-l'Evêque à Saint-Ebremond- de-Bonfossé ; sur un Coudrier, clans le parc du château d Agneaux ; sur un Laurier du Portugal, à Saint-Gilles (bois de Joigne). Tous les Graphis que nous allons énumérer ici, se rencontrent toujours dans ce pays dans un état parfait de végétation, et tous, à l'exception du Gr. scripta Ach., se développent admirablement. Il est rare de rencontrer une espèce isolée sur le tronc d'un arbre ; la plupart du temps les Gr. sophistica Nyl., Gr. dendritica Ach. et Gr. inusta Ach., végètent les uns à côté des autres ; le Gr. scripta Ach. s'associe parfois à eux, mais il occupe alors une place plus restreinte. Si l'on enlève, par exemple, un fragment de 7 ou 8 cent, de longueur de l'écorce d'un chêne âgé de 15 à 20 ans, on trouvera une plaque de Gr. dendritica Ach. et une autre de Gr. inusta Ach. larges chacune de 3 cent, et seulement deux petits îlots de Gr. scripta Ach. Ce der- nier est donc plus rare ici que les trois autres espèces que nous venons de citer. Le thalle est hypophléode, lisse, brillant, olivâtre et plus ou moins déterminé ; il jaunit légèrement par la potasse caustique et brunit ensuite (1), mais sous le microscope la matière colorée ne se répand pas en dehors du fragment que l'on examine, cette matière, sécrétée par les hyphes, est donc peu abondante ; les chrysogonidies prennent alors une teinte d'un jaune plus vif. Les lirelles sont de forme varia- ble, simples, bi ou trifurquées, espacées, assez courtes, à disque étroit, nu ou très rarement pruineux (sur un Aulne à Saint-Ebremond-de- Bonfossé), bordées par le thalle; le périthécium est noir sur les côtés, l'épithécium noirâtre, l'hyménium blanc ou parfois un peu noirci et l'hypothécium incolore; les paraphyses, épaisses de 0,002 millim., ne sont ni rameuses, ni renflées au sommet. Les spores, d'abord incolores et souvent atténuées à une extrémité, deviennent oblongues, arrondies aux deux bouts et un peu brunies; elles sont 6-10 loculaires et mesu- 1. Toutes les réactions des Graphidés, sauf indication contraire, sont faites avec une solution de potasse au cinquième, c'est-à-dire avec o gr. 80 de potasse pour 4 grammes d'eau. i68 JOURNAL DE BOTANIQUE renl osuro, - ; millim. L'iode bleuit les spores bien formées ri elle est sans action sur la gélatine hyméniale. — F. i. limitata Pers., Malbr. Etude monogr. Graph. p. 96. — Sur de jeunes Frênes et de jeunes Chênes, sur des Coudru-rs dans le parc du château de Canisy ; sur des Houx dans le parc du château de Soulles ; sur des Coudriers, dans le bois de la Motte-l'Evêque à Saint- Ebremond-de-Bonfossé. — F. 2. minuta Leight., Malbr. Etude monogr. Graph. p. 96 et d'après les échantillons qui lui ont servi à composer cette monogra- phie. — Sur des Coudriers dans les parcs des châteaux de Canisy et d'Agneaux; à Saint-Ebremond-de-Bonfossé, sur un Pommier et sur un Châtaignier (bois des Vaux). — F. ]. divaricata Leight., Malbr. Elude monogr. Graph. p. 96. — Sur les I [êtres à Canisy, parc du château; sur un Pommier â Canisy (le Boscq) ; sur un Coudrier, à Gourfalcur; sur de jeunes Chênes (1), dans le bois de Soulles, et de Saint-Sauveur-de-Bonfossé ; sur un Châtaignier, dans le bois de Soulles; sur des Houx, dans le t >> > î ^-. d>- la Motte-l'Evêque â Saint-Ebremond-de-Bonfossé et dans celui d'Aun aux. — F. 4. recta (Humb.) Nyl; Gr. scripta f. typographa Willd., Malb. Elude monogr. Graph. p. 96; Zw. Exsiccat. n" 985. — Sur des Merisiers à Saint-Gilles. — F. 5. tenerrjma Ach. — Sur un jeune Chêne dans le parc du château de Canisy. — F. 6. HEBRAICA Ach. — Sur un Charme dans le parc du château de Canisy. — F. 7. radiata Leight. Lich.-Fl. Great Brit. X"' éd. p. 429. — Sur des Frênes dans le parc du château de Canisy et dans le bois de la Motte-l'Evêque à Saint-Ebremond-de-Bonfossé. — F. 8. varia Ach., Malbr. Etude monogr. Graph. p. 97. — Sur les 1 [êtres à Canisy (parc du château) ; dans les bois de Soulles et de Saint-Sauveur-de-Bonfossé ; à Saint-Martin-de-Bon fossé ; à Saint-Kbrc- mond-de-Bonfossé (bois de la Motte-l'Evêque); à Saint-Gilles (bois M ûngray et de Joigne). — Var. 1. PULVERULENTA Ach., Malbr. Etude monogr. Graph. p. 2< >-jj millim.; les spores au nombre de 8 dans les thè- ques, d'abord incolores, deviennent brunes quand elles sont tout à fait vieilles, (lies sonl parfois entourées d'un halo, 7-11 septées ave^ de nombreuses cloisons longitudinales entre les séparations transversales, de sorte que le protoplasma est divisé en petits carrés, leur forme est très variable même dans la même apothéeic, le plus souvent elles sont ellipsoïdes ou oblongo-ellipsoïdes, mais il n'est pas rare d'en rencon- trer de renflées au milieu ou d'atténuées à une extrémité ; elles ont Oi°33 _ 57 millim. en longueur et 0,020-24 en largeur; l'iode, qui les colore en bleu violet, ne teint pas la gélatine hyméniale. — F '. 1. diffusa Leight. Lich. -FI. Gr. Brit. 3' éd. p. 4^4. — Sur des Hêtres à < )anisy, il ms le bois de Soulles, à Dangy (parc du < hâ- teau), à Gourfaleur (propriété de M. le docteur Marin) et à Agneaux (parc du château); sur un Châtaignier dans le bois d'Agneaux; sur des Chênes à Saint-Sauveur-de-Boi et à Saint-Gilles (bois de | ne) ; sur un Frêne à Saint-Ebremond-de-Bonfossé ; sur des Lins de Normandie à Quibout (Grimbert), à Saint-Sauveur-de-Bonfoss< dans le bi >is de Soull Thalle cendré blanchâtre ou glaucescent membraneux, rugueux ou lisse, lirelles allongées, simples ou n'ayant qu'un rameau, écartées les tutres, diversement contournées et allant dans toutes les dire' thalloïde épais, cachant presque le bord propn : disque étroit, nu ou légèrement pruineux. — F. 2. radiata Leight. loc. citât. — Sur les Hêtres à Caniî Abbé Hue. — Lichens de Canisy [Manche) et des environs. 171 sur les Chênes à Canisy, à Saint-Gilles (bois Maingray) et dans le bois d'Agneaux; sur un Houx à Saint-Ebremond-de-Bonfossé. Thalle blanc ou glaucescent, uni; lirelles courtes le plus ordinaire- ment radiées, parfois simples, à bord thalloïde un peu élevé, à disque élargi et nu. — F. 3. divaricata Leight. Lich.-Fl. Gr. Brit. 3 rae éd. p. 434. — Sur des Hêtres à Saint-Ebremond-de-Bonfossé (bois de la Motte-l'Evê- que) et à Dangy ; sur un Chêne à Soulles (Chaire-au-Diable) ; sur un Houx près de l'étang de la Motte-l'Evêque à Saint-Ebremond-de- Bonfossé. Thalle blanchâtre, assez uni ; lirelles très ramifiées, longues et dirigées dans tous les sens, à bord propre laissant voir le disque nu et assez large, à bord thalloïde plus ou moins épais et lisse. — F. 4. flexuosa Leight. loc. citât. — Sur des Hêtres à Saint- Ebremond-de-Bonfossé, dans le bois de Soulles et dans celui d'A- gneaux, à Saint-Gilles (bois Maingray); sur un Merisier près de l'étang la Motte-l'Evêque à Saint-Ebremond-de-Bonfossé ; sur un Châtaignier dans le bois d'Agneaux. Thalle blanc presque lisse, lirelles étroites, longues, simples ou rarement à 1 ou 2 ramifications, parfois presque droites, le plus souvent flexueuses, à disque étroit, nu, à bord propre grossièrement bordé par le thalle. Sur déjeunes Chênes à Saint-Ebremond-de-Bonfossé (bois de la Motte-l'Evêque) et à Saint-Gilles (bois Maingray), j'ai récolté une variation de cette forme à thalle hypophléode, à lirelles simples ou à un rameau, flexueuses et très espacées, à disque élargi et nu. — Var. 1. pulverulenta (Sm.) Leight. loc. citât. — Sur des Hêtres et des Pins de Normandie à Canisy, dans le bois de Soulles etc. Thalle blanc, un peu rugueux, pulvérulent, lirelles à bord propre élevé, grossièrement bordées par le thalle, à disque ouvert assez large et pruineux. — Var. 2. dendriticoides Leight. Lich.-Fl. Gr. Brit. p. 435. — Sur un Chêne dans le bois de Saint-Gilles. Assez semblable au Gr. dendritica Ach., lirelles à disque large un peu pruineux et spores du type. Après le classement de ces formes, il m'en est resté d'autres aux- quelles il est impossible de donner un nom; cette espèce est donc excessivement polymorphe. i° Sur un Hêtre à Canisy (ferme de la Ménagerie) une forme à thalle d'un blanc jaunâtre, lisse, à lirelles pressées et de formes variées, ayant un bord propre élevé, un bord thalloïde presque nul et le disque prui- neux. Un échantillon à peu près semblable a été récolté sur un Aulne i 7 2 JOURNAL DE BOTANIQUE dans le bois Maingray à Saint-Gilles, le thalle en est plus gris, les lirelles moins pressées, les unes radiées, les autres courtes ou très lon- gues, droites ou flexueuses. a Sur des Pins de Normandie dans le bois de Soulles, une autre forme à thalle blanc, à lirelles élevées au-dessus du thalle, la plupart simples, quelques-unes à i ou 2 rameaux, ûexueuses ou courbées, recouvertes des deux côtés par un bord thalloïde mince et lisse, qui ne laisse apercevoir qu'une étroite fente de l'épithecium. 3 Sur un Sycomore dans le bois de Saint-Gilles, une forme à thalle très inégal, et à Huiles à peine visibles. Puis d'autres échantillons récoltés sur des Hêtres à Canisv (ferme de la Ménagerie) et sur des Pins de Normandie du bois de Soulles, lesquels présentent sur le même exemplaire plusieurs des formes énu- méréés ci-dessus, ou ont un thalle dont la couleur s'éloigne de celle de ces formes, par exemple glaucescent, ardoisé, etc. vivre. 1 CHRONIQUE. La Société botanique de France en Algérie. La Société botanique de France tient actuellement, en Algérie, sa session extraordinaire annuelle. Notre collaborateur, M. Sauvageau, a eu l'aimable atten- tion de nous adresser, pour nos lecteurs, un compte rendu de la première partie de cette session que nous nous empressons de leur communiquer. La session est ouverte à Alger, le samedi 16 avril, à _• heures, par une tnce que préside M. A. Châtia, membre de l'Institut, qui donne tout d'abord la parole à M. Guillemin, maire d'Alger. Celui-ci, dans un discours empreint d'une chaleureuse sympathie, souhait'- la bienvenu - hôtes et rend hommage à la science et à l'intrépidité des botanistes algériens, MM. Pomel, Mares, Battandier, Trabut. Puis M. ( hatin prend la parole. Apres avoir remercie M. le maire d'Alger de sa bienveillante hospitalité, il adresse quelques paroles d'adieu à ses compagnons d'excursion d'autre- i et trace magistralement le tableau des fructueuses récoltes <|ue ses mpagnons d'aujourd'hui se préparent à taire dans la région de. Biskra; lui-même est venu continuer ses intéressantes recherches sur les Terfez. Son discours a tout l'entrain et la verdeur de la jeunesse. On procède ensuite à la constitution du bureau spécial de la sessi nt nommés à l'unanimité : présidents d'honneur, MM. Pomel et Mares; président, M. Battandier; vice-présid :nt, M. 1 rabut; secrétaire, M. Hérail; secrétaires-adjointe, MM. Arbost, Neyraut et Sauvageau. M. battandier, en prenant possession du fauteuil de la présidence, fait un très int- ressant historique de la Botanique algérienne. 11 retrace, avec la grande compétence que lui ont acquise de longues années d'études, les Chronique. 1 73 fructueux voyages de Thomas Schaw, de Desfontaines et de Poiret. On regrette que son historique s'arrête à une époque un peu éloignée, mais sa modestie l'empêche de parler des explorations plus récentes auxquelles il a pris une part si importante. Puis, avec un esprit scientifique des plus élevés, son fidèle collaborateur, M. Trabut, montre dans un aperçu rapide le rôle que doit jouer la Bota- nique dans l'accroissement de la fortune publique en Algérie. Les régions naturelles de la colonie, si variées au point de vue du climat et de la na- ture du sol, réclament des cultures appropriées à chacune. Des études pré- cises de géographie botanique, de morphologie et de physiologie végétales, dicteront les règles d'une exploitation rationnelle et diront quelles sont, parmi les espèces et les races indigènes ou étrangères, les meilleures à sélectionner dans l'intérêt du pays. Quelques-uns des membres partent pour Biskra le dimanche, sous la direction de M. Trabut; les autres partent le lundi, conduits par M. Battan- dier. En quittant Alger, on traverse la plaine de la Mitidja, parsemée de bouquets d'Eucalyptus ; ces Myrtacées australiennes se trouvent à peu près toutes réunies (120 espèces) dans la propriété Cordier, près Maison- Carrée, que l'on aperçoit du train. Les Acacias australiens, couverts de fleurs, forment sur tout le parcours de la voie une végétation superbe. Après avoir traversé une région très fertile, couverte de vignes et de cé- réales, on aborde, vers Reghaïa, les forêts de Chêne-liège, qui se conti- nuent sur le littoral jusqu'au cap Bon, couvrant un espace de près de 400.000 hectares. On traverse le chaînon du petit Atlas, et à Ménerville, entrée de la Kabylie, la vallée de Tisser s'étend au loin, bordée par les contreforts de la chaîne du Djurjura et boisée, par des peuplements impor- tants d'Olivier et de Caroubier que l'on cesse d'admirer vers Beni-Mansour où on côtoie une vaste région plantée de Pins d'Alep qui se prolonge vers le Sud jusqu'à Aumale. Sous le couvert du Pin d'Alep et du Juniperus phœnicea, l'Alfa devient abondant; puis on s'élève jusqu'à 1100 mètres pour atteindre les immenses plaines de la Numidie où, pendant douze heures de chemin de fer, on n'aperçoit aucun arbre, mais des champs de céréales et de pâturages. Les plantes caractéristiques sont les Oihonna cheirifolia, Rétama sphœrocarpa, Diplotaxis erucoides, Plantago albicans, Centaurea acaulis, Cordylocarpus muricatus^, Moricandia arvensis. Après avoir avancé à l'Est jusque vers El Guerrah, on se dirige vers le Sud. Le Chott Mzouri et les territoires avoisinants offrent une remar- quable réunion des Chénopodiacées caractéristiques des terrains salés. On effleure vers 1000 mètres la région forestière du massif de l'Aurès, puis on redescend dans les steppes désertiques jusqu'à El Kantara, où apparaît brusquement la première oasis avec une colonie de plantes sahariennes telles que Lonchophora capiomoutana, Diplotaxis pendula, Cleome arabica, Reseda Aucheri, Deverra chlorantha, Salvia zegyptiaca, Rumex vesicarius, Anabasis articulata. Depuis le col de Sfa on aperçoit l'immensité du Sahara parsemé d'oasis. Enfin voici Biskra. L'entrée des membres de la Société se fait bruyam- i7+ |OURN \L DE BOTANIQUE ment, aux sons d'une nouba (musique indigène) qui les attendait à la gare et les accompagne jusqu'aux hôtels, sous le couvert de magnifiques Gom- miers du Sénégal. Mercredi ao avril. — Le matin, séance dans la grande salle de la mairie de Biskra, élégamment décorée par de gigantesques t uilles de Dattier qui produisent le meilleur eff -t. Les membres de la Société présents sont : M. Andn ae, M. et Mme Ar- bost, MM. Battandier, Bazille, Bazot, Billiet, Am. Bornet, Cadix, Chatin, l'abbé Chevalier, Constant, Doumet-Adanson, Douteau, Dumée, C.crbcr, le D r Gontier, Gravis, Guignard, Hanriot, Hérail, Howse, de [aczewski, le D r Lieutaud, Lombard-Dumas, l'abbé Marcais, Motelay, de Nanteuil, Neyraut, Em, Olivier, Orzeszko, Peltereau, Poisson, M. et Mme Rouy, MM. Sauvageau et Trabut. Parmi les autres personnes assistant à laséance on remarque M. Sardon, adjoint au maire, et le colonel l'ont, commandant supérieur du cercle de Biskra, qui sont invites à prendre place au bureau, et en outre le capitaine Farge, chef du bureau arabe, le capitaine Baron- nier, commandant la compagnie de discipline, le caïd ben Gana, M. Co- lombo, ex-directeur de l'Ecole française-arabe de Biskra, Si Lekal ben Si Belkassen, grand propriétaire d'oasis, Hou Medien ben Hafiz, pharmacien, qui s'est beaucoup occupé de l'organisation delà session, M. Bonet de Bar- celo, correspondant de l'agence Havas, etc. M. Battandier remercie les autorités civiles et militaires de leur bienveillant accueil. M. Sauvageau lit une communication de M. Guinier, La \ étation sous le couvert des arbres, et M. Poisson une autre de M. VlLBOECHEWlTCH, Sur les cultures possibles des marais salants, MM. Hait mdier, Trabut, Dou- met-Adanson, Poisson, Rouy, font à ce sujet quelques observations sur la culture de la Betterave, de l'Asperge, des Tamarix articulata, Aca< cyanophylla, A. iortilis, .1. vera rapporté autrefois du Sénégal par Fai- dherbe, du Ficus Sycomorus, des différentes espèces d'Eucalyptus, etc. Cette intéressante discussion se termine, sur la proposition de M. Trabut, par l'adoption unanime du vœu suivant : Des études de Botanique appliquée seront poursuivies avec méthode sur tout le territoire de l'Algérie, pour assurer le plus tôt possible l'utilisation complète d'un sol qui peut devenir fertile par l'introduction et la culture de végétaux trop rares ou trop négligés. On entend ensuite les communications suivantes : de M. Bâti wimik, Des principes chimiques des végétaux au point de vue ::• •nantie botanique ; de M. TRABUT, I° Sur la germination du Cocos nucifera; Sur la réparliliou des Festuca de la section ovina dans les massifs montagneux de l'Algérie,' 3 Sur la dehiscence du 'rai! t Eu ilyptus. A ce propos l'auteur appelle l'attention de la Société sur la collection Cordier et, sur sa r >ition, l'assemblée émet à l'unanimité le vœu que le Gou- rnement assure la conservation de la collection Cleo- me arabica, Linaria fruiicosa, Phelipasa violacea, P. lutea, Forskalea tenacissima, divers Aristida et de nombreuses Salsolacées désertiques. Jeudi 21 avril. — Fontaine chaude (Aïn-Salahin). Beaucoup de plantes de la veille; en outre, notamment, Euphorbia Guyoniaua, E. calyptrala, Bubania Fœi, Statice pruinosa, Franckenia thymifolia, Tamarix pauciovu- lala, Ruppia marilima. On ramasse de nombreuses Algues dans la fontaine chaude. L'après-midi, excursion au Jardin Landon et à l'oasis de Biskra. M. Landon de Longeville a réuni dans un coin de l'oasis de nombreux végétaux delà flore tropicale : Ficus nitida, F. religiosa, Bctnibusa divers, Palmiers, Lataniers, Sysygium jambolauum, Casuarina Cunninghainia, Grevillea robusta, Acacias divers. Dans les jardins de l'oasis, sous les Palmiers, croissent Figuiers, Oliviers, Orangers, Grenadiers, Vignes et de nombreux légumes d'Europe, dont le capitaine Baronnier possède, dans son jardin, les meilleures races de la plus belle venue. Le soir, en l'honneur de la Société, au village nègre de Biskra, à la lumière des lanternes vénitiennes, bamboula et danse du sabre offertes par la municipalité, et retour avec accompagnement de la nouba jusqu'au quartier des Ouled-Naïl. Vendredi 22. — Excursion à Aïn-Oumach, à 10 kilom. au Sud de Biskra. Cette excursion a surtout pour but l'étude de la flore des sables. En sortant de la ville nous laissons sur la gauche l'ancien jardin d'essai de 176 JOURNAL DE BOTANIQUE Beni-Mora, malheureusement abandonné aujourd'hui. Plus loin la route passe au pied de la montagne de sable , où une herborisation de quelques instants nous permet de recueillir une bonne partie des 'plantes des jouis précédents et de plus : Neurada frocumbens, Pennisetum dîchotomum, ilus Gitmbo, Scrophularia Saharss^ Calligonum comosum, Aristida pungens Drinn des Arabes), Dantkonia Forskalei, Asphodelus pendultnus^ Lygeum Spartum, Rétama Retam, Cyperus conglomérat us, Echiochilon fruticosnm, Megastoma pusillum, Orlaya maritima, etc. A l'Aïn-Oumacb, Erianthus Ravennae en abondance, Rhanterium snaveolens, Imperata cylin- drica, Juncus mariiimus, Adiantum Capillus Veneris, etc. Malgré une chaleur accablante, quelques membres abordent un ma montagneux nu nord de la fontaine et récoltent : Chloris, Pappopkorum, Digitaria commutât a, Panicum Teneriffoe, Globularia vesceritensis, CelsLt Bal!!!, Argyrolobium Saharse, Rhus lycioides, etc. Samedi 33. — Repos, excursions diverses et facultatives. . / 1 -livre.) La Société botanique italienne convoque les botanistes à un Congre nique inU-rualiiin.il qui se tiendra à (uns du 4 au 11 septembre prochain, à l'occasion des fêtes par lesquelles cette ville se prépare à célébrer le quatrième centenaire de la d te de l'Amérique par Christophe Colomb. Les commu- nications et les demandes relatives à ce congrès doivent être adn à M. le Professeur O. Penzig, à l'Université de t.énes. CORRESPONDANCE. Au moment de mettre ce numéro sous presse, nous recevons de M. IL Hua la lettre suivante : Mon cher Directeur, |e reçois le n" 12S du Bulletin mensuel de la Société Linnéenne de Paris (séance du 20 avril 1892), où, dans une seconde Note « Sur la floraison du Paris », M Dutailly reconnaît, à la suite d'observations nouvelles, l'inexactitude de l'interprétation donnée à ses observations du mois d'août dans une Note précédente II avait cru alors pouvoir affirmer l'existence d'une cyme de fleurs mettant chacune plusieurs années à évoluer. Ses conclusions actuelles étant tout oj -, et identiques aux miennes dans la Note publiée par le Journal de I S< itani- que, je vous demande de vouloir bien insérer ces quelques m< itsafin de permet; l 'S lecteurs qui ne se reporteraient pas au Bulletin delà Société Linnéenne de ne plus attribuer à un observateur justement estimé une erreur qu'il a lui-même reconnue au moment oit je la com- battais ici. Je vous prie, • Le Gérant : Louis Mokot. Paru — J Uerscli, irnp. ii, PI. DcnfcrURocticreau. 6" ANNEE. N° 10. 16 MAI 1892. WMWWW> *»j»»---»j»»»a. ..-,»».»»-,»».»». .----------.. ^.. -----. » | - | - || » | [ - [[ - || J1 | - [| - 1 -^^^p^ ^ _ nn ^j^nj-i^^- u -t^n_-j-u^ru i -Lj- i j%ruTj\/v>jxjX%/0\j^ ^ JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. ETUDE SUR LE GENRE EUSTICHIA (BRID.) C. MUELLER Par M. Emile BESCHERELLE. Bridel a créé (1) dans le genre Phyllogoniuni deux sections comprenant, l'une, les Phyllogonium à pédicelle court (brevi- setaj, l'autre, sous le nom âHEustickta^ les Phyllogoniuni à pédi- celle allongé (lougiseta). Nous laisserons de côté la première section composée de Mousses pleurocarpes qui continuent d'être rangées dans le genre Phyllogoniuni. Nous nous occuperons seulement dans cette Note de la deuxième section, qui renferme deux espèces de Mousses acrocarpes, Y Eustichia longirostvis dont la fructification était connue de Bridel et Y Eustichia norvé- gien qui n'a été trouvé en fruit qu'en 1883. Cette dernière ne figurait donc à la suite de la première espèce qu'en raison de la disposition distique de ses feuilles, puisqu'on ignorait si la capsule était supportée par un pédicelle court ou allongé, et si elle était pourvue d'un péristome comme YE. longirosiris . Depuis, M. Ch. Mueller (2) a constitué à l'état de genre spécial la section Eustichia de Bridel et a donné à ce genre les caractères suivants « theca basilaris latevalis stviata... Pevis- tomium simplex », qui sont propres à YE. longirostvis Brid. et ne pouvaient être appliqués à YE. novvegica dont la fructifica- tion était encore inconnue. Les auteurs du Bvyologia européen estimant que les deux espèces en question ne sauraient appar- tenir au même genre, sans s'occuper de YE. longivostvis, étran- ger à la flore européenne, ont créé pour la dernière le genre Eustichium et c'est sous ce nom que figure YE. novvegica dans le Covollavium (p. 37) et dans la première édition du Synopsis Muscovum de Schimper. Dans la deuxième édition, publiée en 1876, le nom & Eustichium est abandonné et Schimper reprend 1. Bryologia univer salis, II, p. 674. 2. Synopsis Muscovum, I, p. 42. 178 IOURN \l DE BOl ANIQUE celui $ Eustichia sans donner aucun motif. On doit remarquer d'ailleurs qu'entre les deux éditions du Synop is de Schimper, M.W.Mittenj i i avait créé le genre Bryoziphium pour l' Eustichia norvégien, en laissant Y E. longirostris dans le genre Eustichia. I depuis, on a découvert aux. Etats-Unis d'Amérique YE. nor- •giica en fructification ci M. le D 1 Savatier a rapporté du Japon une espèce voisine quia été décrite par M. Husnot (2) sous le nom d'Zs\ Savatieri. Ces deux espèces ont un pédicelle court et la capsule terminale est gymnostome. Dans cette situation, on doit se demander si ces deux espèces doivent continuer de taire partie du genre Eustichia . Cela ne nous parait pas possible. In effet, en créant sa section Eustichia, caractérisée j >ar îles capsules péristomées portées sur un pédicelle allongé, Bride! n'avait en vue que YE. longirostris , qui se trouve dans ce cas. M. Charles Mueller, en prenant les deux espèces de Bridcl pour en former son genre Eustichia, ne s'est préoccupé que de YE. longiros- tris (la diagnose générique citée plus haut en est la preuve) et il est certain que l'auteur n'aurait pas maintenu YE. norvégien dans le même genre que YE. longirostris s'il en avait connu la fructification. Par suite le genre Eustichia ne devrait comprendre que VI:. longirostris. C'est ainsi que C. Montagne l'avait pensé en créant le genre Diplostichium pour cette dernière espè< e. Mais depuis, M. Ch. Mueller, dans son Synopsis, M. W. Mitten, dans Musci austro-americani, n'ont pas admis le genre Diplos- tichium, en sorte que le genre Eustichia continue d'exister, mais X/:\ îiorvegica à capsule gymnostome ne saurait à aucun titre y demeurer, étant donnés les caractères impi lîridelet M. Ch. Mueller à la section et au genre Eustichia. Il convient donc d'admettre le genre Bryoziphium Mitt. qui comprendrait à la fois Y Eustichia ,. ,. gica (Brid.) C. Mueller, Y Eustichia Savatieri Husnot, et une espèce nouvelle du Mexique. Ceci étant donné, quelle place le genre Bryoziphium doit-il occuper dan i la nomenclature ? En ne considérant (pie les organes végétatifs et la position de l'inflorescence, :ères seuls connus alors, Schimper (3) a !.. 2. : 3ryolog. europ. E. Bescherelle. — Sur le genre Eustichia (Brid.) C. Maeller. 179 formé pour YE. nowegica la famille des Eustichiacées, intermé- diaire entre les Pottiacées et les Tétraphidées. Dans la première édition de son Synopsis Muscorum, cette famille disparaît et le genre Eustichia, sous le nom di Eustichium, prend rang dans la famille des Distichiées, entre les Pottiées et les Cératodontées ; l'auteur ajoute toutefois : genus quoad loctim systematicum dubium, foliatione Distichio proximum. M. Ch. Mueller (1. c.) adoptait cette manière de voir, mais il insérait la tribu des Disti- chiacées entre les Drépanophyllées et les Fissidentacées. M. Mitten allait plus loin encore : il plaçait alors le genre Eusti- chia [Bryoziphium) dans la tribu des Skitophyllées (Fissidenta- cées auci). Schimper ne tarda pas à revenir à sa première idée et, dans la deuxième édition de son Synopsis, il introduit sa tribu des Eustichiacées entre les Distichiacées et les Pottiées, avec cette réserve prudente : tribus quoad lociim systematicum dubia. Lesquereux et James (1) de leur côté, quoique connais- sant la fructification de Y E. norvegica, n'hésitent pas à placer le genre Eustichia dans leur sous-tribu des Cératodontées, à côté du genre Distichium. Dans un récent mémoire sur les Mousses et Hépatiques du Japon (2), M. W. Mitten, eu égard à divers caractères tirés notamment des feuilles supérieures et de la lon- gueur démesurée des anthéridies, déclare que les espèces du genre Bryoziphium seront mieux placées auprès de Y Angstro'émia vulcanica que des Fissidentacées et de fait, quoique dans son Mémoire les familles ne soient pas indiquées, il classe le dit genre en tête de son énumération, à côté des genres Ditrichum Timm., et Dicranella Sch. Les Bryoziphium sont actuellement caractérisés par des feuilles caulinaires distiques, ailées sur le dos, des fleurs dioïques terminales entourées de feuilles très longuement atténuées, des capsules gymnostomes ovoïdes portées sur un court pédicelle courbé en col de cygne avant la sporose et recouvertes en partie d'une coiffe cuculliforme, entière à la base. Ces Mousses se rapprochent d'une certaine espèce du genre Angstro'êmia par la forme des feuilles florales et le tissu des feuilles caulinaires ; des Campylopus par la capsule ovoïde et le pédicelle courbé avant l'évacuation des spores, tortillé- dressé après ; des Dicranodon- 1. Manual of the Masses of North America, p. 94, 1884. 2. On the species of Musci and Hepatica? recorded from Japan, 1891. i8o JOURNAL DE BOl VNIO.UE tium par la capsule lisse, le pédicelle arqué et la coiiïe entière; des Leucoloma parle réseau cellulaire de la marge des fouilles. Elles paraissent donc devoir être placées dans la tribu des Weis- iacées Schimp. et constituer une famille distincte voisine des Dicranées, et comme la famille des Eustichiacées ne saurait sur- vivre à l'ancien genre Eustichitltn ou Eustickia Sch., nous pro- posons de donner à cette petite et très intéressante famille le nom de Bryoxiphiées. Les Bryoxiphium sont des Mousses acrocarpes qui vivent en société dans les ravins et les grottes, sur la paroi verticale om- bragée de rochers siliceux, et c'est sans doute par suite d'une fausse indication du collecteur que Bridel (/. £.), d'après Des- vaux, dit que V Eiisli'chia norvegîca de Norvège a été récolté in solo limoso. De couleur vert émeraude pâle étant jeunes, ces Mousses deviennent roussâtres en vieillissant ; leur tige, filiforme à la base, va en s'élargissant au sommet et c'est sans doute à raison de leur ressemblance assez éloignée avec une lame de poignard renversé que M. Mitten a donné au genre le nom de Bryoziphium qu'il conviendrait mieux d'écrire Bt yn.xiphiitm du grec (Jptfov, mousse, et £C(po. norvegit um y de 20-25 dans le B. Savaticri, sont très allongées, presque cylindriques, portées sur un pédicelle très court, et entourées d'une dizaine de paraphyses filiformes plus courtes de moitié ou des deux tiers. Les BryoxipJuum sont spéciaux à l'hémisphère boréal. Le B. norvegicum , découvert pour la première t'ois par Wahl en Islande, l'a été depuis aux États-Unis par Sullivant et I.esquereux et c'est sans doute par suite d'une confusion dans les étiquettes que Desvaux l'a envoyé à Bridel comme venant de Norvège (d'où son nom spécifique), car aucun des bryologues très experts ne l'a trouvé, ni là ni ailleurs, en Europe. Le B . mexicanum n'a été vu qu'au Mexique et encore avec des inflorescenc s miles seulement. Le B. Savaticri a été récolte par le D'Savatier au sud du Nippon et par M. l'abbé Faurie au nord de cette il dans l'île d'Yéso où elle serait assez commune même en fructifi- cation. Schimper, qui a eu entre les mains des échantillons de toutes ces localités, moins ceux de M. l'abbé Faurie, a imposé le nom ftEustichia norvegica aussi bien à la plante du Mexique qu'à celle qui provenait des récoltes du 1) Savatier. Pour lui il n'y avait qu'une seule espèce. Le port de la plante, la disposition des feuilles sont en effet identiques et au premier abord on est tout disposé à admettre l'opinion de Schimper. En y regardant de plus près, même en n'envisageant que les mes d'ordre végétatif, on trouve cependant trois types dis- tincts dans la forme des feuilles caulinaii "< Dans le premier type, que l'on peut considérer comme le plus parfait, les feuilles sont toutes, dès la base de La tige, ovales- lancéolées, cuspidées, et la marge est formée de plusieurs séries de cellules allongées, très étroites, hyalines, rappelant un E. Beschekeixb. — Sur le genre Eustichia (Brid.) C. Mueller. 183 peu la marge foliaire des Leucoloma ; c'est ce type qui est repré- senté au Mexique et que nous nommons B. mexicanum. Dans le deuxième type, toutes les feuilles, même les infé- rieures, sont, par suite d'un arrêt de développement, brusquement arrondies-denticulées au sommet et dépassées longuement par la nervure ; la lame dorsale de celle-ci est plus développée que dans le n° 3 ; c'est le type que l'on rencontre dans tout le Japon et que M. Husnot a nommé Eiisiichia Savatieri. Entre ces deux types extrêmes, il existe un troisième type intermédiaire, dans lequel les feuilles inférieures sont obtuses, brièvement acuminées, à aile dorsale très étroite, à nervure disparaissant avant le sommet, lequel prend la forme d'unacumen crochu; les feuilles moyennes s'allongent un peu, deviennent presque lancéolées, la lame dorsale s'élargit et forme avec le prolongement d'un des côtés du limbe de la feuille une sorte de lameapicale denticulée et énerve. Ce type est celui de l'Amérique septentrionale, c'est X Eusticlu'a norvegica de Bridel, Schimper et Ch. Mueller. On peut donc, d'après ce qui précède, admettre ces trois types comme espèces distinctes et c'est ainsi que nous avons envisagé la question dès le début de la présente Note que nous terminons par la description des espèces du genre Bryoxiphium. Fam. BRYOXIPHIE^E. Plantse caulescentes, simplices. Folia complanata, disticha, alis subcomplicatis costa dorso in laminam angustam apicem versus plus minus producta ; antheridia elongata, archegonia longistyla. Flores terminales, dioici. Capsula gymnostoma, exannulata, globosa, obova- tave, pendula. Calyptra cucullata, basi intégra. Gen. Bryoxiphium Mitt. Musci dense gregarie cespitantes, simplices, interdum ad innovatio- nes parce et irregulariterramosi. Folia elongate ovata, imbricata, dis- ticha, costa plus minus excedente dorso alata. Flores dioici, gemmacei, terminales. Calyptra cucullata mediam capsulam vix obvolvens. Cap- sula inpedicello curvato demissa, gymnostoma; operculo brevirostrato. Phyllogonium-Eustichia Brid., Bryol. univ.^ II, p. 674. Eustichia C. Muell., Syn., I, p. 42; Schimp., Synops., Edit. II; Husnot, Revue bryol., 18S3, p. 85; James et Lesquereux, Manual of the Mosses of North America, 1884, p. 94. iH4 JOURNAL DE BOTANIQUE EusHchium, Bryol. europ.} Schimp., Coroîlarium, p, 37, et Synops. Editio I, p. 42. Bryociphium Mitten, Musci austro-amer., p. 580; id., (?// the Speciesof Musci an i Hepaticss recorded front Japon, [891. 1. Bryoxiphium norvegicum Mitt. Fissidens imbricatus Desv. Mss., in Hridel, Bryol. univ. Phyllogonium Eustichia norvegica Brid., Br, unir., II, 674. Eustichia norvegica C. Muell., Synops., I, 4-' ; Schimpêr, Synops., Editio a (1876); James et Lesquereux, Manual 0/ Hic Mosses of North A me ri ,94. EusHchium norvegicum, Bryol. europ., Coroltar.. p. 37; Schimper, Synops., Editio 1 (1860). Bryosiphium norvegicum Mitt., Musci austro-amer . (1869), 5 Dioicum, consociatim gregarium. Caules plus minus longi (2-3 cent.) complanati, cum foliis vix 1 mill. lati, simplices vel innova- tionibus raris interdum Lrregulariter ramosi, subflexuosi, basi ! >i:ll >osi radicantes arcte adhaerentes ut fasciculati. Folia caulina erecta dense conferta, distieha, imbricata, rigida, elongato-oblongà, inferiora bre- viter apiculata, juniora smaragdino-viridia nitentia, senectute fusccs- centia et straminea, costa infra apiceni integrum evanida dorso superne parce alata; folia média longius acuminata et cuspidata latins alata subserrulata, cellulis ad costam quadratis chlorophyllosis ad margines rectangularibus anirustioribus. Perichaetium terminale diphyllum foliis cxternis comalibus plus minus longis loricatis cinctum, foliis perichaetialibus elongate ovatis concavis sensim .lanceolatis in cuspidem longissimam flexuosam fus- cescentem angustam denticulatam desinentibus, costa continua doi a basi ad summum usque anguste alata cum uno latere folii continua laminara apicalcin simulante. Archegonia gracilia longistyla paraphy- sibus duplo brevioribus. Planta mascula feminae similis infra perigo- nium innovaus; perigonio diphyllo saepe proliféra ; folia perichaetiali- bus similia 1 magis concava basi breviora ; antheridia magna para- physibus brevioribus cincta. « Capsula (1) in pedicello brevi Qexuoso « 2 mill, longo et ovata obovatave llavida, ore rubro, obliqua vel liori- « zontalis, gymnostoma; operculo basi rubro oblique 1 una cum t columellae parte superiore deciduo. Calyptra ampla, cucullata ad 3 4 « longitudinis lissa, stylidio llexuoso fere calyptram aequantc termi- « nata. » Distribution géographique. Europe: Norvèg< ? III». Desvaux, fide Bridel) ^localité suspecte], l. Traduit librement de la dinçtiose donnée dans le Manual de [âmes et Les- quereux {loco citaio). E. Bescherelle. — Sur le genre Eustichia (Brid.) C. Mueller. 185 Amérique boréale : Islande, $ stérile (Wahl.). Amérique septentrionale : Kentucki méridional (Sullivant et Les- quereux, Exsiccata n° 163, 2'' édit.) ^; Middle Ohio (Sullivant, 5 sté- rile) ; sur les rochers dans la rivière Visconsin près de Kilbourne, Vis- consin (Miss Elisabeth G. Knight, juillet 1SS3, Ç avec capsules, oper- cules et coiffes). 2. Bryoxiphium mexicanum Besch. Bryoziphium norvegicum Mitt., Musc, austro-amer., 1869, p. 581). Eustickium norvegicum Sch., in Muscis Liebmann ; Bescherelle, Pro- drom. bryolog. K',exic, 1891, p. 29. B. norvegico habitu valde simile; caules straminei nitescentes longiores (30-40 mill.) ; folia circiter 40 juga, etiam inferiora magis acu- minata, haud obtusa, cuspidata, média longius acuminata, superiora cuspidata costa dorso latius alata lamina dorsali a basi fere producta, folia perigonialia longiora denticulata. Planta mascula tantum nota. Distribution géographique. Amérique centrale : Mexique, Lieb- mann (Hb. Schimper); vallée de Mexico, forêt de la Desierta vieja, 7 e 1869 (Bourgeau, n° 1333, $) 3. Bryoxiphium Savatieri (Husn.) Mitt. Eustichia norvegica Schimp., in Musc. Savatier. Eustichia Savatieri Husnot, Revue bryolog., 1883, p. 85. c. icon. Bryoziphium Savatieri Mitt., Musci and Hepaticx from Japan, 1891, P- 154- Habitu praecedentibus simile. Cespites laxi e viridi-fuscescentes subnitentes. Caules 1-4 cent, longi, simplices raro innovationibus 1-3 irregulariter divisi. Folia caulina etiam infima apice abrupte rolunda, subemarginata, conferta, arcte imbricata, compressa, humore haud mutata, elongate ovata, latiova et breviora, limbo uno latere secundum costam continuo, costa lata a basi dorso alata infra apicem evanida ; folia superiora ovato-lanceolata-Zo^/^j cuspidata, loricata, costa con- tinua latius alata cum apice finiente, ala e parte folii angustiore denti- culata. Perichaetium diphyllum foliis comalibus 3-5 longe aristatis cinctum; folia perichaetialia elongate ovato-lanceolata erecta longis- sime cuspidata superne serrulata, costa longissima sinuosa. Archegonia pauca longistyla paraphysibus nonnullis brevioribus. Capsula in pedicello brevi (3-4 mill.) erassiusculo eurvato post sporosin tortili erecto subsphserica et ovata, regularis, microstoma, pendula, horizon- talisve, evacuata inclinata erectave, brunnea, subvernicosa, laevis ; operculo brevi curvirostre. Peristomium O. Calyptra minuta, cucullata, longe fissa, ad tertiam partem capsulae descendens, basi intégra apice i86 (OURNAL DE BOTANIQUE rufesccns, stylidio haud persistente. Spora- laeves o mm. 015 ad o mm. 01 S. Planta mascula feminea gracilior, [5-20 mill. longa, plerumque sim- plez interdum e centro perigonii proliféra vel innovationibus paucia infra perigoniura antiquum ramosa. Folia caulina 20-30 juga lis planta; feminese similia sed longius et latins apiculata, dentata. Perigonium triphyllum t gemmaceum terminale, foliis ovatis subito in cuspidem ala- tam nodoso-denticulatam sinuosam 8-12 mill. longam protracta; costa crassa a basi ad apicem usque dorso alata. Antheridia 20-25 perlonga (o mm. 1 15 ad omm. 120) paraphysibus dimidio brevioribus cylindricis cincta. Distribution géographique. Asie, Japon : Nippon sud, environs d'Yokoska près d'Yokohoma, J et $, capsules avec ou sans opercule (D r Savatier, n° 14S) ; Kohe et Kioto, près de Osaka et sur les bords de la route dite Tokaido (expédit. du Challenger 1875^ Nikko (J. Bis- set [879, 1887-1888, avec de vieilles capsules déoperculées en septem- bre) ; près du temple du Yégas, prés de Nikko, 1 décembre [888 (D r Pi< >- trowski, hb. de Poli) 2 capsules déoperculées. Nippon Nord : Montagne d'Aomori, sur les pierres humides dans les grottes et les ravins, C. C M novembre [886, abbé Faurie, n" 192 avec capsules décpcrculécs etn" [85, 5; rochers humides et grottes Mil- les montagnes de Monbetne, 29 juillet 18S7, capsules avec opercules et coiffes (abb. Faurie, n" 818); mai [889 n° 3524, è); montagne de Ilakkoda, 5 juillet 1SS6, vieilles capsules (id., n° 824); montagne de Shari, rochers humides, 4 juillet 1890 (id., n° 5523, 5 anthéridies pleines). Ile d'Yéso : près d'Otaru, port de mer situé à 1 10 lieues de l'Ouest de Hakodati, 24 avril [885, avec opercules (id. n° 180), même localité, 27 décembre [885, V stériles (id., n° 72) et 80 £. Obs. 11 paraît ressortir des indications qui précèdent que la fécon- dation aurait lieu au milieu de l'été (n° 5523) et que la maturation des spores s'opérerait, suivant la température et l'altitude des localités, de la fin d'avril à la lin de juillet de l'année suivante (n 01 [80-818); à l'au- tomne et en hiver on ne trouverait plus que des capsules déoperculées et vides (n° 192). M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 187 LES LÉGUMINEUSES DE L'ECUADOR ET DE LA NOUVELLE-GRENADE DE LA COLLECTION DE M. ED. ANDRÉ ( Suite) Par M. M. MICHELI. CALOPOGONIUM. C. cseruleum Desv. in Ann. se. nat. sér. 1, IX, p. 423. N. Gr. secus ripas flum. Cauca, ait. 1000 met., apr. 1876 (n. 1625) E. A. Espèce répandue dans l'Amérique tropicale et fréquente dans les herbiers. C. racemosum sp. n. (PI. VII.) Suffruticosum, volubile vel procumbens, adpresse et reverse stri- goso-pubescens, inflorescentia longe racemosa, calycis tubulosi laci- niis tubo et corolla brevioribus. Tab. VIL — 1, ramulus cum inflorescentia; 2, flos sub anthesi; 3, calyx; 4, calyx expansus; 5, vexillum; 6, ala; 7, carina; 8, stamina; 9, ovarium. — Fig. 1 magn. nat., 2-9 raagn. aucta. Caules graciles, volubiles vel decumbentes, pilis reversis adpressis obsiti. Stipulas minimae, setaceae. Petiolus communis 3-4 cent, longus, reverse puberulus. Stipellae minimae, setaceae. Foliola ovafa vel lanceo- lato-ovata, basi rotundata, apice sensim acuminata, acuta, membra- nacea, superne glabra, subtus praecipue ad nervos adpresse puberula, terminale distans, 6-7 cent, longum, 2-3 cent, latum, lateralia paullo minora. Racemi axillares, graciles, 25-30 cent, longi, usquead basim floriferi, fasciculis inferioribus 5-6 floris, superioribus 3-4, omnibus remotis. Bracteae et bracteolae setaceae. Flores parvi sub anthesi pedi- cellis 5-6 mill. longis fulti. Calyx tubulosus, 5-6 mill. longus, adpresse puberulus, laciniis 5 setaceis, tubo brevioribus duabus summis, basi connatis. Vexillum 9-10 mill. Jongum, longe unguiculatum, lamina fere orbiculari, emarginata, basi utrinque inflexo-appendiculata. Alae vexillum aequantes, longe unguiculatae, lamina oblique ovata, basi adpresse auriculata. Carina fere recta, obtusa, alis paullo brevior. Stamen vexillare a basi liberum. Ovarium sessile, glabrescens, stylo elongato, incurvo, infra apicem sensim incrassato. Legumen non vidi. Ab aliis speciebus racemo longiore et foliorum forma distincta. N. Gr. in declivitate Andium bogotensium, ait. 1260 met., jan. 1876 (n. 960) E. A. Je rapporte également à cette espèce un échantillon récolté au Vene- zuela par Funck, n. 414, herb. Kew. 188 JOURNAL DE BOTANIQUE GALACTIA. G. rotundifolia sp. n. (PI. VIII). Volubilis, glabrata, foliolis obcordatis, tcrminali parum distante, racemis folio vix longioribus, paucifloris, calycis puberuli laciniistubo brevioribus. Taô. 17//. — i, ramus cura inlloresccntiis; 2, alabastrum; 3, flos sub anthesi ; 4, calyx expansus; 5, vcxillum; 6, ala; 7, canna; 8, sta- mina ; 9, ovarium. — Fig. 2-9 magn. aucta. Caulis gracilis, volubilis, metralis, striato-canaliculatus, brevissime puberulus. Stipula; parvae, setaceae, eaduca?. Petioli 2,5-3 cent, longi; stipellae minimae, setaceae. Foliolum terminale a lateralibus 7-8 raill. distans, late obeordatum, emarginatum, tenuiter membranaceum, utrinque glabrescens, a basi trinervium ; Jateralia paullo inaequilatera. Raccmi axillares, graciles, folia aequantes vel vix superantes, ad api- cem pauciflori, ûores parvi sub anthesi mitantes, breviter pedieellati. Bractcos setaceae, cito deeidux-; bracteolas non vidi. Calyx circa 2 raill. longus, laciniis 4 lanceolatis, tubo brevioribus. Vexillura rotun- datum, marginibus acute appendiculatis, nec inflexis, 5 min. longum. Àlae ovatae, cravata', hinc auriculatae, vexillo paullo breviores. Carina oblongo-falcata, obtusa, alas paullo superans. Stamen vexillare a basi liberum. Ovarium pluriloculatum, glanduloso-pubescens, stylo gracili. Legumen non vidi. G. molli e Texas proxiraa ; differt forma et nervatione foliorum. N. Gr. in vallis flumin. Magdalena regione calidiori, nov. [875 (n. 45 E. A. C'est le seul échantillon que je connaisse de cette petite espèce bien caractérisée. Galactiae spécimen mancum, non discriminandum. In vie. Bogota, dec. (n. 914). DIOCLEA. D. violacea Ben th. in Ann. Mus. Vind. II, p. 132. Flores azureo-lilacini ; scandens. Ec. inter Riobamba et Loja, in jugo montiura centralium, ait. 2200 m., jul. 1876 (n. 4196) E. A, Echantillons peu complets, rapportés avec doute à cette espèce qui se rencontre en général dans des stations plus voisines de la mer, au Bi et à Surinam. D. lasiophylla Benth. in Ann. Mus. Vind. II, p. 134. Frutex scandens, ûoribus pulchre violaceis, intus atroviolaceis, fraerantissimis. M. Micheli. - Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 189 N. Gr. ad oras ilura. Magdalena, dec. 1875 (n. 282); ad pagura Pandi, Andium orient., ait. 1200 met., feb. 1876 (n. 1497) E. A. Cette espèce se distingue difficilement du D. guyanensis Benth. ; toutes deux se rencontrent dans le Brésil central, la Nouvelle-Grenade, l'Ecua- dor. D. sericea H. B. K. Nov. Gen. VI, p. 437. Honda ad ripam sinistram fluminis Magdalena, ait. 210 met., dec. 1875 (n. 524) E. A. CANAVALIA. C. gladiata DC. Prodr. II, p. 404. N. Gr. secus ripas fluminis Magdalena in regione calid., dec. 1875 (n. 379). — Ec. ad ripas fluminis Guayas prope Guayaquil, ait. 20 met., jul. 1876 (n. 4269) E. A. Cette espèce est indigène des forêts voisines de la mer dans l'Amérique tropicale et le Brésil; elle est fréquemment cultivée dans toute cette région. PHASEOLUS. Ph. (Euphaseolus) lunatus L. Spec. 1016. N. Gr. ad flum. Daule, ait. 400 met., jul. 1876 (n. 2276) E. A. Plante potagère cultivée partout sous les tropiques. Ph. (Euphaseolus) Caracalla L. Spec. 1017. N. Gr. prope Cali in valle flum. Cauca, ait. 1040 met., apr. 1876 (n. 2711). L'origine de cette espèce, cultivée comme plante d'ornement dans toutes les régions chaudes, n'est pas bien connue. Ph. (Euphaseolus) speciosus H. B. K. Nov. Gen. VI, p. 452. N. Gr. prope Pandi in Andibus orient., ait. 1400 m., feb. 1876 (n. 1322) ; S.Juan indecliv. orient, jugo montisQuindio, ait. 2300 met., mart. 1876 (n. 2104) E. A. Cette espèce se rencontre dans le Mexique méridional, à travers tous les États de l'Amérique centrale et jusqu'à l'Ecuador. Ph. (Leptospron) linearis H. B. K. /. c VI, p., 443. Flores livide violacei. N. Gr. in pratis siccis cum graminibus intermixtus, ad ripas flu- minis Dagua, ait. 1000 met., april 1876 (n. 2661) E. A. Espèce des régions chaudes de l'Amérique, Nouvelle-Grenade, Guyane, Surinam, Brésil tropical. Ph. (Macroptilium) semirectus Jacq. le. rar. III, t. 558. Var. a latifolia. Carina spiralis, pallide rosea, alae brunneo-lividae, ipo JOURNAL DE BOTANIQUE contorta-, vexillum obliquum, viride. Herbaceus, [,50 met. altus. Y. Gr. ad urbem Tocaima in valle ûum. lùinza, ait. 435 met., feb. 1876(11. i8a6)E.A. Var. 3 angitsHfolia. N. Gr. Cerca de Piedras ad pedem raontis Tolima in Andibus centr., ait. 800 m., niait. 1876 (n. 1922) E. A. Espèce répandue dans toute l'Amérique tropicale et aux Indes. Ph. (Macroptilium) longepedunculatus Benth. in Ann. Mus. I r ind. II, p. 141. N. Gr. prope urbem Chipaque in declivitate Andium bogot., ait. 2600 m., dec. 1875 (n. 991). — Ec. ad ripas lacus S. Pablo, prope Ibarra, ait. 2700 met., jun. 1876 (n. 3567). Espèce répandue dans toute l'Amérique du Sud, de la Guyane (Suri- nam) au Brésil et au Paraguay. Ph. (Macroptilium) Erythroloma Benth. in Ann. Mus. Vind. II, [>. iii. Et . El Cascajal, in declivitate occident, montis Corazon, ait. 1380 m., jun. 1876 (n. 3701) E. A. Espèce originaire des montagnes du Pérou et du Brésil central et aus- tral. Ph. (Macroptilium) atropurpureus DC. Prodr. II, p. 395. N. Gr. ad lipas llum. Guaitara in Andilms merid., maio 1876 (n. 951) E. A. e fréquente dans l'Amérique centrale, au M I i-Rica, Nicaragua, etc. Phaseoli specimina manca, incerta : n. 356 itlum. Magdalena), n. 1799 (Tocaima in Andibus orient. Nov. Grau.). VIGNA. V. vexillata Benth. in Mart. FI. Bras. fasc. XXIV, p. 193, t. .Y. Gr. in valle llum. Cauca, aprili [876 (n. 285) B. A. Cette espèce est largement répandue et souvent cultivée dans les n - gions tropicales de l'Ancien rt du Nouveau Monde. CAJANUS. C. indicus Spreng. Syst. III, p. 248. tint-Pierre de la Martinique, nov. 1875 (n. 44). Espèce cultivée partout sous les tropiques et probablement originaire des Indes Orientales. M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 191 RYNCHOSIA. R. precatoria DC. Prodr. II, p. 385. N. Gr. ad oram flum. Magdalena, dec. 1875 ( n - 5°°) E. A. Echantillon un peu incomplet se rapportant probablement à cette espèce originaire des côtes du Pérou. Trib. IX. — DalbergiEvE. HECASTOPHYLLUM. H. Monetaria Pers. Syn. II, p. 277. Arbor procera. N. Gr. Villavicensio ad pedem And. orient, bogot., ait. 450 met., janv. 1876 (n. 1146) E. A. Cette espèce est répandue dans l'Amérique centrale, la Guyane, le Brésil tropical. MACH^ERIUM. M. angustifolium Vog. Linn. XI, p. 193. Arbor 6 met. alta, pedunculis atro-violaceis, floribus violaceis. N. Gr. prope urbem Tocaima, ait. 500 met., feb. 1876 (n. 1774) E. A. Cette espèce se rencontre dans le Mexique méridional, dans l'Amérique centrale et aux Antilles. M. Moritzianum Benth. in Herb. Kew. N. Gr. in sylvis humidis prope Viota in Andib. orient., ait. 1800 met., feb. 1876 (n. 1146 bis) E. A. L'unique échantillon de cette plante est incomplet, n'a que des fruits, mais paraît bien se rapporter à cette espèce originaire du Venezuela et que Pittier a également trouvée à Costa Rica. PLATYMISCIUM. P. hebestachyum Benth. in Linn. Journ. IV, p. 81. Arbor 5-6 metr., floribus luteis. N. Gr. Chinaota prope Fusagasuga, ait. 1100 met., feb. 1876 (n. 1631) E. A. Cette espèce a été trouvée déjà dans la même région par Holton (n. 993) et par Triana. LONCHOCARPUS. L. sericeus H. B. K. Nov. Gen. VI, p. 383. — (1. glabrescens Benth. in Mart. FI. Bras. fasc. XXIX, p. 277. Arbor speciosa, 15 met. alta, fronde dense atro-viridi, seminibus coccineis. 102 JOURNAL DE I50TAXIQUE N. Gr. Piedras in vallo llura. Ma^daleua, ait. 430 m., mart. 1876 (11. 1886) E. A. Cet arbre se rencontre fréquemment dans les forêts de l'Amérique tropicale. Trib. X. — Sophore^b. SOPHORA. S. tomentosa L. Spec. PI. p. 533. Arbor 6-8 metralis, ramis depauperatis, foliis deciduis, lloribus albis, vanilloc odorem deliciosum exhalantibus; in regione arenosa, aridissima, viget. X. Gr. secus ripas Aura. Magdalena, dec. 1875 (n. 210, 2269) E. A. Cette espèce est fréquente dans les sables marins des régions chaudes des deux hémisphères. Trib. XI. — Swar'ivh: e. SWARTZIA. S. grandiflora Willd. Spec. II, 1200. Arbor 5-6 met., exfoliata, lloribus conspicuis, luteis. N. Gr. Casas Viejas prope Guataqui in valle Aura. Magdalena, ait. 3 10 met., febr. 1876 (n. 1830) E. A. Espèce répandue dans l'Amérique centrale et aux Indes occidentales. Un échantillon avec feuilles et un fruit [arbor 6-metralis, ramis depen- dentibus, legumine intus atrosanguineo, nom. vern. « Frisol vel Frijol*. N. Gr. Piedras, ait. 450 met. (n. 1887 I- A. se rapporte probablement à cette espèce, synonyme île Sw. siftiplicifolia Willd. S. Trianae Benth. in Mart. FI. Bras. lasc. XXIX, p. 39. Arbor 10-15 met., in aestate defoliata, lloribus in uodis vetustioribus evolutis. Ec. ad littus oceani Pacifiei prope Guayaquil, ait. 60 met , sept. 1876 (n. 4177) E. A. Cette espèce a été découverte par Triana prés de rocaima dans la Nouvelle-Grenade et a été retrouvée dans la vallée de l'Amazone. Sub.-Ordo II. — OffiSALPINIl Trib. XIII. — El CjBSALPINI&S. C^ESALPINIA. C. horrida II. B. et K. Nov. Gen. VT, p. 330, t. 568. Arbor 5-15 met., lloribus spicatis, erectis, calyce viridi, alis luteis, vexillo luteo, purpureo-striato. Ec. secus ri pas Rio Chota, jun. 1876 (n. 3561) E. A. Espèce également péruvienne. M . Micheli . — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle- Grenade. 1 93 C. pulcherrima Swartz Obs. 166. — Poinciana pulcherrima L. N. Gr. Pita ad flumen Magdalena, culta, dec. 1875 (n. 466) E. A. Cette- espèce est répandue dans toute l'Amérique, où elle est tantôt spontanée, tantôt cultivée pour l'ornement. C. corymbosa Benth. PL Hartw. p. 117. Arbor 5-6 metralis. Ec. injugo montium centralium, ait. iS8omet., jul. 1876 (n. 4379) E. A. Espèce récoltée par Hartweg à Guayaquil. C. Andreana sp. n. Arbor 8-10 met., floribus pulchre scarlatinis, intus sub-aurantiacis. N. Gr. frequens ad flumen S. Jorge in valle Cauca, apr. 1876 (n. 2914) E. A. Pinnis 1-8 jugis, foliolis 7-9 late ovatis, emarginatis; racemis sim- plicibus brevibus, folia vix superantibus, sepalis glabris, petalis 15-18 mill. longis, staminibus villosis petalis longioribus, legumine verrucoso-tomentoso, acinaciformi. Espèce évidemment nouvelle, malheureusement représentée par des échantillons imparfaits qui n'en permettent pas la description complète. Elle est voisine du C. mexicana Gray, mais s'en distingue par ses folioles moins nombreuses, ses grappes plus courtes, ses étamines plus poilues et dépassant notablement les pétales. Je rapporte à cette espèce deux plantes indéterminées de l'herbier de Kew, originaires toutes deux du Pérou et rapportées par Mac Lean et Lobb. Toutes deux sont malheureusement aussi en mauvais état. Cette espèce semble avoir les fleurs très caduques. PARKINSONIA. P. aculeata L. Hort. Clijf. 147, t. 13. N. Gr. Pandi, Guataqui, etc., ait. 200-1000 met., feb. 1876 (n. 1865 bis) E. A. Cette espèce est répandue soùs les tropiques non seulement en Amé- rique, mais en Afrique et en Asie. CERCIDIUM. C. praecox Ruiz et Pavon in Herb. Kew. Frutex 1-1,50 met. altus. Ec. in jugo montium centralium, ait. 1800 met., et in sabulosis aridis Cordill. merid. (n. 4378) E. A. Cette espèce, comme toutes celles du genre Cercidium, est limitée à cette région de l'Amérique australe. (A suivre.) 194 JOURNAL DE BOTANIQUE TECHNIQUE MICROSCOPIQUE Procédé d'inclusion et d'enrobage « à froid » dans la gélatine Par M. Camille Bruno i n . La gélatine, comme cm sait, joue un très grand rôle dans la tech- nique histologique; elle sert depuis longtem] i comme masse d'in- clusion ou comme milieu de conservation pour les préparations micro- scopiques. Les inclusions à la gélatine peuvent, en effet, être employées pour l'étude des objets riches en eau; mais ces masses d'inclusion ont l'inconvénient de nécessiter l'emploi de la chaleur. Il peut être utile d'avoir à sa disposition un milieu d'inclusion qui, liquide à la température ordinaire, soit facilement solidifiable et puisse acquérir une certaine consistance permettant d'employer les micro- tomes actuels pour faire des coupes en se: Les procédés d'inclusion au collodion (en employant des liquides de plus en plus riches en fulmicoton, puis durcissant au chloroforme) remplissent ce but, mais ne sont applicables que pour des objets com- plètement privés d'eau et ayant séjourné auparavant, pendant un temps plus ou moins long et successivement, dans l'alcool absolu et l'éther. La masse d'inclusion au savon d'huile de ricin glycérinée et ^élatinée de M. Godfrin (i) est applicable dans bien des cas et donne de bons résultats; mais cette masse, comme celles de Kaiser, Klebs, Sollay, etc., doit être employée à ch lud, vers 5 • d< s manipulations assez longues (2). Pour faire des coupes minces, dans de petits organes de plantes qui doivent être débités en séries, directement ou après macération dans l'eau, tels que graines plus ou moins petites, téguments déta- chés de ces graines, fruits à différents états de maturité, écorces, feuilles fraîches ou desséchées, etc., les procédés précédents n'étaient pas toujours applicables. Les masses à la gomme arabique, dont les formules diverses sont connues, sont, après durcissement, assez cassantes, friables même, et ont presque toujours l'inconvénient de devenir opaques, ce qui rend toute orientation impossible. Après divers essais, je me suis arrêté à la formule suivante, que j'emploie depuis un certain temps, qui m'a donné de bons résultats et qui rendra de grands services aux histologistes, dans bien des cas. Dans cent grammes d'eau distillée, on dissout à chaud vingt gram- mes de gélatine blanche du commerce, en lames minces; après filtra- 1. journal de Botanique (1889). — Bulletin de la Société des Sciences de Nancy (1888)! 2. 1 raité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique de Bolles Lée et Henneguy (Paris 1887). Chronique. 195 tion sur un linge fin on ajoute au liquide, tiède encore, environ trente à quarante centimètres cubes d'acide acétique glacial et un gramme de bichlorure de mercure. Cette addition a pour but de maintenir liquide et de conserver la solution gélatinée qui, à la température ordinaire de 15 , a la consistance d'un sirop très épais. Suivant la saison et la température, il est facile de modifier ces proportions. L'objet à couper est placé alors, après fixation ou non, dans cette solution gélatinée, étendue de trois fois puis deux fois son volume d'eau, puis pure. Pour inclure en définitive, il suffit de verser dans une petite boîte faite avec du papier buvard un peu épais une certaine quantité du liquide sirupeux pur et d'y placer l'objet à couper; l'orientation de celui-ci sera facile à faire, le milieu gélatineux restant transparent. Le tout étant placé dans un cristallisoir, il suffit de faire arriver avec pré- caution, autour de la petite boîte, une certaine quantité d'alcool qui durcit la masse. Si l'usage de l'alcool devait nuire au contenu cellu- laire à étudier, on pourrait durcir au moyen d'autres liquides, tels que solution d'acide picrique, de bichromate dépotasse, d'alun de chrome, etc. (ces réactifs doivent agir pendant un temps assez long) . Suivant que l'on a affaire à un objet plus ou moins dur, on laissera l'alcool agir sur la gélatine pendant un temps plus ou moins long, de façon à obtenir une masse de résistance à peu près égale à celle de l'ob- jet à étudier; avec un peu d'habitude, on arrive facilement à ce résultat. Les coupes, une fois faites, peuvent être placées directement sur la lamelle et montées dans la gélatine ou dans la glycérine, ou bien être débarrassées très rapidement par l'eau de la mince pellicule de géla- tine qui les entoure. CHRONIQUE. La Société botanique de France en Algérie. (Fin.) Dimanche 24 avril. — Excursion à El-Kantara. En quittant Biskra on franchit le bourrelet Saharien, limite du Sahara, au col de Sfa. La plaine d'El-Outaïa qui s'étend jusqu'à la montagne de sel est encore susceptible de culture. A la ferme Dufourg existent de vastes champs de céréales et des jardins en pleine prospérité ; en ce moment on commence à moissonner les orges. Les plantes des hauts plateaux tendent à remplacer les plantes sahariennes. On peut noter : Diplotaxis pendilla, Zisyphus Lotus, Ammi Visnaga, Asteriscus aquaticus, Art émis ia herèa-alâa, Onopordon macra- canthum, Mamibium Alysson, Anabasis articulata, Statice Thoiiini, Pas- serina hirsuta, etc. A El-Kantara, la dernière oasis s'étend le long de l'Oued qui vient de franchir les remarquables gorges où cesse l'influence désertique, et qui sont encore plus connues des touristes que des naturalistes (534m.). Sur le ).)() JOURN \l. DE BO rANIQUE versant sud, nous cueillons encore des plantes à faciès désertique: Lon- ckophora Capiomontana, Cleome arabica, Deverra chlorantha, Asteriscus pygmstus, Atractylis microcephala, Dœmia cordata, Salvia asgyptiaca, Ruine x vesicarius. Enfin des plantes des rochers escarpés : Fumaria sar- cocapnoides, Buffoiiia macropcla/a, Gcnisla microcephala, G. raniosissima, Polycarpon Bivonae, Golium petrsaum, Zollikoferia spinosa, Celsia Ballii, Globularia vcsccritcnsis, Bphedra nebrodensis, Stipa ienacissima (Alfa). Dans le fond de la vallée, quelques Chénopodiacées, parmi lesquelles: Beta macrocarpa, Blitunt virgaium, Oreoblitum thesioides, Salsola vermiculata. Le Thapsia Garganica est déjà en fleurs, et le Thymus algeriensis, égale- ment en fleurs, couvre une grande partie de la montagne. Lundi 25. — D'El-Kautara à Batna on s'élève rapidement, dans une vallée resserrée, jusqu'à l'altitude de 10511 mètres. Dans les environs de la ville, de vastes plaines, tantôt en prairies où dominent VA/opecurus ventru cosus et le Festuca arundinacea, t intôt en stoppes couvertes à y Artemisia campestris ctMW- wnacheirifoliacp\ tendent à remplacer sur de grandes étendues les cultures de céréales. Parmi les plantes les plus caractéristi- ques, on trouve : Adonis sestivalis, Ceratocepkalus falcatus, Rœtneria hy brida, Hypecoum pendulum, Clypeola cyclodonta, Biscuiella auriculata, Sisymbrium uncinatum et .S', crassifoliunt, Nés lia paniculata, Lepidium saiivum, Diplotaxis erucoides, Eruca sativa, Malopc sfipulacea, Erodium ciconiutn, Medicago saliva, Eryngium campesire, Hohenackeria bupleuri- folia, Carduncellus pinnatus , Anacyclus Pyrethrum, Nonea nigricans , Sole- nanthus lanatus, une belle variété rose du Tulipa Celsiana, etc. Mardi 26. — Excursion au Djebel Tougour. Après avoir traversé la plaine de Batna, on gravit les premiers escarpements du rougour où commence la végétation arborescente, composée d'abord de Juniper us Oxycedrus et /. phœnicea, auxquels se mêlent bientôt le Quercus Ilex et quelques rares Pistacia atlantica. Vers 1500 mètres, on entre dans la forêt de Cèdres, après avoir franchi un petit ravin où Ton peut cueillir Acer Monspessulanum et Fraxinus dimorpha. Jusqu'au sommet, les Cèdres se présentent partout en peuplement clairsemé et dépérissant, les beaux sujets ne se rencontrant que sur le versant nord. Sous le couvert de 1 1 s arbres on récolte Arabis verna, A. parvula, Alyssum atlanticum , Thlaspi perfo- iiata, Brassica Gr avins, Cerastium Boissieri, Erinacea pungens, Atnj - da/us comntunis, le Persil, V Arceuthobium Oxycedri qui parfois couvre abondamment les rameaux de l'Oxycèdre. Non loin du sommet, les mem- bres de la Société lont plus le grand honneur à un repas arabe, avec cous- cous et méchoui, et effectuent leur retour montés sur des mulets, sans que la gaieté de l'excursion s soit ralentie un seul instant. Mercredi 2 y. — Après une excursè m pittoresque aux ruines romaines de 1 -imbessa et de Timgad (Tamugas) dont Libelle conservation est remarqua- ble, on prononce la clôture de la session. A l'unanimité, les membre-, pré- sents, votent des félicitations < ordialesàMM. Battandier etTrabut pour l'ex- cellente organisation delasérie d'excursions qu'ils leur ont mena fées pen- dant leur trop court séjour en Algérie; on BC quitte en se disant à bientôt. Le Gérant: Louis Mokot. l'aiis. — J. Ucrscli, imp H, VI. Dcnfert-Rocbereiu. 6" ANNEE. N" ii. i" JUIN 1892. JOURNAL DE BOTANIQUE Directeur: M. Louis MOROT. LES LEGUMINEUSES DE L'ECUADOR ET DE LA NOUVELLE-GRENADE DE LA COLLECTION DE M. ED. ANDRÉ (Fin.) Par M. M. MICHELI. Trib. XIV. — Cassiez CASSIA. C. (Fistula) leiandra Benth. in Mart. FI . Bras. Cœsalp. p. 94, t. 30. Floribus pulchre rubicundis, leguminibuso,30 centira. longis. N. Gr. El Naranjo in valle Cauca (n. 2562) E. A. Nom vernaculaire : Cassia, Fislola. Espèce commune dans l'Amérique tropicale. C. (Chamaefistula) macrophylla Kuuth Mim. p. 126, t. 38. Arbor plurimetralis, floribus pallide luteis. N. Gr. in Andibus orient, prope Viota, ait. 618 met.; in valle ilum. Cauca, ait. 1100 met., febr.-mart. 1876 (n. 1811, 2308) E. A. Espèce répandue dans la Nouvelle-Grenade et dans le Brésil septen- trional. C. (Chamaefistula) oxyphylla Kunth Mim. p. 129, t. 39. Venezuela prope La Guayra ad littus maris caribsei, nov. 1875. — N. Gr. in regione calidiore fluminis Magdalena, nov. 1S75 (n. 118, 215) E. A. Espèce rencontrée dans l'Amérique centrale, du Mexique jusqu'au Pérou. C. (Chamaefistula) quinquangulata Rich. in Ad. Soc. Hist. nat. Par. p. 108. N. Gr. prope urbem Honda ad ripas flum. Magdalena, in sepibus, ait. 210 met., dec. 1875 (n. 697 bis) E. A. Espèce originaire de l'Amérique tropicale et rencontrée à la Guyane, au Brésil etc. iç8 JOURNAL DE BOTANIQUE C. (Chamaefistula) bicapsularis L. Sp. PL 538. N. Gr. in Andibus orientalibus intcr Caqueza et Quctame, ait. 1800 met., dec. 1875; in Andibus bogotcnsilms prope Fusagasuga, ait. 1S00 met., febr. [876 (n. 890, 1476) E. A. Cette espèce est commune dans presque toute l'Amérique du Sud depuis le nord du Mexique jusqu'au Paraguay. C. (Chamaefistula) tomentosa L. fil. Si/ppi. p. 231. Arbor 6-8 metr. alla. N. Gr. Honda sccus ripas flum. Magdalena, ait. 210 met., dec. 1875; Fontibon prope Bogota, ait. 2576 met., jan. 1S76 (n. 696 bis> [283) E. A. Espèce répandue dans toute la région des Andes depuis l'Amérique centrale jusqu'à la Bolivie. C. (Chamaefistula) spectabilis DC. Cat. Hort. Mo>isp. p. 90. Maiquetiaad littus mariscaribaei in Venezuela, ait. 40 met.,nov. 1875 (n. 120) E. A. Espèce répandue dans les Antilles, l'Amérique centrale jusqu'à la Nouvelle-Grenade d'une part et jusqu'à la Guyane d'autre part. C. (Oncolobium) occidentalis L. Sp. PI. 534. N. Gr. prope Barranquilla ad ostium flum. Magdalena, dec. 1875 (n. 205); Isla Brava, ibid. (n. 340); prope Viota, in Andibus orient., ait. 637 met., dec. 1875 (n. 17 16) E. A. Cette espèce, probablement originaire de 1' Amérique, est actuellement répandue dans les cultures et les terrains vagues des régions chaudes des deux continents. C. (Oncolobium) hirsuta L. Sp. PI. 540. N. Gr. in Andibus orient, prope Fusagasuga, ait. 1 Son met., febr. 1876. E. A . Cette espèce est commune au Pérou, mais se rencontre au Nord jusqu'au Mexique et au Sud jusqu'au Brésil. C. (Chamaesenna) biflora L. Sp. PI. 54». N. Gr. in valle inferiori llum. Madgalena, dec. 1875 (n. 22^) E. A. ! spi ■: très répandue dans l'Améri juc du Sud, du Mexique au Pérou et au Brésil. C. (Chamaesenna) viciaefolia Benth. Revis. Cass. n. 113 p. 544. Arbuscula plurimetralis, ramis gracilib urgentibus, lloribus chermesinis, carina lut< N. Gr. sccus Rio Guach in sylvis udis vallis Cauca, ait. 600 met., apr. 1. 2744 dis) E. A. M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ectiador et de la Nouvelle-Grenade. 199 Cette espèce a été fondée par Bentham sur deux échantillons rapportés par Findler (n° 2230 et 2231). C. (Chamaesenna) reticulata Willd. Enum. Hort. BeroL p. 443. N. Gr. Barranquilla ad ostium fluminis Magdalena, dec. 1S75 (n. 1S0) E. A. Très bel arbrisseau à feuilles horizontales et à grands épis dorés, assez répandu au bord des eaux dans l'Amérique tropicale. C. (Abrus) hispidula Vahl. Eclog. III, p. 10. Frutex 2-3 met., floribus luteo-aurantiacis. N. Gr. in Andibus orient, inter Quetame et Caqueza, ait. 1800 met., dec. 1875, et prope San Jorje in valle flum. Cauca, ait. 628 met., apr. 1876 (n. 867, 2922) E. A. Cette espèce est commune dans la région tropicale, de l'Amérique centrale au Brésil. C. (Chamaecrista) brevipes DC. in Collad. Hist. Cass. 119 t. 9. N. Gr. Llanos de Çumaral in Andibus orient., ait. 420 met., jan. 1876 (1190) E. A. Cette espèce est limitée à TAmérique centrale, Panama, Costa-Rica etc. C. (Chamaecrista) serpens L. Spec. PI. 541. Prostrata, floribus luteis. N. Gr. in regione arida, petraea et arenosa Andium orient, prope Cerca de Piedras et Ibague, ait. 750-nco met., mart. 1876 (n. 1919, 1980) E. A. Comme toutes les espèces voisines, celle-ci est commune dans toute l'Amérique centrale, du Mexique au Brésil. C. (Chamaecrista) Chamaecrista L. Sp. PI. 542. N. Gr. frequens in arenosis prope Piedras ad pedem montis Quin- dio, ait. 500 met., mart. 1S76 (n. 1974) E. A. Espèce très variable qu'on rencontre dans les deux Amériques, depuis le Canada au Nord jusqu'à l'Uruguay et à la République Argentine au Sud. C. (Chamaecrista) flavicoma H. B. K. Nov. Geu. VI, p. 366. Variât altit. 20 cent. -2 met. ; floribus flavidis, staminibus pur- pureis. N. Gr. in variis locis : Fusagasuga ; in valle flum. Cauca ; ad Rio Quilcase ; ad RioDagua, ait. 1600-1800 met., feb.-apr. 1876 (n. 1398, 2514, 2814) E. A. Cette espèce parait limitée à la Nouvelle-Grenade, à l'Ecuador et au Pérou. JOURNAL DE BOTANIOl E Trib. XV. — Bauhinieje BAUHINIA. B. (Paulletia) grandiflora Juss. in Poir. Suppl. I, p. 5(10; DC. Prodr. 11, p. 513. (PI. IX.) Tab. IX. — 1, ramus sub anthesi; 2, flos magn. nat. Arbor 5-6 met. alla, speciosissima, ûoribus amplis, nocturnis, talis albidis [2-15 cent, longis. Ec. secus ripas flum. Daulead pedem occid. Andium, ait. 20omet., jul. [876 (n. 4,; 17) E. A. Nous avons pensé bien faire de donner une planche de cette magnifique espèce qui, bien qu'anciennement connue et décrite dans le Prodromus d'après \\\\ échantillon rapporté du Pérou par Dombey, n'a jamais été figurée. Elle est, du reste, peu commune dans les herbiers et comme elle n'est p échapper aux collecteurs, elle est probablement rare partout. Son aire géographique ne paraît pas dépasserl'Écuadi >r et le Pérou. B. (Paulletia) petiolata Triana in Herb. Kew.; Amaria petiolata Mutis in Prodr. II, p. 519. Arbor crecta, 15 met. alta, ramis decumbentibus, floribus?, legumi- nibus falcatis 20-24 cent, longis. N. Cr. prope urbem Tocaima in valle flum. Funza, ait. 480 met., febr. 1S76 (n. 1S10) E. A. Échantillon incomplet, sans fleurs, se rapportant probablement à cette espèce originaire des régions tempérées de la Nouvelle-Grenade. B. (Schnella) Raddiana \)o\v^. in Mem. Acaef. Petrop. VI, ser. IV, p. 3, t. 3. Arbor speciosa, floribus candidis, suaveolentibus. N. Gr. in valle flum. Guatiquia ad pedem orient. Andium bogot., ait. 56omct.,jan. 1876(0. 1049) E. A. Espèce trouvée jusqu'ici seulement au Brésil. B. (Tylotea) splendens II. B. et K. X r ov. Gen. V, 321. Arbuscula sarmentosa, floribus paniculatis, albis, speciosis. N. Gr. Piedras ad pedem montis Tolima, Andium central., ait . 500 met., mart. 1S76 (n. 1938) E. A. Espèce répandue dans la Nouvelle-Grenade, l'Ecuador et le Brésil tropical. B. (Tylotea) cumanensis II. B. et K. Nov. Gen. VI, p. 321. Arbor 4-5 met. alta. floribus albis. N. Gr. Panchc in Andibus orient., ait. 1250 met., febr. 1876 (n. 1737 bis) E. A. Cette espèce se rencontre dans la même région que le T. splendens. M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle- Grenade. 201 Bauhiniae spec. incompl. ex Isla Brava secus ripas flum. Magda- lena(n. 355). Folia tantum, accurate non determinanda. Trib. XVI. — Amherstie^e BROWNEA. B. arizaBenth. PL Hartzo. p. 171. Stamiuibus haud exsertis, corollis scarlatino-aurantiacis. N. Gr. Villavicensio, ait. 600 met. ; in sylvis propre Salitre, ait. 450 met., jan. 1876; Quebrada Cachimbulo prope Viota in Andibus orient., ait. 500 met., febr. 1876 (n. 1063, 1 1 53, 1809) E. A. Cette espèce, sous le nom de « Palo de Cruz », était un arbre fétiche, respecté par les Indiens à cause de sa moelle centrale en forme de croix. Elle n'a pas été rencontrée eu dehors des Andes de la Nouvelle-Grenade. TAMARINDUS. T. indica L. Spec. PL 48. Arbor alta, sepalis intus rubris, petalis ovalibus, fimbriatis, luteis, roseo-nervatis. N. Gr. in hortis prope urbern Tocaima in Andibus orient, , ait. 435 met., feb. 1876 (n. 1S28) E. A. Cet arbre est probablement originaire de l'Afrique tropicale, mais il est depuis long-temps cultivé dans les régions chaudes et entre autres en Amérique, où il paraît souvent subspontané. Subordo III. — MIMOSEiE Trib. XX. — Adenanthere^r PIPTADENIA. Piptadenise sp. ? in regione arida et calida frequens. Arbor 5-6 met. alta, ramis saepe defoliatis, fioribus albidis. Spécimen valde mancum, P. Boliviafis? Benth. Revis. Mim. p. 370 forte affine. Puerto-Cabello in Venezuela, nov. 1S75 (n. 171) E. A. Trib. XXI. — Eumimose^e NEPTUNIA. N. oleracea Lour. FI. Cochinch. 654. Natans et terrestris. Ec. prope Rio Guavezad pedemoccid. montisChimborazoJul. 1S76 (n. 4072) E. A. Espèce commune dans les marécages des régions chaudes en Asie, Afrique, Amérique. 202 JOURNAL DE HOTANIQUK N. pubescens Ben th. in I look. Jout >i. IV, p. 356. Floi Lbus luteis. A'. Gr. Cerca de Piedras ad pedem monlis Quindio, ait. 700 met., niait. 1S76 (n. 1943) E. A. 1 ttc très voisine du N. lutea Benth., se rencontre ça etlà dans une région très «'tendue depuis le Texas et la Flori le, dans l'Amérique du Nord, jusqu'au Paraguay. MIMOSA. M. floribunda Willd. Spec. IV, 1031. N. Gr. passim, in valle flum. Cauca, ait. 1026 met.; Paramo de Meneses in Andibus merid., ait. 3000 met., etc., mart.-apr. 1876 (n. 2698;. E. A. Cette espèce paraît commune depuis le Mexique jusqu'au Pérou et à la Bolivie. Elle se distingue difficilement des M. sensitiva 1.., albida 1 lumb. et Bonpl., a ihssrens II. 1!. K., qui habitent la même région jusqu'au centre du Brésil. M. pudica L. Sp. 1501. Martinique, nov. 1S75 (n. 74). — N. Gr. Arbelaez in Andibus orient., ait. 1400 met., feb. 1S76 (n. 1452) E. A. Li Sensitive est commune dans toute l'Amérique tropicale et est natu- ralisée en Asie et en Afrique. M. polydactyla Ilumb. et Bompl. in Willd. Spec. IV, 1033. Flores rosei, foliola glauca. '. Gr. Mercaderes in Andibus merid., ait. 1190 met., apr. 1 (n. 2921) E. A. 1 ^e rencontre dans la Nouvelle-Grenade, la Guyane i t les provinces centrales du Brésil. M. obovata Benth. in Ilook. Journ. B /. IV, p. 394. Frutex ramosus, plurimetralis, aculeatus. N. Gr. in valle inferiori flum. Magdalena, dec. 1875 ( n - 2 ~ l > 45 1 ) 1 . A. I e originaire du Venezuela, de la Guyane et des régions chai du Brésil. M. somnians Ilumb. el Bonpl. in Willd. Spec. IV, 1036. N. Gr. in declivitate orientali Andium bogotensium prope Susu- muco; ad pedem montis Quindio, pro] in Andibus central., ait. 11-1200 met., jan.-feb. 1876 (n. 1078, 1981) E. A. commune depuis Panama jusqu'au Pérou et au Brésil central. M. asperata L. Spec. 1507. Frutex 3-4 metralis, capitulis roseis. M. Michbli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 203 N. Gr. in locis udis secus flumeii Magdalena, dec. 1875; prope Naranjo in valle flum. Cauca, ait. 995 met., raart. 1876 (n. 265, 2570) E. A. Espèce commune dans toute l'Amérique tropicale, en Afrique et aux iles Mascareignes. Trib. XXII. — Acacie^e. ACACIA. A. (Gummiferse) pennatula Benth. in Hook. Journ. I, 390. Arbor 3-6 metr., parce spinosa, capitulis aureis. Ec. in aridis, secus flumen Chota, ait. 1680 met., jun. 1876 (n. 3570) E. A. Cette espèce, fréquente surtout au Mexique, s'étend jusquedans le Nicara- gua et la Nouvelle-Grenade. A. (Gummiferae) macracantha Humb. et Bonpl. in Willd. Spec. IV, 1080. La Guayra ad littus maris caribsei in Venezuela, nov. 1875 (n. 112) E. A. Cette espèce se rencontre fréquemment dans l'Amérique du Sud tropi- cale et subtropicale et dans les îles voisines près de la mer. Les épines sont souvent creusées par les fourmis comme chez V Acacia spadicigera. A. (Gummiferse) Farnesiana Willd. Spec. IV, 1083. N. Gr. Fusagasuga ad pedem orient. Andium bogot. et in Andi- bus central., ait. 1500 met., feb.-mart. 1876 (n. 1609, 2466) E. A. Espèce très répandue dans les régions chaudes, souvent cultivée, ori- ginaire de l'Amérique austro-tropicale. A. (Gummiferse) spadicigera Cham. et Schlt. in Linn. V, 594. Panama (n. 112 bis) E. A. Espèce très répandue dans le Mexique et dans l'Amérique centrale. ? A. (Vulgares) adhaerens Benth. in Hook. Lond. Journ. Ip. 117. Arbor 10-15 metralis. Ec. ad ripas flum. Guayas. S. Ignacio in regione calid., jun.- jul. 1876 (n. 46S7) E. A. Echantillon peu complet de cette espèce d'origine brésilienne. A. (Vulgares) riparia H. B. et K. Nov. Gen. IV, 276. Arbor 4-6 metr., ramis divaricatis, spinis robustis sparsis, floribus albis. N. Gr. in Andibus central, et orient.; Susumuco, ait; 1160 met.; 2o 4 JOURNAL Dl'. M'HANIQUK Chinaota, ali. 5100 met., Fusagasuga, ait. [800 met., jan.-mart. 1876, (n. i6j_>, 144'») E. A. I spèce répandue dans la Nouvelle-Grenade, la Guyane, le Brésil central, etc. A. polyphylla DC. Cat. Hort. Monsp. 74. Arbor 4-8 met. al ta. N. Gr. Popayan in Andibus merid., ait. (813 met., apr. 1876 (n. 2773) E. A. \J Acacia polyphyllaQ C. et VA. gfomerosaBcnth. sont extrêmement voi- sins; tous deux sont répandus dans la même région île l'Amérique du Sud tropicale, Guyane, Nouvelle-Grenade, Ecuador, Pérou, Brésil. A. (Vulgares) paniculata Willd. Spec. IV 1074. Spécimen valde mancum, fructibus tantum pneditis. N. Gr. Islitas, Rio Nare in regione calid. vallis llum. Magdalena, dec. 1875 (n. 438, 442) E. A. Espèce répandue dans la Guyane, au Pérou et au Brésil. Trib. XXIII. — Ingi .1. CALLIANDRA C. carbonaria Benth. in 1 1« ok. A md.Journ. III, 95. Arbor 4-8 metr., floribus pulchre coccineis. N. Gr. Fusagasuga in Andibus orient., ait. 1 800 met ; eLHatico in valle flum. Cauca, ait. 1300 met., ftb.-apr. 1S76 (n. 1555, -755) E. A. Espèce originaire de l'Ecuador et du Pérou. } C. Bombycina Spruce sp. n. in Benth. Revis. Mimos. p. 538. Spécimen mancum, foliis tantum praeditis. Venezuela in aridis ad Huns maris caribaei prope La Guayra, nov. 1875 (n - 97) E. A. L'échantillon type de c< tte espèce provient du Pérou. C. subnervosa Benth. Revis. 54". Arbor 5-6 metr., ramis erectis. Ec. prope Guayaquil, ait. jo met., jul. 1S76 (n. 4352 bis) !.. A. Le seul échantillon connu de cette espèce, probablement très locali- sée, avait été rapporté de Guayaquil par Pavon. C. portoricensis Benth. in Ilook. Lond.Journ. III, 99. X. Gr. in valleinfer. llum. Magdalena, dec. 1875 (n. 294) E. A. Cette 1 • a été rapportée de différentes localités de l'Amérique tropicale depuis le Mexique jusqu'à la Guyane et la Bolivie. M. Micheli. — Les Légumineuses de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. 205 C. Magdalenae Benth. in Hook. Lond.Journ. V, 102. N. Gr. prope abyssum Icononzo in Andibus orient., ait. 900 met., feb. 1876 (n. 151 1 bis) E. A. Cette espèce a été récoltée en différents points de l'Ecuador et de la Nouvelle-Grenade. C. Purdisei Benth. in Hook. Lond.Journ. III, 104. Floribus conspicuis, staminibus incarnatis. N. Gr. inter rupes vallium Andium orient. adPandiet Fusagasuga, ait. 9-1600 met., feb. 1876 (n. 1379, 1400, 1519) E. A. Cette espèce n'a pas été rencontrée en dehors de la Nouvelle-Grenade. ALBIZZIA. ? A. Lebbek Benth. in Hook. Lond. Journ. III, 87. Spécimen incompletum. N. Gr. invalle infer. flum. Magdalena, dec. 1S75 (n. 213) E. A. Cette espèce se rencontre un peu partout sous les tropiques, fré- quemment cultivée; elle est très probablement originaire de l'Ancien- Monde. PITHECOLOBIUM. P. ligustrinum Klotzsch in Benth. Revis. 571. N. Gr. in regione calid. vallis flum. Magdalena et in valle flum. Cauca, ait. 980 met., dec. 1875, mart. 1876 (n. 232, 2388 bis) E. A. Cette espèce, dont le nom vernaculaire est Espino, est répandue dans les régions chaudes de l'Amérique tropicale, Guyane, Venezuela, Nouvelle- Grenade, etc. ? P. dulce Benth. in Hook. Lond.Journ. III, p. 199. Puerto Cabello, Venezuela, ait. 40 met., nov. 1875 (n. 173) E. A. Echantillons incomplets et douteux de cette espèce, remarquable par ses fruits rouges à l'intérieur et répandue dans toute l'Amérique centrale du Mexique à la Nouvelle-Grenade. P. Unguis Cati Benth. in Hook. Lond. Journ. III, p. 200. Erutex vel arbor parva, floribus albis. N. Gr. Casas Viejas in valle super, flum. Magdalena, ait. 277 met., feb. 1876; in valle flum. Cauca, ait. 1026 met., mart. 1876. — Ec. Salado prope Guayaquil, jul. 1876 (n. 1857, 2464, 4139) E. A. Cette espèce, assez répandue dans les Antilles, le Venezuela, la Nouvelle- Grenade, forme, dans la vallée du Cauca, des forêts monotypes. INGA. I. marginata Willd. Spec. IV, 10 15. Arbor 6-8 metralis. 2o6 JOURNAL DE BOTANIQUE N. Gr. secus ripasflum. Daguaio Andib. occid. , ait. 300 met., apr. 1876(11.2482) E. A. Espèce fréquente dans l'Amérique tropicale depuis l'isthme de Panama jusqu'au Brésil. I. punctata Wild. Spec. IV, 1016. N. Gr. Villa vicensio ad pedem orient. \mliumbogot.,alt.6oomet., feb. 1S76 (n. 7S5, 894). — Ec. prope Guayaquil, ait. 40 met., (n. 4237) E. A. Espèce de l'Amérique tropicale, mais surtout de la Nouvelle-Grenade. I. nobilis Willd. Enum. Hori. Berol. 1047. N. Gr. Isla Brava in valle infer. Qum. Magdalena, dec. 1875 (n. 364); Piedras in Andibus central., ait. 3S0 met., Fusagasuga in Andibus bogotens., ait. 1S00 met., maio 1S76 (n. 193 1) E. A. Espèce commune dans l'Amérique tropicale. I. vera Willd. Spec. IV, 10 10. Nom vernaculaire Guamo. N. Gr. secus flum. Magdalena, dec. 1S75 ; Cartago in Andibus orient., ait. 960 met. (n. 216). — Ec. prope Tulcan, ait. 3000 met., jun. 1876 (n. 3615) E. A. Cette espèce est très répandue dans toute l'Amérique centrale et tropicale, mais souvent cultivée. ? Ingae sp. mancum, accurate non determinandum, affine tamm videtur /. stenocalyci Spruce in Ben th. Revis. 61 1. Isla Brava in valle Magdalena, nov. 1S75 (n. 406). MIM0SEJ2 OMNINO DUBIJE N. 4123 in arenosis prope Paita in Peruvia. — An Desmanthi sp.? N. 3561. Ec. propter Rio Chota, in aridis. — Fructus tantum ; inter Acaciam et Pithecolobium incerti. PROPRIÉTÉS ET RÉACTIONS DES COMPOSÉS PECTIQUES Par M. L. MANGIN. Les composés pectiques se présentent, dans la plupart des organes et chez les plantes les plus diverses (Algues, Champi- gnons, Lichens, Cryptogames vasculaires et Phanérogames), sous des états physiques et chimiques très différents dont la con- L. Mangin. — Sur les composés pectiques. 207 naissance est indispensable pour expliquer les modifications qui surviennent, suivant l'âge et suivant la nature, au sein des tissus. En raison des relations très étroites qui existent entre les com- posés pectiques et les gommes, l'étude anatomique et physio- logique de ces dernières substances ne peut être bien comprise sans un examen approfondi des corps gélatineux. Pour ces motifs il me parait nécessaire de résumer l'état actuel de nos connaissances sur cette série de composés dont l'histoire a été trop longtemps méconnue par les botanistes. On peut distinguer, dans les composés pectiques, deux séries de corps : les corps neutres et les corps acides. Dans chaque série on trouve des substances, différentes sui- vant les plantes, qui présentent toute la série des états physiques depuis l'insolubilité absolue jusqu'à la solubilité complète, en passant par des états gélatineux caractérisés par l'absorption de l'eau et par un gonflement plus ou moins considérable. La série des corps neutres comprend la pectose, insoluble, associée intimement à la cellulose dans les membranes que l'in- crustation de la lignine ou de la subérine n'a pas modifiées, et la pectine, soluble dans l'eau, plus ou moins facilement gélati- nisable. La série des corps acides comprend X acide pectiqtie, insoluble, ordinairement combiné aux bases alcalino-terreuses dans les tissus des végétaux, comme Payen l'a découvert le premier; le terme opposé à l'acide pectiqueest/Vz^zïafe métapectique, entière- ment soluble dans l'eau sans gélatinisation. Ces deux séries se rattachent étroitement l'une à l'autre, car sous l'action de la chaleur, des acides et des alcalis, on peut obtenir, en partant de la pectose, tous les corps intermédiaires neutres ou acides pour aboutir finalement à la production de l'acide métapectique, terme le plus stable de la série. Pectose. — On ne connaît pas les propriétés de la pectose parce qu'elle est toujours intimement unie à la cellulose, et que les divers agents chimiques au moyen desquels on pourrait sé- parer ces deux substances transforment la pectose en pectine soluble dans l'eau, ou en acide pectique soluble dans les alcalis. Un seul réactif, le réactif de Schweizer, permet d'enlever la cellu- lose des membranes en conservant la forme et les dimensions de 2o3 JOURNAL DE BOTANIQUE ces dernières, qui sont alors entièrement formées par un composé pectique; mais déjà la pectose qui formait les cloisons a subi, sous l'influence de L'ammoniaque, une transformation molécu- laire qui la rapproche beaucoup de l'acide pectique, car elle se dissout immédiatement dans les alcalis. Pectine. — La pectine se gonfle et se dissout dans l'eau en donnant un liquide visqueux qui filtre difficilement ou qui se prend en gelée par le refroidissement. M. Frémy a signalé son existence à l'état normal dans les fruits mûrs ; je démontrerai plus tard qu'elle se rencontre dans un grand nombre de muci- lages. D'après M. Frémy, la pectine ne précipite pas par l'acétate neutre de plomb, mais précipite en flocons blancs par le sous-acé- tate. Soumise à l'ébullitioupendant quelques heures, elle se trans- forme en un produit isomère, la parapretiue, que l'acétate neutre de plomb précipite ; la parapectine à son tour, traitée à l'ébullition par les acides étendus, se transforme en metapectiue précipitable par le chlorure de baryum. Acide pectique. — L'acide pectique est, dans la série des corps gélatineux, le plus facile à caractériser et, par suite, le plus anciennement connu. Il est insoluble dans l'eau, dans l'alcool, dans les acides, et forme avec les alcalis des pectates solubles, avec les bases alcalino-terreuses des sels insolubles, parmi les- quels le pectate de chaux est le plus répandu. L'acide pectique jouit d'une propriété remarquable : il est soluble dans les sels alcalins, carbonates de potasse et de soude, stannates, phosphates alcalins, ainsi que dans la plupart des sels ammoniacaux à acides organiques (oxalate, citrate, tartrate, etc.) ; il forme sans doute avec ces composés des sels doubles plus ou moins gélatinisables dans l'eau. Les solutions d'acide pectique dans les carbonates alcalins, dans le savon, etc., sont mucilagi- neuses et filtrent difficilement, tandis que les solutions d'acide pectique dans l'oxalate d'ammoniaque sont parfaitement fluides et filtrent avec facilité (i). Nous aurons plus d'une fois à invoquer cette remarquable propriété dans l'étude anatomique des tissus. i. Cette propriél '..-puis longtemps utilisée par M. Se:.' pro- cédés d'analyse des tissus végétaux, notamment dans l'analyse immédiate 'lu tabac. Voy. L. Grandeau, Analyse des matières agricoles, 2" édition, 1883, p. 350. L. Mangin. — Sur les composes peciiques. 209 Acide métapectique. — Cet acide, le dernier terme et le plus stable de la série des corps gélatineux, à réaction franchement acide, est entièrement soluble dans l'eau et forme avec toutes les bases des sels solubles, notamment avec la chaux et la baryte, qui précipitent l'acide pectique. Un excès d'alcali colore les mé- tapectates en jaune, surtout à chaud. L'acide métapectique ou ses combinaisons se rencontrent fréquemment dans les tissus vivants comme nous le verrons à propos des mucilages et des gommes ; on peut d'ailleurs les obtenir facilement en faisant bouillir la pectine ou l'acide pecti- que avec des alcalis en excès. L'acide métapectique se dédouble sous l'action de l'acide sulfurique en un sucre dextrogyre cristallisable en beaux prismes, identique à Varabinose, et en un nouvel acide organique encore mal connu; ce dédoublement, décrit par M. Scheibler (1) dans une étude sur l'acide métapectique renfermé dans les mé- lasses de Betterave, a permis à ce chimiste de ranger l'acide mé- tapectique dans la classe des glucosides. Propriétés générales des composés pectiques. L'étude des diverses formes chimiques que nous venons de décrire est délicate. Ces corps sont, en effet, incristallisables, ils se précipitent souvent à l'état gélatineux et se transforment rapi- dement sous l'action des agents chimiques destinés à les extraire ; leur purification est donc très difficile à réaliser et l'on conçoit que leur constitution chimique soit encore discutée. Tandis que M. Frémy (2) range les composés pectiques dans un groupe spé- cial, différent des corps cellulosiques et de l'amidon, MM. Schei- bler (3) et Reichardt (4) les considèrent comme des hydrates de carbone et se rallient à l'opinion exprimée depuis longtemps par Schmidt (5) pour les substances gommeuses et mucilagi- neuses. t. Scheibler, Vorlailjige Mittkeiluttg ïtber die Metapcctinsaure aus Zucker- rùben (Berichte der deutsch. chem. Gesellschaft, 1868, t. I, p. 58). 2. Frémy, Encyclopédie chimique, loc. cit., page 47. 3. Scheibler, loc. cit. (Berich. d. dch. ch. Gesellsch., 1868, p. 58). 4. Reichardt, Ueber das Vorkommen der Arabisaiire (Gummi) in der Zus» kerrilben und ùber den Arabimucker [Gummisucker) (Bericht. d. deutsch. chem. Gesellsch., t. VI, 1873, p. 612). 5. Schmidt, Ueber Pflanzenschleim und Bassorin (Ann. der Chem. u. Pharni., Liebig, 1844, t. 51, p. 29). 2io JOURNAL DE BOTANIQUE S'il est impossible de se prononcer entre ces opinions, nous pouvons remarquer cependant que les composés pectiques offrent un ensemble de réactions qui les éloignent des hydrates de carbone. Chauffés avec l'acide azotique étendu, les composés pecti- ques sont oxydés et transformés en acide mucique reconnais- sable à ses cristaux;; les hydrates de carbone dans les mêmes conditions donnent naissance à de V acide oxalique. En outre, ils sont insolubles dans le réactif de Schwcizer et ne se colorent jamais en bleu ou en violet, ni par l'iode, ni sous l'influence simultanée de l'iode et des acides ou îles chlorures métalliques en solution concentrée. 11 est donc facile de distinguer à l'aide de ces réactions les divers états de la cellulose, l'amidon ou la dextrine, des com- posés pectiques. Relations des composés pectiques et des gommes. Les réactions que nous venons de rappeler sont aussi celles qui ont été signalées depuis longtemps pour un certain nombre de gommes et de mucilages. Tout en réservant la discussion approfondie de la nature des gommes pour un mémoire prochain, je crois utile de signaler brièvement les faits qui ont amené cer- tains chimistes à assimiler les gommes aux composés pecti<|ues. Les gommes ne sont pas des composés chimiques définis, mais des mélanges en proportions variables de principes gom- meux, de cellulose, d'amidon et de matières minérales; on com- prend alors que sous l'influence de L'acide a otique elles puissent fournir, comme on l'a constaté depuis longtemps, un mélange en proportions variables d'acide mucique et d'acide oxalique. Les principes immédiats les plus connus renfermés dans les gommes sont, d'après Guérin Varry: Yarabine de la gomme ara- bique, formantaussi la partie soluble de la gomme du Cerisi ;. 1 i cérasine constituant ainsi la partie insoluble de la gomme du pays, et la bassorin ' renfermée dans la gomme adragante ; on peut ajout orps là galactine ou , dont les affinités avec 1 s gommes du commerce sont encore mal connues, malgré Tobservatii >nde M. Reichardtsur laprésencede lapararabinedans la gelée de l'Agar-Agar. L'arabine, appelée encore l'acide ara- bique ou acide gummique y a la propriété, découverte par Guérin L. Mangin. — Sur les composés pectiques. 211 Yarry(i), de se transformer sous l'action de l'acide sulfurique enun sucre facilement cristallisable et M. Scheibler (2), en s'appuyant sur cette propriété, a identifié l'acide métapectique renfermé dans les mélasses de Betterave avec l'acide arabique de la gomme des Acacias ou de la partie soluble de la gomme du Cerisier. M. Reichardt (3) a retiré des tissus de la Betterave et de la Carotte une substance qui lui paraît isomère de l'arabine et qu'il a nommée parar a bine ; or, par son mode de préparation, par ses propriétés, comme j'ai pu le constater, cette substance rappelle exactement la pectine. Nous savons d'ailleurs, par les analyses de Vauquelin et de M. Frémy, par les observations anatomiques de Kabsch et de M. Wiesner, que les composés pectiques sont abondants dans les racines des plantes qui ont servi à M. Reichardt pour l'extraction de la pararabi'ue. La partie insoluble de la gomme du Cerisier désignée sous le nom de cérasine ne serait autre chose qu'un acide faible, l'acide métagummique de M. Frémy ou l'acide métarabique dont M. Scheibler admet l'existence dans les Raves; ce corps corres- pond sans doute à l'une des formes mal connues des composés pectiques insolubles et gélatineux qui existent normalement dans les tissus; la facilité avec laquelle la métarabine se trans- forme sous l'action des acides en arabine identique à l'acide mé- tapectique tend à le démontrer. La bassorine qui forme la plus grande partie de la gomme adragante existerait aussi dans le mucilage de Lin et de Plantago Psylh'um. D'après M. Giraud (4), une longue macération dans l'eau, au bain-marie, transforme la gomme adragante insoluble en matière soluble semblable à la pectine ; car sous l'action des alcalis elle se transforme en acide pectique insoluble ; M. Giraud estime que « la gomme adragante contient plus de la moitié de « son poids d'un principe pectique insoluble dans l'eau, qui lui « paraît être identique avec celui que M. Frémy a désigné sous « le nom de pectose » . 1. Guérin Varry RT., Mémoire sttr les Gommes (Annales de Chimie et de Physique, t. XLIX, 2" série, 1832, p. 248). 2. Scheibler, loc. cii. (Bericht. d. d. ch. Gesell., 1868, p. 58). 3. Reichardt, Pararabin ein nettes Koklehydrat (Berichte d. d. chem. Ge- sellsch., t. VIII, 1875, p. 807). 4. Giraud, Etude comparative des gommes et des mucilages (Comptes ren- dus, t. 80, 1875, p. 477). 2U IOURNAL DR BO I ANIQUE Ces indications suffisent pour montrer L'analogie étroite qui règne entre les gommes et les composés pectiques ; elles per- mettent de concevoir La formation des gommes non plus comme le résultat de la d< sorganisation de la membrane cellulosique, comme on le croit encore aujourd'hui, mais comme Le produit delà transformation d'une matière entièrement unie à la cellulose, la pectose, que l'on rencontre dans tous les tissus au moins à l'ori- gine. Cette substance, déjà entrevue parMulder et Harting, est la matrice de tous les corps gélatineux renfermés dans les tissus. Leur production peut s'exagérer dans certaines circonstances et provoquer la formation des masses gommeuses ou mucilagi- neuses qui se frayent un passage à travers les tissus désorga- nisés et se concrètent pour constituer les produits utilisés dans le commerce. Ces considérations justifient l'importance de l'é- tude que j'ai entreprise. (A suivie.) SUR LA STRUCTURE DES AQU1LARIA Par M. M. THOUVENIN. Les plantes du genre Aquilaria font partie de la famille des Thyméléacées, tribu des Aquilariées. Cette Note a pour objet principal de signaler la présence de faisceaux de tubes criblés dans le bois secondaire de la tige des Aquilaria malaccensis DC, A. AgallocJia Roxb. et A. micro- car [a II. Bn., qui seules ont été examinées. Comme, à ma con- naissance du moins, le genre Aquilaria n'a pas encore été étu- dié, j'ai cru bon de donner en outre, à titre de document, un rapide résumé de la structure de la tige et de la feuille chez les espèces mises à ma disposition. Tige. — L'épiderme offre des poils unicellulaires aigu-, assez longs, un peu étranglés à la base, plus ou moins contour- nés et le plus souvent couchés sur la tige, la pointe étant dirigée vers le sommet. L'écorce est parenchymateuse ; le liège se forme dans l'exo- derme. Le péricycle, assez, épais, se compose de cellules paren- chymateuses et de longues fibres ayant pour la plupart un très M. Thouvexin. — Sur ta structure des Aquilaria. 213 petit diamètre et à parois très légèrement lignifiées. Ces fibres sont rarement isolées; le plus souvent elles sont réunies par groupes et forment de petits faisceaux. Le liber secondaire offre aussi de pareilles fibres; on y voit en outre de petits cristaux prismatiques d'oxalate de chaux. Dans la masse du bois secondaire on remarque des lames tangentielles de tissu parenchymateux, alternant avec des bandes plus épaisres composées de vaisseaux et de fibres à parois ponctuées. Une observation attentive m'a permis de reconnaître dans ces îlots parenchymateux enclavés dans le bois la présence de tubes criblés et de cellules compagnes. Ces tubes criblés, tout au moins dans V Aquilaria AgallocJia, appartiennent les uns au au type Courge, les autres au type Vigne. C'est surtout grâce au cal que j'ai pu, dans ces plantes sèches, m'assurer que j'avais bien affaire à des tubes criblés. Pour cela les coupes ont été placées, pendant quelques instants, dans une solution d'hypochlorite de soude faible, assez de temps pour rendre aux tissus un peu de leur aspect primitif, mais pas assez pour que le cal soit dissous ; puis lavage à l'eau distillée et colora- tion avec le bleu d'aniline. Les plaques calleuses, gonflées, il est vrai, par l'hypochlorite de soude, mais non encore dissoutes, puisque le contact avec ce réactif n'a pas été prolongé, ont alors apparu bien nettement colorées en bleu un peu verdàtre. Dans ces îlots de parenchyme et de tubes criblés on trouve encore de longues fibres, à parois très légèrement lignifiées, semblables à celles qui ont été signalées dans le péricycle et dans le liber secondaire ; on y remarque également de petits cristaux d'oxalate de chaux pareils à ceux qui ont été vus dans le liber. Les rayons médullaires très étroits sont composés d'une seule rangée de cellules à parois épaissies et lignifiées entre les faisceaux de bois secondaire. Sur leur trajet à travers les îlots de tissu criblé, les rayons médullaires sont, le plus souvent, paren- chymateux. On trouve encore des faisceaux de tubes criblés sur tout le pourtour de la moelle. Sur la face de ces faisceaux regardant le centre de la tige, sont groupées des fibres pareilles à celles qui ont été décrites dans le liber secondaire et dans le péricycle. 214 JOURNAL UK BOTANIQUE Deux explications ont été données, l'une par M. de Bary (i), l'autre par M. Hérail (2), au sujet de la manière dont se forment de pareils faisceaux de tubes criblés dans le bois secondaire de la tige des Strychnos. Ces explications ayant été récemmenl résumées dans le Journal de Botanique, par M. Beau visage (3), je ne les rappellerai pas dans cette note. C'est à l'opinion de M. de Bary, qui dit que le cambium, à certains moments, fabriquerait des tubes criblés aussi bien sur sa face interne que sur sa face externe, que je me rattache quant à ce qui regarde le mode de formation des fascicules criblés enclavés dans le bois secondaire de la tige des Aqui'laria . Voici pourquoi : non seulement j'ai remarqué que la zone cambiale, toujours bien continue, n'offrait aucune sinuosité; mais encore un examen minutieux m'a permis de voir sur quel- ques préparations, en certains points, le cambium en continuité- sur sa f ice externe avec du liber secondaire, et sur sa face interne avec des plages de tubes criblés. Feuille. — Un seul faisceau libéro-ligneux sort de la tige pour passer dans la feuille ; les faisceaux criblés périmédullaires qui lui sont sous-jacents l'accompagnent. Dans le pétiole, le faisceau libéro-ligneux recourbe vers le haut l'une vers l'autre ses deux extrémités, qui ne tardent pas à se rejoindre; le péridesme est alors séparé en deux régions : l'une externe, qui enveloppe le liber, et l'autre, interne, en- tourée par le bois, dans laquelle se trouvent des faisceaux criblés. Les Aquilaria rentrent donc à ce point de vue dans la règle générale et diiïèrent en cria du Daphnc laurcola (4) et du D. Mezcrcuiu , autres Thyméléacées qui, tout en ayant des fais- ceaux criblés périmédullaires dans la tige, ont la feuille dé-pour- vue de faisceaux criblés péridesmiques. La nervure médiane dans le limbe offre la même structure que le pétiole. 1. De liary, Vergleichende Anatomie, p. 594-; 2. Hérail, Recherches sur l'anatomie comparée de la tige des Dicc! doues. (Ann. dus Se. nat., Bot. 7* série, II, 1880, p. 256-259.) 3. Beauvisage, Sur /es fascicules criblés enclavez dans le bois secondaire de /■ . (Journal de Botanique, t. V, 1891, p. [61-162.) 4. Lamounettc, Recherches sur l'origine morphologique du liber iule, (Ann. des Se. nat. Bot. 7 r, p. 274-27 M. Thouvenin. — Sur la structure des Aquilaria. 215 Les Aquilaria viennent donc s'ajouter à la liste des plantes, encore peu nombreuses, où l'on a signalé des fascicules de tubes criblés dans le bois secondaire de la tige ; offrent-elles égale- ment de pareils fascicules dans le bois secondaire de la racine ? C'est ce qu'il m'a été impossible de savoir, n'ayant pas eu de racines à ma disposition. CORRESPONDANCE. Nous recevons de M. Alph. de Candolle la lettre suivante qui ne peut man- quer d'intéresser nos lecteurs. Genève, 19 mai 1892. Monsieur, L'ouvrage de M. Kuntze (Revisio gêner uni plantarum) a jeté un grand trouble dans le public des botanistes, et les Anglais, attaqués d'une manière désagréable par l'auteur, ont répondu avec force dans le Journal oj Botany et le Gardener's Chronicle. Comme ils me parais- saient trop effrayés des trente mille synonymes dont M. Kuntze nous menace, j'ai adressé au Journal oj Botany une petite lettre qui a paru (en français) dont le cahier de mai 1892. J'ai raconté que, ayant examiné, un à un, les changements de noms génériques proposés par l'auteur allemand dans vingt-six familles dont je me suis occupé, il s'en est trouvé vingt-huit, et que sur ce nombre six seulement sont accep- tables, d'après la loi de priorité bien entendue, tandis que vingt-deux reposent sur des erreurs. M. Briquet a constaté la même chose pour les Labiées (1). En général les deux tiers des changements proposés par M. Kuntze sont inadmissibles. Il prend des noms génériques donnés sans caractères {iiomina nuda) pour de vrais noms donnant un droit de priorité, tandis que c'étaient des noms mort-nés. Il commet aussi l'erreur de partir du Systevia de Linné, éd. I, 1735, comme ori- gine des genres linnéens. Cet ouvrage in folio, très rare, concerne les vingt-quatre classes de Linné et ne dit à peu près rien des genres. C'est en 1737, dans le Gênera, éd. I, que Linné les a énumérés, avec noms et caractères. Notre recueil des Lois de la nomenclature ayant été délibéré dans le Congrès de Paris, en 1S67, et les botanistes de langue Irançaise ayant, à plusieurs reprises, soutenu ce travail et approuvé aussi mes Nouvelles remarques sur la nomenclature, de 18S3 (2), il m'a paru peu 1. Botanisches Centralblatt, 4/5, 1892. 2. In-8, 79 pages, à Genève, chez George libraire. 2i6 IOURNAL DE BOl A.NIQUE oéce d'invoquer leur appui. Cependant je nu- préparais à vous adresser qu Iques réflexions, lorsque j'ai appris, par M. Ascherson, que les principaux botanistes de Berlin se sont réunis en comité, pour : contre les idées de M. Kuntze et pour suggérer des moyens d'éviter leur application. La publication qu'i